Chapitre 2

Le Capitaine avait disparu depuis trois jours exactement quand Spock raccrocha après son appel au Commodore Gregson. L'Entreprise tout entier s'inquiétait.

Quand le Capitaine prenait une permission à terre, il disparaissait habituellement un jour ou deux. Quelquefois avec le Docteur McCoy, d'autres fois seul, appréciant la solitude que ne lui permettait pas le vaisseau. Il était cependant inhabituel de la part du Capitaine de ne pas les prévenir avant de partir. Pourtant, malgré cette anomalie, Spock avait attendu 13 heures après les 48 heures standard de la disparition du Capitaine avant de s'y intéresser.

C'était seulement après ces 13 heures que le Docteur et l'officier en Second avaient commencé à s'inquiéter. Cette inquiétude s'était rapidement propagée au point que des membres de l'équipage revenaient à bord, tandis que le Capitaine ne répondait toujours pas aux appels répétés du Lieutenant Uhura.

A la treizième heure, Spock alerta la station spatiale. Plusieurs suspects furent arrêtés par un Commodore toujours efficace. Pendant ce temps, le vaisseau envoya sur terre plusieurs officiers de sécurité pour effectuer des recherches au sol tandis que l'équipage du pont essayait toujours de contacter le capitaine.

Cinquante minutes avant que Spock ne contacte le Commodore, le communicateur et le phaser du Capitaine Kirk furent retrouvés dans le jardin d'hiver. Toute prétention au calme chez le Docteur McCoy s'envola, forçant l'officier en Second à évacuer son ami du pont.

Mais après une rapide conversation avec le Commodore, la tension se relâcha un peu et Spock ordonna au Lieutenant Sulu de lancer un scan de la station. La possibilité existait qu'un tel scan soit inefficace, mais chaque piste devait être suivie de la manière la plus efficace possible. Si tout le reste échouait, alors il devrait se reposer sur d'autres moyens... plus créatifs. Spock savait que le Capitaine ferait de même si c'était lui qui avait disparu à la place.


Un jour s'écoula dans une atmosphère de délicate camaraderie entre le ravisseur et le captif. Gregson avait laissé Kirk seul dans sa chambre après l'appel. Il revint le jour suivant pour partager trois repas avec le Capitaine, discutant de sujets anodins avec lui, comme s'ils étaient deux amis en permission. Cependant, cette familiarité n'empêchait pas Kirk d'être toujours aussi conscient que le Commodore n'attendait qu'une faille dans ses défenses pour frapper.

Alors même qu'il subissait l'un de ses emprisonnements les plus confortables, Kirk redoutait la situation à venir, plus encore que s'il avait été enfermé dans un donjon médiéval. Ce qui l'inquiétait davantage dans sa situation était que l'Entreprise essayait toujours de le localiser. Son transponder se trouvait encore dans son avant-bras mais les scans de Spock ne semblaient pas l'avoir remarqué. Il se trouvait donc dans un bâtiment qui arrivait à bloquer entièrement les scans. Gregson avait vraiment tout planifié.


Le premier scan n'avait rien dévoilé. Le second non plus. Même en modifiant légèrement les systèmes, toujours rien. Cela rendit Spock mal-à-l'aise et suspicieux. Même si le transponder était détruit, il aurait dû être capable de percevoir quelques faibles signaux... mais aucun des scans ne dévoila quoi que ce soit.

Aprés son quart, il retourna perplexe dans ses quartiers pour méditer, ordonnant à Sulu de lui rapporter les résultats exacts des scans.

Quarante minutes plus tard, le Vulcain s'avoua incapable d'atteindre ne serait-ce que le deuxième stade de méditation et se leva pour passer les scans en revue.

Alors qu'il regardait sourcils froncés les résultats sur l'écran, Spock pianota plusieurs commandes sur son clavier afin d'extraire et d'amplifier certaines anomalies.

Il comprit alors en cinq minutes pourquoi l'Entreprise ne pouvait pas localiser le signal du transponder : certains bâtiments de la Base Spatiale abritaient du personnel et des informations de haute confidentialité. Ils étaient donc protégés pour empêcher n'importe quel scan de s'introduire à l'intérieur. Grâce à cette découverte, il s'autorisa un moment de soulagement face à la disparition du premier obstacle. Mais ce repos ne dura qu'un bref instant et il alluma le communicateur, ordonnant à Uhura de le connecter au Commodore Gregson.


Kirk fut réveillé par le son d'une voix provenant de l'extérieur de sa chambre. Troublé, il regarda le réveil à la tête du lit et nota qu'il était 0400 heures. Il glissa du lit et s'approcha doucement de la porte. Il se mit à écouter et sourit lorsqu'il reconnut la voix de Spock.

"Commodore, je comprends qu'effectuer des recherches dans ces trois bâtiments va à l'encontre de toutes les réglementations, mais je me dois d'insister—"

"Refusé, Commandant. Vous savez que je ne peux l'autoriser et je ne peux croire que quiconque dans ces bâtiments soit susceptible de retenir captif le Capitaine Kirk. En fait, j'ai déjà effectué mon enquête, et il ne se trouve dans aucun de ces bâtiments. "

"Néanmoins, je requière la permission d'effectuer ma propre investigation. Il est impératif que nous retrouvions le Capitaine. "

"Je conduirai une seconde recherche, M. Spock, malgré mes doutes, et je vous rappellerai demain. "

Kirk ferma les yeux, imaginant l'expression sévère sur le visage de son Second alors qu'il observait le Commodore dans le silence qui suivit. Il savait que Spock transgresserait volontiers n'importe quelle règle pour le ramener. Ce n'était qu'une question de temps. Gregson n'avait aucune idée de qui il avait à faire.

Cela en tête, il retourna au lit, sachant qu'il valait mieux qu'il soit bien reposé pour le lendemain. Le Commodore allait se montrer pénible maintenant qu'il était coincé.

A suivre...