Souffle de vie

Breath of life

traduction par Alma



Je ne peux pas respirer, je ne peux pas avaler ma salive, je ne peux rien faire sauf fixer le corps inerte entre mes bras. Son visage est si pâle, on dirait une feuille de papier, et des cils sombres reposent contre des pommettes hautes, sans même un frémissement.


Nous nous sommes retrouvés devant l’un des cratères dans le sol. Prenant le tir de phaser qui m’était destiné, il a chancelé et nous sommes tombés tous les deux. Nos ennemis passent en courant à côté de nous, hurlant de triomphe. Nous sommes seuls, tous deux blessés, et peut-être que Spock est en train de mourir. Je n’ai aucun moyen de le dire dans l’obscurité qui nous environne.

Tout ce que je sais, c’est qu’il ne respire pas. Je veux respirer pour lui tellement fort que mon cœur est en train de se rompre.


Je ne lui ai jamais dit. Même après le rejet de T’Pring, je ne lui ai pas dit tout ce qu’il représente pour moi et les regrets affluent dans mon corps à présent, aussi lourds que du béton, suffocants comme une couverture mouillée. La douleur qui ronge ma poitrine est aussi corrosive que de l’acide rongeant de l’acier.


Je murmure : « Spock, ne mourrez pas, ne me faites pas ça. Ne mourrez pas, je vous interdis de me faire ça ! » Et alors, je peux finalement aspirer de l’air dans mes poumons à nouveau. J’ai la tête qui tourne à cause du manque d’oxygène.


Je me penche en avant et presse mes lèvres contre les siennes, insufflant de la vie à l’intérieur de l’homme qui m’importe plus que ma propre vie. Rejetant ma propre douleur au fond de mon esprit, l’ignorant autant que je le peux, j’aspire de l’air et le fais pénétrer à l’intérieur de ses poumons, sentant ses lèvres froides contre les miennes.

Encore.

Et encore.


Au loin, je peux entendre les tirs de phasers et les hurlements des gens qui meurent. Je sais que je devrais être là, à aider mon équipage à se mettre à l’abri, mais sans Spock à mes côtés, cela n’a aucune importance. Si je ne peux pas le ramener parmi les vivants, je sais que plus rien n’aura d’importance pour moi désormais. Je n’essayerai même pas de sortir de là.

Alors, il se met à tousser et il prend une profonde inspiration dans ses poumons. Je ne sais pas à quel point il est blessé, mais quand ses yeux sombres rencontrent les miens, je sais qu’il va vivre, et respirer devient plus aisé pour moi aussi.


J’aide Spock à se mettre debout, et quand il gémit de douleur, je passe mon bras autour de sa taille fine, faisant le vœu que dès que nous serons de retour sur l’Enterprise, je lui dirai la vérité.


« Spock, vous m’êtes plus précieux que ma propre vie. Je vous aime. »



FIN