Pon katau'beyik-su Le temps des rapprochements


By: Kty Koneko


Fanfic alternative d'Amok time : En proie aux fièvres du Pon farr, Spock est contraint de retourner sur sa planète natale. Il doit y retrouver T'Pring, son épouse-fiancée, afin d'accomplir avec elle le rituel ancestral... ou mourir. Et si le Koon-ut-so'lik [lien des fiancés] qui relie Spock à T'Pring depuis l'enfance se brisait et se fixait sur Jim Kirk ?



~ Ku'nat'kali'fee ~


[le défi des prétendants]


ooo


Avertissement : ce premier chapitre reprend, et résume à ma façon, une partie des événements narrés dans l'épisode Amok time (scénarisé par Theodore Sturgeon) afin de poser les base de cette fiction. Je m'en éloignerai dès le second chapitre.


ooo


Le capitaine James Tiberius Kirk sourit à son reflet dans la glace. Il avait enfilé son plus bel uniforme de cérémonie, afin de faire honneur à son Commandant en second, et il savait qu'il avait belle allure. C'était un grand honneur que lui avait fait Spock de l'inviter à cette cérémonie vulcaine sacrée, ce "califare". Il avait du mal à en retenir le nom, les mots vulcains avaient une articulation si particulière.


Il repensait à l'enchaînement si rapide des événements.


Il se revit dans le turbo-fleet, sincèrement honoré, quand Spock lui avait demandé de l'accompagner en tant qu'ami à ce rite ancestral vulcain. Il revit le vif étonnement et le plaisir contenu de Bones, quand Spock le lui avait aussi demandé à lui aussi. Ces deux-là passaient leur temps à s'envoyer des piques ironiques, mais la situation présente était le révélateur de leur amitié si particulière. Quel que soit le problème, ils étaient toujours là les uns pour les autres; Jim était fier d'avoir de tels amis.


Jim était tout à fait déterminé à assumer sa décision : il avait désobéi aux ordres pour ramener Spock sur sa planète natale. C'était pour le vulcain une question de vie ou de mort. Il en avait bien sûr tout d'abord demandé la permission. Mais son supérieur avait été tout à fait inflexible. Il lui avait été spécifiquement ordonné de se rendre sans détour sur Altaïr VI, et ce le plus rapidement possible.


La vie de son ami était en jeu, que pouvait-il faire d'autre ? Jim était le genre d'homme à être prêt à tout pour ses amis. Surtout pour Spock, qui lui avait sauvé la vie déjà tant de fois. Il revit l'inquiétude de Bones lorsqu'il l'avait informé des troubles dont soufraient Spock, et que celui-ci était parvenu à lui cacher. Il revit l'effarant accès de rage du vulcain alors que Miss Chapel venait de gentiment lui apporter un bol de soupe de poumelque, ou polmek, ou ploom-quelque-chose, il ne savait plus. Il avait été atterré : jamais, il n'avait jamais vu Spock en colère. Un vulcain ne se met pas en colère. Et Spock avait toujours été très vulcain. Il revécut sa discutions de la veille, dans les quartiers de Spock, comme s'il y était encore...


- ( flash-back ) -


- McCoy m'a dit que vous mourez si rien n'est fait. Que peut-on faire ? Que doit-on faire ?


Assis à son bureau, Spock fuit son regard et pencha la tête visiblement embarrassé. Il n'avait aucune envie d'avoir cette discussion-là. C'était beaucoup trop embarrassant.


- N'y a-t-il aucune autre planète qui puisse faire quelque chose pour vous ? Insista Jim, persuadé qu'il s'agissait d'un simple problème de santé que l'on peut guérir avec la bonne médication.


Spock voulut poser son stylet sur la table, sa main tremblait. Jim lui saisit le poignet et fut troublé par les violents tressautement qui l'agitaient. Même dans les pires des situations, Spock avait toujours su conserver son calme, il n'avait jamais ne serait-ce que frémit, jamais.


- Vous êtes l'un des meilleures officier de Starfleet. Déclara Jim avec une certaine solennité. Vous êtes un membre très important de mon équipage, mon commandant en second. Si je dois perdre cet officier, je dois en connaître la raison !


Spock se leva, les mains convulsivement serrées derrière lui. Il fit quelques pas nerveux vers sa chambre. Il prit une grande inspiration et déclara en lui tournant le dos :


- Il y a des choses que les étrangers à notre race ignorent, exceptées quelques rares personnes impliquées. Les vulcains le comprennent mais n'en parlent pas entre eux. C'est... une chose... extrêmement... personnelle.


Spock hésita, se retourna vers Jim, essaya désespérément de le lui faire comprendre sans avoir à le dire :


- Ne le voyez-vous pas, Capitaine? Ne le comprenez-vous pas?


- Non, je ne comprends pas, expliquez-moi, considérez-le comme un ordre ! Ajouta le Capitaine, de plus en plus inquiet, pour vaincre ses réticences


- Capitaine, Se raidit Spock pour éviter d'aborder le sujet de façon frontale; Il existe des choses qui transcendent tout, y compris la discipline du service...


Jim savait combien cela était difficile pour Spock, mais il devait savoir. Il se mit bien en face de Spock les bras croisé dans le dos, dans une attitude miroir à celle de son ami, et tenta une autre approche :


- Et si je vous disais que tout cela restera strictement confidentiel ? Promit-il solennellement d'une voix adoucie


Spock s'éloigna de quelques pas dans la pièce avant d'enfin se décider :


- Les causes sont... biologiques


- ... pardon ?


- Biologiques !


Perplexe, Kirk rejoignit Spock, se mit à coté de lui sans lui faire face, leurs épaules se frôlèrent presque, il regarda droit devant lui pour ne pas mettre le vulcain mal à l'aise.


- Quelle sorte de biologie ?


Spock leva les yeux au ciel, agacé que le Capitaine ne comprenne pas plus vite l'évidence, il répéta, butté :


- Biologie vulcaine.


- Vous voulez dire, "la" biologie des vulcains ?


Spock hocha la tête en se mordant la lèvre inférieure.


-... biologie... dans le sens de... reproduction ? Déduisit Jim avec un certain malaise.


Spock hocha à nouveau la tête, il maîtrisait à grand peine un profond sentiment de honte. Kirk chercha aussitôt à le réconforter. Il prit le premier exemple qui lui vint à l'esprit, et parla d'une voix qui se voulut rassurante :


- ...et bien, monsieur Spock, tout cela est tout à fait naturel, ça arrive aux petits oiseaux et aux abeilles...


- ...les oiseau et les abeilles ne sont pas vulcains, Capitaine ! Répliqua Spock comme s'il parlait à un enfant ignorant.


Il s'éloigna du capitaine, et poursuivit :


- S'ils l'étaient...


Il soupira...


-... si des créatures aussi logiques que nous se voyaient dépourvues de toute leur faculté de raisonnement et de contrôle, comme on l'est durant cette période...


Spock pencha la tête vers le sol, cette discussion lui devenait de plus en plus pénible. Il croisa ses bras sur sa poitrine en soupirant à nouveau. Il demanda de but en blanc :


- Comment les vulcains choisissent leur partenaire de vie : vous êtes-vous déjà posé la question ?


Jim ouvrit la bouche mais les mots ne sortirent pas tout de suite. Il hésita :


- ... et bien... en tant... qu'humain... je dirais... que cela suit une...? ...certaine logique... ?


Spock retourna s'asseoir et avoua avec amertume :


- Non. Ce n'est pas le cas. Tout repose sur des rites, des obligations, des coutumes héritées de l'Antiquité...


Spock secoua doucement la tête de droite à gauche.


-... les humains ne peuvent pas le concevoir.


Jim sentit une sueur froide lui couler dans le dos, où voulait-il en venir ? Spock prit une grande respiration avant d'avouer :


- Cela nous dépouille de notre esprit, nous fait sombrer dans la folie au point de renier des siècle de civilisation. Nous le nommons le Pon Farr, la période de l'accouplement.


Le souffle coupé, Jim comprenait à présent les réticences de Spock. Se retrouver ainsi ravalé au même rang qu'un animal un rut sans pouvoir lutter contre cette emprise, pour une personne aussi rationnelle, logique et pudique que Spock devait être une torture humiliante. Il s'assit lentement sur le fauteuil de l'autre coté du bureau, en face du vulcain. Celui-ci poursuivait en tentant de rationaliser :


- ...il y a des faits similaires dans la nature, Capitaine. Les oiseaux-anguilles génat de Regulus V, tous les 11 ans doivent retourner là où ils sont nés... comme les saumons sur terre, qui doivent retourner au ruisseau qui les a vu naître pour y frayer... ou mourir en essayant d'atteindre ce but.


- Mais vous n'êtes pas un poisson, monsieur Spock...


- Non. Pas plus qu'un humain. Je suis un vulcain. Soupira Spock. J'avais espéré pouvoir échapper à tout cela, mais les vieux instincts de ma race sont trop forts. Ils ont fini par prendre le dessus. Nous, vulcains, sommes dominés par des forces que nul ne peut contrôler, nous poussant à rentrer chez nous afin d'y prendre femme... ou mourir.


Jim se leva et vint de mettre devant Spock, il leva la main pour la poser sur son épaule mais retint son geste au dernier moment. Au bout d'un moment de silence, il dit :


- Je n'ai pas entendu un mot de ce que vous m'avez dit... et ... je vais trouver un moyen de vous ramener sur Vulcain...


ooo


A présent, Jim se retrouvait dans l'arène du temple, une propriété familiale vieille de 2000 ans avait expliqué Spock, sous une chaleur écrasante. Vraiment, un temple majestueux...


Il avait à peine bougé qu'il était déjà couvert de sueur. Dans le ciel, le soleil brûlait impitoyablement alors que ce n'était que le début de ma matinée. Son uniforme d'apparat lui semblait lourd sur ses épaules. Bones lui avait fait remarqué que le pourcentage d'oxygène était à peine suffisant pour un humain pour pouvoir respirer correctement, et il en ressentait déjà les effets. Il se demandait comment il avait bien pu en arriver là. Il fallait toujours qu'il saute dans les problèmes à pieds joints !


Il avait un...? Comment T'Pau l'avait-il nommé ?... le manche d'un lourd lirpa dans les mains. Il n'avait jamais vu une arme pareille, aussi archaïque, avec d'un coté une sorte de grande hache en demi cercle et de l'autre une massue. Mais tout dans cette cérémonie matrimoniale lui semblait terriblement archaïque, alors que le peuple Vulcain était si avancé et si raffiné dans son évolution par rapport aux autres ethnies de la fédération.


Au début cet archaïsme lui avait paru particulièrement fascinant. T'Pau, qui prédisait la cérémonie, était une très vieille, mais belle, très majestueuse, Grande Dame. La seule personne à avoir jamais refusé un siège à l'assemblées des planètes. Spock ne lui avait jamais dit que sa famille comportait des personnalités aussi illustres... L'assemblée du mariage était impressionnante, avec ses gardes en armure elfique, et ce bourreau masqué "garant du bon déroulement de la cérémonie". Sur le coup, Jim n'avait pas compris la raison de sa présence. T'Pring, l'épouse-fiancée était réservée, un peu hautaine, et gracieuse comme une statue de glace. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête de le choisir lui, l'humain James T. Kirk comme son champion à la place du vulcain arrogant qui l'accompagnait ?


Jim avait cependant accepté, pour protéger son ami, lui éviter d'avoir à se battre contre l'autre prétendant. Ce vulcain semblait réellement beaucoup plus fort et sans doute plus entraîné au combat que Spock. D'autant plus que tous ces jours passés à griller lentement de cette fièvre, en mangeant à peine, à lutter pour ne pas perdre son calme, l'avait certainement considérablement affaibli. Et ce n'était pas la soupe de plouke-chose qu'il avait bue la veille qui aurait pu y changer grand-chose. Ce que Jim n'avait pas compris en acceptant le défis, c'est que c'était un combat... à mort... et à présent, il ne savait que faire pour les sortir Spock et lui de ce très mauvais pas.


Dans sa vision périphérique, il pouvait entrapercevoir Bones, qui se rongeait les sangs. Pour une fois, il ne hurlait pas des protestations, T'Pau lui avait dès le début ordonné de "rester à sa place". Cela avait été un tel honneur pour eux que Spock leur propose d'être ses témoins à cette cérémonie, mais aucun d'eux ne s'était attendu à cela.


Spock avait longuement supplié à T'Pau de ne pas permettre ce combat. A la grande surprise de l'aïeule, il avait réussi à parler malgré son sang en feu qui obscurcissait sa pensée : il ne voulait pas se retrouver à tuer son Capitaine. Mais T'Pau avait été inflexible... la tradition vulcaine devait être respectée, aujourd'hui, comme par le passé, et comme dans le futur, nul ne devait interférer dans le chois du champion d'accepter ou pas le défi. Et Jim, sans savoir ce qui l'attendait l'avait accepté...


Soudain, Spock bondit en avant, ses dernières capacités de raisonnement totalement annihilées par le feu du Pon Farr.


Il frappa en tenant la lance des deux mains. La lame découpa la tunique de Jim et laissa une longue et profonde entaille sur sa poitrine, qui saigna aussitôt. Bordel, ça faisait un mal de chien ! Mais cette douleur allait l'aider à rester vigilant. Spock attaqua à nouveau, encore et encore, et Jim para les coups en sautant, reculant. Il parvint à frapper avec la massue, faisant chuter le vulcain qui se releva aussitôt. Spock n'était que flammes et colères. Il voulait sa femelle. Il devait gagner. Il devait tuer ce rival.


Spock frappa de sa lame si violemment qu'il brisa le gong en le heurtant, mais Jim l'évita encore et répondit par un coup de massue qui le fit à nouveau chuter à terre. Il bondit sur Spock désarmé, s'assit sur son ventre. Le vulcain empoigna le manche du lirpa de Jim, leurs doigts se touchèrent. Tout le corps de Spock frémit à ce contact. Il repoussa Jim de toute sa force. Les deux combattants se relevèrent, Spock s'empara de la lance de Jim. Pendant quelques instants, le vulcain resta immobile, le lien avec sa fiancée vacillait, s'altérait en lui, et cela le déconcerta. Mais la fièvre le reprit ses droits. D'un coup de massue, Spock envoya Jim à nouveau sur le sable, il leva son lirpa pour le frapper au sol.


-SPOOOCK ! Hurla Bones. NON !


Il fut aussitôt retenu pas le garde-bourreau, tandis que Jim évitait la lame en roulant sur le sol, et que l'arme s'y brisait.


T'Pau réagit aussitôt d'une voix sévère:


- Vous en pouvez intervenir, Leonard McCoy !


- Est-ce cela, l'honneur des vulcains? S'indigna le docteur. L'air étouffe Jim, l'empêche de se battre et de se défendre convenablement.


- L'air n'est rien. Nul de doit interrompre le combat. Restez à votre place.


Elle leva la main.


- Kroykah ! [Stoppez immédiatement] Ahn-woom !


Spock s'immobilisa et le combat cessa, juste le temps que leur soit données ces nouvelles armes.


Essoufflé, tentant de prendre son souffle, Jim était perplexe. Des armes ? Ces longues sortes ceintures ? Mais Spock prouva leur efficacité en la lançant contre les mollets de Jim. Elle s'enroula autour de ses chevilles et il tomba en arrière. Spock se pencha sur lui, l'arme tendue au bout des bras, pour essayer de l'étrangler. Jim s'y agrippa et en servit pour trouver l'élan de se relever quand Spock essaya de la lui arracher des mains. Puis Jim se précipita vers le ahn-woom qu'il avait lâché en tombant pour s'en ressaisir. Spock bondit sur lui, le bouscula, le fit chuter et s'assit sur lui. Il appuya de ses main sur ses épaules pour le plaquer au sol. Ses doigts enserrent le cou fragile de l'humain, lentement.


- ...oock... Tenta d'expirer Jim.


Il essaya de repousser Spock, posa ses mains sur son visage. Il voyait mille étoiles, avait l'impression que son visage gonflait...


Spock sentit la vie de Jim s'affaiblir, comme glisser entre ses doigts. Quelque-chose hurla en lui du plus profond de son esprit, refusa cette mise à mort. Tout son sang lui fit l'effet de tourner dans le sens inverse de la normale sans ses veines. Les pulsations de son cœur s'accélèrent encore. Il relâcha la pression autour du cou de Jim et le contempla longuement, il pouvait sentir les battements du cœur de l'humain sous ses doigts. Le lien qui le reliait à T'Pring se brisa définitivement et se fixa brutalement sur Jim. Celui-ci, perclus de douleurs, trop occupé à essayer de survivre ne s'en rendit même pas compte.


Jim sentit la pression qui entravait son cou se desserrer, enfin. Toujours allongé sur le dos, les bras en croix, la gorge en feu, la bouche grande ouverte, il inspira de grandes goulées d'air, il se sentait revenir à la vie. Il se rendit compte que Spock était encore à califourchon sur lui. Il... léchait ? ...avec application le sang de la longue entaille de sa poitrine. Spock lui prit les bras pour le maintenir sur le sol d'une poigne de fer. Jim reprit totalement ses esprits. Le combat était-il enfin fini ? Peut être le pire allait-il être évité :


- euh... Spock, je croyais que les vulcains étaient végétarien ?



Koon-ut-so'lik


[le lien des fiancés]



Jim se tortillait sous l'effet déconcertant que lui procuraient ces lèchements avides qui anesthésiaient sa blessure. C'était si étrangement agréable que s'en était troublant.


- Spock, le combat est-il enfin fini ?


Spock ne répondit que par un long tremblement. Non, visiblement tout n'avait été accompli. Les yeux de Spock étaient encore d'un noir profond tant ses pupilles étaient dilatée, il y avait encore cette rage qui tendait les traits de son visage. Il se leva, et avant que Jim n'ait eut le temps de réagir, il le saisit par les épaules, le força à se retourner, et le coucha sur le ventre, brutalement.


- Spock ? Protesta Jim en essayant en vain de se dégager et de se relever avec ses bras. Qu'est ce que vous faites ?


- Nam-tor du t'nash-veh ! [tu m'appartiens !] Gronda Spock d'une voix rauque et menaçante


Jim ne parlait, ni ne comprenait, le vulcain. Cependant cette possessivité furieuse qu'il perçut dans la voix ne lui dit rien qui vaille. Mais il ne parvint pas à déterminer le contour de la menace qui pesait à nouveau sur lui, allait-il encore l'étrangler ? Spock le maintint impitoyablement plaqué face contre le sol, avec son genoux appuyant fermement dans son dos, entre ses omoplates. Il déchira à deux mains l'arrière de sa tunique, puis du pantalon, puis le boxer. Jim comprit en un frisson ce qu'il allait se passer. Dans un même temps, il entendit un hurlement d'indignation.


- Non, Bones, n'intervenez pas ! Le nez contre le sol, Jim parvint difficilement à tourner la tête et vit son médecin qui gesticulait, totalement révolté, retenu par les deux gardes.


Il hurlait au scandale, qu'il ne fallait pas laisser faire ça, il appelait Spock à la raison. Celui-ci l'entendit. Il lâcha Jim. Prêt à se ruer sur ce potentiel rival entre lui et son trophée, et gronda :


- Nam-tor Jim t'nash-veh !


Jim lui attrapa le poignet pour le retenir, l'empêcher de bondir sur Bones. Il ne voulait pas que son ami soit à son tour aspiré dans cette chaîne de violence. Spock n'était pas lui-même. Avec sa force de vulcain en furie, il était extrêmement dangereux.


-Ça va aller, Bones. Dit-il, pas vraiment sûr que celui-ci l'ait entendu.


Jim avait accepté son sort. Il savait qu'il allait souffrir. De toute façon, il avait déjà mal partout. L'entaille à sa poitrine recommençait à lui faire un mal de chien, et se remplissait de sable. Cela n'allait être qu'un mauvais moment à passer, se rassurait-il. Il n'allait pas en mourir, il pouvait bien faire cela pour lui. Combien de fois Spock avait-il risqué sa vie pour lui, au point de parfois frôler la mort? ... puis, une fois tout cela fini, une fois que Spock serait redevenu lui-même, il pourrait ramener son ami à bord de l'Enterprise, tout deux allaient bien vite oublier tout ça, et tout reprendrait comme avant...


A demi levé, le regard fou de Spock alla de son partenaire d'accouplement à Bones. Il hésita un instant puis se décida. Il se jeta sur Jim, le plaqua à nouveau au sol violemment. Il grimpa derrière lui, au dessus de lui. Au loin, Jim vit Bones, toujours hurlant ses protestations, se débattre énergiquement. Il était entraîné de force par les garde. Le comité du mariage se retira, les laissant tous les deux dans l'arène, seuls.


ooo


- Vous ne POUVEZ PAS laisser faire cela, T'Pau ! Protestait Bones avec véhémence


- Nul ne peut intervenir lors du combat rituel, Leonard McCoy. Répondit froidement l'aïeule.


- Mais ce n'est plus un combat, là ! Ne comprenez-vous pas ? Spock a complètement perdu la tête ! Vous avez bien vu ce qui est sur le point d'arriver! Jim et Spock sont collègues, ce sont des amis. Ce qui va se passer dans l'arène va les détruire, tous les deux. Spock ne pourra jamais supporter d'assumer les conséquences de cet acte, et Jim sera brisé ! Ils ne pourront plus jamais travailler ensemble... Vous êtes en train de laisser se détruire la vie de ces deux hommes !


T'Pau ne répondit pas tout de suite. Elle comprenait les inquiétudes du médecin. Il n'était pas prévu que la cérémonie se déroule ainsi, cependant...


- Cela arrive parfois. Expliqua-t-elle. Que le combat pour l'accouplement se passe ainsi, entre les combattants. Vous allez retourner dans votre vaisseau.


-Mais...


- N'insistez plus. Vous ne pouvez plus rien faire pour eux. Nul ne le peut. La tradition doit être respectée, quoiqu'il arrive, nul ne doit intervenir, le rituel doit être accompli, comme hier et comme demain.


ooo


Les baisers brûlants de Spock, tout en langue humide et en dents mordantes traçaient des arabesques dans le dos de Jim, dont la peau frémissait à ce contact étrange et brûlant. Sa langue descendit le long de la nuque de Jim jusqu'entre ses fesses. Il l'agrippa par les hanches, l'obligeant à se mettre à genoux, et sa langue partit à l'assaut de son intimité.


-Spock ! S'écria Jim. Non!... C'est.. ce n'est pas...propre... je suis couvert de sueur... je... oooh...


Jim ne parvenait plus protester. Il se sentait ramollir sous les assauts humides et chauds, un plaisir étrange s'insinuait en lui. Comment était-ce possible que son corps se soumette aussi docilement ?... Soudain, Spock se redressa, empoigna ses hanche brusquement avec des mains de fer et Jim éprouva une douleur fulgurante dans ses entrailles. Il hurla. Il ne s'était pas attendu à ce que cela lui fasse aussi mal.


Les doigts de la main droite de Spock s'accrochèrent avidement au visage de Jim et il ne ressentit plus rien du tout. Tout son esprit fut envahi par une fulgurante tempête de mots vulcains, qui s'emparèrent de chaque recoin de sa pensée. Lorsque cette vague reflua, elle fut remplacée par une autre marée encore plus puissante, mélange de sentiments de confusion, frustration, de désir, une fièvre de désirs... un besoin irrépressible d'étreintes, d'étreindre Spock et d'être étreint par lui. Le temps d'un souffle, ce feu se répandit dans son sang. Lorsqu'il retrouva la perception de son corps, Jim avait totalement perdu sa raison : il n'était plus que désirs inassouvis. Il cambra les reins, synchronisa ses mouvements avec ceux de Spock, et supplia : oui ! ...encore! ...plus fort! Chaque cellule de son organisme était comme saturée de plaisir. L'orgasme qui le faucha n'eut aucune mesure avec tout ceux que Jim avait pu vivre et ressentir auparavant.


Spock s'était laissé tombé à coté de lui. Tous deux avaient le souffle court. Jim s'affala sur le sable et revenait à la réalité. Pour une surprise... il ne s'était pas attendu à cela, il en vibrait encore. Il fit un effort pour s'allonger sur le dos. Une brûlure à sa nuque lui rappela que Spock l'avait mordu jusqu'au sang au moment ou tout explosait (ou implosait ?) en eux. Les yeux fermés, Jim essayait de reprendre sa respiration et il y parvenait difficilement. Au moins, ça y est, c'était fait. Spock devait être sortit d'affaire, maintenant.


La brusque déchirure du devant de son pantalon lui prouva que non. Jim ouvrit les yeux, Spock avait enlevé le sien, sa veste d'apparat cachait son sexe. Il s'assit sur les cuisses de Jim, et prit son pénis dans la main. Celui-ci, flatté de l'intérêt qu'on lui portait, gonfla aussitôt, au grand damne de Jim, à nouveau trahi par son corps. Spock se pencha sur lui et lui fit une brève fellation. Embarrassé, Jim essaya à nouveau de protester, posant ses mains dans les cheveux de Spock, tenta de le repousser. Mais sa tentative de défense était de plus en plus molle, son corps lui envoyait trop de signaux de plaisir. Spock se positionna au dessus de Jim :


-Spock ! Attends ! Ne fais pas ça ! Pas comme ça ! Ça va te déchirer !


Spock s'empala sur lui d'un coup sec. Sur le moment, Jim crut qu'il allait lui briser son pénis, tant il était étroit. Puis il se mit à bouger ses hanches et l'emprise se resserra à nouveau sur lui, impitoyablement. Jim se sentit partir et abandonna toute lutte, acceptant ce qui était donné. Éperdu de plaisir, il contempla le beau visage du vulcain, tendu, silencieux, la bouche humide à demi-ouverte, les pupilles dilatées, le regard possessif fixé sur lui comme un prédateur sur sa proie. Alors, le corps en feu, Jim en désira plus, il replia les jambes afin de pouvoir prendre appuis avec ses pieds sur le sol. Il haussa les hanches et trouva le point G en lui. Spock émit un cri de plaisir qui fit monter celui de Jim d'un cran. Il le saisit par la taille pour le guider dans ces va et vient. Ce fut violent. Ils ne tinrent pas longtemps. A nouveau, l'orgasme les faucha, dévastateur.


Lentement, Spock reprenait ses esprits. Il se dégagea de l'étreinte et s'assit à genoux sur le sol, près de lui. Lentement, Jim faisait de même et s'assit. Il lui fallut faire un effort de volonté pour retrouver ses esprits. Ses yeux encore un peu hagard se posèrent sur son entre-jambe et il vit qu'il était couvert de sang... vert.


- Spock ! S'exclama-t-il, il faut absolument que tu...


Un violent frisson le souleva et court-circuita son cerveau. Il avait atteint ses limites. Il perdit connaissance et s'affala dans les bras d'un Spock tétanisé. A présent que sa raison lui était rendue, il prenait la mesure de ce qu'il venait de se passer. Qu'avait-il fait à son ami ? Un long hurlement de désespoir jaillit de sa gorge.


ooo


Spock resta prostré, serrant convulsivement Jim, évanoui dans ses bras. Des bruits de pas lui firent lever les yeux, l'obligeant à retrouver un peu de maîtrise de lui-même. A sa tenue traditionnelle, il reconnut une Hakausa-t'sai [guérisseuse]. De la main, la vieille dame guidait une civière à suspension flottante. Elle la fit se poser sur le sol, et Spock souleva Jim pour l'y déposer. Péniblement, il se leva et remit son pantalon. Il retira sa veste et la mit sur l'entre jambe de Jim, afin de préserver sa pudeur. Il suivit la Hakausa-t'sai d'un pas rendu lourd par les souffrance qui traversaient son corps et son âme.


Arrivé dans la salle de soin, il allongea Jim sur le ventre et commença par lui laver le dos à l'aide d'une éponge douce imbibée d'eau désinfectante. Il frémit en voyant la profondeur de la morsure à sa nuque, il s'était conduit comme le pire des animaux! Il ôta avec précaution le sable qui s'y était infiltré, ainsi que dans toutes les écorchures faites pas l'abrasion du sable dans son dos.


- Vérifiez bien que votre telsu n'a pas de blessures interne. Ordonna la Hakausa-t'sai


- Comment dois-je faire ?


- Lisez-le dans son esprit.


Spock hésita. Avait-il seulement le droit de s'immiscer à nouveau dans cet esprit, après tout le mal qu'il lui avait fait? A nouveau porter atteinte à son intimité mentale ? La Hakausa-t'sai insista d'un geste impératif. Spock posa ses doigts délicatement sur le visage de Jim. Il évita soigneusement de rentrer en contact avec son esprit, se concentrant sur les messages physiologiques de son cerveau. La douleur physique était partout. Spock se sentit dévasté de honte et de peine. La seule "bonne" nouvelle était qu'il n'avait déchiré aucun organe interne que ce soit lors du combat, ou de l'accouplement. Les blessures étaient toutes superficielle, et Jim allait guérir rapidement. Guidé par la Hakausa-t'sai, il les soigna une à une avec grand soin. Puis il habilla Jim d'une tunique avec des gestes doux.


- A votre tour, mon enfant.


- Je vais bien. Mentit Spock.


La guérisseuse posa ses doigts sur le visage de Spock avant qu'il n'ait pu la repousser.


- Souffrir davantage n'effacera pas ce qui vient de ce passer. Déshabillez-vous, allongez-vous et laissez-moi accomplir la fin du rituel.


ooo


Le père et le fils se tenaient face à face, aussi stoïques l'un que l'autre. Spock avait réussi à retrouver son calme. S'il était émotionnellement compromis, cela ne se voyait plus.


- Avez-vous conscience des conséquences de ce que vous avez fait à cet humain ? Demanda Sarek avec une parfaite tranquillité qui n'était qu'apparente.


Le reproche était illogique, la fièvre du Pon Farr ôtait toute capacité à se contenir et à faire des chois raisonnés. Mais Spock ne le releva pas.


- Oui, Père. Je les assumerai. J'affronterai la justice de mon Peuple.


- Elle sera plus sévère que celle de la fédération des planètes.


Spock se contenta de détourner le regard, afin que son père ne puisse y lire sa souffrance morale.


- J'ai... agressé mon Capitaine, de la pire des façons... alors qu'il était venu comme témoin à cette cérémonie, en tant qu'ami. C'est un crime grave, je ne demanderai le recours d'aucune clémence.


Il y eut un court silence, nécessaire à Spock pour contraindre le flot de ses émotions à retourner en partie dans l'ombre. Elles étaient trop violentes, et très affaibli par tout ce qui venait de se passer, il n'y parvint que partiellement. Son père respecta son besoin de silence et attendit sans impatience. Spock reprit :


- Je serai près de lui lors de son réveil, comme l'exige la coutume. J'accepterai sa colère et son rejet, et lui présenterai mes excuses pour cet acte inexcusable, car il est humain et c'est ainsi que les humains font. Vous viendrez ensuite et vous lui ferez part de ce recours en justice.


- Y a-t-il une part de probabilité pour que le capitaine aie été consentant lors de l'acte ?


- Aucune. Jim Kirk est totalement hétérosexuel. Il n'a jamais montré la moindre attirance sexuelle vis à vis de quelque mâle que ce soit, ou à mon regard. C'est un homme intelligent, c'est la raison pour laquelle il n'a même pas essayé de me repousser, il sait que ma force est trois fois supérieure à la sienne.


A nouveau, Spock respira profondément.


- J'ai trahi la confiance de mon meilleur ami, Père, je l'ai profondément blessé, j'ai abusé de son corps et de son esprit. Je n'ai plus ma place en ce monde.


ooo


Jim dormit douze heures d'affilées, et Spock resta à ses cotés, à le veiller. Il essaya de méditer, il allait avoir besoin de toutes ses ressources mentales pour affronter les légitimes reproches de son Capitaine lorsqu'il se réveillera.


Telsu-Kelek


[la maison des époux]



Jim Kirk se sentait flotter. Peu à peu, son esprit perdait de son engourdissement. Il était allongé sur un matelas confortable. La mémoire lui revint d'un coup et il s'assit brusquement. Il porta les mains à ses yeux pour les frotter :


- Ggrrmblllmmfff...


Jim avait l'impression que tout son corps avait été passé dans un compresseur : sa nuque, son dos , ses paumes, ses genoux brûlaient ; ses reins étaient en compote, ses bras et ses jambes étaient gourds... et la position assise douloureuse, surtout au niveau de son intimité... Il relativisa.


Il en avait vu d'autres, enfin d'un autre genre, mais bon, il allait vite cicatriser (et se faire enguirlander par ce cher Bones). Mais au moins, maintenant, Spock était définitivement hors de danger. Et il était absolument hors de question que lui, James Tiberius Kirk, Capitaine du vaisseau l'Enterprise, se considère comme une victime. Il avait fait ce qu'il devait, ce qu'il fallait, point à la ligne. Jim ne s'appesantissait jamais sur le passé, cet événement ne ferait pas exception à cette règle. Et Jim pouvait être très fort à ce jeu-là. Il n'éprouvait aucune rancune envers Spock, c'était lui la victime dans cette affaire. Comment lui en vouloir en sachant qu'il n'avait tout simplement plus été lui-même ? Bref, maintenant, tout ce que Jim souhaitait, c'était tirer un trait sur tout cela, et qu'ils puissent reprendre le cours de leur mission quinquennale d'exploration, comme avant.


Sa mise au point personnelle achevée, il ouvrit les yeux sur ses paumes, recouverte d'un truc vert. Cela ressemblait à une feuille de plante collée à la peau. Un remède vulcain sans doute. Il leva les yeux et croisa ceux de Spock. Il lui tendit une petite tasse contenant un liquide vert, il était impassible et froid. Jim ne s'en formalisa pas, bien au contraire. Son Spock lui était rendu, il avait retrouvé toute sa "vulcanitude", il devait donc être enfin remis de sa fièvre.


- Capitaine. Dit-il en guise de bonjour.


- Monsieur Spock. Sourit Jim. Médecine vulcaine, je suppose?


Ce sourire déstabilisa profondément Spock, qui s'attendait à une légitime explosion de colère, ou au moins, de la froideur à son égard. Il lui fallut un énorme effort de maîtrise de lui-même pour n'en rien laisser paraître et conserver son apparente placidité.


- Oui, Capitaine. Répondit-il d'une voix inhabituellement douce et légèrement vibrante.


Cela alarma aussitôt Jim :


- Vous allez bien Monsieur Spock ? J'ai vu votre sang sur moi, avez-vous beaucoup saigné ?


Spock reprit le contrôle des muscles de sa gorge qui avaient tentés de l'étrangler, pour pouvoir répondre tranquillement :


- Je vais bien, je vous remercie de votre sollicitude, Capitaine.


Jim fit mine de le croire. Il ne voulait pas forcer Spock à se confier à lui. Il l'avait déjà fait une fois lorsqu'il lui avait arraché l'explication de son état lié au Pon Farr. Il ne voulait pas lui induire de nouvelle souffrances morales. Si Spock avait quelque-chose à lui dire, et bien, il finirait de toute façon par le faire, avec sa franchise habituelle. De plus, ils avaient eu tous deux leur quota d'émotions fortes, et lui-même, malgré son goût pour l'aventure, ressentait un profond besoin d'avoir une accalmie.


Jim se contenta donc de prendre la tasse offerte et but à petites gorgées. Cela avait un goût très étrange, doux et mielleux. Il ressentit aussitôt les bienfaits énergisant du remède. Il regarda paisiblement autour de lui, et soupira. Il n'étaient toujours pas à bord du vaisseau !


Il était sur un large futon à même le sol. Spock se tenait bien droit, comme toujours, assis sur ses genoux à coté de ce lit. Tout deux portaient un même kimono noir, descendant à mi-cuisse, serré à la taille par une large ceinture en tissu vert. La pièce n'était meublée que de ce couchage, d'une petite commode, et d'une petite table basse entourée de coussins de sol. Les murs et le sol étaient blancs, les meubles noirs. Les rideaux, tapis, coussins et draps offraient un camaïeux de verts. Le rideau tiré devant la fenêtre ne permettait pas de deviner l'heure qu'il pouvait être.


- Où sommes-nous ?


- Telsu-kelek, la maison des époux.


- ...pardon ?


- Nous avons accomplis le Ruskaraya t'ho-rah, ce qui signifie que nous sommes à présent mariés.


Jim ne s'étonna même pas de comprendre ces mots, alors qu'il n'avait jamais appris le vulcain. "L'étreinte rituelle", les vulcains avaient de ces euphémismes ! Non, ce qui l'étonnait était cette histoire de... mariage ?! Sa réflexion fut interrompue par une discrète sonnerie. Spock se leva avec grâce, il sortit de la pièce. Jim ne le quitta pas des yeux, rechercha sans les trouver des signes de douleurs dans sa démarche. Il revint accompagné de Sareck. Il ne l'avait jamais rencontré mais il savait qui était ce Vulcain : un ambassadeur important. Il ne manquait plus que cela. Il allait certainement recevoir, sur un ton compassé et glacial, une leçon de chose à propos de son inqualifiable non-respect des séculaires coutumes vulcaines.


Impénétrable, comme tout vulcain digne de ce nom, Sarek lui fit le Ta'al, le salut vulcain.


-Capitaine.


-Ambassadeur Sarek. Répondit le capitaine en lui rendant son Ta'al.


Sarek s'assit sur l'un des coussins de sol, et posa sa mallette à coté de lui. Jim se traîna lourdement pour sortir du lit et venir s'asseoir sur ses genoux en face de lui, dans une même posture. Son corps pesait des tonnes. Il fut fier de lui-même de ne rien montrer des douleurs qui fusaient de ses ecchymoses. Il parvint même à se tenir bien droit. S'il vit sa souffrance, Sarek n'en montra rien. Stoïque, Spock s'assit à l'autre bout de la table.


- Je suis ici, conformément à la tradition, afin de vous faire part des options qui s'offrent à vous, suite à l'accomplissement du rituel. Dit Sarek d'une voix solennelle.


- Je vous remercie, Ambassadeur, d'avoir pris la peine de vous déplacer. Répondit Kirk en s'efforçant d'être à la fois aimable et neutre. Quelles sont-elles ?


- Soit vous acceptez les liens matrimoniaux qui ont été scellés lors du rituel...


Jim ne put réprimer une légère grimace. Ça, il l'avait presque oublié, oui, ce mariage... ce genre d'engagement n'était vraiment pas pour lui. Déjà qu'il n'avait jamais réussi à conserver une relation amoureuse avec une femme plus d'un an... Il était l'homme des aventures d'un soir, et cela lui convenait fort bien.


- ...soit vous déposez un recours auprès de la Cours des Sages qui statuera.


- ... et ... ? Demanda Kirk subitement méfiant. Qu'arrivera-t-il à Spock par la suite ?


Car il y avait toujours des petites lignes de bas de page illisibles dans les propositions de cette nature...


- Si vous déposez un recours, cela signifiera que vous considérez avoir subi une agression de la part de Spock, le k'la'sa est sévèrement puni par mon peuple.


Il était trop difficile, même pour un vulcain aussi aguerri que Sarek de prononcer le mot viol dans la langue standard, alors que son propre fils risquait d'en être accusé, et condamné.


- C'est à dire ? Demanda Jim un peu agacé par la visible répugnance de Sarek à aller droit au but.


- Il sera condamné au suicide. La mort dissoudra le lien qui s'est noué entre vous et lui lors de l'accomplissement du rituel, et vous serez à nouveau libre.


...?! ...!?


Le silence tomba entre eux, épais.


Atterré, Jim regarda Spock, puis Sarek, puis Spock, impavide, peut-être un peu pâle, qui avait le regard baissé et absent, comme si toute cette affaire ne le concernait déjà plus. Spock leva les yeux sur lui, les deux sourcils haussés jusqu'à sa frange, quand Jim explosa :


- NON-MAIS-ÇA-VA-PAS ? Hurla-t-il en frappant la table du plat de la main.


Il était tellement hors de lui qu'il en tremblait de tous ses membres, toutes douleurs oubliées :


- J'ai risqué ma carrière pour venir sur Vulcain parce que Spock était en danger de MORT ! J'ai accepté ce Ku'nat'kali'fee parce que je ne voulais pas que l'autre prétendant ne me le tue ! Et là, vous venez me proposer, FROIDEMENT, de faire condamner Spock, à MORT ! ? Tout ça pour un mal typique de VOTRE CULTURE, contre lequel AUCUN vulcain ne peut lutter ! Ecoutez-moi bien, Monsieur l'Ambassadeur Sarek : je vais ramener MON officier en second à bord de l'Enterprise, m'entendez-vous ! QUE CELA VOUS PLAISE OU NON !


Soudainement, Kirk se rendit compte qu'il était perché au dessus la table, en train de vociférer sur l'Honorable-Ambassadeur-Sarek-de-Vulcain en le menaçant de son index, à dix centimètres à peine de son nez. Sarek n'avait pas cillé. Toujours impassible, Spock le regardait avec une intensité troublante. Jim se rassit, posa ses mains sur son genou, terriblement embarrassé :


-...Ahemm ...Je vous prie d'accepter mes excuses pour mon emportement inadmissible, Ambassadeur Sarek. J'espère ne pas vous avoir offensé.


- L'offense est une émotion humaine, Capitaine. Répliqua l'inébranlable vulcain. Votre réaction est une attitude typiquement humaine. Cependant je peux parfaitement comprendre, après les risques que vous avez acceptés de prendre pour conserver votre premier officier, que vous éprouviez de la colère. De plus, tout comme vous, je préfère savoir Spock vivant plutôt que mort.


Sarek prit la mallette qu'il avait posée à coté de lui et en sortit des documents.


-Conformément à la loi, voici le les actes qui officialiseront votre mariage. Une fois que vous les aurez signés et paraphés, ils seront transmis à Starfleet.


- Et après, je pourrais ramener Spock sur l'Enterprise avec moi ? Insista Jim, ne cachant pas sa méfiance.


- Oui, Capitaine Kirk. Vous avez ma parole. Il sera votre propriété.


Kirk tiqua en entendant ce dernier mot. Encore truc archaïque typiquement vulcain, sans doute. Il réfléchit pendant une poignée de secondes. Il pouvait très bien faire mine d'accepter ce mariage, donner le change pendant quelques mois puis proposer à Spock un divorce à l'amiable, une fois que tout ce tintamarre se serra calmé. Il ne croyait guère en cette histoire de lien indélébile. De toute façon, si lien il y avait, ce ne pouvait être que celui de leur amitié très forte qui les reliait depuis longtemps déjà. Il prit sans hésiter le crayon tendu par Sarek et signa tous papiers, édités en langue Standard et en Vulcain. Il le donna à Spock qui fit de même.


-Bien. Conclut simplement Sarek en se levant. Tout est accompli. Je vous laisse. Restez assis, Sa-fu t'nash-veh.


ooo


Jim attendit que Sarek soit sorti pour demander à Spock :


- Je rêve ou il m'a appelé mon fils ? Je ne comprends pas.


- Non capitaine, vous ne rêvez pas. Sarek est mon père.


- Votre... père ? ...mais... S'indigna Jim. C'est votre père qui vient de me proposer de demander votre mise à mort ?


- Père n'a fait qu'agir selon la coutume. Il obéit à son devoir. Je remarque que ce n'est pas la première fois que vous comprenez des mots vulcain. J'ignorais que vous parliez notre langue.


- ...euh, non... je ne le l'ai jamais apprise... j'ai dû le deviner...


Le cœur de Spock se serra douloureusement dans sa poitrine. Il repensa à la violente fusion mentale qu'il avait imposée à son capitaine lors de l'accouplement. Qu'avait-il bien pu transplanter d'autre de force dans son esprit ? Jim trouva que Spock semblait ému. En fait non, il ne semblait rien du tout. Il était parfaitement impassible. Mais Jim sentait qu'il était ému, très ému. Il garda ce sentiment pour lui, ne voulant pas le mettre mal à l'aise davantage.


- J'ai l'impression que votre potion miracle n'agit plus.


- Je vais vous aider à vous allonger.


Jim n'osa pas refuser son aide. Il se coucha avec soulagement et s'endormit aussitôt.


ooo


Jim endormi, Spock parvint enfin à méditer un peu.


Ce n'était pas une médiation profonde : son esprit était encore beaucoup trop bouleversé par ses émotions, malgré ses années d'entrainement passées à les dominer efficacement. Quel piètre Vulcain il faisait ! Il avait toujours su le dévouement, la bonté et la compassion de son ami, mais jamais il n'aurait pu penser qu'elles seraient à ce point. Spock sentit sa honte d'avoir trahi leur amitié s'aggraver douloureusement en lui. Soudain jaillit dans son esprit le visage de Jim furibond, vociférant au nez de son père. Ces hurlements d'indignations firent taire momentanément toutes ses pensées.


Jim lui avait pardonné.


Tout.


Sans conditions.


Sans reproches.


Spock respira profondément. Depuis longtemps déjà, il prenait discrètement soin de son Capitaine, veillant à ce que ses quartiers soient parfaitement entretenus, préparant ses dossiers à l'avance pour lui éviter de perdre du temps, corrigeant ses rapport afin qu'ils soient le plus parfaits possible, surveillant discrètement son alimentation... il avait même réussi à pirater l'ordi du docteur McCoy afin de s'assurer un suivi de sa bonne santé physique. Ses raisons étaient bien sûr strictement professionnelles : il veillait simplement à ce que son Capitaine soit toujours au meilleur de son efficacité, le débarrassant de toutes ces petites contingences matérielles. Il allait désormais aussi prendre soin de lui en tant que son époux, de toutes les façons nécessaires à son bien être. Alors peut-être, s'il parvenait à le contenter, il pourrait se pardonner son crime.


ooo


Quand Jim se réveilla à nouveau, il allait déjà beaucoup mieux. Il s'assit sur le futon sans ressentir de douleur et contempla Spock, assis dans la position du lotus, en pleine méditation. Il ne l'avait jamais vu méditer. Cela avait quelque chose d'apaisant de le voir ainsi. Jim était à présent très satisfait de lui même, à la fois heureux et fier de lui avoir sauvé la vie, pour une fois que le rôle du sauveur s'inversait. Il n'attendait ni ne demandait de Spock aucun remerciement, il voulait juste continuer à avoir son second officier à ses cotés, ils étaient si complémentaires.


Il contempla longuement les traits de son ami. Jim remarqua qu'il y avait quelque chose en lui, dans le dessin de son visage, qui évoquait les anciennes tribus amérindiennes. Jim se demanda ce que cela donnerait, un Spock vêtu comme un indien, avec sa chevelure sombre flottant le long de son dos, et des plumes dans les cheveux, il eut la vision d'un homme majestueux et libre.


Spock ouvrit les yeux, et croisa ceux de Jim


- Capitaine.


- Ne pourrait-on pas faire l'impasse sur ces formalités, Spock?


Il ajouta avec un sourire taquin :


- Nous sommes mariés après tout !


Spock se raidit imperceptiblement.


- J'ai dit quelque chose de mal ?


- Non, vous n'avez rien fait de tel.


- Vous ne m'avez pas dit pourquoi nous avons été amenés ici, plutôt que ramenés sur l'Enterprise.


- Il était de mon devoir de prendre soin moi-même de toutes vos blessures, comme la tradition l'exige. De plus, cet endroit permet aux couples d'envisager leur avenir.


- Oui... je crois que je comprends. C'est somme toute logique, puisque les fiançailles ont lieu pendant l'enfance, et que les fiancés ne se revoient pas avant le mariage.


Spock se redressa avec élégance. Jim n'avait jamais pris le temps de remarquer à quel point ses mouvement pouvaient être gracieux. Il prit la théière posée sur un chauffe-plat, et versa du thé dans une tasse.


- Le remède miracle?


- Oui, Jim.


D'entendre Spock prononcer son prénom de sa belle voix grave fit courir un violent frisson le long de la colonne vertébrale de Jim, et à son grand désarrois, fit immédiatement redresser son pénis. Embarrassé, il tenta de cacher sa situation en pliant les genoux. Mais cela n'échappa pas à l'œil vigilant de Spock. Il posa la tasse qu'il s'apprêtait à lui donner et vint s'agenouiller près de Jim.


- Jim. J'ai constaté au nombre de vos conquêtes féminines que vous avez une libido élevée...


- Merci... Railla Jim, mal à l'aise; j'ai l'impression de passer pour un obsédé sexuel...


- ...à présent que je suis votre Telsu, c'est à moi que revient le devoir de ne pas vous laisser dans un état de frustration.


- ... je... ne suis pas... en état de frustration ! Mentit Jim.


- C'est mon Gu-vam t'telsu, Jim


- Votre devoir d'époux, oui j'ai saisi le concept... mais...


Cette notion de devoir conjugal lui sembla extraordinairement désuète, mais il le tut, à chaque peuple ses coutumes. Il serra les poings : il ne comprenait pas comment une simple érection pouvait le mettre dans un tel état de confusion et de frustration. Cela ne lui était jamais arrivé.


Cependant, malgré tout, il repoussa à nouveau Spock, mal à l'aise à l'idée qu'il puisse lui faire ça.


- Laissez-moi vous aider, Jim. Ai-je perdu votre confiance ? Demanda Spock.


La douleur dans sa voix était imperceptible, mais bien réelle. Cela désarçonna Jim, il céda :


- Non, Spock, je... j'ai confiance en vous.


Il laissa ses jambes retomber sur le matelas. Lors du Ku'nat'kal'i'fee, il avait fait ce qu'il fallait pour sauver la vie de son ami. Cependant, il s'était bien juré de ne plus jamais laisser personne explorer son intimité. Spock était à présent parfaitement impassible, et maître de son esprit, il n'y avait donc certainement rien à craindre. Il n'empêche, la situation était des plus incongrues : Spock, si pudique, écartait les pans du kimono de Jim et posait les mains sur son pénis en érection avec une grande douceur. Jim s'allongea, acceptant cela comme une marque de solidarité entre amis de longue date. Il ferma les yeux. Après tout, une petite masturbation de ces longues mains habiles de scientifique ne pourrait pas être désagréable...


Des lèvres se posèrent sur lui. Il sursauta presque :


- Je vous ai blessé, Jim ?


-... euh... non, ça va... rien ne vous oblige à... Oooh bordel!


Spock l'avait prit entièrement dans sa bouche brûlante, le caressait de ses lèvres et sa langue, de ses doigts, avec de long va et vient. Où avait-il donc appris à faire cela ? Il était sacrément plus doué que bon nombre de ses conquêtes d'un soir ! Jim se sentit fondre de plaisir. Il n'osait pas regarder Spock, de crainte de le mettre mal à l'aise et qu'il n'arrêta cette délicieuse torture.


Pourtant, il s'interrompit. Jim réprima un grognement de déception. Puis sursauta à nouveau alors que Spock grimpait sur lui.


-Non, Attendez ! Je vais encore vous faire mal ! Vous avez beaucoup saigné la dernière fois ! Ça ne se fait pas comme ça, on doit préparer l'acte avant !


- Je ne suis pas humain, Jim. Ma morphologie a changé suite à votre première pénétration. Expliqua Spock comme s'il était sur la passerelle à décrire les particularités géo-physiques d'une planète de classe M. Je suis à présent tout à fait adapté à votre anatomie et naturellement lubrifié. Le saignement était indispensable pour amorcer ce processus d'accommodation. Je ne puis vous laisser dans cet état de frustration, et vous avez besoin d'une stimulation efficace. De plus, c'est à moi qu'incombe le rôle du receveur.


Comme pour prouver ces dires, Spock s'empala tranquillement sur lui.


-... Oooooh bordel ! Gémit Jim en penchant la tête en arrière sur l'oreiller


Il était incroyablement bon d'être en lui ! C'était étroit juste ce qu'il fallait, brûlant, doux, ferme et humide. Spock commença à rouler des hanches et Jim soupira de bien-être. Il regarda Spock, impassible, mais dont les pupilles étaient dilatée.


- Ooh, Spock !... Est-ce que... c'est... bon... pour toi aussi? Haleta-t-il


- Ce n'est pas indispensable, Jim.


- Mais je veux que tu aimes cela toi aussi ! S'indigna Jim


La seule réponse de Spock fut un frémissement intérieur qui enserra le sexe de Jim immergé en lui. Jim tendit la main, la glissa sous le kimono de Spock. Il saisit son pénis et le caressa. Spock émit un gémissement d'approbation. Jim perdit toute notion de temps. Ils se possédèrent longuement. Spock s'empara de l'autre main de Jim, paume contre paume, doigts contre doigts. Leurs esprits se frôlèrent, timidement...


Lentement, Spock se rallongea à coté de Jim. L'orgasme avait été intense, et paradoxalement très doux. Certainement un truc vulcain, pensa Jim. Il se souvint d'une chose, qui sur le moment lui avait paru très naturel, mais maintenant qu'il y repensait :


- Me permettez-vous de vous regarder ? Demanda Jim


- Je vous en prie, Accepta Spock, mal à l'aise.


Jim souleva la tunique. A la base du sexe légèrement vert, de part et d'autre de celui-ci, il y avait deux tiges, fines et souples, terminée par une sorte de petite feuille ronde. Elles étaient en train de se replier sur elles-mêmes lentement. Jim en frôla une du doigt, elle s'y accrocha aussitôt.


- Sa-guv man-kastik-lar [les lianes sexuelles du mâle] Expliqua Spock sans montrer sa gène


- C'est magnifique, Spock !


- Cela ne vous dégoûte pas ?


- Pourquoi donc? Ces vrilles ont l'air si délicates !


Jim joua un peu avec ces vrilles, fasciné par leur apparente fragilité. Puis, il se coucha à coté de Spock et soupira doucement :


- Je crois que je vais dormir un peu...



Qsa'kas t'Hassu McCoy


[La colère du docteur McCoy]

Le retour sur l'Enterprise sembla étrange à Jim. Ils n'étaient parti que depuis 48 heures et cependant, il se sentait totalement déphasé. Pourtant, il n'avait pas voyagé dans le temps, ou rencontré de peuple primitif et détourné la prime directive... quoique, tout bien pensé, ce Ku'nat'Kal'i'fee [combat des prétendants] et ce supposé chois que lui avait posé Sarek, avaient réellement un aspect bien archaïque pour une nation à l'évolution si raffinée.


Il avait vraiment la sensation que cela faisait des semaines qu'il était parti. Il s'était passé tant de choses pour le moins... surréalistes. Il était enfin de retour dans sa réalité, dans son vaisseau. Maintenant, le temps qu'ils ôtent leur toges vulcaines pour remettre leurs uniforme, Jim n'avait qu'un désir, retourner à la passerelle avec Spock, et reprendre le cours de leur mission... Bordel ! Bones ! Jim l'avait totalement oublié ! Cela allait être plus compliqué que prévu, à en juger par le regard soupçonneux qu'il posait sur eux. Le bon docteur avait dû mortellement s'inquiéter pour eux, enfin beaucoup plus que d'habitude... et ça allait chauffer pour eux à en juger par les changement d'expression sur son visage.


Le docteur McCoy les attendait dans la salle de téléportation depuis qu'on lui avait annoncé leur retour. "En bonne santé". Bon sang, mais on se foutait du monde ! C'était bien les vulcains, ça. L'art de ne pas dire les choses sans mentir. En bonne santé. Après ce qu'il avait vu ! Après tout ce déchaînement de violence ! En bonne santé physique, peut-être, mais leur santé psychique ? Comment allait-il faire pour réparer les pots cassés par cette cérémonie anachronique et cruelle ? Il les sonda de ses yeux inquisiteur à la recherche du moindre signe de souffrance, mais n'en vit aucun. L'angoisse se changea en colère. Il croisa ses les bras sur sa poitrine, le regard flamboyant.


- VOUS DEUX ! Aboya-t-il. Avec moi, à l'infirmerie !


- McCoy! Déclara Jim du haut de toute sa prestance autoritaire de James T. Kirk, Le Capitaine du Grand Vaisseau l'Enterprise, pour tenter de détourner l'orage. Tout va bien! Nous devons retourner impérativement à la passerelle, nous devons immédiatement repartir pour Altaïr VI...


Mais cela ne marchait pas avec un Bones dans cet état-là. Il répliqua avec colère :


- Vous pourrez donner vos ordres de l'infirmerie. Et de toute façon, T'Pau nous a obtenu un délais de trois jour supplémentaire! Nous avons le temps ! Hors de question que vous me fassiez faux bond tous les deux ! A moins que vous préfériez que je ne vous relève de vos fonction ?


Spock et lui abdiquèrent; et suivirent donc le docteur en silence le long des coursives. Il les fit entrer dans son bureau et ferma soigneusement la porte. Il croisa les bras et explosa :


- BON SANG de BON SANG, JIM ! Je me suis fais un sang d'encre ! Ça vous aurai ÉCORCHÉ de me donner de vos nouvelles ? Je sais pas, moi, genre, "salut, Bones, tout va bien, on n'est pas mort !" PERSONNE n'a rien voulu me dire sur Vulcain, à part des inepties du genre 'ils-vont-très-bien-merci' et 'cela-ne-vous-regarde-pas' ! ! ! Maintenant, AUCUN DE VOUS DEUX ne sortira d'ici avant de ME DIRE CE QU'IL S'EST PASSÉ, et que je les ai auscultés! Me suis-je bien fait comprendre ? Alors, je vous écoute.


Jim tenta de le calmer :


- ...hem... Bones... ce n'est pas ce que tu crois...


- Mes yeux m'auraient donc trahi ? Grommela Bones, menaçant


- Bones ! Il le fallait !


- Monsieur Spock ? N'avez-vous rien à ajouter de plus tangible ?


Spock se contenta de poser des yeux impassible sur le médecin, il lui était impossible de parler de cet événement, le risque de surcharge émotionnelle était encore trop grand. Son attitude irrita davantage le médecin. Jim répondit donc à sa place :


- Nous sommes marié.


- Que ? QUOI ? Le syndrome de monsieur Spock vous a rendu fou vous aussi ?


- Ecoutez, Bones : ce Kal'i'farr était l'aboutissement logique du puk ho-rah qui a lieu lors du Ku'nat'Kal'i'fee....


- Encore un mot en vulcain, Jim, et je vous jure que je vais péter les plombs !


- Quel est le rapport entre cet élément chimique et le vulcain, docteur ? Intervint enfin Spock


- Vous le faites exprès pour me pousser à bout, monsieur Spock ? Traduisez-moi plutôt le galimatias de votre capitaine, je vous prie!


Spock haussa brièvement un sourcil et devina plus qu'il ne comprit le sens du mot.


- Le kal'i'farr signifie "mariage traditionnel", lequel est scellé suite à l'accomplissement du "défis rituel" lors du "combat des prétendants". Expliqua posément le vulcain. Exposé en ces terme, cela lui était moins difficile de conserver son calme.


-... humgrumpf... finalement, je me demande si je ne préférais pas la version en mots vulcains. Ronchonna le docteur en se frottant les yeux des deux doigts.


- ...par la suite, le Capitaine a eu le chois entre demander ma mise à mort ou accepter ce mariage. Conclut Spock calmement


- Et vous OSEZ... appeler ça... UN CHOIS ?! Explosa Bones à nouveau


Le docteur arpenta la pièce de long en large, puis se calma soudain. Tout cela n'avait pas dû être facile pour ces deux hommes, tous les deux si fiers. Il les scanna de son regard de médecin, cherchant les failles dans leur posture et leur attitude


Spock semblait inchangé, et demeurait aussi stoïque et indifférent qu'à l'ordinaire, mais bon, il était vulcain, alors cela ne voulait rien dire.


Jim se tenait debout à coté de lui, détendu comme à son habitude d'être décontracté et sûr de lui en toute circonstance. Il ne montrait aucun signe de douleur ou de malaise, que ce soit sur le plan physique ou psychique. Là non plus, cela ne voulait rien dire, Jim avait de grandes capacité de résistance et de résilience. Et Bones savait d'expérience qu'il préférerait de faire couper la mains plutôt que d'avouer ses faiblesses.


Ils se tenaient tous deux bien droits, et avaient croisé leurs mains derrière leur dos. Leur coudes se touchaient. Mais ils ne semblaient pas en avoir conscience.


- Il faut que je vous examine!


Jim se raidit :


- Ce ne sera pas la peine, Bones. Monsieur Spock m'a déjà soigné.


- Vous êtes aussi médecin, Monsieur Spock ?


- J'ai fait mon devoir d'époux. Répondit Spock comme si cela allait de soi. C'est la tradition : ces soins sont pratiqués après le rituel, ils ont faits leurs preuves.


Décidément, ces deux zigotos allaient avoir raison de sa santé mentale. Bones soupira en se frottant le visage. Des soins traditionnels ... cela en disait long sur la violence de ces épousailles rituelles, si ces soins faisaient partie de la tradition. Il se dit qu'il était bien content de ne pas être née dans la peau d'une vulcaine, hum il digressait... Il comprit cependant leur réticences, il ne voulait pas avoir l'impression de s'immiscer dans leur intimité, si intimité il y avait. Il baissa les épaules et dit à contre-cœur


-Soit, vous avez gagné. Mais au moindre petit signe de faiblesse, je vous ramène ici par la peau des fesses pour un chek-up complet, c'est bien compris ?


- Ok, Bones.


- Bien compris, docteur.


Le docteur répondit par un bougonnement, puis ajouta :


- Au fait, qu'allez-vous faire maintenant, comment allez-vous annoncer ce mariage ?


- Non, Décréta Spock aussitôt. Cela risquerait de nuire au Capitaine en l'exposant aux commérages et aux propos homophobes !


Jim se contenta acquiescer vaguement, comme si cela n'avait pas d'importance.


-De plus, Ajouta le vulcain, nos quartiers sont reliés par la salle de bain commune. Notre état marital pourra rester un secret.


Jim se souvint dans un flash de ses dernières éteintes avec Spock dans la Telsu-kelek [maison des époux] et rougit un peu. Cela sous-entendait-il qu'il y en aurait d'autres ? Tout bien réfléchi, il se rendait compte que cette perspective ne le gênait pas vraiment. Bien au contraire, elle se révélait plus qu'attrayante ! Il grommela pour masquer son trouble :


- Oui, bon, voilà, on peut y aller maintenant ?


- Oui, c'est bon, Jim. Pendant que j'y pense, m'autorisez-vous à en parler à Miss Chapel ?


- Pour quelle raison, docteur ? Demanda Spock


- Parce que la pauvre Christine en pince sérieusement pour vous, monsieur Spock. Ce ne serait pas charitable de la laisser se bercer d'illusion


- Elle ... pince comment... ? Demanda Spock en haussant un demi-sourcil


Il regarda Jim qui lui parut visiblement amusé, ce dernier lui demanda :


- Ne me dites pas que vous n'aviez pas remarqué son ... intérêt romantique à votre égard ?


- Non.


- Elle est très discrète, elle ne parlera pas. Assura Bones. Elle est habituée au secret médical.


Spock regarda Jim qui hocha la tête.


- Vous pouvez le lui révéler, docteur.


ooo


Le docteur McCoy resta un long moment perplexe après leur départ. Toute cette explosion de violence incontrôlée à laquelle il avait assistée dans cette arène... la situation compromettante dans laquelle il avait été forcé d'abandonner Jim... il tenta d'en chasser les images choquantes de sa mémoire... il ne s'était pas attendu à les retrouver aussi détendus tous les deux, comme si rien de tout cela n'avait eu lieu... et mariés, qui plus est !


Le docteur soupira, il s'agissait à présent de transmettre l'information à la douce Christine, et c'était un crève-cœur que de savoir qu'elle allait sans doute pleurer. C'était une femme si gentille et si dévouée envers leurs patients. Il la fit venir dans son bureau. Il prit sa voix la plus bienveillante.


- Jim et Spock sont revenus de Vulcain


- Oui! Se rejouit-elle. Je l'ai entendu dire. Monsieur Spock va mieux ?


-Oui, il s'est parfaitement remis. Cependant, j'ai une nouvelle à vous annoncer, asseyez-vous, Christine.


- Vous me faites peur, Docteur. Il lui est arrivé quelque chose ?


- Rien de grave, Christine, mais asseyez-vous.


Elle prit et chaise et s'assit. McCoy se mit en face d'elle


- Voilà : monsieur Spock s'est marié...


- ...ah...? Répondit l'infirmière d'une voix blanche. Avec sa fiancée vulcaine ?


- ... avec Jim.


- ... le capitaine ?


- Oui. Monsieur Spock tient à ce que tout cela reste secret, pour, dit-il, protéger Jim des ragots. Je lui ai demandé la permission de vous le révéler, car je sais que vous avez des sentiments pour lui.


Miss Chapel essaya de se contenir, mais ses larmes coulèrent sur ses joues. Elle avait si mal, et en même temps avait si honte d'être jalouse du Capitaine. Car le Capitaine était un homme bien. McCoy se leva et vint gentiment poser la main sur son épaule.


- Ça va aller, mon petit. Séchez vos larmes. Vous êtes jolie comme un ange, vous êtes gentille comme tout, et intelligente. Croyez-moi, il y a d'autres hommes biens, et bien plus aimable que ce vulcain, l'un d'eux méritera sans aucun doute votre bon cœur...


Miss Chapel se jeta sans ses bras, il la serra contre lui doucement. Cela faisait très longtemps qu'il n'avait eu de femme dans ses bras, pas depuis son divorce... cela lui parut idiot, mais il eut peur de lui faire mal en serrant trop fort.


ooo


Spock attendit qu'ils soient tous deux dans le turbo-fleet pour déclarer :


- Capitaine, vous paraissez troublé.


- Ça va, Spock, ça va. Mentit Jim


En fait, il serrait les poings. Il s'en rendit compte et les desserra.


- Excusez-moi d'insister, vous semblez réellement tendu.


- Non, ça va, Spock.


- Je comprends. Voulez-vous que je prenne soin de vous ... Proposa Spock en amorçant un mouvement vers lui


Jim arrêta le turbo-fleet, le menaçant de son index :


- Bordel, Spock. Arrêtez ça ! J'ai assez d'images mentales perturbantes dans la tête comme ça !


- Ne souhaitez-vous pas que je ...?


- Spock, J'ai dit STOP! Arrêtez avec votre Gu-vam t'telsu! [devoir de l'époux]


- Bien Capitaine. Répondit docilement Spock en se redressant, les mains à nouveau dans son dos, impassible.


Prendre soin de son époux allait s'avérer plus compliqué que prévu, si celui-ci repoussait son assistance. Alors qu'il en avait visiblement besoin, au vu du rythme des battement de son cœur à sa carotide, et de la tension musculaire de tout son corps. Il lui avait pourtant semblé que Jim avait réagi favorablement à ces contacts physiques, puisqu'il l'avait amené jusqu'à l'orgasme (lui aussi l'avait atteint, d'ailleurs, mais là n'était pas son but, même si cela s'avérait gratifiant pour lui aussi). Il devait bien y avoir d'autres façon de procurer du bien-être à son époux.


Jim prit une grande inspiration. C'était vraiment difficile pour lui de repousser Spock avec ces souvenirs licencieux dans la tête... ce n'était pas une pensée digne d'un capitaine envers son officier en second... il n'empêche, il avait furieusement envie de le plaquer contre la parois du turbo-fleet et... c'était de la faute de Spock aussi, avec cette sorte de... docilité... ah, non, il fallait vraiment qu'il se calme!


- Souhaitez-vous alors que, ce soir, je vous initie au Vuhlkansu tanaf t'wh'tri [art vulcain de la médiation] ?


- ... de la méditation ? S'adoucit Jim. Et bien, cela ne pourra pas me faire de mal. Cela semble efficace pour vous en tout cas. En fait, j'ai même l'impression que cela pourrait m'être très utile.


ooo


L'intuition qu'avait eue Jim avant de sortir de l'infirmerie ne l'avait pas trompé. Ce soir-là, après qu'ils aient pris leur douche chacun leur tour, Spock vint le rejoindre. Le Capitaine se dit qu'il serait plus raisonnable de juste dire bonne nuit à son officier en second, mais, une fois de plus, son pénis proclama son indépendance, en réclamant son dû.


Jim se sentit vaguement coupable de laisser Spock lui faire ça... mais oooh bordel, ce qu'il était agréable d'être cajolé par ses mains habilles et sa bouche suave. Comme il était délectable d'être ainsi enfoui aussi profondément en lui ! Jim plia ses jambes. Il prit appui avec ses pieds sur le matelas pour hausser les reins à la rencontre de Spock. Sa récompense fut immédiate. Il débusqua la prostate de Spock qui émit un long gémissement rauque. Oui ! Oh oui ! C'était encore mieux si le plaisir était partagé, incommensurablement mieux et Jim se dit qu'il était en train de devenir accro à ces étreintes. D'une main, il s'empara du pénis de Spock qui poussa presque un cri, ses délicieuses vrilles enlacèrent ses doigts passionnément, de l'autre il s'accrocha à sa hanche. Le temps et l'espace se suspendirent, et il n'y eu plus qu'eux deux dans l'univers et l'embrasement de leurs corps...


Dès qu'il eut repris son souffle, satisfait d'avoir accompli son devoir, Spock se rhabilla et retourna dans ses quartiers. Jim tenta de dormir, en vain. Il souvint de la proposition de Spock de lui apprendre à méditer. Il s'habilla décemment du pyjama réglementaire. Il entra dans les appartement de Spock sans penser à frapper. Il avait dû l'entendre venir, car bien qu'en position de méditation, il avait les yeux ouverts.


-Capitaine ?


-Vous m'aviez proposé de m'enseigner les technique de Vuhlkansu tanaf t'wh'tri, cette offre tient-elle toujours?


-Bien sûr, Capitaine.


Le capitaine se retint prudemment de proposer à Spock de dire son prénom, il se souvenait de l'effet que cela pouvait avoir sur son entrejambe (à croire qu'il devenait un hypersexuel obsédé par le corps son commandant).


Spock posa sur le sol un coussin de sol, en face du sien et invita d'un geste Jim à s'asseoir.


-Commencez par vous mettre à votre aise. Il n'y a pas de position meilleure qu'une autre.


Jim s'assit sur ses genoux et d'un regard invita Spock à reprendre.


- Pour cette première leçon, vous allez commencer par des exercices simples de respiration. Vous allez effectuer une respiration abdominale : en insufflant par le nez, expirant par la bouche. Posez les mains sur votre ventre afin de mieux percevoir ses mouvements. Nous ferons des cycles sur quatre fois quatre temps : inspiration, pause, expiration, pause.


Spock commença à compter d'une belle voix apaisante :


- Inspirez Veh, Dah ,Reh, Keh... Retenez votre souffle Veh, Dah ,Reh, Keh... Expirez Veh, Dah ,Reh, Keh... Retenez votre souffle Veh, Dah ,Reh, Keh,...


Il poursuivit calmement le décompte, et Jim, les yeux fermés, calqua sa respiration sur celui-ci. Jim fit quatre cycles complets. Il fut interrompu par un irrépressible et énorme bâillement. Il voulut présenter ses excuses, mais Spock émit son approbation :


- Buhfik [parfait] ! Vous êtes à présent suffisamment détendu pour entamer l'étape suivante. Respirez lentement, toujours avec le ventre. Fermez les yeux. Dirigez votre concentration sur les parties de votre corps, ressentez-les, visualisez-les : d'abord vos pieds... puis remontez lentement le long vos jambes... votre taille... votre ventre, remarquez comment il se soulève à chaque respiration... votre buste... votre cou... revenez sur vos mains, sentez la forme de vos doigts... remontez sur vos poignet... le long des bras... jusqu'à votre visage...


Peu à peu, Jim sentit son esprit se vider agréablement, tandis que Spock finissait son explication :


- Si des pensées surviennent, laissez les juste passer, sans leur accorder l'importance, nous verrons plus tard comment les trier efficacement... concentrez-vous juste sur la perception d'être. Psthan'uh heh pula'uh let'thieri [Recherchez et atteignez la paix intérieure]


Flottant en lui même, Jim constata soudain que, dans l'intimité, ils s'étaient tous deux mis à émailler leurs phrases de mots vulcains. Cette révélation se fit sans angoisse, juste une sorte d'étrangeté. D'autant plus que cela instillait en lui une sensation d'intimité confortable. Cela devait probablement être aussi très agréable à Spock, qui était le seul vulcain à bord, et n'avait donc personne avec qui converser dans sa langue natale. Les autres pensées glissèrent sans s'accrocher... des mots vulcains flottaient agréablement à la surface ...


Jim ouvrit les yeux, intensément apaisé. La fatigue commençait à se faire sentir. Face à lui, Spock était profondément concentré. Jim se leva sans un bruit. Il se pencha sur Spock et murmura :


-Lesek [merci], Spock. Yuk rom [Bonne nuit]


Il n'osa pas déposer un baiser sur sa frange, peut-être une prochaine fois...



Minshara t'kastik


[la planète végétale]



L'Enterprise accosta Altaïr VI à la date prévue et Jim dû se plier au ballet mortellement ennuyant des diplomates pompeux, des réunions stériles et sans fin, des cocktails mondains, des soupers interminables...


Chaque matin, Spock lui transmettait des fiches détaillées sur différentes sommités et leur importances géo-politique. L'officier en second ne quittait son Capitaine pas de la journée. Tous ces notables étaient trop nombreux pour que Jim puisse se souvenir de tout malgré son excellente mémoire (pour un humain). Spock lui rappelait donc tous ces détails de sa voix pondéré.


Le Capitaine Kirk faisait le job de représentation pour lequel on l'avait missionné sur cette planète : il souriait affablement, s'adaptait à chaque personne avec un naturel désarmant, discutait armé de son humour discret, et charmait d'un sourire...


Imperturbable et parfaitement professionnel, Spock faisait les présentations, acquiesçait, (se retenait de hausser un sourcil face à certains comportements qui lui semblait sur-réalistement fascinants) apportait des précisions aux propos de son Capitaine.


Ils formaient un duo aussi professionnel, qu'étonnant. Un contraste détonnant, même, par leurs façons de se comporter si différentes. Ils étaient la parfaite illustration de ce que Starfleet voulait donner comme image : une efficace coopération inter-ethnique... tant et si bien qu'ils furent tous deux invités à toutes collations dînatoires...


ooo


- Bordel. Ronchonna Jim en se débarrassant de sa veste qu'il jeta sur son bureau. Enfin de retour dans nos pénates ! Et ça va recommencer encore demain...


Jim soupira de dépits et posant son regard sur les dossiers entassé sur son bureau.


- ...Ces mondanités sont harassantes ! Et ces soupers interminables... je vais éclater de tant manger !


- En effet, vous avez pris 1,238 kg depuis notre arrivée sur Altaïr VI...


- Merci, Spock ! Vous avez vraiment le compas dans l'œil. J'adore votre façon de me remonter le moral ! Railla Jim


- Than du tvai ra ? [Que voulez-vous dire ?]


Jim soupira encore, plus amusé qu'autre chose par la parfois si désarmante franchise de Spock :


- Laissez tomber, ce n'est pas grave.


- Cela n'a pas altéré votre... silhouette... Tenta Spock, un peu incertain de ce qu'il devait dire.


Il ne comprenait pas la réaction de son époux. Il n'avait fait, après tout, que lui transmettre une information. Cette fois-ci, Jim rit bien franchement.


- Me voilà donc sauvé. Et vous, avez-vous pris du poids ?


- Non, Capitaine, j'ai réduit l'apport calorique des autres repas, et augmenté la proportion de mes dépenses énergétique en pratiquant plus d'activité physique dans la salle de sport avant notre réunion préparatoire du matin.


-Ah. Bonne idée. Je vais faire comme vous à partir de demain. En tout cas, vivement que cela finisse, je ne suis pas contre les relations sociales mais là c'est trop !


- Vous vous en sortez très bien Capitaine, vous êtes très efficace dans le domaine des relations publiques.


Ça, pour le coup, c'était un vrai compliment de la part de Spock, dont les exigences en matière d'efficacité étaient plutôt élevées. D'autant plus qu'il ne pratiquait aucune forme la flatterie. Jim lui répondit par son plus beau sourire.


- Lesek ! [merci]! Sachez que de vous avoir à mes cotés m'est d'une aide précieuse ! Vous avez vraiment une mémoire encyclopédique !


Le temps d'une nano-seconde, Jim vit des étoiles éclairer le regard neutre de Spock.


- J'ai noté aussi, aux réactions induites par votre comportement social, Reprit Spock de son ton tout à fait professionnel, Que ma présence à vos cotés augmente vos capacité de séduction et de persuasion de 35,2544%


Jim dévisagea Spock avec des yeux ronds. Le vulcain était tout ce qu'il y avait de plus sérieux. Jim éclata de rire.


- Bon, je vais prendre ma douche, histoire de rajouter quelques points de plus à ce potentiel irrésistible !...


ooo


Cela faisait déjà une semaine que James Tiberius Kirk et Spohkh S'Chn'T'gai avaient été mariés lors du Ku'nat'kali'fee [défi des prétendants]. Jim avait lu sur l'acte de mariage, et retenu, le réel prénom de Spock, ainsi que son nom de famille, enfin une partie, l'autre étant exclusivement composée de consonnes du genre Xtmprsz-quelque-chose parfaitement imprononçable pour une bouche humaine.


Jim avait totalement cicatrisé de toutes ses blessures. La médecine vulcaine était vraiment très efficace! Il avait toujours eu horreur de toute forme de routine, ce qui avait motivé son enrôlement à StarFleet, à la recherche d'aventures palpitantes. Et pourtant, celle qui s'était installée entre eux dans le secret de leurs quartiers lui convenait parfaitement.


Chaque soirée commençait par un rapide débriefing de la journée, entre un Capitaine et un Commandant en second très professionnels, parfois en désaccords, et la programmation des activités du lendemain. Cela fait, chacun se douchait de son coté.


Spock venait ensuite retrouver Jim dans sa chambre et lui prodiguait ses soins. Et chaque soir, Jim s'abandonnait à ses mains avec d'autant plus de délectation que son amant semblait l'apprécier aussi. (Une sorte d'échange de bons procédés entre amis, en somme) Et puis, comment refuser ? Spock le faisait avec un tel sérieux et un naturel si désarmant. Une rapide toilette, et c'était Jim qui retrouvait Spock dans ses quartiers pour une séance de médiation, qui lui apportait une autre forme de bien être...


Personne n'avait rien remarqué. Le fait que le Premier Officier reste si proche de son Capitaine lors des mondanités coulait de source, car chacun connaissait de rôle pondérateur de Spock. Ils formaient un duo efficace et charmant. Puis, quand ils repartirent, enfin, d'Altaïr VI, rien ne parut avoir changé. Ils étaient plus efficients que jamais, et en public aucun d'eux n'avait modifié son comportement. Pourtant, Spock regardait Jim 1,3856 fois plus souvent, et Jim contemplait Spock 1,1986 fois plus souvent. Mais, bien sûr, seul Spock, qui avait fait ces calculs, était à même de s'en rendre compte.


ooo


- Nous approchons de la planète T35468V annonça Sulu. A cette vitesse, nous y seront dans 0-point-26-heures


- Merci Lieutenant. Quels sont vos relevés, monsieur Spock ?


Spock se tourna vers lui, très droit, les mains dans le dos, il commença son exposé :


- Planète de rang M, orbitant autour d'une naine jaune de masse solaire de 0-point-9557 en 1-point-179 journée standard. di-azote : 81-point-0058% ; dioxygène : 20-point-0035%; di-oxyde de carbone : 0-point-0359% ; vapeur d'eau : 4-point-3216% ; température au sol : entre 0-point-0028 et 45-point-9477 degrés Celsius suivant les...


- ...donc habitable.


- Affirmatif, Capitaine.


- Des êtres vivants ? Une civilisation ?


Spock se pencha sur son analyseur. Il prit le temps de recouper les données. Jim Kirk attendit sans impatience qu'il lui communique le résultat. Il savait que Spock allait lui fournir toutes les informations nécessaires. Le Commandant en second se redressa et reprit sa position face à son Capitaine :


- Pas de vie intelligente selon nos normes, Capitaine. 80-point-3687% de cette planète est recouverte d'eau. 18-point-6974% sont des forêts dont la densité varie de...


-...des animaux ?


Spock fronça un demi un sourcil, auquel Jim répondit par son sourire désarmant.


- La faune marine est composée de crustacés, de poissons et de cétacés dont la taille maximum semble être de 564-point-5761 mètres. Les forêts sont peuplées d'insectes, mais je ne peux vous les décrire précisément...


-Parfait ! Cela va être une promenade de santé ! Et ça va faire le plus grand bien à Bones !


ooo


Ils se firent téléporter dans une clairière, en deux fois. D'abord Le capitaine, le commandant, le médecin en chef et deux yeoman : Jules et Jim Floyd, frères jumeaux que seul Spock savait distinguer l'un de l'autre. Puis, une botaniste Andorienne Thitta Sh'Ziva, deux autres humains : le zoologue Ashanti Marco et le troisième yéoman Pierre Robin, accompagné par le matériel.


Le ciel matinal était d'une teinte jaune, et l'air était déjà chaud, mais agréable à respirer. La clairière était parsemée d'arbres et de buissons bas, elle devait faire deux ou trois kilomètre de diamètre, et était entourée par des forêts épaisses à perte de vue. La première étape fut d'installer le matériel dans des tentes, les pluies étant fréquentes sur cette planète au climat semblable à celui des forêts équatorienne de l'ancienne Terre. Chacun s'y attela dans broncher.


Thitta se tenait à bonne distance de Spock. Elle avait rejoint l'Enterprise à leur départ d'Altaïr. Les conflits fréquent entre leur deux peuples lui faisait craindre de subir de la ségrégation de la part du Vulcain.


- Nous pourrions commencer à explorer les alentours pendant que vous finissez d'installer le matériel dans les tentes. Proposa Spock.


- C'est une excellente idée, monsieur Spock. Répondit Jim. Les frères Floyd, vous irez avec lui.


Les yeoman acquiescèrent


-Venez-vous avec nous, Miss Sh'Ziva? Il se peut que nous trouvions des éléments susceptibles d'éveiller votre intérêt scientifique.


Le Commandant s'adressa à elle avec le même respect impassible que les autres membres de l'équipe. Sh'Ziva se détendit.


-Je vous suis, monsieur. Répondit-elle d'une façon un peu trop formelle.


Spock ne s'en offusqua pas et alla chercher son tricorder.


ooo


- On n'est pas bien là ? Demanda Jim, les deux mains sur les hanches en contemplant les alentours. Cette planète n'est-elle pas magnifique ?


- Jim. Gronda doucement Bones. Vous êtes trop optimiste. Nous ne savons encore rien sur elle.


- Les ordi de monsieur Spock n'ont détecté aucune forme de danger.


- Il a bien précisé la probabilité d'inexactitude.


Jim soupira. Les mondanités sur Altaïr l'avaient épuisé. Il avait besoin de grand air, et de repos, et il espérait sincèrement qu'il allait enfin pouvoir le trouver ici.


- S'il s'avère que cette planète est effectivement sans danger, je songe à accorder une permission au personnel de l'Enterprise. Cela fait plusieurs mois qu'ils n'en ont pas eue. Les réjouissance d'Altaïr ont été tout sauf reposantes


- C'est une bonne idée, Jim. D'autant plus que j'ai des suspicions de cas de burning-out mais...


- ... oui, Bones, ne vous inquiétez pas, j'ai bien compris et je suis tout à fait d'accord avec vous. Une fois que nous nous serons assurés qu'il n'y a pas de danger.


Un bruit de casse les fit sursauter. Bones se précipita en criant :


- MARCO ! Je vous avais dit de faire attention à cette boite !


Jim le regarda se précipiter vers la tente, amusé, Il accrocha son communicateur et son phaser à sa ceinture, et décida d'aller se dégourdir un peu les jambes.


ooo


En temps normal, Jim n'aurait jamais commis l'imprudence de partir ainsi seul à l'aventure sur une planète inconnue. Mais il avait besoin de marcher, marcher sans rencontrer de mur, sentir le vent, se sentir un peu libre. De plus, le terrain était totalement à découvert, il n'y avait aucun danger visible, ni de possibilité pour qu'il se perde.


Il marcha droit devant lui, sans vraiment réfléchir, jusqu'à arriver à la naissance de la forêt. Mais non, ce n'était pas tout à fait cela : il s'agissait des frondaison d'une canopée, qui s'étendait à perte de vue. Il s'avança prudemment. La terre meuble céda sous lui, et, par chance, il glissa sur une pente boueuse pendant ce qu'il lui parut être une éternité.


Spock était de retour au campement. Il ressentit un violent coup au cœur. Où était le Capitaine ? McCoy ne put lui répondre. Spock se concentra sur la sensation, et se mit à courir dans sa direction.


Enfin la descente s'acheva, mais il glissa encore sur le sol humide, emporté par son élan, et ne parvint pas à se rattraper à quoi que ce soit. Jim atterri finalement dans une sorte petite cuvette remplie de drôles de petits fruits. Il en écrasa plusieurs avant de réussir à en sortir.


- Bath'paik ! Ronchonna-t-il.


Décidément, même sous forme de juron, il trouvait les mots vulcains absolument délicieux sur sa langue, et ne s'en lassait pas. Il avait plein les mains d'un fluide jaunâtre gluant, une partie de son uniforme déchiré en était recouvert. Il avait perdu son communicateur dans sa chute. Il n'eut à faire que quelques pas pour trouver une petite source. Finalement le mini-tricodeur que Bones avait obligé chaque membre de l'équipe à porter allait se révéler utile. Il le sortit de sa poche et analysa l'eau. Potable. Parfait. Jim se lava les mains, but longuement, il avait la gorge sèche. Il nettoya son visage, et ses écorchures, il parvint à se débarrasser un peu de ce liquide étrange. Il se redressa et vit les traces de sa glissade. Au moins, il n'allait pas avoir de mal à retrouver son chemin.


Spock accéléra son allure. Il ne percevait plus l'adrénaline de Jim. Allait-il bien? Était-il blessé et inconscient ?


Jim fit un pas, son pied heurta une racine, il chuta sur un nœud de lianes. D'autre lui tombèrent sur le dos. Il voulut s'en dégager mais ne parvint qu'à s'empêtrer un peu plus. Elles commencèrent à l'enserrer doucement, plus il se débattait, plus elles se resserraient autour de lui. Il se sentit soulevé du sol. Il était dans l'impossibilité de saisir son phaser. Sa respiration commença à être entravée. Il comprit. Il allait mourir là, étouffé lentement par ces tentacules végétales, quelle ironie...


Lentement, mais surement, les entraves de lianes le privaient de son air. Jim prenait de courtes et rapides respirations, pour tenter de résister, d'absorber le plus d'oxygène possible, en vain. Des points lumineux se mirent à parcourir son champ de vision, et ses oreilles bourdonnaient de plus en plus. Ses mains, ses pieds commencèrent à picoter, tandis qu'il se sentait dériver dans un étrange vertige qui devenait sournoisement agréable... son esprit se mit à délirer... il entendit un soupir retenu... Spock... la sensation de son corps contre son corps... ses mains sur lui... ses baisers... Spock... mourir dans les bras de Spock...


Une violente décharge d'adrénaline le réveilla de son agonie, se déversa dans son esprit et dans son sang, et le rappela à la réalité. Une voix hurlait :


- JIM ! TEHNA'UH ! JIM ! Ri abru-tan'ul ! [JIM ! RÉSISTE ! JIM ! N'abandonne pas !]


Spock avait jailli d'entre les lianes, les déchiquetant comme si elles n'avait été faites de que papier crépon. Elles tentèrent de le piéger en s'enroulant autour de ses membres, mais le vulcain posa la main sur le tronc. Il initia une violente fusion mentale en criant :


- Sadalaya'uh Jim ! Nam-tor sa-veh t'nash-veh ! [RELACHE JIM ! Il est à moi !]


Jim sentit que l'emprise mortelle se desserrait. Il fut redéposé sur le sol. Ses jambes flageolantes cédèrent et il tomba à genoux. Il aspira avec un sentiment d'urgence de grandes goulées d'air, qui lui donnèrent des vertiges d'hyperventilation, après la mortelle privation. Spock se précipita sur lui, palpa son buste sous son vêtement avec fébrilité à la recherche de blessures.


- Nam-tor nash-veh rom, Spock [je vais bien] Articula Jim avec difficulté.


Sa gorge le brûlait, tout les endroits où les lianes l'avait serré lui brûlait, son cœur brûlait... mais Spock était là... Obéissant à une subite impulsion, Jim lui prit le visage entre les mains, et posa un rapide baiser sur ses lèvres. Le Vulcain se arrêta immédiatement ses palpations. Leurs yeux se croisèrent, les pupilles de Spock étaient dilatées.


- Une fois de plus, Spock, tu m'as sauvé la vie !



Tel t'telik


[la liaison mentale des époux]



Ce fut comme un signal. Spock le souleva sans effort pour le remettre sur ses pieds. Il arracha facilement ce qu'il restait de la tunique déchirée de Jim, enleva la sienne, le fit reculer jusqu'à ce qu'il soit dos à l'arbre. Était-ce une autre forme de Pon farr provoquée par le pic de stress? Jim ne lui opposa pas de résistance, qu'il savait de toute façon inutile dans ce genre de situation, surtout dans son état de faiblesse actuelle. Étrangement, malgré l'agressivité entreprenante de Spock, Jim ne ressentait aucune appréhension pour ce qui risquait de se passer.


La main de Spock dégrafa la braguette du pantalon et s'empara du pénis de Jim, qui gonfla aussitôt contre sa paume brûlante. Jim ferma les yeux. Il ne comprenait toujours pas pourquoi son sexe s'enthousiasmait si facilement dès que le vulcain le touchait, il savait que son esprit n'allait pas tarder à se soumettre au plaisir. Il sentit le phallus humide de Spock se dresser, glisser et se coller tout contre le sien. Ses adorables vrilles les enlacèrent l'un à l'autre étroitement. La main de Spock les enserra tous deux et entama un va et vient. Jim comprit ce que Spock voulait faire, et il s'enflamma en une fraction de seconde:


- Oooh bordel, Spock! Oui!...


Spock avait un besoin irrépressible, vital, de vérifier que Jim allait bien. Comme une brûlure courant sous sa peau. Mais il ne voulait pas prendre le risque de le blesser à nouveau en le jetant à terre. Il avait juste besoin de vérifier que Jim était toujours là, de le constater avec son corps, avec sa chair, avec son esprit tout contre le sien. Il ne trouvait pas les mots; son désir incontrôlable avait prit la place des paroles informulées. Et Jim accueillait ses avances avec un plaisir si flagrant...


Spock était tout contre Jim, prenait appui des deux mains contre le tronc. Ses mouvements accentuaient la pression sur leurs pénis liés par les vrilles, étroitement enserrés entre les muscles de leur bas-ventre. Les hanche plus étroites de Spock s'emboîtaient parfaitement entre celles Jim. Leur phallus glissaient l'un tout contre l'autre sans entrave, se caressaient dans la chaleur moite de leurs chairs, grâce au lubrifiant naturel secrété par le sexe de Spock. Leur buste se caressaient, leurs tétons se frottaient et se titillaient l'un-l'autre dans une délicieuse torture. Jim, les mains accrochées autour du cou de Spock, posa la tête sur son épaule, se laissa submerger par les vagues de plaisirs. Il se retenait difficilement de mordre la chair tendre du creux de son cou. C'était si bon! A la fois si puissant et si... tendre. Il n'y avait que Spock pour être capable de lui offrir ce tel contraste des sens...


Jim se sentait tellement en vie ! Toute cette énergie vitale qui coulait dans ses veines, dans les ardeurs de son amant contre lui. Il entoura Spock de ses bras, le saisit par la nuque, pour qu'il se baisse vers lui et que leurs lèvres se trouvent, se rejoignent. Jim s'empara de sa bouche, leurs langues s'enlacent... leurs esprits se frôlèrent, s'enlacèrent à leur tour, partageant leurs sensations de plaisir... ils jouirent ensemble dans un long râle.


A nouveau, Jim haletait pour reprendre son souffle, la tête contre l'épaule de Spock. Puis il rit :


- Bordel, Spock, vous avez une méthode singulièrement efficace de ramener les mourants à la vie!


Il cessa soudain de rire. Il s'éloigna des bras de Spock, sur la défensive : tout contre eux, les lianes étaient revenues, sans qu'ils n'en prennent conscience. Spock en prit une dans sa main :


- Je ne sens aucune agressivité en elle. Affirma-t-il


En effet, elles étaient même étrangement caressantes. Elles glissèrent sur leurs ventres et absorbèrent la moindre trace d'humidité.


- Sem-rik... [fascinant] Murmura Spock


Il se rhabilla rapidement, Jim fit de même, enfin, pour le bas, car sa tunique était en lambeaux. Il remarqua les marques vertes sur son corps.


- Bones va encore me tuer...


- Lap-man-kastik [l'arbre-liane] a l'air pacifique, je ne comprends pas la raison de son agression à votre encontre.


- Moi non plus. Soupira Jim. Je me souviens juste d'être tombé, puis d'avoir longtemps glissé et d'avoir atterri dans une sorte de nid...


Les deux hommes se regardèrent : un nid !


- Zahal'uk t'nash-veh ! [suis-moi !]


En quelques pas, Jim retrouva le nid fait de lianes entrelacées, camouflé sous des buissons. Il était rempli d'œufs jaunes-verts, qui faisaient environ cinq centimètres de diamètre. Ceux qu'il avait écrasés par accident avaient été enlevés, tout avait été nettoyé et reconstruit. Le nid était parcouru par des sorte de grandes fourmis ailées, vertes olive, qui retournaient les œufs, les nettoyaient, les aéraient. Certaines aidaient des larves à éclore, et s'envolaient pour les emmener ailleurs.


- Sem-rik !... un fascinant cas de symbiose entre insectes et plantes ! S'exclama Spock.


- Sh'ziva et Marco vont être ravi ! Ajouta Jim


Ils suivirent les fourmis-ailées des yeux dans leur envol, et remarquèrent qu'ils étaient observés par les insectes dans les branches : de gracieux papillons, aux ailes aux camaïeux verts citrons et pomme, et des coléoptères aux carapaces d'un vert impérial brillant. Même les fourmis s'étaient arrêtées... Chacun de ces insectes mesurait entre quinze et vingt centimètre.


- ... on fait quoi, là ? ...


Spock fit le Ta-al, le salut vulcain :


- Sarlah etek svi'sochya. Ri aitlu Jim dash-tor t'dular kan-ku [Nous venons en paix. Jim ne voulait pas blesser vos enfants]


- Ils comprennent le vulcain ? s'étonna Jim


- Lors de la Kres-tam'a esta [fusion mentale agressive], Lap-man-kastik a très bien compris ce que je lui ai dit en Vuhlkansu.


- En effet, ça marche, chacun retourne à ses activités... Et si nous retournions aux nôtres ?


ooo


La progression fut surtout difficile quand il s'agit de remonter la pente, encore très glissante. Leur arrivée au campement fit sensation : un capitaine au torse-nu couvert de marques verdâtres, dont des traces de strangulation à son cou, et un commandant en second ébouriffé, aux vêtements froissés et tachés. Le premier à réagir fut, bien entendu, le médecin-en-chef, qui accourut vers eux en hurlant :


- Bon sang ! Vous n'en ratez pas une ! Mais dans quoi êtes-vous encore allés vous fourrer ?


- ... attaqué par des lianes étrangleuses, Bones.


McCoy marqua un temps d'arrêt, les yeux ouverts grands comme des soucoupes :


- ... pardon ? Monsieur Spock, c'est une plaisanterie ?


- Le Capitaine ne "plaisante" pas, docteur. Il a bien été agressé par des lianes.


- Il n'y a qu'à vous que cela peut arriver, Jim ! Soupira Bones avec un certain désespoir. Un jour, avec votre poisse, vous trouverez le moyen de vous faire attaquer par une armée de chatons nouveaux-nés anthropophages !


- Permettez-moi de vous faire remarquer, docteur, que vos propos sont tout à fait irrationnels.


- Je sais, Spock. Mais reconnaissez avec moi que Jim a la foutu tendance à toujours sauter à deux pieds dans les ennuis...


Jim haussa les épaules en souriant en même temps que Spock haussa un sourcil (pas deux, un seul)... avec une telle coordination! A croire qu'ils le faisaient exprès ! Bones sentit ses nerfs se vriller à nouveau.


- Bref, tous les deux, à l'infirmerie.


- Je vais bien, Bones.


- Jiiim... menaça le docteur.


- Ok, ok, on vient.


A l'abri de la tente-infirmerie, Jim se laissa tomber sur une chaise. Il sentait pointer en lui une subite fatigue à l'idée d'affronter Bones.


- Ôtez votre tunique, monsieur Spock, je dois aussi vous examiner !


- Ce ne sera pas nécessaire, Docteur


- Vous êtes médecin, Spock ?


Spock échangea un regard avec Jim qui se contenta de hausser à nouveau les épaules. Le vulcain ne haussa pas de sourcil et céda, il enleva sa tunique. Bones se pencha sur Jim, promena sur lui son tricordeur médical :


- Ces ecchymoses ne présentent apparemment aucun danger pour votre santé, je ne détecte aucune présence de poison, ni de réaction anaphylactique.


- Je ne suis allergique qu'à la salade verte, Bones...


Mais Bones était en mode médecin, il ne releva même pas la tentative de plaisanterie, et poursuivait :


- Par contre, Constata-t-il avec inquiétude, Vous avez les séquelles d'une asphyxie. Avez-vous perdu connaissance ?


- A peine, Spock est arrivé à temps.


- Encore heureux... mais vous allez avoir besoin de prendre du repos !


- Plus tard, Bones, on doit finir ce qu'on a commencé ici.


Bones se hérissa. Ce que Jim pouvait être insouciant avec sa santé !


- Et si vous vous effondrez ? Menaça-t-il.


- Et d'une, je ne m'effondrerai pas; et de deux, Spock sera là pour me rattraper.


Le docteur se tourna vers le vulcain. Il allait lancer un sarcasme à son encontre quand un détail attira son attention, lui faisant perdre le fil de ses pensées :


- ... c'est... un... suçon ? que je vois là, sur votre clavicule ? ?


- C'est probable, docteur. Répondit Spock, impassible.


La pointe de ses oreilles avait verdi légèrement. Jim le vit, et Spock perçu nettement son amusement.


-... bon sang... ok... Non... Je ne veux rien savoir ! Grommela Bones. Cela ne me regarde pas...


Il promena son tricordeur sur le Vulcain.


- Trace de surcharge d'adrénaline... mais pour le reste, vous semblez aller bien.


- Evidemment, docteur.


- Je vais vous passer une crème désinfectante, par prévention et je vous libère.


Jim et Spock remarquèrent que leur sortie de la tente médicale était attendue avec peu de discrétion


- Vous leur expliquez, pendant que je me change, voulez-vous ?


- Oui, Capitaine


D'un pas calme, Spock se dirigea vers l'équipe. Il narra la chute de Jim, son atterrissage dans le nid, l'agression des lianes. Il ne détailla pas la façon avec laquelle il en était venu à bout


- ... un fait fascinant retiendra vos attention, miss Sh'ziva et monsieur Marco : l'arbre-liane semble avoir tissé des liens d'étroite symbiose avec ces créatures insectoïdes.


- Allons-y ! Intervint Jim revêtu d'une tunique toute propre.


- Capitaine ! Protesta Bones. J'avais prescrit du repos !


- Venez avec nous, Bones. Vous verrez, c'est fascinant comme aime à le dire monsieur Spock.


ooo


La descente fut plus difficile que la remontée précédente. A part Spock, toujours digne en toute circonstance, un truc à coup sûr spécifiquement vulcain pensa Jim, tous finirent à un moment par glisser et se retrouver les fesses à terre dans la boue. Jim les guida jusqu'au nid. Il écarta avec des gestes précautionneux les feuilles des buissons protecteurs. Marco le zoologue voulut se saisir d'un œuf pour l'examiner. Spock intervint immédiatement :


- Je vous le déconseille. Ces œufs sont protégés par ces insectoïdes, et défendus par les lianes


En effet, les animaux avaient cessés tout mouvement.


- A moins que vous ne vouliez essayer la strangulation par des lianes déchaînées. Compléta Jim. C'est particulièrement... éducatif


Les lianes se mirent à se balancer doucement, l'une d'elle se posa tout contre la joue de Spock. Celui-ci sembla écouter une voix.


- Venez. Dit-il sans autre forme d'explication.


- Nous vous suivons, Spock. Répondit Jim


Le petit groupe accompagna donc le vulcain, s'enfonçant profondément dans la forêt


- Ce n'est pas prudent. Grogna Bones, toujours méfiant. Et si c'était un piège ?


- Ces lianes ont la capacité de tous nous tuer, c'est vrai, à part monsieur Spock qui est assez fort pour leur résister. Expliqua Jim. Mais là, voyez, elle s'écartent pour nous montrer le chemin, elles sont tout à fait amicales.


- Vous en parlez comme si elles étaient douées de pensée. S'étonna Bones.


- Les insectoïdes nous regardent. Remarqua Marco avec perplexité


Ils arrivèrent dans une sorte de clairière, avec en son centre un arbre-liane immense, fait de plusieurs arbres entrelacés. Ses branches et ses larges feuilles occupaient tout le ciel, tout en ayant des trouées à intervalles réguliers qui laissaient passer la lumière. Elles rejoignaient les frondaisons des autres arbres en bordure. Spock posa sa main sur son tronc d'ocre sombre et se concentra.


- Qu'est ce qu'il fait ? Demanda Miss Sh'ziva


- Fusion mentale. Répondit simplement Jim, comme s'il n'y avait rien de plus normal et naturel.


- Avec... un arbre ? S'étrangla-t-elle.


- Capitaine, voudriez-vous me rejoindre ? Demanda Spock. Elle veut communiquer avec vous aussi... posez votre main, là, sur le tronc.


Jim fit ce qu'il lui avait demandé. Spock mit sa main sur la sienne, inséra ses doigts entre ceux de Jim, qui frissonna, de façon à ce que leurs pulpes soient à la fois en contact entre elles et avec le tronc. Puis Spock posa les doigts de son autre main sur le front de Jim qui ferma les yeux. C'était une forme de communication non verbale, et pourtant la compréhension mutuelle était totale. Ce qui le frappa en premier était la grande bienveillance de cet être. Elle lui présenta ses excuses pour l'agression subie, il lui demanda pardon d'avoir tué ses œufs. Elle leur montra son cycle de vie, ils acceptèrent qu'elle voit le leur.


Ce contact fut si intense, que, lorsqu'il fut rompu, Jim serait tombé si Spock ne l'avait retenu à la taille. Les deux hommes restèrent un moment silencieux, comme sous le choc, puis prirent conscience que l'on essayait de leur parler.


- Ce n'est pas un arbre-liane. Finit par dire Spock. C'est un arbre-insecte, et tous les autre arbres-insectes sont reliés avec 'elle' par un lien psychique. D'une certaine façon, cet arbre que nous avons devant nous est l'intelligence symbiotique centrale de tous les autres. Les œufs que nous avons vus sont ses graines, et ces insectes sont ses enfants...


- Ce n'est pas possible ! S 'exclama Sh'ziva.


Un papillon voleta autour de Jim. Il tendit la main pour qu'il s'y pose. Il sourit avec une sorte de tendresse au lépidoptère qui caressait ses doigts de sa trompe, et poursuivit :


- ... les œufs-graines donnent naissance à des larves, qui deviennent en fonction des besoins, fourmi, coléoptère ou papillon. A l'approche de leur mort, certains s'enfouissent profondément dans la terre, et donnent naissance à un arbre, qui portera à son tour des œufs-graines.


- ... un cycle de vie réellement fascinant ! Renchérit Spock.


Les scientifique sortirent leurs tricorder et se mirent à avidement collecter des informations. Tous deux montraient un état d'excitation visible. Jim tendit la main vers une branche basse et cueillit des fruits d'un beau vert pomme.


- Jim ! Non !


- Ne vous inquiétez pas, Docteur. Intervint Spock. Ces fruits sont comestibles. Oko'lap Omeku les porte pour détourner les prédateurs de ses enfants, et nourrir certains animaux de la forêt. Elle participe ainsi au cycle de la vie, car tôt ou tard, chaque être vivant retourne à la terre et nourrit les plantes.


- Honorée arbre-matriarche. Traduisit Jim pour Bones. Vous devenez poète, Spock. Je reconnais que ce nom est bien trouvé.


Jim mordit dans le fruit juteux. Humm... délicieux !


Il tendit un fruit à Spock qui en apprécia lui aussi le goût. Bones se montra plus réticent, et refusa d'en manger avant d'avoir fait des analyses avec son tricodeur


- Spock, voudriez-vous lui demander l'autorisation de faire venir l'équipage en permission ici, par petits groupes? Demanda Jim en croquant dans un second fruit avec appétit.


- Oui, Capitaine. Je le fais immédiatement.


ooo


Ils ne retournèrent pas à l'Enterprise, ce soir-là. Il fallait qu'ils passent au moins une nuit sur cette planète pour s'assurer de son innocuité, principalement pour rassurer Bones. Oko'lap Omeku leur avait donné son autorisation, et leur avait assuré que cette planète ne présentait aucun danger pour les humains. Les prédateurs étaient de petite taille et inoffensif pour eux. Elle posa comme condition, bien entendu, que nul mal ne soit fait à ses enfants.


Assis cote à cote, Jim et Spock assuraient le premier quart de surveillance. La nuit était tombée. Il y avait des nuages, mais on pouvait distinguer quelques étoiles, les deux lunes projetaient une lumière étrange. Le feu artificiel flambait doucement devant eux.


C'était la première fois depuis leur kal'i'farr [mariage] qu'il passaient la nuit en dehors de leurs quartiers. Jim se sentait vaguement frustré. Il se disait que, même s'ils allaient ensuite être dans la même tente, ils seraient avec Bones, et il ne pourrait rien se passer entre-eux. Jim soupira.


- Jim, Nam-tor du et'liwh ra ? [qu'est ce qui ne va pas ?]


- Din-tor sar-tak t'nash-veh ish-veh [mon lit me manque]


Pour une fois, Spock lut parfaitement entre les lignes. Ce n'était pas le lit qui lui manquait. Son sang lui monta aux joues à cette agréable révélation, et Jim perçut son trouble. Il regarda aux alentours pour vérifier s'ils étaient bien seul, que les autres membres de l'équipe étaient bien endormis.


- Je me rends compte que perçois de plus en plus vos émotions les plus vives, chuchota-t-il d'une voix à peine audible pour des oreilles humaines. Au début, cela m'avait même paru normal, comme si cela avait toujours été là, en moi. Est-ce grâce à cela que vous avez su que j'étais en danger ?


- Oui, Jim. C'est le tel't'telsu [lien mental des époux]. Celui-ci va se renforcer avec le temps.


- C'est une conséquence du Kal'i'fee ?


- Oui.


- ... et par se renforcer, vous voulez dire que je percevrais, que nous percevrons, nos émotions réciproques, de plus en plus?


- Oui, Jim.


- ...et nos pensées ?


- Oui, c'est une possibilité.


- ... bordel ! On fera vraiment faire une équipe de commandement imbattable !


- Je vous apprendrai à dresser des barrières mentales pour protéger vos pensées des miennes.


- Pour le moment, ce sont les vôtres qui jouent ce rôle, déduisit Jim


- En effet.


- Mais comme je n'en ai pas, cela va vous être de plus en plus difficile, surtout si ce lien continue à évoluer. Ça a déjà commencé : les émotions que j'ai ressenties lors de mon agression ont failli vous submerger... Que je sois capable d'élaborer moi aussi des barrière mentales est par conséquent indispensables.


- Tout à fait. Votre raisonnement est parfaitement logique, Jim.


Spock, ou l'art de faire un compliment de façon détournée...


Jim soupira. Peut-être aurait-il dû s'inquiéter de ce qu'il venait d'apprendre. Mais en fait, la frustration qu'il ressentait gommait tout le reste, il voulait avoir Spock tout contre lui, il voulait se perdre en lui. Pour ce qui était de ce lien mental, il avait confiance en la pudeur et le respect de son ami pour les limites individuelle, et en ses propres capacité à apprendre à dresser ses propres barrières.


Le vulcain posa sa main sur le sol entre eux, paume vers le haut. Jim y posa la sienne, doigt contre doigt. Le contact de leur pulpe leur procura un bien-être immédiat. Ce ozh'esta leur apporta un intense sentiment d'intimité, à la fois tendre et passionné. Jim sentit que leur esprits étaient comme enlacés avec pudeur et douceur. Ils restèrent longuement ainsi, mentalement blottis l'un contre l'autre, tout en surveillant autour d'eux l'arrivée d'un hypothétique mais improbable danger. (en tout cas, il n'y eu aucune attaque de chatons mangeurs de chair humaine)


Dès le lendemain, ils organisèrent les permissions, en prenant bien soin de mettre en garde les membres de l'Enterprise contre tout geste déplacé envers Oko'lap Omeku ou ses enfants. Tout se passa bien pour tout le monde. Quand L'Enterprise reprit son périple, chacun avait pu profiter à fond de son repos sur Minshara t'kastik [la planète végétale]



Yuk-eshu'a


[cauchemar]


Nuit comme tant d'autres, à bord de l'Enterprise...


Jim dormait profondément quand une sensation d'angoisse l'étreignit soudain. Dans un sursaut, il se réveilla aussitôt et alluma, tous ses sens en alerte. Rien dans sa chambre. Pas de menace cachée ou de danger immédiat. Mais alors, d'où venait cette si profonde détresse ?


Spock !


Cela ne pouvait provenir que de lui, par leur tel't'telsu dont Spock lui avait parlé. La perception était intense, moralement extrêmement douloureuse, son ami devait vraiment aller très mal, c'était son tour de lui venir en aide...


Jim enfila son bas de pyjama à la hâte. Il était vraiment pratique que leurs quartiers respectifs soient reliés grâce à la salle de bain commune. Il accourut dans les quartiers de Spock. Ceux-ci étaient plongés dans le noir. Jim commanda la lumière du bureau, qui éclaira un peu la chambre. Spock était sur son lit, allongé sur le dos. Son visage très pâle était tendu, sa respiration était haletante, il tremblait de tous ses membres, et geignait dans son sommeil, les dents serrées.


Spock faisait... un cauchemar !?


Jim croyait que les vulcain ne rêvaient pas. Il ne comprit pas la raison de ce mauvais songe. Les dernières semaines s'étaient pourtant écoulées sans difficulté majeure, depuis leur escale sur la planète d'Oko'lap Omeku. Ils avaient explorés d'autres planètes, sans réels intérêt scientifique, ni problème. Il n'y avait rien qui puisse expliquer un tel état de détresse. Était-il en train de se faire des reproches concernant la façon avec laquelle ils avaient été mariés de force par la tradition vulcaine? Non, cela ne pouvait pas être possible. Un vulcain aussi raisonné et logique que Spock ne pouvait pas ressentir un sentiment aussi irrationnel que de la culpabilité, surtout si celle-ci n'avait pas lieu d'être. Il s'assit sur le lit et se pencha sur lui. Il fallait le réveiller en douceur.


...


Spock était dans l'arène, immobile, impuissant, prisonnier d'une cage d'air dont il frappait les murs invisibles à s'en mettre les poings en sang. Aucun son ne parvenait à sortir de sa gorge malgré ses hurlements désespérés.


Il se voyait s'acharner sur Jim.


Rai ! Nash-fam ! [Non! Pas ça! ]


Il se voyait agresser Jim, encore et encore, comme un animal en rut, enragé, le frapper avec toute la violence dont pouvait être capable un vulcain dans la fureur de son Pon Farr. Et l'humain qui tentait de se défendre ne faisait pas le poids, et chaque coup laissait des marques profondes dans sa chair fragile...


Il se vit le faire chuter sur le sol, lui briser les membres un à un pour le soumettre.


Rai ! Nash-fam ! Jim ! Va'ashiv-fam ! RAI ! RAI ! [Non! Pas ça! Jim ! Pas encore! NON ! NON !]


Il se vit avec épouvante s'emparer violemment de Jim sans aucun ménagement, et Jim crier et se tordre de douleur sous ses assauts bestiaux.


Rai ! Nash-fam ! Jim ! JIM !


Paralysé par sa prison, Spock hurlait sans fin son horreur et son dégoût de lui-même...


...Spock ressentit une chaleur sur son front, un rayonnement tel qu'il effaça la scène immonde...


...


Jim posa un baiser sur son front humide de sueur, elle avait un goût légèrement sucré, il ne l'avait jamais remarqué.


Spock eut un dernier long tremblement, il ouvrit les paupières et revint à la réalité tangible.


Des yeux noisettes.


Jim !


Son beau visage viril irradiait la bienveillance et l'inquiétude, qui se diffusaient à présent dans l'esprit de Spock, comme une onde fraîche et apaisante.


Jim.


Le cœur de Spock gonfla dans sa poitrine : Jim avait perçut sa détresse et était venu à son secours !


Le temps d'une nano-seconde, avant que le vulcain ne retrouve son apparente sérénité, Jim vit son désarroi :


- Yuk eshu'a [un cauchemar] Dit-il simplement comme une évidence


Il connaissait la pudeur de Spock, il ne lui posa pas de question. Il savait aussi combien il appréciait qu'il utilise des mots de sa langue natale. ll lui tendit les bras pour exiger un câlin :


- Teraya marataya !


Décontenancé, Spock accepta cependant de se blottir entre les bras de Jim sans poser de question, ni tenter de raisonnement logique sur l'inutilité de la chose. Jim le serra très fort contre lui. Ce besoin de tendresse si typiquement humain... de façon très déroutante le réconforta. Quand Jim retourna dans sa chambre, Spock se rendormissait doucement.


ooo


Deux nuits plus tard, le même scénario se reproduisit. Le même cauchemar ignoble. Cette fois-ci, Jim refusa de retourner dans sa chambre.


- Ce lit est trop étroit pour deux. Je vous assure, Jim. J'ai retrouvé le calme de mon esprit !


- J'y suis, j'y reste. Décréta Jim en s'allongeant


Il se colla étroitement à Spock. Étonnement, cela resta très chaste. Jim se sentit très satisfait de lui-même, que son pénis accepte, enfin, pour une fois, de se tenir tranquille alors qu'il était agréablement lové tout contre les fesses confortables de Spock.


Étonnement, Spock, ordinairement rétif aux contacts prolongés, se rendormit rapidement. Le cauchemar ne revint pas. La sensation de malaise que celui-ci avait laissé au fond de sa gorge s'était diluée dans les bras de Jim étroitement serré contre lui dans son dos. Jim l'emprisonnait de ses bras et de ses jambes comme pour l'empêcher de tomber ou de fuir. Spock se réveilla reposé le lendemain matin. Il remarqua, tandis qu'il se levait, que Jim semblait préoccupé. Il ne posa pas de question. Il comprit à son air butté, quand il leva un regard interrogateur sur lui, qu'il ne lui répondrait pas.


ooo


Jim ne se présenta pas son poste à la passerelle ce jour-là, et le délégua à Spock. Il expliqua d'un air préoccupé qu'il avait un dossier urgent à traiter, sans préciser lequel. Sans doute un truc ultra secret supputèrent Tchekov et Sulu. Nul ne le vit de la journée sur la passerelle.


Lorsque Spock quitta son poste, à la fin de son service, il entra directement dans les quartiers de son capitaine, espérant l'y trouver. Bien qu'il ne l'ait ni exprimé, ni montré, cette histoire de 'dossier secret' le tracassait. Il avait connaissance de tous les dossiers sur lesquels Jim travaillait. Il avait retourné la question toute la journée dans son esprit, à la recherche d'une explication logique. Comment se faisait-il qu'il n'avait rien su de celui-là ? Pourquoi Jim ne lui en avait-il pas parlé ?


Spock entra. L'aménagement des quartiers du Capitaine avait été modifié.


La demi cloison qui le séparait en deux parties avait été déplacée pour permettre l'aménagement de deux bureaux en face à face : celui de Jim... et le sien. A la place de la chambre, avait été installée une sorte de salle à manger-salon : d'un coté un petit buffet, une petite table, quatre chaise et un réplicateur alimentaire; de l'autre un sofa bas recouvert de coussins avec une table basse. Où était le lit? Spock eut bien une explication, mais son cerveau refusa de la laisser s'exprimer.


Spock traversa la salle de bain, ne prêtant pas attention au bruit de la douche sonique. Dans ses quartiers aussi, il y avait eu des modifications. La cloison avait été tout simplement enlevée. Un grand futon deux places trônait à présent dans la chambre, en lieu et place de son lit. Leur espace de méditation n'avait pas été modifié. Une petite table basse avec des coussins de sol avait été ajoutée, accentuant la sensation d'intimité de cette pièce. Jim entra dans la chambre, revêtu d'un peignoir, tout en sourire tendre et satisfait :


- Cela vous convient-il ainsi ?


- Ken-tor nash-veh fam... [Je ne comprends pas]


- Nam-tor etek telik-lar, Spock [Nous sommes mariés, Spock]. Continuer à faire chambre-à-part est illogique!


Évoquer la logique, pensait Jim avec malice, ça marchait toujours avec lui ! Spock resta un moment silencieux, maîtrisant à grand peine les émotions qui menaçaient de le déborder. Conscient que Spock était ému et qu'il avait besoin de temps pour gérer et dominer ses émotions, Jim expliqua :


- Puisque vous préférez que cela reste secret, j'ai demandé à Scotty de n'en parler à quiconque. Cela dit en passant, il a été ravi de m'aider, et je lui dois une bouteille de scotch. Il a fait venir des hommes de confiance. Par contre, il n'y avait pas de quoi faire un grand lit, alors on a fait fabriqué ce futon par le réplicateur. Ça vous ira ?


- Nam-tor ish-veh... buhfik [c'est... parfait]. Répondit Spock.


- Vous allez prendre votre douche ? Tor'uh sahris! Bek-tor nash-veh du [Faites vite! je vous attends]


En général, Spock comprenait difficilement les sous-entendus des humains, mais là, il comprit l'allusion et s'exécuta.


Jim avait beaucoup réfléchi, cette nuit précédente. Tout compte fait, il y avait bien des avantages à être marié à son meilleur ami. Spock était un compagnon agréable à vivre, attentif sans être étouffant ou exigeant, intelligent et fascinant. Tout deux étaient complémentaires, en privé comme de façon professionnelle. Mis à part sa mésaventure stupide dans les lianes d'Oko'lap Omeku, (quoique ce frotti-frotta tout contre l'arbre lui laissait un souvenir particulièrement agréable), donc mis à part ça, Spock et lui formaient une équipe de commandement plus efficiente que jamais. Il n'appréhendait pas la possibilité qu'ils puissent communiquer par la pensée, il y voyait un moyen d'augmenter encore cette efficacité. Et sexuellement... Spock ne semblait en aucun cas rebuté par son hyper-sexualité, et semblait même plutôt l'encourager (l'était-il aussi, finalement ?) Un échange de bon procédé entre amis proches, en somme... Donc, autant assumer franchement ce mariage, et aménager leurs quartiers en conséquence. (si en plus, cela pouvait permettre à Spock de ne plus faire de cauchemar)


Spock ressortit de la salle de bain. Il retrouva Jim, nu, allongé sur ventre sur le matelas, travaillant sur son pad. En le voyant, Jim eut un sourire satisfait : Spock n'avait pour seul vêtement qu'une serviette autour des reins. Il éteignit son ordi et lui fit signe de venir le rejoindre. Spock s'allongea à coté de lui. Jim commença par déposer un baiser sur ses lèvres:


- Je ne veux plus que tu fasses de cauchemar. Ordonna-t-il doucement


Spock eut un léger frisson, qui fit sourire Jim doucement. Ce sourire si irrésistible... Jim s'empara de ses lèvres et lui mangea la bouche. Spock accepta et rendit ce baiser. Lorsqu'il libéra ses lèvres, Jim murmura:


- J'en ai envie, Spock. Aitlu nash-veh du [je te désire]


Jim savait que Spock céderait de toute façon s'il évoquait le Gu-vam telsu, le devoir de l'époux. Ce devoir que Spock avait invoqué à chaque fois qu'il avait fait la démarche de le satisfaire sexuellement. Jusqu'à présent, il ne s'était guère posé de question et avait passivement accepté et pris ce qui lui était offert. D'autant plus qu'un refus aurait blessé la fierté du vulcain.


Mais, ce soir, il avait envie de rassurer son ami. Ce soir, il voulait donner. Spock se soumit sans poser de question, à la fois passif et attentif. Jim partit à la découverte de son corps, le caressa de ses lèvres et de ses mains; mordilla délicatement ses tétons, depuis le temps qu'il avait envie de le faire. Spock réprima un soupir. Il avait l'habitude de garder un certain contrôle, rassurant, de la situation lorsqu'il chevauchait Jim. Mais là, il se sentait défaillir et se perdre sous ses étranges sensations et tenta de s'y soustraire :


-S'il te plait, Spock, laisse-toi aller, pour une fois, pour moi !


Il ajouta d'une voix sensuelle qui fit frémir Spock :


- Sahrafel'hu t'nash-veh ! Nufa'hu t'du ak'shem [Fais-moi confiance ! Offre-moi ton corps]


- Ha, Tan-tor nash-veh t'du ish-veh. Nem'ul nash-veh [Oui, je te le donne. Prends-moi]


Jim descendit le long de son ventre, embrassant la peau douce et frémissante. Ses lèvres se posèrent sur le gland du pénis dressé. Spock sursauta :


-Jim ! Ce n'est pas à toi de ...


Jim fit glisser sa langue le long de la hampe et Spock gémit. Son sexe suintant avait un goût de fruit, qui lui mit l'eau à la bouche. Jim ne s'était jamais adonné à cela avec personne, mais il se souvenait de ce que lui avait offert Spock. Il eut honte de son égoïsme : tout ce temps, il avait reçu les attentions de Spock sans jamais rien lui donner en retour. Ses adorables vrilles s'accrochaient à ses mains, avidement. Elles étaient si gracieuses. Elles vinrent caresser ses joues. Il le prit en bouche, joua longuement de ses lèvres et de sa langue. Il avait une peau si fine, si douce, un goût si délicieux ! Jim se délecta des variations qu'il provoquait dans les gémissements Spock selon ses attentions. C'était extrêmement agréable de jouer ainsi à lui offrir du plaisir. Il aurait dû essayer bien plus tôt, quel gâchis ! Son propre sexe, devint quasi douloureux, le rappela à l'ordre, réclama sa part. Jim se redressa. Il tendit le bras pour attraper un oreiller :


-Lève les hanches, Spock.


Il glissa le coussin sous ses reins, afin d'être sûr que Spock n'ait aucune sensation d'inconfort, puis s'installa entre les cuisses ouvertes de son amant. Il se pencha sur lui et commença lentement à se glisser en lui. C'était une chose à la fois fascinante et excitante de constater, à chaque fois, que Spock était toujours physiquement près à l'accueillir en lui, même sans préliminaires. Il avait beau savoir qu'il s'agissait juste d'une question d'auto-contrôle du corps, il n'en restait pas moins flatté. Et lorsqu'il avait le malheur d'y repenser en dehors de ses quartiers, cela lui échauffait les sangs de désir.


Il enlaça Spock qui enserra ses cuisses autour de lui. Il ne fut pas long à trouver sa prostate, et ne lui laissa pas de répit. Les gémissement de Spock se transformèrent en cris :


- Ha... Jim! Va'ashiv'uh!... Weht'karik'uh!... ha ! [oui... Jim! encore!... plus fort!... oui !]


C'était la première fois que Spock s'exprimait lors de leurs étreintes. L'excitation de Jim monta d'un cran, sa voix grave était si belle, si électrisante : oh oui! Il allait lui en donner plus, toujours plus... Jim se concentra pour ne pas se perdre dans son propre plaisir, pour garder suffisamment de contrôle, pour offrir à son amant le plus de délices possibles. Cette fois-ci, c'était à lui d'offrir à son ami le plus de plaisir possible. Il attrapa les jambes de Spock, pour poser ses mollets sur ses épaules, pour s'enfouir et se perdre au plus profond de lui, son vulcain était si délicieusement souple.


- Ha... Weht'karik'uh ...ha!


Jim obéit et se fit plus violent. La jouissance prit le pas sur sa conscience. Leurs corps entamèrent une danse sensuelle où chacun recherchait le plaisir de l'autre et en était récompensé au centuple. Leurs mains s'enlacèrent à leur tour, leur esprits saturés de plaisirs se mêlèrent. Il y eut une dernière convulsion et un dernier cri...


Jim se laissa retomber à coté de Spock, se colla à lui, leur souffles courts, leur corps encore parcourus par les spasmes du plaisir.


Puis lentement, Jim s'assit. Il ouvrit le tiroir de la table de nuit et en sortit une grande lingette humide qu'il passa sur le visage puis le corps de son amant. Il fit de même pour lui-même avec une seconde lingette. Il les lança dans la poubelle.


-I, yuk'uh ! [maintenant, dormons !]. Ordinateur, lumière à 10%


ooo


Spock dormit à peine une heure, il ressentait le besoin impérieux de méditer.


Il mit un peu plus de lumière, juste de quoi voir ce qu'il faisait. Il s'assit en lotus sur son coussin de sol. En quelques respirations, il atteignit le s'thaupi, l'état de conscience qui lui permettait de faire le tri dans ses souvenirs et ses émotions de la journée. Et il y en avait beaucoup.


L'aménagement de leurs quartiers respectifs était le signe que Jim avait tout à fait accepté leur union, d'ailleurs il l'avait même verbalisé comme un fait acquis. La façon passionnée avec laquelle il venait de l'étreindre n'avait pas été une simple recherche d'un plaisir personnel, mais un désir de partager, de donner, qui prouvait son attachement envers lui. Pour reprendre des mot humain, Jim lui avait fait l'amour. Une chaleur se répandit dans sa poitrine alors qu'il se répétait que Jim avait réellement, et sans aucun doute possible, accepté leur mariage.


Jim soupira doucement dans son sommeil et bougea sur le lit, pour se tourner sur le coté.


Spock porta son regard sur lui. Grâce à ses yeux de nyctalope, il distinguait les chose dans la pénombre aussi bien qu'un sehlat. Les traits de son visage étaient parfaitement détendus, dépouillé du masque de Capitaine-responsable confiant et à toute épreuve. Il y avait quelque-chose de l'innocence de l'enfance. Spock sentit des tréfonds de lui-même jaillir cette pulsion de vouloir veiller sur lui. Illogique. Jim était un adulte responsable qui n'avait besoin d'aucune protection. Et pourtant, cet instinct s'était engrammé en lui avant même qu'il n'en prenne conscience, depuis bien longtemps déjà, il ne put qu'en constater l'évidence.


La chambre était chauffée à une température adaptée pour un vulcain, aussi l'humain dormait-il nu, sans aucun draps. Pour une fois, il s'était immédiatement endormi après leurs étreintes. Il était tout simplement beau... et non, ce n'était pas une pensée irrationnelle, décida Spock, même s'il était parfaitement conscient de sa subjectivité: les traits de Jim étaient harmonieux, objectivement harmonieux. Le regard de Spock parcourut le corps athlétique de Jim. Si viril, si gracieux...


Talunk nash-veh k'Jim [mon précieux Jim]


La chaleur dans sa poitrine fit gonfler son cœur dont les battement s'accélérèrent. Pour la première fois depuis qu'il suivait les enseignements de Surak, il ne tenta même pas de réprimer ce sentiment qui embrasait son âme. Tout cet amour ! Cet amour était en lui, comme inscrit dans son sang, dans sa chair, dans chacune de ses cellules, depuis toujours. Il n'en prenait conscience que maintenant. Ce lien qui les reliait avait été là bien avant son Pon farr : il avait agressé Jim ce jour-là parce que la fièvre du sang avait mis ces sentiments à nu. Il avait fatalement obéi à cet instinct atavique de possessivité propre à son espèce, afin de s'approprier le partenaire de vie que son âme et son corps avaient choisi, de le lier irrémédiablement à lui... Spock frissonna, à nouveau au bord de la surcharge émotionnelle face à cette puissante révélation...


Jim soupira et ouvrit les yeux. Il croisa ceux de Spock. Il avait sentit la violence des émotions qui l'agitaient, sans en percevoir l'origine. Par contre, il ressentit très bien le désir de Spock, si fort que cela en devenait un besoin douloureux. Spock avait besoin de lui, de son aide. Jim ne posa pas de question, il s'allongea sur le dos :


- Sarlah'hu be'nash-veh... [viens près de moi]


Spock se débarrassa de sa tunique à la hâte. Le temps qu'il arrive au lit, Jim était déjà prêt pour lui. Il l'enjamba, et sans autres préliminaires qu'un long regard échangé, il s'empala sur lui dans un soupir de bien-être. Jim se cambra. Le désir de Spock avait été si contagieux, mais ce plaisir immédiat le fut plus encore.


Jim lui tendit les mains et Spock les attrapa et l'aida à s'asseoir, les genoux pliés sous lui. Spock l'entoura de ses jambes, de ses bras. Ils s'enlacèrent étroitement. Ce fut long, lent, et très doux, un peau à peau entrecoupé de caresses suaves et de longs baisers. Leur esprits se frôlèrent tendrement.


Spock avait juste besoin de l'avoir en lui, contre lui, de le garder en lui, tout à lui. Et qu'importe si Jim ne lui rendait pas son amour, tant qu'il restait à ses cotés, lui accordait cette amitié si profonde et si précieuse, et ses bras pour s'y perdre. Il savait que peu à peu, Jim finirait par comprendre la profondeur de ce lien qui les unissaient.


Jim avait deviné ce besoin de réconfort, et il le lui accorda sans poser de question, acceptant de ne pas rechercher sa propre jouissance de façon immédiate. Il se donna et se surprit à apprécier cette étreinte tendre et langoureuse autant que Spock...


Spock ne refit plus de cauchemar, pas plus cette nuit-là que toutes celles qui suivirent.



Va'ne


Révélation


L'Enterprise fut missionnée pour emmener une centaine d'ambassadeurs sur Babel, où devait se tenir un congrès important. Le vaisseau avait été briqué de fond en comble, et était rempli d'une foule d'Aliens de tous les horizons. Il ne restait plus qu'à embarquer un dernier ambassadeur et ils pourraient se mettre en route.


Jim se regarda une dernière fois dans la glace et ajusta la veste de son uniforme de cérémonie sur ses hanches. Il se tourna vers Spock qui l'attendait sans impatience. L'ambassadeur Sarek allait bientôt arriver et Jim se sentait nerveux à l'idée de revoir son "beau-père". Spock perçut son malaise :


- Dungi pavesh-tor kanok-vei rom Jim [Tout se passera bien, Jim]. Mon père n'a aucune raison logique de mal se comporter vis à vis de vous.


Jim lui sourit. Depuis qu'il avait modifié l'aménagement de leurs quartiers, Spock l'appelait par son prénom lorsqu'ils y étaient seuls tous les deux. Et il aimait cela.


- Spock, vous devez trouver ridicule à me faire autant de soucis pour une seule personne, alors que notre vaisseau fourmille d'ambassadeurs, dont la moitié souhaite milles morts à l'autre...


- Ri nam-tor du worla, Jim [Vous n'êtes jamais ridicule, Jim]


Il était impossible que Jim K'diwa [Jim-bien-aimé] soit ridicule. Pour la simple raison qu'il était un homme intelligent, et si beau... Spock repoussa mollement cette dernière pensée illogique. Quoique... Jim avait toujours été beau mais... depuis qu'il s'était mis au sport de façon plus intensive, après leur séjour sur Altaïr VI, Jim avait gagné en harmonieuse masse musculaire. Ses épaules étaient plus large, son ventre plus ferme laissait entrevoir ses abdominaux, ses longues jambes musclée...


Ak'shem t'sa-veh mau ashaya-yehat heh mau buhfik [son corps si adorable et si parfait]...


Spock se gifla mentalement. Ces pensées étaient tout ce qu'il y avait de plus subjectif et irrationnel. Il devait vraiment se reprendre et cesser de laisser ses pensées vagabonder de façon inappropriée. De plus, s'il continuait ainsi, Jim allait sentir et partager son trouble grandissant, et être frustré car ils n'avaient pas le temps pour quoique ce soit. Il haussa des barricades autour de son désir, qui reflua à son grand soulagement. Jim cependant remarqua son regard fixe et sombre.


- Arrêtez de me regarder avec ces yeux-là, Spock, vous allez me faire rougir! Plaisanta Jim


- Avec quelle autre partie de mon anatomie voudriez-vous que je vous regarde, Jim ? Répondit Spock avec le plus grand sérieux.


Jim eut une seconde d'étonnement puis éclata de rire. Il savait que Spock avait parfaitement compris ce qu'il avait dit. Mais bordel, ce que cela pouvait être amusant quand il jouait ainsi le vulcain décalé ! Il reprit son souffle, son anxiété s'était envolée.


-Cet uniforme vous va très bien Spock. Il vous met bien en valeur.


Spock se sentit verdir des oreilles : Jim était tout à fait sincère.


On frappa à la porte et McCoy entra, tout engoncé dans son uniforme de cérémonie. Il n'était encore jamais ici venu depuis le nouvel agencement des lieux.


- Vous voila, Bones ! Sourit Jim. Nous n'attendions plus que vous !


- C'est agréable, chez vous. Répondit-il en guise de salut.


Il contempla ses deux amis :


- Z'êtes beaux comme des sous-neufs, tous les deux !


Spock haussa un demi sourcil, il ne connaissait pas cette expression-là. Il vit Jim se mordre la lèvre pour en pas recommencer à rire.


- Vous avez l'air si à l'aise, alors que moi, je me sens étranglé dans cette tenue.


- Bien, puisque la fine équipe est au complet, allons accueillir cet Osu-kewet-dutar Sarek


- Jim ! Gronda Bones


- Cet honorable ambassadeur Sarek. Traduisit Spock tranquillement.


- ... qui est aussi Osu-Sa-mekh t'nash-ve t'telsu . Ajouta Jim avec malice.


-... l'honorable père de mon époux. Dit Spock toujours impassible (mais amusé par l'expression du docteur)


- Sincèrement, vous devriez vous reconvertir en clown tous les deux, votre duo comique est parfaitement au point !


A nouveau Jim éclata de rire, suivi par Bones, qui riait aussi, bien malgré lui. Spock ne riait pas. Un vulcain ne rit pas, jamais. Mais, derrière son air flegmatique, il adorait le rire de son telsu-k'diwa.


ooo


Ils arrivèrent à la salle atterrissage au moment où la navette s'y posait. Des yeomans y rentrèrent et y firent une haie d'honneur. L'ambassadeur sortit de la navette, accompagné de sa suite. Le Capitaine Kirk vint à sa rencontre, souriant. Il fit le Ta'al [salut vulcain] :


- Ambassadeur Sareck, c'est un honneur de vous compter parmi nos hôtes à bord de l'Enterprise.


- Longue vie et prospérité, Capitaine Kirk. Tout l'honneur est pour moi.


- Je ne vous présente pas mon officier en second, le Commandant Spock


- En effet, Capitaine.


- Et voici le docteur Leonard McCoy, notre médecin en chef.


- Très honoré, docteur.


- Très honoré moi aussi. Répondit le docteur embarrassé, il n'avait guère l'habitude de tant de formalité.


- Permettez-moi de vous présenter ma femme : Amanda


Une belle femme souriante d'une cinquantaine d'année vint rejoindre son époux. Elle posa un regard très doux sur son fils et sur son beau-fils.


- Je suis enchanté de faire votre connaissance, Madame. Dit Jim avec sincérité en s'inclina devant elle.


- Je suis ravie de vous rencontrer enfin, Capitaine.


Elle aussi était sincère.


- Le commandant Spock va vous faire visiter notre beau vaisseau. Proposa Jim


- Je préférerai une autre personne. Répliqua Sarek


Il y eut un froid. Et bien, cela commençait bien. Exactement ce que Jim avait pressenti. Il eut mal pour Spock, mais celui-ci n'avait eu aucune réaction, et ne laissa filtrer dans l'esprit de Jim aucune émotion. Le Capitaine ressortit donc son sourire aimable et se proposa comme guide...


ooo


Dans la salle de réception, les discussions allaient bon train. Des petits groupes se découpaient en fonction des affinités. Après la visite guidée, Jim et Amanda y avaient rejoint Spock et Bones. Ils se servaient un verre quand ils entendirent Gal, l'ambassadeur Tellarite au visage porcin, apostropher Sarek avec hargne.


- Dites-moi, Vulcain, allez-vous voter pour l'admission de Coridan dans la fédération ?


- Je ferai part de ma décision lors de la réunion du conseil. Répondit froidement Sarek


- Pourquoi donc ? Auriez-vous honte de votre décision ? s'emporta Gal.


- Le honte est un sentiment humain, je n'y suis pas soumis.


- Vraiment ? Insista Gal en haussant suffisamment le ton afin que tout le monde puisse l'entendre. Alors pourquoi avoir caché le mariage de votre fils ?


Le ton était extrêmement provocateur, le silence se fit, tous les regard se tournèrent vers eux. Jim se hâta d'intervenir avant que cela ne dégénère.


- Cela ne vous regarde pas. Répliqua Sarek, toujours impassible


- Ambassadeur Gal, ce n'est ni le lieu, ni le moment pour entretenir de telles querelles. Sermonna-t-il en Capitaine. Je ne le permettrai pas !


- Vous venez prendre la défense de votre beau-père, Capitaine James Tiberius Kirk-S'Chn T'Gai ?


Gal ignorait tout de la réalité de ce mariage, et son coup de bluff était si grossier qu'il en était visible. S'il s'attendait à une réaction outrée de dénégation et de protestation scandalisée de la part de Jim, (l'idéal pour jeter un froid entre humains et vulcains) il en fut pour ses frais. L'humain se contenta de sourire affablement :


- Je doute que mon beau-père ait besoin de moi pour le défendre.


- Attendez. Balbutia Gal pris au dépourvu. Seriez-vous en train de vous moquer de moi ?


- Pas le moins du monde, ambassadeur Gal. Comme vous semblez l'avoir deviné, Spohkh S'Chn T'Gai et moi sommes vraiment mariés.


Voilà. La révélation du mariage était faite. Et d'une façon en apparence la plus naturelle du monde.


Spock s'approcha d'eux, impassible. Seul Jim entendait le cœur de son ami battre à coté du sien dans sa poitrine. Gal parut désarçonné. Il regarda autour de lui. Les membres de l'équipage, passé la surprise de cette annonce, affichaient tous un sourire complice et amusé du genre "je le savais", certains sortaient en hâte pour répandre la bonne nouvelle. Le docteur McCoy arborait quant à lui un petit air narquois.


Les autres ambassadeurs se désintéressèrent de cette discussions : quelle importance cela avait-il que ce Capitaine ait épousé son commandant en second? Ils avaient des problèmes bien plus essentiels à régler comme de lier les bonnes alliances avec les bonnes personnes pour assurer la prospérité de leur planète respective.


Seul l'ambassadeur Isambard de Victoria vint se mêler à la conversation:


- Comme cela est inattendu ! S'exclama-t-il avec préciosité. Pourquoi donc l'avoir caché ? Quoique je comprends, Ajouta-t-il, méprisant. Deux mâles, ensembles, dans la force de l'âge, on peut se poser la question: lequel des deux fait la femme ?


Si Spock et son père restèrent parfaitement stoïques, Jim et Bones eurent beaucoup de mal à conserver leur calme et à ne pas s'étrangler face à la bêtise abyssale de cette question, et cela se disait diplomate ?


- Votre question est illogique, ambassadeur. Répondit Spock. Mon époux et moi sommes tous deux porteur d'appareils génitaux et de chromosomes mâle. Je ne vois pas sur quoi repose votre supposition que l'un d'entre nous puisse "faire la femme", comme vous dites.


Malgré la teneur insultante des propos de d'Isambard, Jim adora le discours délicieusement spockiens de son vulcain. Il se contenta d'arborer son plus beau sourire de façade, celui qui n'allait pas jusqu'au yeux et qui lui donnait un air menaçant, et poursuivit :


- De plus ces genres de propos sont dégradants à l'égard des femmes.


Amanda s'interposa et passa son bras autour de celui de Jim.


-Venez, mon cher fils, raccompagnez-moi je vous prie. Je me sens un peu fatiguée. Nous accompagnerez-vous, monsieur McCoy, Spock ?


-Je vous suis, Ko-mekh. [mère]


Spock attendit qu'ils soient dans le couloir pour dire en cachant habilement son vif mécontentement :


- Je voulais justement vous épargner ces allusion homophobes malsaines, Capitaine...


- Avoir encore des propos pareil. S'indigna Bones. A notre époque !


- Il fallait s'y attendre. D'après vos fiches, Spock, la planète Victoria n'est pas reconnue pour son ouverture d'esprit. Ce n'est pas grave. Ce que ce genre de personne peut penser de moi m'est totalement égal.


Amanda s'arrêta de marcher. Elle considéra Jim avec gentillesse. Des années à vivre parmi les vulcains lui avaient appris à lire entre les lignes, à percevoir les infimes détails à travers les regards. Et ce qu'elle voyait de ces deux hommes la rendaient heureuse.


ooo


Bones regagna son infirmerie, et Jim et Spock la passerelle. Mais leur tranquillité fut de courte durée. Uhura avait détecté l'émission de messages qu'elle ne parvenait pas à déchiffrer. Ils étaient émis et reçus au sein même du vaisseau.


- Ce n'est peut-être rien. Supposa Uhura


- Dans ce cas, pourquoi crypter ces messages ? Demanda Jim. Cela n'a aucune logique. Parvenez-vous à le déchiffrer, monsieur Spock?


Le commandant en second se pencha sur son ordi. Il analysa les séquences des message


- Non Capitaine, il n'y a aucun modèle récurent, et je ne trouve rien qui corresponde dans la base de données cryptographique, ni dans les archives.


Les deux officiers remarquèrent soudain que tous les regards étaient tournés vers eux, fixement.


- Un problème ? Demanda Kirk


- Monsieur, Avoua Uhura nous avons appris pour votre mariage.


- Et ?


- Vous continuez à vous vouvoyez et ...


- Vous préféreriez que nous travaillions en nous appelant par des fadaise sucrées du style "mon-petit-cœur-chéri" ? Ironisa Jim.


A qui s'attendaient-ils donc sur cette passerelle ? Qu'ils se fassent des papouilles et se bécotent aux quatre coins du vaisseau comme deux adolescents? Spock et lui étaient mariés, et alors ? Qu'y avait-il de plus banal qu'un mariage ? Ils n'avaient tout de même pas révolutionné le fonctionnement de l'univers avec ça! Spock s'était retourné et observa son capitaine, sentit les subtilités son agacement, le comprit, il ajouta avec sévérité :


- Cela ne serait pas du tout professionnel!


- Nous sommes sur la passerelle du vaisseau Enterprise. Poursuivit Jim avec autorité. Nous nous devons TOUS d'être professionnel. La vie et le bien-être de l'équipage, et de nos passagers, dépend de nous. Notre vie personnelle ne doit EN AUCUN CAS interférer.


- Bien, monsieur.


Uhura avait rougi, et le reste de l'équipe se replongea dans ses activités. Jim échangea un regard avec Spock. Maintenant que les choses avait été posées, il allait être possible de reprendre le travail. Le com de Jim lui signala un appel


-Kirk, j'écoute.


- Ici l'enseigne Floyd, Capitaine. On a retrouvé le corps de l'ambassadeur Gav. Il a été assassiné


- Signalez-moi votre emplacement, j'arrive. Spock, vous venez avec moi. Sulu, prenez les commandes.


- Bien monsieur


ooo


Bones se penchait sur le mort, l'examinait avec son tricorder


- Il est bien mort, Jim. Nuque brisée. La mort a été rapide, elle remonte à moins d'une heure.


Spock se pencha, il écarta le col de la veste, et remarqua les marques sur la nuque. Il fronça imperceptiblement les sourcils. Jim était à présent capable d'interpréter la moindre micro-expression de Spock, invisible pour le commun des mortels. Jim se tendit. Il pressentait qu'il n'allait pas du tout apprécier la suite.


- Cela semble être une prise vulcaine, le Tal'shaya. C'est une forme d'exécution considérée comme miséricordieuse, car elle donne la mort rapidement et sans douleur. Cette prise est très difficile à maîtriser.


- Vous connaissez, parmi les personnes à bord de l'Enterprise, des personnes la maîtrisant ?


- Oui, Capitaine, mon père et moi.


Il y eut un froid. Ce que Jim pouvait détester cela quand son sixième sens avait raison de cette façon !


- Ce ne peut pas être vous, puisque vous ne m'avez pas quitté une seconde depuis que nous sommes revenus de la salle du cocktail... oui Bones ?


- Cet ambassadeur a remis ça avec Sarek après que vous soyez partis. Relata Bones avec embarras. Cela était assez virulent, jusqu'à ce que Sarek ne coupe court à la discussions et s'en aille.


- Votre père ne tuerait pas, Spock, si ?


- Les vulcains ne tuent pas, Capitaine. Sauf si la logique ou une bonne raison les poussent à le faire.


Jim ne put retenir un soupir.


- Allons interroger votre père...


ooo


Amanda leur ouvrit la porte de sa cabine, visiblement contente de les voir tous les trois. Elle déchanta quand Spock lui expliqua la raison de leur visite. Sarek entra au moment où Amanda les informait de son absence. Il refusa de dire où il était allé. Jim ne put insister longtemps car le Vulcain fit un malaise.


Sarek fut amené à l'infirmerie ou McCoy l'ausculta.


-Alors, Bones ?


- L'ambassadeur a fait un infarctus du myocarde, Jim. Sans doute pas le premier car son cœur est en très mauvais état.


- Voudriez-vous préciser, Docteur? Mauvais à quel point, Docteur ? Demanda Spock


- Il me faut l'opérer de toute urgence, sinon, il ne tiendra pas deux jours.


- Oh mon Dieu! s'exclama Amanda


- Le problème, c'est qu'il va me falloir beaucoup de sang, et que je n'en ai pas qui soit compatible en réserve


- Prenez le mien. En filtrant ses composantes humaines, il sera parfaitement compatible avec celui de Sarek.


- Il en faudra beaucoup, Spock. Plus que vous ne pouvez en donner.


- Vous m'avez parlé de ce produit qui augmente l'hématopoïèse de deux cent cinquante-quatre pour cent, vous disposerez de la quantité nécessaire...


- Cela fatiguera vos rein, votre moelle osseuse et votre système lymphatique !


- Miss Chapel, voudriez-vous transmettre au docteur les résultats de mon dernier bilan de santé ?


- Je les ai là, monsieur, vous êtes en excellente santé.


Spock échangea un regard avec Jim qui acquiesça.


- C'est donc décidé. Déclara Spock. Quand commençons-nous ?


ooo


Autour d'eux, le docteur McCoy et ses assistants s'agitaient pour préparer l'opération de Sarek. Un second meurtre avait été commis, Jim était sur les dents, mais avait fermement interdit à Spock de renoncer à cette opération. Debout, les bras dans le dos, il attendait que tout soit prêt. Père et fils se regardaient en chien de faïence. Contre toute attente, Spock pris la parole. Il le fit en vulcain afin que leurs échanges restent privés.


- Je sais que vous désapprouvez mon union avec le capitaine Kirk


- Ce mariage est illogique puisque stérile, comment pourrais-je l'approuver? Vous savez qu'il est à présent possible de rompre un lien qui s'est construit par accident lors d'une... l'union rituelle, pourquoi vous accrochez-vous tant à cet humain ?


- Père, oubliez-vous que Jim a risqué sa carrière pour m'amener sur Vulcain ? Il m'a sauvé la vie en en acceptant ce mariage, sans poser de question ni de condition. Sachez que ce lien que vous voulez rompre va bien au de-là de ce que vous avez appréhendé. Il ne s'agit pas d'une simple relation de nature romantique, comme le diraient les humains. J'y ai beaucoup réfléchi, j'ai recoupé les informations avec logique et méthode, en faisant preuve de franchise vis à vis de moi-même. J'ai compris que ce lien était déjà présent bien avant mon Pon Farr, et il était déjà très solide. Nous étions des T'hy'la, Père. Sans ce lien préalable, rien de tout cela ne se serait passé. Nous aurions pu passer notre vie entière en tant que simples frères de sang, s'il n'y avait eu cet événement révélateur. Une vie entière à nier cette simple vérité : Jim et moi sommes des âmes-sœurs, Père, nos âmes sont liées. Et ce lien se renforce jour après jour, ni vous, ni personne ne pourra jamais rien contre cet état de fait.


- J'entends cela. Répondit Sarek en cachant difficilement sa réticence, son état de santé précaire rendait son contrôle des émotion difficile. Cependant, ne souhaitez-vous pas vous assurer une descendance ?


- Certes, les progrès de la génétique nous permettent d'envisager la conception d'un enfant avec les gènes de Jim et les miens. Cependant, ce n'est pas le moment d'y penser. Et cela doit faire l'objet d'une discussion entre lui et moi.


Sarek comprit qu'il ne ferait pas changer son fils de décision. Soudain, Spock eut un haut-le-cœur de douleur:


- ... Jim !


Il se tourna vers McCoy :


- Docteur, le capitaine vient d'être blessé, vraisemblablement un coup porté par une arme blanche, à la taille...


Spock était resté parfaitement calme, en apparence. A peine étonné, mais inquiet pour Jim, Bones ne posa pas de question et s'empara de sa trousse d'intervention d'urgence. Il fit signe à deux de ses assistants de le suivre.


- Vous savez où il se trouve ?


Spock ferma les yeux pour se concentrer :


- Il vient de perdre connaissance, mais j'ai eu le temps de le repérer.


- Dépêchons-nous, je vous suis. Dites-moi, sur la planète des lianes, c'est de cette façon que vous avez su qu'il était en danger, n'est-ce pas. Vos tours de magie vulcains sont parfois fascinant...


Sareck les regarda partir. Effectivement leur t'hylara était très fort. Seul un lien puissant pouvait permettre une telle communication non verbale, et encore, même à cette condition, même entre vulcains, ce phénomène était plutôt rare. Il n'avait d'autre solution logique que d'accepter ce mariage, mais il ne pouvait toujours pas s'y résoudre.


ooo


Avant de s'évanouir, Jim avait eu la force d'assommer son assaillant. Jim fut amené à l'infirmerie où il reprit conscience alors que Bones le soignait. Il voulut aussitôt se lever.


- Ça va, Bones, je n'ai pas le temps pour ça. Il faut que j'aille interroger le...


- ...calmez-vous, Jim. La blessure n'est pas grave, mais elle est profonde. Vous devez impérativement vous reposer !


- Où est Spock ?


- Il a reprit son poste. S'agaça Bones. Il a refusé de déléguer, arguant que la situation était grave avec ces meurtres et que c'était son devoir d'agir ainsi. Même sa mère n'a pu le faire changer d'avis.


- Oh bordel ce qu'il est têtu ! Grommela Jim.


- Vous pouvez parler ! Vous êtes pareil ! Soupira Bones. Ce qui m'inquiète c'est que si je ne commence pas rapidement l'opération, l'ambassadeur Sareck va mourir.


- Bones, tu vas m'injecter ton plus puissant antalgique.


- Qu'allez-vous faire ?


- Faire comme si je n'avais qu'une égratignure, afin que Spock revienne ici. Ensuite, Mentit Jim, Promis, je met Sulu aux commande et je reviens ici !


- C'est tout à fait imprudent de votre part ! Et je vous signale que Spock a son truc de "radar mental vulcain" qui lui permet de savoir si vous ressentez de la douleur !


- Ah, oui, c'est vrai... laissez-moi cinq minute, que je me concentre et que je cloisonne cette douleur dans mon esprit. Ensuite vous m'injecterez votre antalgique. Et surtout, endormez-le bien pendant l'opération, pour plus de sûreté.


- Que vous cloisonniez... quoi ?


- Je vous expliquerai plus tard, Bones


- Pas le peine, je ne veux pas savoir. Encore un truc vulcain je suppose. Faites votre machin de concentration.


ooo


- Monsieur Spock, vous pouvez retourner à l'infirmerie.


- Capitaine ? Je vous croyais blessé


- Vous savez bien que Bones exagère toujours !


Spock posa sur lui des yeux tel des rayons X, tout en lançant un assaut discret dans son esprit. Jim se laissa faire, sûr de lui, il ne souffrait plus. Il détourna la pensée de Spock avec une image suggestive, ce qui fit légèrement verdir les pointes de ses oreilles, (Jim adorait faire cela) et celui-ci ne chercha pas plus loin...



Gu-vam-lar t'Ang'jmizn


[ Les devoirs d'un Capitaine ]


Tandis que Spock s'endormait, assommé par les somnifères, l'ambassadeur Isambard de Victoria fut trouvé étranglé à mort, dans sa cabine. Jim se rendit immédiatement sur les lieux, désobéissant à Bones qui lui avait ordonné de se tenir tranquille. Hormis la maladresse évidente avec laquelle ce meurtre avait été commis, Isambart n'avait pas été que étranglé, il y avait du sang, du sang partout. Le tueur s'était visiblement acharné, même après la mort de sa victime. Mais le meurtrier avait utilisé des gants, les nombreux indices trouvés sur place ne menèrent à rien de concret.


Jim retourna donc à son fauteuil de commandement d'où il suivi le déroulement de l'enquête, qui n'avançait guère, à son plus grand agacement. Son communicateur lui signala un appel.


- Oui, Scotty ?


- Au fait, Jim, toutes mes félicitations pour l'annonce de votre mariage !


Quelle mouche avait piqué Scotty ?


- Vous m'appelez sur la passerelle pour me dire ça ? S'énerva Jim froidement. Vous êtes au courant de tous ces meurtres et vous n'avez rien de mieux à faire ?


Scotty toussota, comprenant sa bévue avec retard.


- Euh, non, Pas pour ça, Capitaine, Bafouilla Scotty. S'cusez. Je voulais juste détendre un peu l'atmosphère...


Jim soupira. Scotty était un gars au grand cœur, mais si maladroit parfois, et le meilleur des ingénieurs de la flotte. Jim s'adoucit, il était un peu trop sur les nerf. Il se rendit compte qu'il s'inquiétait pour Spock. Il avait fait poster des gardes devant l'infirmerie, mais ne se sentait pas tranquille pour autant. Jim prit une grande respiration. Il ne devait pas laisser ses soucis personnels altérer son humeur et interférer avec son commandement. Il demanda calmement à Scotty:


- Quelle est la raison de votre appel ?


- Il y a ici une chose ici que vous devriez venir voir.


- C'est important ?


- Oh oui, Capitaine, je dirai même... explosif.


- Bien, j'arrive. Sulu, vous prenez le commandement.


Jim descendit rapidement à la salle des machines.


- Bien, Scotty, il y a intérêt à ce que ce soit important !


L'écossais le guida à travers les étroites coursives, et lui montra la raison pour laquelle il l'avait fait venir.


- Scotty. Est-ce que c'est bien ce que je crois que c'est ?


- Ouaip. Une bombe artisanale, faite par un foutu amateur du dimanche !


- Vous pouvez la désamorcer ?


- Déjà fait, Capitaine.


- Parfait. Vous êtes toujours aussi efficace, Scotty !


- Merci, chef!


Jim s'agenouilla lentement devant l'engin, sa blessure le tirailla. Ce n'étais le moment. Il fit un effort de concentration pour remettre sa douleur derrière ses barrières mentales, afin d'avoir l'esprit libre pour réfléchir. Cette technique étaient décidément très pratiques.


- Quels dégâts aurait fait cette bombe, si elle avait explosé correctement ?


- Considérables, Capitaine, principalement une rupture d'alimentation de l'énergie dans tout le vaisseau, qui serait parti à la dérive. Il faut coincer ce sagouin !


- Pensez-vous pouvoir simuler une explosion disons partielle, avec une déflagration crédible?


- Oui, c'est possible.


- Et ensuite de couper l'alimentation générale, et brancher l'auxiliaire à la place, excepté à l'infirmerie où Bones est en train de pratiquer une opération délicate et importante ?


- Bien sûr, mais dans quel but ?


- Convenez avec moi que cette bombe est très mal cachée, et si je vous ai bien compris, fort mal conçue.


- Ça on peut le dire. Approuva Scotty. Le travail d'un foutu amateur !


- Je pense que nous avons affaire à un incompétent doublé d'un idiot, Scotty. Je suis persuadé que s'il se rend compte que sa bombe a échoué en partie, il reviendra en poser une autre pour finir son sabotage. Ils ne doivent être que deux à être impliqués dans ce complot : les messages que Uhura a intercepté ne provenait que de deux sources différentes. Je présume que la tête pensante est l'Andorien qui a essayé de me tuer, après avoir assassiné l'ambassadeurs Gal. Lui était un professionnel, que j'ai eu beaucoup de mal à assommer.


- Mais pourquoi font-ils tout ça ?


- Je suppose que leurs commanditaires veulent faire avorter la conférence de Babel. Puisque la tête pensante est sous les barreaux, son complice essaye autre chose pour la faire saborder. Apparemment, les meurtre lui sont plus difficiles à accomplir depuis que nous avons relevé les niveau de protection autour de nos invités au niveau rouge. Et une bombe lui a dû lui sembler plus... facile


Jim se releva lentement :


- Au fait, Scotty rassurez-vous, je n'ai pas oublié que je vous dois une bouteille...


- Je le sais, chef ! Sourit Scotty, flatté de la confiance que son Capitaine lui avait accordée en lui confiant le secret de ce mariage.


ooo


Tout ce passa comme prévu. Scotty orchestra une superbe explosion avec déflagration et fumées. Le navigateur Sulu fut mit dans le secret et provoqua un magnifique sursaut du vaisseau pile au bon moment. L'alimentation générale fut coupée et remplacée par l'auxiliaire. Enfin le Capitaine James T Kirk diffusa une annonce dans tout le vaisseau pour informer les passagers qu'un incident technique avait eu lieu, mais qu'il ne fallait pas s'inquiéter car tous ses ingénieurs étaient mobilisés et maîtrisaient la situation. Comme prévu, le terroriste revint. Il était habillé de la même façon qu'un membre de l'équipage. Il voulut profiter de l'apparente pagaille panique, efficacement mise en scène par les hommes de Scotty dans la salle des machines, pour renouveler son forfait.


- Là ! S'exclama Jim derrière l'écran qui diffusait les images des caméras de surveillance. Cet homme ne fait pas partie de mon équipage !


Il bondit hors de la pièce en courant, oublieux de sa blessure, suivit de prêt par Scotty et plusieurs yeoman de sécurité. Il fut le premier sur les lieux. Pris au piège, le terroriste tenta de se défendre, mais ne résista pas aux coups de poings efficaces qu'un Jim furieux lui envoya au visage. Il tomba sans connaissance.


- Jim. Demanda Scotty. Vous connaissez le visage des quatre cents membres de l'équipage ?


- Evidemment. Le stricte minimum : les visages-noms-qualifications-postes de chacun. Et encore, je suis sûr que Spock, lui, peut vous réciter de tête leur carrière et leur profil psychologique ! Mais en quoi cela vous étonne-t-il ? Ne suis-je pas le Capitaine?


Scotty ferma sa bouche quand il se rendit compte qu'elle était ouverte. Jim le put retenir un sourire amusé par la réaction de son ingénieur en chef. Sa tension retombait. Ils avaient attrapé le second tueur. Son instinct lui disait que son équipage, ses passagers, et Spock, étaient à présent à l'abris du danger.


- Bon, vous deux, emmenez cet idiot à l'ombre. Les autres avec moi. Trouvez ses quartiers, nous allons les fouiller immédiatement.


L'idiot portait des traces de griffures qu'il avait reçues lors de l'assassinat d'Isambart. Ses quartiers furent fouillés, et la bêtise de celui-ci dépassa toutes les espérances de Jim. Ils trouvèrent son arme encore tachée de sang, ainsi que tous les documents nécessaires pour remonter jusqu'aux commanditaires de ces attentats.


ooo


Jim retourna à l'infirmerie avec le sentiment du devoir accompli, soulagé mais épuisé. Il s'allongea péniblement sur la couchette, il n'avait plus la force de maintenir ses barrières mentales, et la douleur était revenue, plus violente que jamais, lui faisant serrer les dents.


Bones était furieux contre lui, tellement courroucé que Jim ne fut pas en mesure d'émettre un mot pour le contrer, tant il était volubile dans sa colère :


- Bon sang, Jim ! Je ne peux décidément pas vous faire confiance ! Vous êtes en train de me faire une hémorragie ! Vous m'aviez promis de ne rien faire de violent et vous vous êtes encore battu ! Non, ce n'est pas une question! Et ne me contredisez pas, je vois bien ces marques sur vos poings !


Miss Chapel aida Jim à enlever sa tunique. Bones se pencha pour l'ausculter :


- Ce n'est pas vrai, Jim! S'emporta-t-il à nouveau. Non seulement la plaie s'est rouverte, mais elle s'est aggravée ! Depuis combien de temps est-ce qu'elle pisse le sang comme ça ? Je vais devoir vous faire une transfusion sanguine !


Sur le lit d'en face, Spock était en train de reprendre conscience. Plus que les vociférations de Bones, auxquelles il ne prêtait plus attention depuis longtemps, ce fut la souffrance de Jim qui le réveilla d'un coup dès que son esprit émergea du sommeil artificiel.


- Jim ?


- Nam-tor nash-ve rom, Spock [je vais bien], S'exclama aussitôt Jim qui ressentit comme un coup dans le ventre l'inquiétude de Spock, Bones va bien vite me réparer.


- "Bones va bien vite me réparer". Railla le médecin en imitant le ton de Jim, tout en lui prodiguant ses soins avec douceur et efficacité. "Donc pas la peine de faire attention à ma santé !" Un jour on va vous ramener en pièces détachées! Je suis médecin, Jim, pas faiseur de miracle !


- Comment va l'ambassadeur Sarek ? Demanda Jim.


Après tout, il avait fait tout cela pour que Bones ait une opportunité de sauver la vie de cet ambassadeur (et accessoirement le père de Spock)


- Il va bien, sa vie n'est plus en danger. Répondit Bones. L'opération s'est bien déroulée. Il s'est mis dans cette bon sang de transe de guérison. Heureusement que son secrétaire m'a prévenu de ce que c'était, j'ai cru un instant qu'il était mort ! Sauf que je me serai bien passé de ce tour de manège, qu'est ce que c'était ?


- Désolé, Bones, mais c'était indispensable pour arrêter les assassins. Ils avaient posé une bombe en salle des machines !


- Mais l'explosion ? Demanda Bones. Ça a fait un boucan d'enfer !


- Une manipulation pour le piéger.


- Comme vous l'avez fait pour me convaincre de rester ici pour l'opération de mon père. Déduisit Spock.


- J'avoue, Spock, je vous ai menti. Admit doucement Jim avec un léger malaise. Je ne l'ai pas fait de gaieté de cœur, croyez-moi. Vous le savez, je suis responsable de la vie de tous mes passagers. Ma mission est d'amener tous les ambassadeur à Babel, dont votre père. Et nous en avons eu trois d'assassinés. Je sais que cette blessure est impressionnante, mais à aucun moment je n'ai mis ma vie en danger, vous me l'avez dit vous-même, Bones...


Bones grommela des mots indistincts sur l'inconscience pathologique de Jim face à la notion de danger...


- ...j'ai accompli mon Gu-vam t'Ang'jmizn [Devoir de Capitaine] J'ai donc fait ce qui m'a semblé le plus logique. Vous êtes le premier à agir ainsi, puisque vous étiez retourné à la passerelle quand j'ai été blessé.


- En effet. Comment êtes-vous parvenu à me cacher votre état ?


- Les supers médicaments de Bones, et votre technique des Temok-kashkau-lar [barrières mentales].


Spock hocha la tête, incapable d'en vouloir à Jim. Présenté ainsi, il n'avait effectivement fait que son devoir. En tant que vulcain, il comprenait et approuvait totalement la notion de Gu-vam t'Ang'jmizn. Il fut honnête avec lui-même, il était fier de son Capitaine. Vraiment très fier et admiratif, et de plus d'une façon : son courage, sa force intérieure, son abnégation, son intelligence, l'efficacité avec laquelle il avait mis en pratique l'utilisation des barrières mentales qu'il lui avait enseignées... et fier d'avoir le privilège d'être l'époux d'un humain aussi exceptionnel... et tant pis si éprouver de telles émotions n'était pas conforme aux contraintes du contrôle vulcain.


Jim ressentit l'onde de bien être qui se dégageait des émotions qu'il percevait en Spock. Il sut qu'il était pardonné pour son mensonge et se sentit libéré d'un poids dont il n'avait pas eut conscience : il n'aimait pas mentir à ami. Il lui adressa un beau sourire.


- Bien. Encore un mot en vulcain, Jim, et je vous promets que vous assomme ! Maintenant, silence. Vous avez besoin de prendre du repos. Tous les deux. Vous pourrez recommencez à flirter demain


- Mais nous ne... Tenta Spock


- J'ai dit SILENCE ! Vous avez ordre de vous reposer !


Spock haussa un demi sourcil réprobateur, Jim fit une mine boudeuse, mais ils obéirent.


- Ah, comme c'est agréable ! Pour une fois, c'est moi qui ai le dernier mot !


ooo


Jim et Spock dormirent quelques heures. Puisque que leur façon de parler mi-Vulcain mi-standard vrillait les nerfs de Bones, Jim parla ainsi dès leur réveil, à la fin de la journée, rapidement imité par Spock qui avait comprit le but de cette manœuvre. Cela fonctionna à merveille : exaspéré, le docteur les laissa sortir, à la condition express de rester "bien sage"


Quel soulagement de retrouver enfin leur quartiers. Ils se débarrassèrent de leur vêtement. Spock enfila un cafetan et Jim resta en boxer. Son pansement argenté contrastait avec sa peau.


Jim s'allongea sur leur futon, sur le dos, en position étoile de mer, conscient de la puérilité de sa position, mais il s'en fichait. Il avait bien gagné le droit de se détendre ! Il eut un long soupir :


- Aaah ! Bordel ! T'forti! [Enfin !] La journée a été épuisante !


Spock s'assit à coté de lui. Jim reprit :


- Bon, et bien maintenant ça y est tout le monde est au courant !


Spock comprit l'allusion.


- En effet, Jim.


- Et Bones qui nous a interdit de fêter ça !


Le cœur de Spock gonfla dans sa poitrine : même si Jim n'avait pas conscience de ce que ce mariage représentait pour lui, il lui était agréable de l'entendre en parler ainsi.


Jim se roula sur le coté pour s'asseoir à coté de Spock, avec des gestes précautionneux. Les antalgiques avaient cessé d'agir et Bones avait refusé de lui en donner d'autre. De son coté, Spock se sentait encore affaibli par la longue transfusion et l'anesthésie. Il se leva et se saisit de sa lyre vulcaine. Il revint près de son époux, et joua pour lui, des airs doux et apaisants. Jim se rallongea. Spock le sentit se détendre tout contre lui.


ooo


L'estomac de Jim décida de faire valoir ses besoins en émettant un bruit incongru, au beau milieux d'une délicate mélodie. Jim se sentit rougir.


- Oups, je suis désolé, Spock !


- Ce n'est rien. Vous devriez vous alimenter, Jim. Je vais vous chercher de quoi manger.


Spock se leva et sortit de la chambre quelques minutes. Il revint avec un gros fruit vert dans les mains, que Jim reconnut tout de suite :


- Savas t'Oko'lap Omeku ha ? [Un fruit d' Oko'lap Omeku ?]


- Ha [oui] J'en ai récolté plusieurs avant notre départ de sa planète, que j'ai déposés dans le conservateur ionique. Elle les a produit spécifiquement pour nous.


- Je vois... Nu'du, fai-tor'tor du nash-veh tsat ! [Vous aussi, vous savez me faire des cachotteries !]


Spock s'assit à coté de Jim et lui tendit le savas. Jim lui saisit le poignet et guida la mains de Spock vers ses lèvres. Il mordit sensuellement dans le fruit, en posa sur lui un regard mi-aguicheur mi-joueur. Le cœur de Spock eut un raté... Aitlu-yehat, Jim Asahya-yehat [Désirable Jim adoré]


Jim posa ses lèvres dégoulinantes de sucs sur celles de Spock, et partagea cette bouchée avec lui, à même sa bouche. Puis il lécha avec gourmandise le jus qui avait coulé sur son menton. Spock se prit au jeu avec délice. Ils partagèrent le fruit, par petites bouchées, voluptueusement, mignardant le jus qui coulait sur leur visage. Et quand il n'y eut plus de fruit, ils s'embrassèrent longuement, serré l'un contre l'autre.


- Ooh, Spock... Gémit Jim d'une voix troublante. Aitlu nash-veh weht ! Bolau nash-veh weht [j'ai envie plus, j'ai besoin de plus]


Doucement, Spock retira le boxer de Jim, puis se dénuda. Il l'incita à s'allonger sur le coté opposé à sa blessure et se coucha contre lui, de façon à ce que leur pubis se touchent presque. Jim comprit, il posa sa tête sur le bras tendu de Spock, tout contre son épaule. Son érection fut immédiate. Les vrilles de Spock enlacèrent tendrement les deux pénis. Ils posèrent leur mains sur leurs sexes, les serrant l'un contre l'autre, les doigts enlacés, dans des mouvements de va et vient, facilités par les secrétions du pénis de Spock. Ils bougèrent à peine. Ils prirent le temps de faire monter lentement le plaisir, tout en s'embrassant langoureusement. Leurs esprits se frôlaient, se caressaient, se partageaient leurs délices. L'orgasme fut à la fois très profond et très doux, à la fois physique et mental. Décidément, Jim adorait le sexe à la vulcaine...



Savas-lar slor t'T'hylara


[ Les doux fruits de l'amitié]


Le lendemain matin, avant d'aller assurer leur quart, Jim et Spock se rendirent à l'infirmerie comme Bones l'avait exigé. Ils avaient refusé de prendre un arrêt maladie tant que la mission pour Babel ne serait pas finie, ce qui avait mis Bones dans une humeur massacrante. Le docteur les ausculta, et grommela en jetant sur Spock un regard suspicieux :


- Vous m'avez encore fait un tout de passe-passe de médecine vulcaine, monsieur Spock ?


- Je ne comprends pas, docteur.


- La plaie de Jim est quasiment cicatrisée! Ce n'est pas normal, elle était trop profonde pour guérir ainsi en moins de douze heures !


- Ça, c'est une bonne nouvelle. Se réjouit Jim en envoyant une image émoustillante à Spock.


Spock n'eut aucune réaction. Parfois, il avait l'impression que son Capitaine, malgré un sens du devoir et des responsabilités à toute épreuve, se comportait... comme un enfant. Cependant, contre toute attente, il appréciait cette fantaisie. Il renvoya à son tour une image suggestive à Jim, qui sourit avec malice


- Il est probable que ce soit le fruit que nous avons mangé hier. Suggéra Spock resté impassible.


- Un... fruit ? S'étonna Bones.


- ... un fruit d'Oko'lap Omeku. Expliqua Jim. Spock m'a dit qu'elle les avait fait pour nous.


- Olokopa... vous parlez de l'arbre-mère de la planète où nous avons passé notre permission? Si cela est le cas, je dois absolument faire des vérifications sur les autres impacts de ces fruits sur vos organismes ! Je vais immédiatement vous faire à tous deux une prise de sang !


- Bones... Nous allons très bien ! Protesta Jim avec une légère grimace. Vous aviez dit hier que j'en avais perdu trop.


- Notre intrépide capitaine, Railla Bones; Qui a arrêté à mains nues, à lui tout seul, et au péril de sa vie, un terroriste et un assassin, aurait-il peur d'une toute petite aiguille ?


- Une analyse de nos sangs pourrait être instructive, Jim. Renchérit Spock


Jim lui lança un regard qui semblait dire "traître", il soupira et tendit le creux de son coude.


ooo


Quelques heures plus tard, Bones leur demanda de revenir voir les résultats des analyses. Les trois hommes se penchèrent au-dessus du pads. Bones avait repéré des particules aux propriétés intéressantes, il était enthousiasmé par ce qu'il avait découvert :


- Regardez, là ! C'est incroyable ! Un agent de cicatrisation végétal ! Et qui s'est parfaitement adapté par symbiose au système immunitaire et cicatriciel de chacun d'entre-vous ! Pourtant dieu sait à quel point vos systèmes physiologiques respectifs sont différents! Je n'avais jamais vu ça !


- Fascinant ! S'exclama Spock, se retenant demander ce qu'un dieu pouvait avoir à faire là.


- Il nous reste des savas, Spock ?


- Oui. Nous n'en avons mangé qu'un seul. Souhaiteriez-vous que nous vous en apportions un, docteur ? Synthétiser ce facteur cicatrisant serait une grande avancée pour la médecine.


- Et pour réparer Jim la prochaine fois qu'on me le ramènera tout abîmé ! Répondit Bones. Vous m'ôtez les mots de la bouche, Spock.


A la façon dont Jim et Spock se mirent à inter-agir en silence, Bones se rendit compte immédiatement qu'il n'aurait jamais dû dire ça. Il se bénit de ne pas avoir accès à leurs pensées. Il avait remarqué que, depuis quelques temps, Jim et Spock avaient tendance à être plus détendus, quand ils étaient seuls avec lui. D'une certaine façon, cette attitude l'énervait autant qu'elle le flattait. En fait, s'il voulait être honnête avec lui-même, que ces deux hommes acceptent de baisser leur garde devant lui, lui apparaissait de plus en plus comme une marque de confiance et d'amitié... mais c'était énervant quand même... surtout en ce moment...


Jim savait que ces petits jeux "innocents" agaçaient Bones, mais Spock s'y prêtait si volontiers, qu'il lui était difficile d'y résister. Et encore plus après avoir passé une journée avec les nerfs à vif comme celle de la veille. Jim transmit à Spock l'image d'un baiser. Ils échangèrent un regard entendu, la langue de Jim frôla imperceptiblement sa lèvre inférieure. Les yeux de Spock se posèrent sur elle et s'assombrirent.


- ... Si vous croyez que je ne vois pas votre manège ! Arrêtez de flirter, c'est embarrassant ! s'exclama Bones, comme si cela faisait partie d'un jeu qui s'instaurait entre eux. C'est comme cette manie que vous avez prise, depuis notre retour de Vulcain, d'utiliser à tout bout de phrase des mots vulcains ! Parfois je me demande si vous ne profitez-pas de mon ignorance pour vous échanger des cochonneries.


- Les vulcains n'échangent pas des "cochonneries", docteur. Dit Spock gravement, comme si rien ne s'était passé


- Tien, c'est vrai que je n'y ai jamais pensé, Petakov-Spock nash-veh [mon Spock chéri] Ajouta Jim avec malice, en posant sur Spock des yeux provocateur qui le défiait de faire mieux, ou pire.


Il était trop doux d'entendre Jim prononcer ces mots et Spock sentit le bout de ses oreilles verdir. Cela lui arrivait décidément trop souvent, il allait falloir qu'il améliore son contrôle. Il releva pourtant le défi, et dit d'une voix qu'il réussi à rendre parfaitement neutre, mais le regard intense :


- Talunk nash-veh Jim [mon précieux Jim]


Jim devint rouge pivoine. Bones éclata de rire. Spock parvint à cacher à Jim le vif bien-être qu'il éprouvait à lui avoir enfin dit ses sentiments. Même s'il était parfaitement conscient que, pour Jim, tout cela n'était qu'un jeu afin de provoquer Bones.


- Je crois que vous avez gagné ce duel Spock. J'ignore ce que vous lui avez dit, mais c'est efficace.


- Très drôle, Bones. Bougonna Jim, mauvais perdant. Je vais aller vous chercher un savas, oh... ambassadeur Sarek !


Sarek se tenait debout dans l'encadrement de la porte, impassible.


- Ambassadeur Sarek ! Bonjour ! Je vois que vous allez mieux ! S'exclama Bones en allant vers lui


- Bonjour, Docteur. En effet, je me sens tout à fait rétabli. Je souhaite dès à présent quitter votre infirmerie et retourner dans mes quartiers. J'ai une réunion importante à préparer.


- Si vous le permettez, vous avez été opéré hier. Je préférerai que vous restiez ici jusqu'à notre arrivée à Babel, afin de pouvoir surveiller convenablement votre convalescence.


- Vous pourriez permettre au secrétaire de l'ambassadeur de venir ici, Intervint Jim. Afin qu'ils puissent travailler. Cela vous conviendrait-il ambassadeur ?


- C'est une solution acceptable. Répondit Sarek.


Il les regardait tous les trois avec intensité. L'amitié qui les unissait était visible, sans pour autant entacher leur professionnalisme. Malgré cet échange de déclarations, son fils se tenait bien droit, dans une posture et une attitude parfaitement vulcaines.


- Je vais vous installer dans une chambre privative. Dit McCoy. Vous pourrez ainsi mieux vous reposer, et travailler un peu. Veuillez me suivre.


Quand ils furent seuls dans la pièce, McCoy reprit :


- Puis-je vous posez une question, Ambassadeur ?


- Je vous écoute, Docteur McCoy


- Vous avez assisté à la fin de notre discussion, n'est-ce pas ?


- En effet.


- Pourriez-vous me traduire ce qu'ils se sont dit ?


Sarek resta silencieux un moment, au point que McCoy crut avoir commis un impair.


- Rien de compromettant, docteur. Juste des mots... d'époux.


ooo


La planète Babel était vraiment très petite, et pauvre en infrastructures. C'est sa position neutre qui avait fait qu'elle avait été retenue pour l'organisation de cette assemblée de diplomates. Aussi, l'Enterprise dût-elle rester en orbite afin de loger une partie des ambassadeurs. A la demande insistante de son épouse, Sarek accepta d'y rester, à contre-cœur.


Amanda était vraiment heureuse de pouvoir voir son fils tous les jours. Elle avait été sans nouvelle de lui pendant si longtemps. Il venait rarement seul, mais cela ne la dérangeait pas. Elle trouvait que Jim était un homme charmant et chaleureux.


ooo


Jim était seul dans leur quartiers quand on sonna à la porte.


- Vous êtes en avance B... S'exclama-t-il en ouvrant la porte.


Ce n'était pas Bones, mais Sarek. Son sourire lumineux fut aussitôt remplacé par le masque sobre du Capitaine, au sourire aimable mais professionnel. Il s'écarta pour le laisser passer, et lui fit le Ta'al [salut vulcain], auquel Sarek répondit.


- Je vous en prie, Ambassadeur, entrez.


Sarek fit quelques pas dans la pièce. Jim n'était pas en service. Il était vêtu d'un long cafetan vulcain, probablement celui de Spock car il lui était un peu trop grand, mais cela lui allait étonnement bien, pour un humain. Il avait dû l'enfiler à la hâte à en juger par ses cheveux en pagaille dégoulinant d'eau, et à la serviette qu'il tenait à la main. Le bureau-double était encombré de dossiers papiers, et de pads. Certaines feuilles portaient des annotations en standard et en vulcain.


- Je vous remercie, Capitaine. J'espère ne pas vous déranger.


- Pas le moins du monde, Ambassadeur. Que me vaut l'honneur de votre visite ?


Sarek avait toujours refusé de venir en ces lieux, malgré l'insistance de sa femme. La question de Jim Kirk était logique.


- Je pensais retrouver mon épouse chez vous.


- Dame Amanda est avec Spock, sur Babel.


Sarek ne commenta pas cette information déroutante. Que pouvait-elle bien avoir à faire sur Babel ? Et qui nécessitait l'accompagnement de Spock.


- Restez donc ici le temps qu'elle revienne. Proposa aimablement Jim en rangeant rapidement, mais avec méthode, les dossiers. Je vous en prie, prenez place. Souhaitez-vous boire quelque chose ?


- Non. Merci Capitaine, je n'ai pas soif.


Sarek s'assit en silence.


- Permettez que je finisse de m'essuyer les cheveux.


- Je vous en prie


Jim les frotta rapidement avec sa serviette et alla la déposer dans la salle de bain. Il revint s'asseoir et attendit que le vulcain prenne la parole. Il s'écoula de longues minutes de silence. Jim resta parfaitement impassible. La pratique de la méditation enseignée par Spock se révélait vraiment utile. Il savait qu'en ces lieux privés, selon la tradition vulcaine, Sarek avait la préséance car il était l'aîné de Jim, et le père de son époux. Il savait que Sarek voulait le tester, Spock l'en avait averti. Jim attendit donc sans montrer, ni ressentir d'impatience que le vulcain se décide à parler, dans une attitude imperturbable et bienveillante. Un peu surpris que cet humain sache aussi bien se comporter à son égard, Sarek ne s'embarrassa pas de détour pour demander, comme il l'aurait fait face à un vulcain :


- Vous avez pris des risques afin que Spock puisse me donner son sang lors de mon opération. Pour quelle raison ?


- Ce n'était que des risques calculés, Ambassadeur, car j'ai toute confiance en mes officiers. Une des réponses logiques est que vous êtes l'un des diplomates que j'avais pour mission d'amener ici, et que je n'ai fait que mon devoir.


- Quelles sont les autres réponses ?


- Simple logique humaine. Répondit Jim calmement. Vous êtes le père de Spock.


Sarek considéra cette phrase en silence.


- J'ai entendu le docteur McCoy se plaindre que vous échangiez souvent des propos en vulcain. J'ignorai que vous aviez appris notre langue.


- Je ne l'ai pas apprise. Spock me l'a transmise. Elle m'est aussi familière que ma langue natale.


- Quand vous l'a-t-il transmise ?


Jim parvint à ne pas rougir. Mais Sarek perçut sa brève montée d'émotion, et anticipa sa réponse. Il fut étonné de la faculté de ce simple humain à aussi rapidement dominer ses sentiments, d'autant plus que l'évocation d'un Pon farr mettait aussi les vulcains mal à l'aise. Jim répondit pourtant sans que ses émotions ne soit perceptibles (en remerciant le pouvoir quasi-magique des barrières mentales)


- Vous le savez bien, ambassadeur.


Spock ne lui avait donc pas exagéré l'ampleur de leur lien. Une transmission de connaissances d'une telle ampleur entre deux esprits ne pouvait avoir lieu qu'à la condition préalable d'un puissant Tel t'hy'lara, et encore tous les vulcains n'en n'étaient pas capable. Il réévalua son jugement sur cet humain.


La sonnerie de la porte retentit.


- Vous permettez ?


- Je vous en prie, Kirk.


La porte s'ouvrit sur McCoy accompagné de Miss Chapel. Ils étaient sur le point de lui faire une plaisanterie sur sa tenue étrange, mais leur sourires joyeux se figèrent à la vue du vulcain. Il les salua d'un bref hochement de tête.


- Christine, entrez, donnez-moi donc ce paquet. Est-ce le gâteau que vous nous aviez promis ?


- Oui, Capitaine, la recette de ma grand-mère qui était végétarienne. Garantie sans œuf ni chocolat pour que monsieur Spock puisse y goûter


- Je vous en prie, laissez tomber les formalités. Nous ne sommes pas en service. J'apprécierai d'être juste Jim, ce soir.


Les regards se tournèrent vers l'ambassadeur :


- Cette... familiarité ne m'incommode pas, Kirk.


- Tenez, Jim. Le whisky que je vous ai promis.


- Merci Bones, je vais mettre tout cela sur la table. Je propose que nous nous asseyons tous dans le salon, nous y serons plus à notre aise.


Sarek se leva et les rejoignit. Le petit sofa bas pouvait accueillir deux personnes, et deux coussins de sol lui faisaient face. Sarek choisit l'un d'eux, Christine et Bones le sofa. Jim s'assit sur ses genoux à coté du vulcain. De l'autre coté de la pièce, une table ronde avait été dressée pour quatre personnes. Un silence embarrassant prit place.


- Les négociations se passent-elles bien, ambassadeur ? Demanda Christine pour rompre la glace.


- Elles se déroulent de façon satisfaisante. Répondit l'ambassadeur.


Il y eut un blanc.


- C'est étonnant que Spock ne soit pas encore arrivé. Remarqua Bones. Lui si ponctuel d'ordinaire.


- J'espère qu'il ne lui est rien arrivé de mal. S'inquiéta aussitôt Christine


- Rassurez-vous Christine, Spock va très bien. Babel n'a pas la réputation d'être une planète dangereuse.


- C'est votre rad...hum! Bones retint ses mots, par crainte de heurter l'ambassadeur. Je veux dire cette sorte de communication par l'esprit qui vous dit cela ?


- Oui, par ce lien mental.


- C'est extraordinaire ! S'exclama Christine en joignant les mains. Ce lien mental entre vous. Ça doit être magique et rassurant de toujours pouvoir savoir si celui que l'on aime va bien !


Jim s'abstint de répliquer à Christine que ce n'était que de l'amitié entre eux, ce n'était pas utile.


- Oui, ça l'est.


- Et chacun de vous peut percevoir les émotions de l'autre ? Demanda Christine


Parler des émotions était considéré comme inconvenant pour les vulcains.


- Oui, Spock peut ressentir mes émotions.


Christine était fascinée et curieuse d'en savoir plus, mais elle n'était pas idiote. Elle se rendit compte que Jim ne voulait en dire plus.


- Les émotions sont des processus typiquement humains. Expliqua Sarek.


Jim se leva soudain et se dirigea vers la porte. Christine le regarda avec des yeux ronds, Sarek haussa imperceptiblement un sourcil.


- Je suppose que Spock est arrivé. Expliqua Bones à son amie avec un sourire amusé.


En effet, Spock et Amanda entrèrent au moment où il achevait sa phrase. Ils avaient les bras chargés de paquets. Spock réprima ses sentiments : ainsi revêtu de son cafetan, ses cheveux châtains en pagaille, Jim était si vaikaya-yehat vaksurik [adorablement beau]


- Mon époux. Vous, ici ? S'étonna Amanda


- La réunion a fini avec une heure d'avance par rapport au programme.


- Et vous êtes venu me chercher ? Cela me fait plaisir, mon époux ! Sourit Amanda


Jim débarrassait Amanda de ses paquets.


- Vous avez trouvé tout ce que vous vouliez ?


- Oui, Jim. J'en suis ravie !


- Il y a eu un problème technique au téléporteur sur Babel. Dit Spock. Ce qui explique notre retard. Nous sommes finalement revenus en navette.


Sarek se leva pour rejoindre sa femme.


- Souhaitez-vous vous joindre à nous ? Proposa aimablement Jim.


L'offre était faite de bon cœur, mais Sarek remarqua l'étonnement embarrassé du docteur et de Miss Chapel.


- Je vous remercie pour votre invitation, Kirk. Mon épouse et moi devons hélas la décliner.


Christine attendit qu'ils soient sortis pour s'exclamer :


- L'ambassadeur Sarek est vraiment impressionnant !


- Vesht-amauh sa-veh du k'vel-zhit-Skann. Remarqua Spock. Palikau sa-veh t'du sep-wafikh [Il t'a nommé par ton nom. Il commence à t'accepter.]


- Ni'droi Sarek t'nash-veh : ki-kah'ru du Vulkansuh lu ? Vesht-kilko-tor nash-veh ta vesht-fai-tor sa-veh is-veh [Sarek m'a demandé : quand avez-vous appris le vulcain? Je lui ai répondu qu'il le savait.]


- Cela a dû l'impressionner. Fai-tor sa-veh ta ri nam-tor shid t'oren tor-yehat na ek'Vuhlkansu [Il sait que cette forme d'apprentissage n'est pas à la portée de tous les vulcains.]


- Il a vulcainement à peine haussé le quart de la moitié d'un sourcil.


- Encore à échanger des secrets ? Ronchonna Bones, pour la forme.


- Comme cette langue est belle! S'exclama Christine. Je suis sûre que dire je t'aime doit être très beau ! Comment le dit-on ?


Jim et Spock échangèrent un regard amusé, et Jim répondit :


- Talunk nash-veh k'dular.[tu m'es précieux]


Cette phrase était belle dans la bouche de Jim, Spock la grava aussitôt dans sa mémoire, précieusement. Christine se tourna vers Bones, les yeux brillants :


- Talunc nachve dular, Leonard.


Leonard devint tout rouge. Il se pencha vers elle, et déposa un chaste baiser sur sa joue.


- Et bien, cela se fête ! Spock, faites péter la bouteille de whisky !


- ... péter la bouteille, Jim ? Dites-moi, est-ce une tradition terrienne que de casser une bouteille au lieu de la boire pour fêter un événement ?


- C'est une allusion au champagne, dont le bouchon fait un bruit d'explosion en jaillissant du goulot


Spock allait répondre qu'il n'y avait aucune chance pour que le bouchon ne se comporte ainsi, puisqu'il n'y avait pas de gaz dans le whisky, mais l'intervention de Christine le fit taire :


- Vous vous vouvoyez ? Est-ce une tradition vulcaines ?


- ...et bien, Balbutia Jim pris au dépourvu. Je l'ignore.


- Les parents de Spock se vouvoient. Remarqua Bones.


Jim ne s'était jamais posé la question. Les seuls moments où le 'vous' s'effaçait naturellement était lorsqu'ils se parlaient en vulcain et pendant de leurs étreintes


-... peut-être qu'en privé... Tenta-t-il pour tester le terrain


- Si tu le souhaites. Répondit Spock avec un naturel désarmant. Je n'y vois pas d'inconvénient.


Bones avait entrepris l'ouverture de la bouteille, et il y eut un joyeux pop lorsqu'il enleva le bouchon. Jim alla chercher les verres. Christine ne voulut pas d'alcool, ni Spock. Ils se levèrent pour aller s'asseoir autour de la table. Jim ouvrit les sachets qu'il avait ramenés, et qui contenaient leur souper : que des aliments frais, non produits par un réplicateur.


- Oh, des plomeek ! S'étonna Christine. C'est très difficile d'en trouver si loin de Vulcain !


- En effet, Répondit Spock, mais l'arrivée de tous ces diplomates a poussé Babel à s'approvisionner en toutes sortes d'aliments.


Il les découpa rapidement, les fit cuire dans le four ionique en quelques secondes, et en écrasa les morceaux avec soin. Il ajouta des aromates et enfin déposa le plat sur la table avec les autres aliments. Jim était très intrigué par cette soupe à l'odeur étrange. Il prit un petit bol et s'en servit une louche.


- Les humains n'aiment pas cette soupe, Jim. Le prévint Spock


- Je veux tout de même essayer. N'est-ce pas ton plat préféré ?


- Moi aussi ! Dit Christine


Ils en portèrent une cuillerée à leur bouche. Tous deux ne purent réprimer une grimace avant d'avaler. Cependant, têtu, Jim en prit une seconde cuillère, bon ou pas, il allait finir ce bol. Cette seconde bouchée ne fut pas aussi atroce que la première. La troisième fut presque bonne. Et à la quatrième, il ouvrait les yeux avec une certaine surprise...


- En fait, c'est très bon !


- Vraiment Jim ? S'étonna Christine. Le goût est vraiment très très étrange.


- C'est vrai, étrange, mais pas désagréable pour autant. Répondit Jim en dégustant une autre gorgée avec un réel plaisir. On s'y fait vite !


Bones voulut goûter à son tour, il devint rouge tomate et eut grand peine à ne pas cracher. Jim et Christine éclatèrent de rire, rapidement imités par Bones.


- ...et bien moi, je crois que je ne m'y ferai jamais !


Occupé à rire, Jim ne put percevoir la vive émotion qui jaillissait en Spock : sa propre mère n'avait jamais réussi à manger de cette soupe, en fait aucun humain à sa connaissance n'y était parvenu. Et Jim, lui, l'appréciait. Il n'y avait aucun mensonge dans son attitude. Il ne pouvait y avoir qu'une seule raison logique à cela et l'espoir d'un amour partagé s'emparait de son cœur. Il l'enferma soigneusement au même endroit où il avait mémorisé la belle voix de Jim disant Talunk nash-veh k'dular


ooo


- Ce Capitaine Kirk n'est pas un humain ordinaire. Avoua Sarek.


- Pourquoi croyez-vous que notre fils l'ai choisi ?


- Vous appréciez cet homme, ma femme. Constata-t-il.


- J'ai toujours eu beaucoup de goût ! Rit-elle.


K'waw'zhe t'ek'tra Makd'aë


[l'invitation de la reine Makd'aë]


Assis face à face, chacun à leur bureau, bien droits et professionnels, Jim et Spock conversaient au sujet de l'affectation que leur avait transmise Starfleet. Le commandant en second résumait les informations importantes à transmettre à son capitaine, concernant la destination de cette nouvelle mission :


- ...les habitants de la planète Mus'uo forment une société matrilinéaire où les enfants sont rattachés au groupe parental maternel, qui les élève, leur transmet le nom et l'héritage; Elle est aussi matrilocale car les femmes sont au centre de leur famille et ne la quittent pas pour rejoindre leur conjoint après une union. Enfin elles est avunculaire, la paternité des enfants étant exercée par leur oncle maternel, et non par le père biologique qui lui élèvera les enfants de sa ou ses sœurs. Ainsi les enfants restent au sein de la même famille lorsque leurs géniteurs se séparent...


-C'est la première fois que j'entends parler d'une telle organisation sociétale. S'exclama Jim. Iyula yhet-bosh sem-rik ! [une culture vraiment fascinante ! ]. Cela m'a tout l'air de ce qui se rapproche le plus d'une société idéale. Je dirai même que c'est presque trop beau...


- En effet, Jim. La planète a été peuplée par des migrants fuyant, je cite, les "sociétés patriarcales misogynes et rétrogrades". La population est le résultat de l'hybidation des nombreuses ethnies qui s'y sont implantées.


- Un monde uniquement composé de métis ? S'exclama Jim. Nam-tor nash-veh ac'ruth ta dang-st'ko-tor ish-veh t'du ! [Je suis sûr que cela doit t'intriguer !]


Il n'évoqua pas le métissage de Spock, mais celui-ci entendit très bien le sous-entendu.


- Nafai-tor nash-veh, Jim. Nam-tor nash-sutra sem-rik ! [Oui, je le le reconnais Jim, ce peuple est fascinant] Il serait intéressant d'étudier la façon avec laquelle ces immigrés ont pu élaborer une culture commune fédératrice, qui soit suffisamment acceptable afin que chacun de ses membres ne se sente pas brimé dans ses aspirations


- Si on a le temps, nous pourrions faire un petit séjour parmi la population locale. Proposa Jim. Cela fait un moment que l'équipage n'a pas eut droit à une permission. Et en ce qui concerne l'organisation politique ?


- Cette planète est gouvernée par le régime d'une monarchie constitutionnelle, sous la forme d'une démocratie participative, avec une reine, et un premier ministre. Celui-ci est élu par le peuple, et choisit les membres du gouvernement.


- Comment est cette reine ?


Spock leva les yeux sur Jim et ne montra pas la jalousie qui tentait de prendre possession de son esprit : Jim semblait toujours autant apprécier les femmes.


- Selon les critères humains, la reine Makd'aë est considérée comme très belle, elle serait surnommée la Reine aux milles amants...


- Et bien, voilà un programme intéressant. Ironisa Jim. En attendant, cela ne nous dit pas pourquoi cette reine a exigé que ce soit notre Enterprise qui ramène son ambassadrice sur Mus'uo, avec l'ambassadeur de la Fédération. Nous ne sommes pas des taxis que je sache. Trimbaler une centaine d'ambassadeur pour les emmener à une conférence inter-ethnique, je peux comprendre. Mais dérouter notre vaisseau de sa mission d'exploration uniquement pour raccompagner deux malheureux diplomates, je trouve cela un peu fort !


Spock remarqua et apprécia le peu d'intérêt que montrait Jim vis à vis de cette reine, comme si la seule "femme" de sa vie était son vaisseau.


- J'ai recoupé les informations. Elle serait intriguée et intéressée de voir le couple que nous formons.


- Ah ?... Veh lof yeht-boh heh lof nah-torik [une raison très légitime et très rationnelle]... ironisa Jim avec un certain dépits.


Spock ne put qu'approuver silencieusement. Ce caprice était en effet tout ce qu'il pouvait y avoir de plus irrationnel. Jim se leva et étira lentement les bras au dessus de la tête, mettant sans s'en rendre compte sa silhouette athlétique en valeur. La journée avait été longue. Ils avaient eu l'ambassadrice Yua'na collée à eux toute la journée.


- Je vais d'abord prendre ma douche. Je crois qu'ensuite une petite séance de méditation me fera le plus grand bien, histoire de me remettre en forme, et après... et bien nous verrons bien... Ajouta Jim avec malice, et bien déterminé à faire perdre à Spock cet air si sérieux grâce à ses attentions câlines...


Spock se contenta de hocher la tête d'approbation. Ce programme lui convenait parfaitement.


ooo


La pratique de la téléportation était interdite sur Mus'uo. Aussi, ce fut un petit vaisseau qui vint s'amarrer à l'Enterprise pour venir chercher les ambassadeurs. La première ministre en débarqua et Jim la reçut, tout sourire, comme il le faisait toujours.


- Madame la ministre Lian'aë, c'est un honneur que de vous accueillir à bord de notre belle Enterprise. Permettez-moi de vous présenter le Commandant Spock, ainsi que notre médecin-chef Leonard McCoy


- Messieurs, c'est un plaisir de faire votre connaissance! S'exclama Lian'aë. Ma Reine m'a priée de vous convier tous les trois à un souper, ce soir, ainsi que votre fiancée, monsieur le docteur McCoy. C'est un grand honneur que vous accorde notre Souveraine.


- Ce sera pour nous un grand privilège que de rencontrer votre suzeraine. Répondit Jim


Spock avait raison, cette reine s'intéressait à leur couple. Un vague pressentiment s'empara de l'esprit de Jim. Il échangea un regard avec son vulcain.


ooo


La salle qui les accueillait était magnifique, parées aux couleurs de la Fédération des Planètes Unies. Un buffet apéritif avait été dressé avec les mets les plus raffinés de l'univers. Spock remarqua même des plats typiquement vulcains. Ils étaient venus en petit comité, l'invitation avait été entendue à Scotty, Miss Uhura, Sulu et Tchekov. Ils retrouvèrent Grants, l'ambassadeur de la fédération, la diplomate Yua'na ainsi que la première ministre Lian'aë qui entama un discours d'une voix solennelle:


- C'est un grand honneur que de recevoir sur notre belle planète des invités aussi prestigieux...


Jim se tenait debout, juste à coté de Spock. Tous deux avaient leur mains derrière le dos.


...


- Depuis quand sommes-nous devenus des "invités prestigieux"? pensa-t-il


Son cœur bondit de satisfaction quand la voix de Spock répondit dans son esprit :


- Ri fai-tor nash-veh, Jim [je ne sais pas]


- Ça y est, la connexion mentale fonctionne enfin ? Comment est-ce possible ?


- Nam-tor du hishel. Vesht-qlit'woi vitorau sih-veh tersaya... [Tu es stressé. Cela a dû activer la connexion]


- Ri nam-tor nash-veh hishel. [Je ne suis pas stressé]


- ...heh ham-tor ish-veh tor-yehat, fayei estul kar-neflar t'elek abru'tik [et elle est possible, car nos coudes se touchent]


- Ça va être vraiment pratique pour nous échanger des informations en toute discrétion !


...


Ils étaient restés immobiles et impassibles. A part un demi sourire de Jim satisfait, qui pouvait passer pour une réaction au compliment reçu. Leur échange n'avait duré qu'une fraction de seconde, nul ne l'avait remarqué. L'ambassadrice Lian'aë poursuivait avec emphase :


-... l'équipage de votre belle Enterprise représente tout ce pour quoi notre peuple s'est toujours battu : une société multi-ethnique métissée et équitable où chacun peut trouver sa place et s'épanouir sans avoir à renier ses origines. Ces nobles valeurs sont magnifiquement représentées par le couple qui constitue l'équipe de commandement, j'ai nommé monsieur et monsieur Kirk-S'Chn T'Gai-Xtmprszntwlfd, qui...


Les deux époux s'inclinèrent légèrement pour acquiescer le compliment


...


- Elle est presque parvenue à prononcer correctement ton nom de famille en entier ! Pensa Jim avec ironie


-Ah. Sem-Rik. [Oui. Fascinant]


- J'apprécierai juste que l'on laisse notre couple un peu tranquille. Nous ne sommes quand même pas l'attraction du siècle !


- Je l'apprécierai, moi aussi. Répondit Spock. Je ne comprends la raison cette évocation de notre mariage.


- Moi non plus. Nous ne sommes pourtant pas les seuls au monde à être mariés !


- Fan-vel... Kupi-ki nam-tor danaya t'olozhikaik ta Nam-tor etek natya-ne-koshtri [Quoique... une explication logique pourrait être que nous sommes d'ethnies différentes] Supposa Spock.


- Isha Omekhu t'du [Tes Parents aussi]...


...


- ... mais cessons là les longs discours. Car voici que se présente à nous, notre bien aimée Reine, son Altesse Sérénissime Makd'aë De Mus'uo.


La Reine fit une entrée majestueuse. Elle était, comme l'avait prédit Spock, une magnifique jeune femme. Un visage ovale, de grands yeux verts soulignés de kohl, de longs cheveux noirs, des lèvres pulpeuses rehaussées de rouge, un expression légèrement hautaine, elle était vêtue de soies pourpres et d'or, sa robe suivait les courbes suaves de son corps.


La petite assemblée se courba en un salut respectueux. Elle se dirigea d'un pas gracieux vers Jim, à qui elle tendit ses jolis doigts bagués de pierres précieuses. Jim comprit ce qu'elle voulait, et en gentleman bien élevé, il saisit délicatement cette main et se pencha pour lui faire un baise-main. Bien que dubitatif face à cet étrange comportement, Spock se retint de hausser son sourcil, il savait que Jim avait un instinct sûr dans le domaines des relations humaines. Surtout avec les femmes. Il fit taire impitoyablement la jalousie qui recommençait à le titiller.


- Bien cher Capitaine Kirk-S'Chn T'Gai ! Minauda-t-elle. Yua'na m'avait vanté votre charme, mais cela va bien au-de là de ce qu'elle m'avait dit !


Bien que pris au dépourvu par un tel compliment si inattendu, Jim se fendit cependant de son plus beau sourire :


- Votre majesté m'honore ! Sa beauté n'a pas d'égal dans l'univers.


Elle eut un joli rire satisfait et frappa dans ses mains :


- Mangeons !


ooo


Jim fut installé à la droite de la Reine et Spock à cotés de lui. D'instinct, ils recherchèrent le contact en rapprochant leurs genoux l'un de l'autre de façon à ce qu'ils se touchent. Habitué aux mondanités, Jim fut charmant, comme à son ordinaire. Mais il ne pouvait se retenir de ressentir un certain malaise:


...


- Ken-tor nash-veh fam [je ne comprends pas] Demanda Jim en pensée. Than etek la ra ? [Que faisons-nous ici ?]


- Ri fai-tor nash-veh [je ne sais pas] Je ne dispose pas d'assez d'éléments pour le déduire.


...


L'ambassadeur Grants tenta bien d'attirer l'attention de la reine, par quelques compliments habiles sur sa beauté, et son intelligence, mais elle n'avait d'yeux que pour Jim.


...


- Elle t'ignore complètement. Se hérissa Jim. Sanu-tor nash-vah ring ! [Cela ne me plait pas du tout]


- Ri tun-tor nash-veh. [Je ne suis pas intéressé]. De toute façon, tu es beaucoup plus efficace que moi dans les relations avec les femmes


-... Kunling nash-veh ! [j'en ai de la chance !] Ironisa Jim


...


Elle s'était rapprochée de lui et avait posé sa main sur sur son avant-bras. Elle lui faisait raconter le déroulement des incidents qui avaient eu lieux lors de leur mission à Babel, et ne cessait de s'extasier sur le courage et l'abnégation du "beau-capitaine"...


...


- Cette femelle te courtise de façon éhontée, Jim! Gronda l'esprit de Spock.


- Il n'y a pas de mot en vulcain pour dire draguer ?


- Jim !


- Aitlu ko-veh mavau goh k'ish-veh [elle veut juste jouer avec moi]...


- Terpayek-tor ko-veh t'du nu'mau! [Elle te colle beaucoup trop !]


- Nam-tor du kis-kah ha ? [Tu es jaloux ?] S'étonna Jim


- Cette attitude n'est pas digne de la distinction que doit arborer une reine. Pensa Spock pour ne pas répondre à la question


...


Jim adressa un sourire à Makd'aë qui lui narrait à présent les beautés de sa planète. Elle maîtrisait vraiment l'art de la parole et de la conversation, et cela aurait pu être agréable si Jim n'avait pas eu l'esprit ailleurs. Il ne parlait quasiment plus, se contentant d'acquiescer et de poser parfois une question juste au bon moment pour qu'elle se relance dans son monologue.


...


- Je ne l'intéresse pas vraiment, je ne suis qu'un Capitaine. Je suis sûr qu'elle doit croire qu'elle peut me faire tourner la tête.


- Nam-tor ko-veh e'tum [Elle est très belle].


- Oui, sans doute. Mais ce n'est pas suffisant pour me plaire.


...


Le souper s'acheva enfin. Jim avait parfaitement perçut la jalousie de Spock s'amplifier au cours du repas, même si celui-ci avait tenté de la lui cacher. Loin de lui déplaire, celle-ci lui avait chauffé les sangs. Il n'avait à présent qu'une envie, retourner dans leurs quartiers, plaquer Spock face contre un mur et...


- Mon Cher Jim, vous permettez que je vous appelle ainsi ?


- Je vous en prie, majesté.


- Et si nous allions poursuivre cette passionnante conversation dans mes appartements?


Jim eut un petit temps d'arrêt. Makd'aë la reine aux milles amants...


Il n'avait pas la moindre envie de jouer le rôle du mille-unième. La tension en Spock, que Jim interpréta cette fois-ci comme de la colère, avait grimpé d'un cran, faisant battre durement le cœur de Jim dans sa poitrine. Mais rien ne filtra sur le visage du vulcain, son sang-froid était irréprochable, comme toujours. Cela excita davantage Jim dans son envie de faire subir les derniers outrages à sa victime consentante et de briser de ses mains habilles cet impeccable contrôle, comme il savait si bien le faire. Il sourit à la Reine sans lui cacher son embarras :


- Vous me faites là un très grand honneur, votre altesse. Mais mon devoir m'appelle sur mon vaisseau. Je suis au regret de ne pouvoir accepter votre charmante invitation.


Le visage de Makd'aë fut brièvement déformé par la colère, puis elle se retira sans un mot.


- Vous n'auriez pas dû refuser l'invitation de la Reine. Lui reprocha aussitôt l'ambassadeur Grant. Cela risque de poser problème pour nos négociations et quand on connait le nombre de vos conquêtes féminines...


- Je vous signale que je ne suis ni un jouet, ni un gigolo! Répliqua sèchement Jim. Il est plus que temps pour nous de retourner sur l'Enterprise. Nous partons sur le champ.


- Je ne pense pas, Capitaine. Répliqua la première ministre. Vous avez manqué de respect à notre Reine en refusant son aimable invitation, Vous êtes consigné ici jusqu'à nouvel ordre !


- C'est une plaisanterie ? S'indigna Jim.


- Les désirs de notre Reine sont des ordres. Répliqua-t-elle avant de sortir.


Jim voulut la suivre, mais fut repoussé à la porte par des gardes aux physiques impressionnants.


- Scotty, contactez l'Enterprise! Ordonna Jim. Que l'on nous téléporte immédiatement à bord. Je refuse que nous soyons les jouets d'un caprice de cette reine


- Je n'ai plus mon communicateur, Capitaine. Répondit Scotty tout penaud. Il me l'ont pris à notre arrivée ici.


Ils n'avaient pas d'armes non plus, pourquoi en auraient-ils prise une ? Jim et ses compagnons d'infortune tournèrent en rond comme des lions en cage, sauf Spock, imperturbable, qui essayait de trouver une solution rationnelle à cette situation illogique. Ils tentèrent de forcer chacune des portes, de briser les vitres des fenêtres, en vain. Et l'ambassadeur Grant revenait régulièrement à la charge :


- Nous DEVONS absolument conclure un accord avec cette planète qui regorge de dilithium. Vous savez combien de minerai est indispensable aux voyages par distorsion ? Vous pouvez bien faire un effort. Qu'est-ce qu'une petite nuit ?


Il fallut à Jim tout son sang froid pour ne pas mettre son poing dans la figure de Grants


- Cessez vos insinuation, Ambassadeur. Finit par ordonner Spock de sa voix glacée et sans appel, sentant Jim à deux doigts d'exploser. Vos propos sont inappropriés.


ooo


Une heure s'écoula, des gardes revinrent les chercher.


- Suivez-nous ! Ordonnèrent-ils


Ils obéirent sans broncher, mais dès qu'ils furent à l'extérieur, Jim, Spock, Scotty, Sulu et Tchekov se jetèrent sur les gardes. Le combat fut violent et rapide. Les cinq hommes étaient des combattants habiles et puissants, ils parvinrent à mettre à terre un certain nombre de soldats, mais ne firent pas le poids face au nombre. Ils cessèrent tout combat quand des gardes posèrent leur armes sur le front de Bones et des deux femmes. Vaincus, ils les suivirent donc jusqu'au bâtiment où on les fit entrer. La porte se referma derrière eux, le loquet de la serrure retentit sinistrement.


Tétanisées d'effroi, Christine et Uhura se laissèrent tomber sur le sol en pleurant, serrées l'une contre l'autre. Bones resta près d'elles, pour tenter de les rassurer. Le premier réflexe des captifs fut d'inspecter les lieux de fond en comble. Ils étaient enfermés dans une vaste salle, avec de grandes fenêtres. Il y avait huit matelas sur le sol, chacun avec une couverture et une tenue de rechange à leur taille. Ils trouvèrent une petite salle d'eau avec juste le nécessaire pour entretenir son hygiène, et des toilettes. Jim et Spock vérifièrent la solidité des fenêtres. Il n'y avait aucune issue possible. Sulu remarqua des graffitis dans la salle de bain :


- Ce n'est pas la première fois que des personnes sont enfermées ici. Il y a des graffitis insultants au sujet de la reine.


- Mais qu'est-ce qu'elle attend de nous ? Demanda Scotty.


- Elle m'a fait des avances.


- Et vous les avez refusées ? S'étonna Scotty. Un si beau brin de femme...


- SCOTTY ! S'indigna Uhura en se levant, oubliant sa peur, et se précipitant vers lui, furieuse. Si elle avait été un roi et qu'il m'avait fait cette proposition ? Vous en parleriez avec autant de légèreté ?


Scotty devint rouge tomate : Uhura était impressionnante, et si jolie, dans son indignation !


- Puisque vous la trouvez si irrésistible, je vous cède volontiers ma place dans son lit. Ajouta froidement Jim


- Le harcèlement sexuel est puni par les lois de la fédération. Intervint Spock gravement. Je ne comprends pas, le gouvernement de Mus'uo a pourtant ratifié ces lois.


- Oui, et bien apparemment pas cette reine. Ronchonna Bones. C'est inadmissible, bon sang ! A notre époque!


Scotty prit enfin conscience de la bêtise de ses propos :


- Excusez-moi Jim, je n'aurai jamais dû...


- Ça va Scotty. Cela ne change de toute façon rien à cette situation. Tien, où est Grants ? J'ai failli l'oublier, celui-là.


- Les gardes l'ont emmené ailleurs pendant que nous nous battions contre eux. Expliqua Spock. Probablement parce qu'il ne fait pas partie de l'équipage de l'Enterprise.


- Dites, Spock, elle va bien finir par se lasser, ne croyez-vous pas ?


- Je n'ai aucun élément tangible pour pouvoir vous donner de réponse, Christine.


ooo


La porte s'ouvrit bruyamment sur la première ministre, encadrée de gardes armés jusqu'au dents :


- Alors, Capitaine, avez-vous changer d'avis ?


Ce fut Scotty qui répondit :


- Dites à votre reine de se trouver quelqu'un d'autre !


- Capitaine Kirk ! C'est à vous que j'ai posé la question.


- Ma réponse n'a pas changé. Cette situation est ridicule.


- En effet. Répliqua froidement Lian'aë. Nous verrons bien si vous pensez toujours ainsi dans une semaine, Capitaine.


- Comment? Non! Attendez! S'exclama Jim. Laissez au moins partir...


Mais la porte lui fut claquée au nez.


- ... une semaines... répéta Bones d'une voix blanche.


Na'shte'es


[captivité]



Alors que ses compagnons de captivité restaient figés, aux prises avec un profond état de sidération, Jim posa sa main sur l'épaule de Spock, et pensa :


- Vesht dungi ki nar-tor nash-veh k'waw'zhe t'ek'tra ha ? [Aurais-je dû accepter l'invitation de cette reine ?]


- Jim. Rai! Worla ! [Jim ! Non! Jamais !]


- Shital wafu t'nash-veh etek svi'tehvar [Mon refus nous a mis en danger]


Spock ressentit la vive culpabilité qui s'emparait de Jim. Il vivait en permanence avec cette blessure toujours à vif depuis son Pon Farr. Il parvenait tant bien que mal à ne pas se laisser dévorer par elle, se noyant dans son amour pour Jim, et dans le réconfort de cette indéfectible amitié que Jim lui portait. Il savait à quel point ce sentiment négatif pouvait être destructeur, et encore plus pour un humain, et encore plus pour un homme comme Jim possédant un tel sens du devoir.


-Rai, Jim. Ri Nam-to du thrap fan-vel ! [Non, Jim, Tu n'es coupable de rien !] Tu n'as pas à céder au harcèlement de cette femelle. Tout le monde sait l'importance que tu accordes à la sécurité de tes hommes. Elle se venge de ton refus en nous utilisant pour te faire céder par culpabilité. De plus, rien ne dit qu'elle ne nous laissera pas partir une fois cette semaine écoulée.


- Aitlu nash-veh ni ta nam-tor du yeht ! [J'aimerai tant que tu aies raison]


Bones s'était repris. Il observa ses amis avec fascination. Ils se tenaient face à face, les yeux dans les yeux, le regard intense. Il devina que les deux hommes se transmettait quelque chose via leur bon sang de radar. En étaient-ils au point de se transmettre leurs pensées ? Leurs visages restaient impassibles, cependant, à la façon dont la main de Jim empoignait l'épaule de Spock, oui, ils devaient en train de parler de cette situation.


ooo


Lentement, les captifs sortirent de leur état de sidération, reprenaient conscience de leur environnement. La nuit était venue. Chacun s'installa sur un matelas, en silence se blottissant sous la couverture. Bones et Christine rapprochèrent les leurs pour pouvoir se serrer l'un contre l'autre, et se murmurer discrètement des mots de réconfort.


La pudeur retint Jim et Spock de faire de même. Ils avaient acquis le réflexe de n'avoir en public que des comportements strictement professionnels et ils continuaient à se comporter comme Capitaine et Commandant. En temps normal, cette conduite leur convenait parfaitement à tous les deux. L'un comme pour l'autre estimaient que leur vie privée ne devait avoir aucune incidence sur leur travail.


Mais Jim sentit rapidement de malaise physique de Spock même si celui-ci essayait de le lui cacher. Quand il le vit frissonner de froid, Jim se mit à réfléchit rapidement. Cette situation était tout à fait hors norme, il n'y avait par conséquent aucun mal à agir différemment, et cela, même s'ils n'étaient dans un espace privé. Surtout, Spock avait besoin de son aide pour maintenir son corps à une bonne température, son ami avait besoin de lui. Il pouvait bien surmonter sa pudeur. Il jeta sa vergogne et ses principes par-dessus son épaule. Il posa sa couverture sur celle de Spock et vint se glisser tout contre lui, face à lui. Spock sortit son visage de la couverture, leur nez se frôlèrent.


...


- Jim ? Pensa Spock. Than du ra ? [Que fais-tu ?]


- Nous sommes dans une situation où je vais avoir besoin que tu sois au top de ta vulcanité. Répondit Jim. Hors, un vulcain frigorifié ne me sera d'aucune utilité. Nous allons tous avoir besoin de cette capacité que tu as à garder la tête froide en toute situation. De plus, Ajouta Jim dans un soupir. Ri than etek fan-vel rasahkos [nous ne faisons rien d'indécent]... hélas. Je vais me tourner et tu vas te mettre contre mon dos, et c'est un ordre ! Tu sais comme moi que c'est par le ventre que l'on se réchauffe...


...


Jim se tut. Ils changèrent de position. Jim réajusta les couverture, et sa douce chaleur corporelle réchauffa le buste de Spock, se répandit le long de ses membres, jusqu'à gonfler son cœur. La prévenance de Jim à son égard emplissait toujours son âme de reconnaissance. Jim sentit avec satisfaction les muscles Spock arrêter de trembler puis se dénouer. Mais lui n'arrivait pas à se détendre et ses pensées s'agitaient dans tous les sens


...


- Jim, pehka'uh nah-tor vah-mau, nam-tor ish-veh is'fam [Cesse de ruminer autant! c'est inutile]


- Ni'droi'ik nar-tor [excuse-moi] , j'imagine à quel point cela doit t'étourdir. Mon esprit n'est pas aussi discipliné que le tien. Je vais essayer un peu de méditation, pour me calmer.


- Nam-tor ish-veh marom'es nahp [c'est une très bonne idée] Ensuite, je te guiderai pour que tu élabores des barrières mentales efficaces même lors de ton sommeil. Celles que tu as conçues autour de tes émotions et images mentales ne sont pas efficaces contre les pensées verbalisées.


- Et bien, nous voilà une nouvelle activité nocturne toute trouvée... de toute façon, il y a peu de chance pour que je m'endorme cette nuit.


- Nam-tor fam-yuk klau-bosh [Le manque de sommeil est nocif.]


- L'insomnie ne se contrôle pas, Spock


...


Le petit garçon était désespérément seul dans les ténèbres, mais il ne pleurait pas, parce qu'un homme, un vrai, ça ne pleure pas, jamais. Il avait si froid. Il leva les yeux. Un ciel d'étoiles apparut, beau et terrifiant, désespérément vide. Il regarda autour de lui, un désert se dessina, immense, sur lequel la lumière diaphane de la lune dessinait des ombre glacée. Il vit au loin une forme qui l'intrigua et courut vers elle.


Le petit vulcain était désespérément seul, mais il ne pleurait pas, parce qu'un vulcain, un vrai, ça ne doit en aucun cas montrer ses émotions, jamais. Tout n'était que ténèbres profondes autour de lui. Bien que blotti entre les pattes de son sehlat, il tremblait froid. Il entendit des bruits de pas et leva la tête. Le désert s'étira autour de lui, sinistrement, à perte de vue, éclairé par la lueur de la lune. Une silhouette au loin s'approchait de lui.


Leurs yeux se croisèrent. L'humain avait froid aussi, il aurait été illogique de ne pas partager la chaleur de I-Chaya. Le petit vulcain lui fit signe de venir s'allonger à coté de lui. Le petit humain vint se réfugier contre lui, et prit la parole. Il ne parla pas vulcain, pourtant l'autre enfant le comprit :


- Mon nom est Jim. Amis ? [Nam-tor ahm Jim t'nash-veh, t'hy'la ha ?]


- Nam-tor ahm Spock t'nash-veh. Ha, T'hy'la. [Mon nom est Spock. Oui, amis.]


Les deux enfants s'endormirent main dans la main, blottis l'un contre l'autre, rassurés, tout contre la fourrure d'I-Chaya qui s'enroula tendrement autour d'eux. Ils n'étaient plus seuls dans la nuit...


...


Jim et Spock se réveillèrent au petit matin, étroitement blottis l'un contre, les membres entremêlés, dans une douce chaleur, avec une sensation d'être à l'abri de tous les malheurs du monde, comme protégés par cette douceur. Aucun d'eux ne se souvenait de ce rêve, mis à part un étrange sentiment de bien-être.


ooo


A six heures du matin, une trappe s'ouvrit dans l'un des murs. Encastrée dans ce passage, un grand coffre jaillit. Jim et Spock ordonnèrent d'un geste aux autres de ne pas bouger. Ils inspectèrent l'objet, trouvèrent le moyen de l'ouvrir, pour y trouver à l'intérieur un petit déjeuner. Il n'y avait pas de table, aussi ils s'assirent en rond sur le sol. La nourriture fut équitablement répartie afin que chacun mange à sa faim.


- J'ai comme l'intuition que nous ne verrons pas nos geôliers.


- J'avais fait la même déduction que vous, Jim. Approuva Spock.


- Combien de temps pensez-vous que allons-nous devoir rester encore ici ? Demanda Christine avec appréhension


- La ministre Lian'aë a évoqué une période de captivité d'une semaine. Dit Spock


Elle faillit s'étrangler avec son café, elle eut une quinte de toux. Bones entoura son épaule avec son bras.


- ... une... semaine ? Hoqueta-t-elle


- Mais il va bien y avoir quelqu'un pour signaler notre disparition ? demanda Bones en mettant sa main dans celle de Christine pour la réconforter


- J'en doute, docteur. Répondit Spock. Les enjeux sont trop importants. L'ambassadeur ne préviendra pas la fédération, il a déjà dû transmettre un mensonge à l'Enterprise pour justifier notre absence. De plus, il nous sera inutile de déposer une plainte pour cet enlèvement. Quoiqu'il nous arrive, celle-ci sera classée sans suite, les enjeux sont trop importants par rapport à nos vies.


- A cause de ces bons sangs de réserves de dilithium dont la fédération a besoin! Qu'importent nos vie, c'est ça, Spock ?


- Hélas, docteur, votre raisonnement est juste.


- Nous sommes abandonnés... Gémit Christine en se blottissant tout contre Bones qui l'enlaça de ses bras.


Spock perçut à nouveau la culpabilité agiter l'esprit de Jim, avant que celui-ci ne parvienne à la faire taire.


Le repas s'acheva et la vaisselle fut remise dans le coffre qui retourna dans le mur.


ooo


L'inactivité ne tarda pas à les oppresser. A part Scotty qui marchait de long en large, tous s'étaient regroupés et assis sur le sol, totalement déphasé. Seul Jim était en proie à une violente agitation mentale, retournant encore en encore cette situation dans sa tête, luttant contre sa culpabilité, cherchant vainement une solution.


- Je vais crever d'ennui à tourner en rond ! Gronda Scotty qui faisait les cents pas.


- Essayez de vous calmer, Scotty. Protesta Uhura. Vous me donnez le vertige, et vous mettez tout le monde sur les nerfs.


- La situation dans laquelle nous nous trouvons est hautement anxiogène pour les humains. Dit Spock calmement...


- Ça nous l'avions remarqué, merci Spock. Grogna Bones, dans une tentative de sarcasme.


- ...cette situation risque de laisser des séquelles physique et psychologiques, Poursuivit Spock imperturbable. Et ce, même si nos ravisseurs ne se montrent pas agressifs envers nous. Il serait souhaitable que nous trouvions des activités mutuellement profitables, afin d'éviter le surgissement de ruminations mentales nocives ou de comportements obsessionnels, voire l'apparition d'un état dépressif, comme les humains ont tendance à le faire lors d'une situation hautement stressante comme celle-ci.


- Et que proposez-vous ? Demanda Jim, fortifié dans son courage par le fait que Spock prenne les choses en main avec sa rationalité habituelle.


Qu'importait la tempête, ce vulcain restait toujours inébranlable, il était un roc, son roc, sur lequel il pouvait s'appuyer.


- Il faut commencer par une activité qui aide à diminuer et canaliser l'anxiété en permettant d'obtenir un minimum d'équilibre et de sérénité mentale. Expliqua Spock. La tension nerveuse actuelle est extrêmement nocive pour la physiologie humaine...


- Ça, Spock, votre méthode de méditation peut le faire ! S'exclama Jim, qui avait enfin l'impression d'agir... hum... de faire quelque chose d'utile pour le groupe.


- De la... méditation, Kаp'taiи ? S'exclama Tchekov. C'est un truc pour les vulcains, ça


- N'en croyez rien. Je la pratique depuis un moment. Croyez-moi, si ça marche avec moi, ça peut marcher pour tout le monde.


- Je le confirme. Intervint Bones, qui, à nouveau, ne parvint pas à prendre le ton railleur qu'il avait voulu employer.


- ...une activité sportive que l'on peut faire en salle. Poursuivit Spock


- Pourquoi pas de l'Aïkido ? Proposa Sulu. Je le pratique depuis l'enfance. Je peux vous en enseigner les bases, les mouvements les plus simples.


- Cette activité sportive sera parfaitement adaptée à notre situation, monsieur Sulu. Approuva Spock. Elle requiert concentration et activité physique. Enfin, il nous faut nous adonner à des activités intellectuelles ou de loisir.


- Cela va être plus difficile à trouver. Intervint Bones, qui, cette fois-ci, ne tenta plus de faire de l'ironie.


- Par contre, on peut parler. Proposa Christine


- Et de quoi donc ? Demanda Tchekov


- De plein de choses, de choses positives, de ce qu'on aime, des livres qu'on a lu, des projets scientifiques, de notre travail. Je suis sûre que monsieur Scotty a mille anecdotes à nous raconter sur notre vaisseau.


- Ça pour sûr, oui ! Répondit Scotty tout ragaillardi, il était capable de parler de sa belle dame pendant des heures


- Mus'uo, une planète si accueillante... ironisa Bones


- Ça suffit, Bones. Grommela Jim


ooo


Ils commencèrent immédiatement par une séance de méditation. Au début, ils restèrent sur le qui-vive, mais Spock les rassura en leur disant qu'il garderait les yeux ouvert tout le long de l'exercice. Bien que sceptique, Scotty et Tchekov acceptèrent de se prêter au jeu. Il se dégagea de Spock et Jim une telle force tranquille, lors de cet exercice, un tel calme, que celui-ci rejaillit sur les autres membres du groupe. Tous ressentirent avec soulagement une nette diminution de leur état de tensions.


L'apprentissage de l'Aïkido se révéla presque amusant, compte tenu de la situation. La souplesse n'était pas au rendez-vous pour tous, et cela aurait pu être très amusant, mais les rires restaient coincés au fond des gorges. Sulu révéla cependant un solide sens de l'humour.


ooo


Le dîner leur fut servi, toujours par l'intermédiaire du coffre dans le mur. Ils sortirent les aliments du coffre. Jim perçut la réaction de dégoût de Spock. Il vérifia dans chaque plat et ne parvint pas à retenir sa colère :


- Mais il n'y a rien de comestible pour Spock ! S'indigna-t-il. Il l'ont fait exprès ! Ils ont mis du jus de viande dans tous les légumes !


Il repoussa son assiette, se retenant de la jeter contre le mur. Il fit un effort pour se calmer. Il allait falloir qu'il apprendre à être moins sur les nerfs, et surtout à se contenir mieux que cela. Il ne pouvait pas se permettre d'avoir ce genre comportement. Ses hommes avaient besoin d'un capitaine qui sache conserver son sang froid. Il regarda Spock, si impassible. Il respira profondément, calquant son attitude sur la sienne et déclara calmement:


- Partagez ma part entre vous, si Spock ne mange pas, moi non plus.


- Vous devez vous sustenter Capitaine. Raisonna Spock


- Je n'ai pas envie de manger ça.


-Un vulcain peut rester plusieurs jours sans manger, pas un humain.


- Oh que si, Spock. Un humain peut rester plusieurs jours sans manger. La preuve, je n'en suis pas mort.


Cet aveu intrigua ses compagnons, mais Jim prit son air butté et nul n'osa lui poser de question. Seul Spock fit le rapprochement. Il avait lu tous les dossiers concernant le passé Jim, il avait même réussi à se procurer ceux qui étaient classés secret-défense. Il savait qu'il était l'un des rares survivants de la terrible famine qui avait sévi sur Tarsus IV, sous le règne de l'empereur Kodos, responsable de la mort de 4000 colons. Il n'insista pas.


- Et bien moi non plus ! Je ne mangerai pas ça ! Déclara Christine


- Les Russes ont le sens de la solidarité. Renchérit Tchékov avec un bel orgueil. Si Monsieur Spock ne peut pas manger, moi non plus, je ne mangerai pas !


Les membres du groupe échangèrent un regard, et reposèrent leur assiette dans le container. Nul ne mangea, et chacun en éprouva un sentiment de fierté. Malgré la dramatique situation dans laquelle ils se trouvaient, Spock découvrit ce doux plaisir que pouvait provoquer cette (illogique) marque de solidarité humaine.


Curieusement, le souper fut conforme aux besoins de chacun...


Karik'es t'puterish-tor'es


[La force de la Solidarité]



Fin du premier jour de captivité


ooo


Le soir était tombé, et leurs geôliers avaient coupé la lumière. Mais comme il n'y avait ni volets ni rideaux aux fenêtre, il ne faisait pas totalement noir. Chacun son tour, ils avaient fait leur toilette, avant de se coucher sur les matelas.


Jim posa la main sur l'avant bras de Spock :


- Sarlah'hu. Ti du be'nash-veh! [Viens, allonge toi contre moi !] Ordonna-t-il en pensée sur un ton qui ne permettait pas de refus.


Spock regarda Christine qui se blottissait dans les bras de Bones, ils avaient mis leurs matelas l'un sur l'autre pour plus de confort. Jim se coucha et lui fit signe de le rejoindre d'un geste autoritaire. Spock obtempéra, il ne sentait pas la force de lutter contre la volonté de Jim, et il devait bien se l'avouer, il ressentait le besoin profond d'un contact physique avec lui, même chaste.


- Vesht-nam-tor nash-khi-gad-yem nisan [Ce repas était un test] Pensa Spock à Jim en s'allongeant contre son dos


- Ha. Naval etek t'ish-veh [Oui. Et nous l'avons réussi]


Comme la veille, ils restèrent donc l'un tout contre l'autre sous la couverture. Jim avait donné sa version officielle de ce comportement au cours du souper : prémunir Spock contre une hypothermie, les vulcains ayant besoin d'une température plus élevée pour dormir correctement. Bones avait corroboré ces propos en confirmant que la température sur Vulcain était beaucoup plus élevée que sur Terre. Spock n'avait rien dit, vaguement mal à l'aise d'être l'objet de cette conversation.


Leurs compagnons de captivité avaient fait mine de croire que telle était l'unique raison : ils savaient que ces deux officiers avaient une telle fierté et une telle pudeur. Cependant, à leur yeux, le seul fait que ces deux hommes soient marié étaient déjà une raison valable et suffisante à elle-même pour partager un même lit.


Comme la veille, Jim maîtrisait difficilement ses pensées. Il avait bien essayé de dormir, en vain. Il se sentait peu à peu aux prises avec des sentiments violents: colère, indignation, culpabilité, impuissance. Il avait réussi à les cacher et à les dominer pendant cette journée, afin de ne pas perturber ses hommes. Mais il commençait à se sentir débordé. Jim était de nature optimiste. Il n'avait pas l'habitude de ressentir autant d'émotions aussi négatives en même temps.


De plus, sa frustration était si grande! Il avait envie, non, il avait besoin d'étreindre Spock, de s'immerger en lui, de s'oublier ! Des souvenirs de leurs embrasements lui revenaient en mémoire, et exacerbaient son... état de manque. Était-il donc drogué ?


Spock resserra la pression de son bras autour de sa taille. Jim sentit que Spock ressentait la même chose que lui, son désir, son besoin répondait au sien en tout points. Cela lui fit ressentir un mélange de soulagement et de frustration.


Mais il était hors de question qu'il se passe quoi que ce soit, pas même un baiser, qui n'aurait eu pour seul résultat que d'exacerber leur sensation de privation.


- Isha nash-veh [moi aussi] pensa Spock, qui posa ses doigts sur ceux de Jim. Ozh'esta ha ? [un baiser vulcain?]


Bien à l'abri sous la couverture, ce simple contact entre les pulpes de leur index et de leur majeurs les détendit aussitôt. Jim n'avait jamais partagé de baiser à la fois aussi pudique et aussi tendre. Une douce chaleur envahit leur esprits. Cela ne valait pas une étreinte, mais cette tendresse était infiniment apaisante. Ils s'embrassèrent longuement de cette façon, et finirent par s'endormir, enfin.


oooo


Second jour de captivité


ooo


Les couverts du dîner avaient été rangés dans le container. Les captifs avaient engagé une discussion sur le thème des légendes de leur pays, Jim ne se souvenait plus comment celle-ci avait démarré.


Tandis que Scotty parlait d'un monstre préhistorique au fond d'un lac, il sentait son esprit dériver, encore. D'ordinaire, Jim était capable de prendre part à n'importe quelle discussion, mais pas aujourd'hui. Cette captivité le rendait fou. Il voulait sortir ses hommes de ce piège. Agir. Faire quelque chose. Jim avait toujours été un homme d'action, et cette impuissance le rendait fou.


Et surtout, il ressentait cette culpabilité, mordante. La question tournait dans sa tête, se tordait dans tous les sens. Aurait-il dû céder ? Épargner à ses hommes ce calvaire. Après tout ce n'était qu'une nuit dans les draps de... Une frisson de répulsion se propagea sur sa peau. Heureusement qu'il n'était pas en contact physique avec Spock, pour le coup, avec toutes ces ruminations stériles, il l'aurait rendu chèvre. Il sourit presque en songeant à ce que son vulcain pourrait dire de cette expression. Il croisa ses yeux posés sur lui, interrogatifs. Oui, bien sûr, Spock avait perçut son tourment. Mais son vulcain était si maître de lui-même. Il était sa force.


Spock avait senti la tension monter en implacablement Jim. Son premier mouvement fut de vouloir le toucher pour entrer mentalement en contact avec lui. Mais il ne pouvait agir de cette façon sans l'autorisation Jim. Bien cachée derrière ses barrières mentales, inaccessible à Jim, l'inquiétude le rongeait. Pour ses compagnons de captivité, pour Jim surtout. Son impuissance était difficile à gérer. Le regard de Jim croisa le sien :


- Dungitan-tor nash-veh kanok-vei na veh zhagra Tchess k'du ! [je donnerai tout pour une partie d'échec avec toi !] Murmura Jim


Jim perçut nettement la vague de satisfaction que ressentit Spock. Celui-ci posa discrètement un doigt sur son bras, et pensa :


- Isha nash-veh, aitlu nash-veh mavau. Nam-tor ish-veh tor-yehat, Jim. Gluvaya'hu ish-veh veling svi't'du kashek [Moi aussi, j'aimerai y jouer. C'est possible, Jim. Visualise-le simplement dans ton esprit]


Ils s'éloignèrent du groupe. Spock s'assit en tailleur sur leur futon, Jim s'installa dans la même position, face à lui, de façon à ce que leurs genoux se touchent. Ils fermèrent leurs yeux pour mieux se concentrer sur la connexion qui se faisait entre leurs esprits. Il leur fallut tout d'abord se créer un point de jonction à l'intérieur de leur deux esprit, un emplacement commun entouré de barrières mentales, auquel ils pourraient accéder à chacune de leur partie, sans empiéter sur l'esprit de l'autre. Ils visualisèrent ensemble un plateau de jeu d'échec en deux dimension, et commencèrent à jouer.


Se transmettre des émotions, des images ou des pensées, ou les percevoir chez l'autre, comme ils le faisaient quotidiennement, ne requérait pas de fusion, juste un lien suffisamment puissant. Quoique, un tel lien n'étais pas à la portée de tous les vulcains, mais Spock, comme Jim, n'avaient jamais été des personnes ordinaires. Cet échange était une forme de contact inter-personnel à travers leurs sensations, qui leur était devenu aussi naturel que de respirer, comme si ils étaient pourvus d'un sixième sens dévolu uniquement à cette communication.


C'était une nouvelle forme de fusion mentale pour eux. Jusqu'à présent, celle-ci n'avait cours que lors de leurs étreintes, comme une caresse sensuelle supplémentaire, unissant leurs esprits en même temps que leurs corps. Là, cette connexion n'était pas un oubli de tout. Au contraire, tous deux devaient à la fois se concentrer sur les barrières mentales autour de leurs pensées, afin de ne pas dévoiler leur raisonnement, et en même temps sur le déroulement de la partie. Ils restèrent silencieux car cette opération demandait à Jim une grande concentration. Ils restèrent ainsi pendant plus d'une heure, immobiles.


Les autres membres du groupe s'étaient tus et les regardaient intrigués. Jim et Spock se tenaient si droit, les yeux fermés, le visage totalement détendu et impassible.


- Que font-ils ? demanda Sulu à voix basse à McCoy, comme s'il avait peur de les déranger


- Encore un truc vulcain du genre transmission de pensée, je suppose. Répondit Bone, blasé. De leur part, plus rien de m'étonne. Inutile de chuchoter, il est probable qu'ils ne nous même entendent pas.


- Une transmission de pensée ! S'étonna Sulu. Je croyais que seuls les vulcains en étaient capables.


- Oui, et bien, s'il existait un truc pour traverser les murs, je suis sûr que notre Kаp'taiи trouverait un moyen de le faire ! Ajouta Tchekov.


En temps normal, cette boutade aurait pu les faire rire...


ooo


Jim et Spock firent ainsi chaque jour plusieurs parties. D'abord avec un plateau en deux dimension, puis en trois. Avec l'entrainement, Jim et Spock imaginèrent ensemble une chambre virtuelle, copie conforme de leur bureau, ils parvinrent même à se parler mentalement lors des parties. Ce loisir leur était salutaire. L'effort de concentration que cela exigeait les aidait à évacuer et sublimer leur trop plein d'énergies négatives.


Ils ne se rendirent pas compte que leurs compagnons de captivité avaient tendance à se rapprocher d'eux lorsqu'ils jouaient ainsi ensemble. Le calme qui irradiait de leur attitude était puissamment tranquillisant.


Un autre détail de leur comportement ne tarda pas à fasciner le groupe. Bien que Jim et Spock le faisaient avec discrétion, ils leur arrivaient de plus en plus souvent de se parler en vulcain, toujours avec des voix paisibles, presque sereines, même si cette sérénité n'était qu'une apparence. Cela ne dérangeait plus Bones. Il avait compris à quel point ses deux amis avaient besoin de cette intimité.


oooo


Troisième jour de captivité


ooo


La nuit était tombée depuis longtemps, déjà. Spock et Jim étaient étroitement serrés l'un contre l'autre, leurs mains et leurs membres détendus et enlacés, confortablement installés dans une douce chaleur.


Ils avaient fait une dernière partie d'échec, puis une longue séance de méditation dans l'espoir de trouver un peu de ce calme qu'ils affichaient tous deux. En vain, trop de pensées négatives, même pour un vulcain aguerri comme Spock. Aucun d'eux ne parvenait à dormir.


Jim eut l'idée de montrer à Spock les contrées vertes à perte de vue de son Ohio natal, les forêts profondes, les fermes entourées d'immenses champs cultivés, les villes où il ne faisait jamais nuit grâce aux lumières artificielles. Et Spock aima ce voyage.


A son tour, il lui montra les merveilles de Vulcain : les hautes montagnes dont les sommets touchaient le ciel rouge, les somptueux déserts s'étendant à perte de vue, les temples majestueux. Et Jim fut fasciné.


Nuits après nuits, ils transformèrent leurs insomnies en féeriques voyages, et finissaient par s'endormir, au moins pour quelques heures.


oooo


Quatrième jour de captivité


ooo


- Il y a une chose que je ne comprends pas. S'exclama soudain Uhura au cours d'une discussion anodine de l'après-midi. Je croyais que le peuple Mus'uo était un peuple hautement évolué!


- Il l'est effectivement. Répondit Spock.


- Parce que retenir des gens en otage pour les caprices d'une femme, c'est une chose civilisée ? S'indigna Tchekov.


Les autres membres du groupe vinrent les rejoindre et ils s'assirent en demi-cercle, comme ils en avaient acquis le réflexe lorsqu'une conversation promettait d'être intéressante. Et cela l'était le plus souvent lorsque Spock partageait avec eux ses connaissances. Imperturbable, celui-ci commença son explication :


- On mesure l'évolution d'un peuple à la façon dont sont traités, premièrement ses membres les plus fragiles : les enfants, les personnes âgées, les malades, les handicapés, les pauvres. Deuxièmement par des rapports équitables entre mâles et femelles. Troisièmement la façon avec laquelle sont tolérés tous ceux qui sont considérés comme différents de ce qui est perçu comme la norme. Et quatrièmement par le respect accordé à la vie animale et à l'équilibre écologique de la planète.


Il ne put se retenir de songer au harcèlement dont il avait été l'objet lors de sa vie sur Vulcain, à cause de sa condition de métis. Son peuple, pourtant si évolué, avait encore des progrès à faire... mais ce genre de pensée était totalement inutile. Il devait à tout prix éviter ces ruminations parasites nocives à son équilibre mental. Il les chassa hors de sa pensée. Dès cette discussions achevée, il allait proposer à Jim une partie d'échec afin d'occuper son esprit, et éviter que ce genre de digression improductive ne se reproduise. Jim était vraiment sa force.


- Et c'est le cas ici ? Demanda Christine.


- Tout à fait. Répondit Spock. Ce peuple répond parfaitement à tous ces critères.


- Mais alors, comment expliquer ça ? Insista Uhura, assise à coté de Christine.


Spock regarda les deux femmes, collées l'une à l'autre. Bones avait pris la main de Christine, tendrement, et la serrait doucement. Scotty, timide et gauche, s'était placé tout près de Uhura qui lui adressa un doux sourire d'encouragement. Tchekov et Sulu ne se quittaient plus. Jim, son Jim, s'était assis tout contre lui, son genou contre le sien. Ses barrières mentales autour de ses pensées commençaient à être efficaces, Jim était vraiment doué pour tout. Spock repoussa mollement cette pensée irrationnelle. C'était fascinant de constater à quel point les humains avaient besoin de se rapprocher, d'établir des contacts physiques pour se réconforter, lors des situation anxiogènes.


- Bien que ce peuple se soit pourvu d'une démocratie participative, Expliqua Spock, Il a accordé à sa reine le pouvoir absolu. Elle est reconnue pour sa vive intelligence, et ses importants appétit sexuels.


- Il est probable que ces gens aient toujours cédé aux caprices de cette femme. Intervint Jim. Et s'ils n'ont jamais rien mis en place pour restreindre ses pouvoirs, par conséquent, elle peut tout se permettre. Peut-être même que cela plait au peuple que leur reine soit si... libérée. Comme pouvaient l'être les monarques absolus des temps primitifs.


- Et ça lui arrive souvent de retenir des gens en otage pour ça ? Grommela Bones avec indignation. Elle est belle, ce ne sont pas les postulants qui doivent lui manquer.


- J'ai lu dans les rappo