Entité Réformée


By: Maryrin


Le capitaine James Kirk et son équipage doivent escorter le diplomate Rincoeur jusqu'à Caleb IV et le protéger. Durant cette mission Jim rencontre une mystérieuse jeune femme: pourquoi ses pensées ne vont-elles plus vers Spock? Cette femme a-t-elle le pouvoir de lui faire oublier son premier officier? En fait: non.


Prologue : Pourquoi es-tu si seul Kirk ?


Espace, frontière de l'infinie, vers laquelle voyage notre vaisseau spatiale. Sa mission : explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations. Et au mépris du danger, reculer l'impossible.


« Reculer l'impossible, mon cul ! » brailla James Tiberius Kirk à son premier médecin chef. « Ils vont encore m'envoyer escorter un diplomate dans un système pas plus éloigné de la terre que du canapé de ma télé ! Starfleet qu'ils disaient ! Mon œil ! »


« Personnellement, plus près nous sommes du système solaire, mieux je me porte. » répondit Mccoy, occupé à sonder la tête de Jim, marchant à la même cadence que son capitaine, avec son équipement médical : pas foutu de s'assoir sur une chaise plus de cinq secondes celui-là !


« On est pas tous aussi casanier que toi mon cher Bones ! » répliqua Kirk en entrant sur la passerelle, laissant le docteur derrière lui, retourner à son infirmerie. « Lieutenant Uhura, où en est notre diplomate ? Pourquoi n'est-il pas encore à bord ? » Dit-il en prenant place sur son siège de commandement.


« Il avait encore une réunion qui ne s'est pas encore terminée capitaine » répondit l'officier de communication « nous allons devoir encore patienter. »


Jim se contenta d'arquer un sourcil : patienter ! Et bien voyons ! Son équipage et lui étaient à l'heure. Il maudit encore Starfleet dans sa barbe et parcourut la passerelle d'un regard : son premier officier n'était pas là non plus. Il se retint quelques minutes de demander où était son demi-vulcain préféré, donnant des ordres et des directives à ses officiers, puis n'y tint plus et posa la fatidique question qu'il avait l'impression de rabâcher sans cesse :


« , où est Mr. Spock ? » il vit le japonais, désolé, hausser les épaules pour toute réponse.


« Il est au laboratoire capitaine. Etant donné que le diplomate n'est pas encore à bord, il en profite pour terminer son rapport sur l'expérience en cours. » Expliqua Uhura sans quitter des yeux sa machine.


« Merci Lieutenant. » dit Jim en tapotant ses doigts sur son siège.


Il aimait de moins en moins s'adresser à elle en ce qui concernait Spock. Bien sûr il était au courant de leur relation depuis le début, ou presque, mais il avait de plus en plus de mal à l'accepter. Tous les deux… Ils l'irritaient. Nyota était une jeune femme charmante, intelligente et il n'en doutait pas, pleine de discussion. Mais quand elle parlait de Spock et montrait, consciemment ou non, qu'elle en savait plus que les autres à son sujet – normal pour une petite amie vous m'direz – ça ne manquait pas d'énerver James Kirk, qui aussi tôt se retenait de faire des remarques. D'abord car les dîtes remarques n'étaient absolument pas constructives et ensuite car il n'avait aucun droit de les faire. Spock était son ami, tout au plus et il n'avait pas le droit d'émettre de jugement sur ses relations personnelles. Et pourtant il en mourrait d'envie le bougre.


Oui, Jim était jaloux. Il en avait conscience bien sûr, depuis assez longtemps même. C'était carrément drôle quand il s'était rendu compte qu'il ressentait un petit quelque chose pour son ami demi-vulcain, car au départ, il ne pouvait pas le saqué et c'est sa copine qu'il voulait serrer. Maintenant, Jim avait renoncé à nier ses sentiments : il aimait Spock et puis c'était tout. Peut-être que les évènements avec Khan avaient aidé, un peu. Quand c'est la tronche de son premier officier que l'on voit avant de mourir et que c'est lui – aidé de votre meilleur ami j'ai nommé Bones-le-médecin-allergique-aux-téléporteurs – qui vous ramène à la vie après avoir coffré le mec qui a tué l'amiral que vous considériez comme votre père, forcément, ça crée des choses. Et dans ce cas précis, des sentiments…


Oh bien sûr Jim ne l'avait jamais avoué. Même si Bones savait, Bones savait toujours tout. Il n'avait même pas eu besoin de dire quoi que ce soit, il s'était fait grillé au bout de quelques mois. Parfois il choppait Jim en train de lancer des regards à son premier officier et les yeux de Léonard Mccoy lui disaient : je t'ai vu mon gars. Et c'est pas la peine de faire semblant de regarder ailleurs. Heureusement, le médecin avait eu le bon goût de ne pas lui en parler et de lui foutre la paix.


« Capitaine, le diplomate monte à bord » annonça Uhura en se tournant vers Jim, faisant virevolter sa queue de cheval. « Une équipe va le conduire à ses quartiers. »


« Merci lieutenant. On va décoller » déclara Jim Kirk en se redressant dans sa chaise. « Mais bon sang où est passé Mr. Spock ?! » se plaint-il.


« Je suis ici capitaine, navré pour mon arrivée tardive » répliqua l'intéressé en pénétrant sur la passerelle et se positionnant à son poste.


« C'est un comble que ce soit à vous que je doive rappeler la discipline, commandeur. » répliqua Jim, une pointe de défi dans la voix.


Spock se tourna, visiblement perplexe, vers son capitaine :


« Je n'ai pas failli à la discipline capitaine. Il est inutile, pour ne pas dire illogique, pour un officier scientifique de se trouver sur la passerelle avant que le vaisseau ne quitte le spatio-port. » Il se retourna vers sa machine « Puis vous ne faîtes mention de la discipline que lorsqu'elle vous arrange, semble-t-il. »


Jim eut un sourire et se contenta d'ignorer son premier officier. Il aimait quand Spock lui renvoyait ses piques :


« Sulu, Chekov, tenez-vous prêts. Uhura, je veux dans le communicateur. »


« est en ligne capitaine » répondit Nyota, efficace.


« Scotty, sommes-nous prêts à décoller ? » demanda Jim en fixant son regard bleu sur l'écran de contrôle.


« La demoiselle est prête à prendre son envol, capitaine ! » répliqua l'ingénieur.


« Bien ! Kirk terminé. Chekov, rappelez à l'équipage où nous allons et pourquoi nous avons un diplomate à bord de l'Enterprise. »


« Oui capitaine » le petit russe rentra le mot de passe et enclencha l'annonce vocale, il articula autant qu'il le put, soucieux de se faire comprendre, comme à chaque fois « Enseigne Chekov à l'équipage de l'Enterprise. Notre mission est d'emmener le diplomate Rincoeur sur la planète Caleb IV*, afin qu'il négocie une entente avec d'autres diplomates. C'est une planète hospitalière, neutre. Nous devrons assurer sa protection puis le ramener à la fin de la semaine de négociation sur terre. Merci. Chekov, terminé. »


Jim regarda son pilote irradier de joie : une mission d'une semaine sur cette planète c'était presque comme des vacances sur une île paradisiaque. Sans nul doute qu'une grande partie de l'équipage se servirait de son temps libre pour faire du tourisme et se ressourcer.


« , cachez moi ce sourire et ayez un semblant de sérieux en faisant décoller le vaisseau. » le rappela-t-il à l'ordre, avec une voix plus amusé qu'il ne l'aurait souhaité.


« Oui capitaine. »


Alors tout le monde s'activa pendant le décollage et pendant que l'Enterprise passait en distorsion. Une fois que ce fut fait, le lieutenant Uhura interpella Jim :


« Capitaine, le diplomate Rincoeur souhaite s'entretenir avec vous avant notre arrivée sur Caleb IV. » annonça-t-elle.


« Très bien, dîtes lui de me rejoindre dans la salle de réunion. » répondit-il en se levant de son siège. « Mr. Spock, avec moi. » ce dernier se leva à son tour, laissant sa place à un de ses subordonnés.


« Je vous suis capitaine ». répliqua-t-il, effectivement sur ses talons.


Ils entrèrent alors dans l'ascenseur et quittèrent la passerelle.


Jim soupira une fois que les portes se fermèrent sur eux :


« Et bien ! J'ai rarement vu l'équipage aussi heureux de partir en mission diplomatique ! » Dit Jim en s'étirant, pendant que l'ascenseur les descendait.


« C'est compréhensible. Passer une semaine sur une planète aussi hospitalière pour une mission qui ne concerne que peu d'entre eux, il est logique qu'ils apprécient. » Répondit Spock, bien droit, comme à son habitude.


« Et vous commandeur, appréciez-vous ? » questionna Kirk.


« Je n'apprécie ni ne rechigne cette mission. D'un point vu scientifique, Caleb IV n'a que peu d'intérêt. Nous savons déjà presque tout. Et vous capitaine ? »


« Moi ça me saoule déjà. Surtout quand on interrompt notre mission de cinq ans d'exploration pour ce genre de broutille. » Répliqua l'autre en se massant la nuque. « Tout le monde considère cette fichue mission diplomatique comme une permission avec des vacances déguisée, pas moi. »


« Il est logique que vous ne considériez pas cette mission comme une permission capitaine, vous allez être l'officier le plus sollicité une fois sur la planète. »


« Vous aussi, Spock. » Il soupira « J'espère que vous ne comptiez pas profiter de cette mission pour faire du tourisme avec le lieutenant Uhura. » En fait, il espérait qu'il n'ait jamais rien à faire avec Nyota. Mais ça, il ne pouvait pas le lui dire.


« Telle n'était pas mon intention, Jim ». répliqua Spock qui quitta l'ascenseur une fois que les portes s'ouvrirent.


Jim… Qu'est-ce qu'il aimait quand Spock prononçait son prénom. Cela marquait son amitié, son attention, sa considération même. Plus que tout, cela marquait leur intimité, même amicale. Et le capitaine Kirk chérissait cette intimité.


Quand ils entrèrent dans la salle de réunion, le diplomate Rincoeur était déjà présent. Jim lui intima de prendre un siège et prit place, spock à sa gauche. Il proposa au diplomate un verre mais ce dernier le refusa : dommage, Jim aurait bien bu un whisky, lui. Mais il n'aurait pas pu le faire de toute façon, avec Spock sur ses talons.


« Tout d'abord merci de m'accueillir aussi bien à votre bord capitaine kirk ! J'étais un grand ami de votre père. » dit Rincoeur avec un sourire bienveillant. Ça n'en ferait qu'un de plus.


« Je ne savais pas. » répondit Jim, offrant un beau sourire poli : « Vous étiez dans Starfleet ? »


« Non, dans la même école primaire et dans le même collège que votre père, un ami d'enfance. » répliqua le diplomate « Vous lui ressemblez beaucoup. Pas autant que votre frère, mais vous lui ressemblez. Comment va-t-il d'ailleurs ?»


Jim se retint de répondre : « Aucune idée vieille cloche ».


« Donc, vous vouliez me parler de la mission, monsieur Rincoeur ? » répliqua Jim, changeant brusquement de sujet. Ce qui ne passa pas inaperçu, ni pour Spock, ni pour le diplomate.


« Ah oui ! Oui… » Se reprit ce dernier « Je voudrais être sûr d'avoir des personnes de confiances chargées de ma protection. Les raisons pour lesquelles je parlemente et les réunions auxquelles j'assiste et le rôle que j'y tiens font de moi une cible de choix pour certains opposants. Peut-être considérez-vous qu'il s'agit d'une mission de routine mais il en va bien au-delà de ma vie et… »


Jim faisait semblant de l'écouter avec attention. Ce n'est pas comme si tous les diplomates, politiciens ou autres parlementaires ne lui servaient pas le même discours à chaque fois. Enfin, chacun à sa sauce. Celui-ci était plus doux et inquiets que les autres, qui avaient tendance à menacer le capitaine et son second de représailles s'ils leur arrivaient quoi que ce soit.


« Notre mission est d'assurer votre protection. » le coupa finalement le capitaine, prenant son air le plus sérieux possible : « Je vous garanties que rien ne vous arrivera sur Caleb IV monsieur Rincoeur. Je vais mettre mes meilleurs officiers sur le coup. » Il désigna Spock de la tête « Dont Mr. Spock et moi-même. » Il se leva et invita l'homme à quitter la pièce en se positionnant près de la porte. Quand ce dernier passa devant lui, il tapota son épaule : « Vous êtes entre de bonnes mains ».


Une fois que Rincoeur eut fait un tour à la cafeteria, Jim soupira et regarda l'heure :


« Nous ne sommes plus en service commandeur » en avisa-t-il son premier officier. « Vous pouvez disposer. » Alors que Spock allait vers l'ascenseur, Jim ajouta « Sauf si une petite partie d'échec vous dit. »


Le demi-Vulcain se retourna et Jim aurait pu presque voir un sourire sur son visage. Enfin, c'était Spock, il ne souriait pas.


« J'ai déjà un engagement auprès du… »


« Du lieutenant Uhura. » le coupa le capitaine.


« …C'est cela. » confirma l'officier.


« Ce n'est pas grave. » dit Jim en haussant les épaules « On se verra sur la passerelle. » Il fit demi-tour, direction ses appartements. « Commandeur. » salua-t-il en partant.


« Capitaine. » répliqua Spock qui marcha à son tour.


Quelques instants plus tard, ils n'étaient plus à portée de vue l'un de l'autre. Jim accéléra alors, il parvint vite à sa chambre et y pénétra. Le capitaine s'affala sur son lit et baissa les yeux sur son échiquier non loin de son hublot. Il respirait doucement, sans aucune difficulté. Mais il sentait une pression dans sa gorge. Quelque chose qui appuyait chaque jour un peu plus et qui devenait de plus en plus gênant. Quelque chose qui disparaissait quand il était occupé par ses fonctions ou que Bones ou Spock passait du temps avec lui… Surtout Spock… Se racler la gorge ne servait à rien, cette pression demeurait et demeurerait probablement encore.


Finalement, Jim inspira un grand coup et lâcha, pour lui-même :


« Pourquoi es-tu si seul Kirk ? »




Chapitre 1 : Je peux vous assurer que c'est une pratique très compatible


Jim se réveilla en sursaut : son communicateur bipait frénétiquement. Il se redressa sur son lit et se massa la nuque : il s'était endormis. Un léger picotement dans les paupières le fit cligner des yeux. Il attrapa son engin et répondit à l'appel :


« Kirk, j'écoute. »


« Lieutenant Uhura, capitaine. Nous arrivons sur Caleb IV. Mr. Sulu est prêt à vous rendre le commandement du vaisseau. »


Il regarda l'heure et arqua un sourcil : bah voyons. Sulu avait certainement envie d'aller s'amuser sur la planète, cependant Kirk n'était pas encore en service, et ce pas avant une bonne demi-heure. C'était chipoter pour des détails, certes. Mais le capitaine avait mal dormi. Ou plutôt, il s'était mal endormi :


« Dîtes au commandant Spock d'assurer le commandement jusqu'à ce que je rejoigne la passerelle Je libère le lieutenant Sulu. Kirk, terminé.»


« Bien capitaine. Uhura terminé. »


Jim se hissa sur ses pieds et alla prendre une douche rapide : il aurait voulu profiter de sa pause pour étudier plus en profondeur le dossier qu'on lui avait remis sur les objectifs de la mission diplomatique de Rincoeur. Mais sa fatigue en avait décidé autrement… Ou plutôt, son attachement pour Spock en avait décidé autrement… ! Une fois propre et habillé d'un nouvel uniforme ne sentant pas la transpiration et le mâle – et quel mâle – il quitta ses appartements pour se rendre sur la passerelle. Il croisa l'infirmière Chapel et le docteur Mccoy. Il offrit un sourire radieux à ce dernier. Bones lui fit signe qu'il le surveillait, sentant déjà venir les ennuis : Jim allait forcément trouver le moyen de se retrouver à l'infirmerie et ce même s'il s'agissait d'une mission diplomatique sur la planète certainement la plus accueillante de la galaxie. Il en était certain :


« Fais attention crétin ! » lui lança-t-il alors que Jim entrait dans l'ascenseur. Lui répondant en lui faisant un clin d'œil. « Ne vous éloignez pas trop de l'Enterprise Chapel. » dit-il à son infirmière en chef « On ne sait jamais où camper avec ce ptit là. »


Chapel soupira et haussa les épaules :


« Ce n'est pas comme si je comptais me la couler douce docteur. »


Jim fit une entrée digne d'une starlette sur la passerelle. A peine entré que déjà il donnait ses instructions laissant à peine le temps à Spock de se lever du siège de commandement. Il se retrouva face à lui et lui sourit : un sourire franc. Le genre de sourire qui voulait dire « vous avez préféré passer du temps avec votre copine, mais j'vous en veux pas. Enfin, si un peu. Mais on va faire semblant que non » mais le premier officier ne devait y voir qu'un sourire, au final.


« Capitaine. » dit-il en le saluant de la tête et en allant prendre place à son propre siège. Jim le suivit du regard jusqu'à ce qu'il soit correctement assis. Mais il ne remarqua pas qu'Uhura l'avait vu faire.


Il prit place à son tour dans son propre fauteuil et s'avachie en biais, comme à son habitude. Il donna d'autres instructions jusqu'à ce que l'Enterprise atterrisse dans le spatio-port.


« Enseigne Chekov, branchez moi. Je veux parler à l'équipage. » Dit-il en se rapprochant de la sorte d'interphone présent sur son accoudoir. Une fois que le petit russe eut validé, il déclara « Capitaine Kirk à équipage : Je sais que cette planète vous fait à tous très envie et que vous avez tous très hâte de descendre et de profiter de vos temps de repos pour vous détendre. Je ne serais pas contre ça, mais je vous demande de garder du sérieux dans votre travail et d'être là au moment et à l'heure où on vous y attend. Sauf ordre contraire de vos supérieur ou de ma part, vous conserver la même activité qu'habituellement. Bon courage à tous, Kirk, Terminé. » Puis il se leva et avisa ses officiers : « Bien, dans un premier temps je libère , et le lieutenant Uhura, vous avez mérité de vous reposer et de profiter de votre temps libre. Ensuite, commandeur » il tourna son regard vers Spock « Vous et moi allons commencer par escorter et protéger le diplomate Rincoeur avec notre équipe. Le lieutenant Sulu nous remplacera avec une nouvelle équipe à la fin de notre prochain service. Lieutenant Uhura je compte sur vous pour rester disponible si besoin de renfort, sinon vous pouvez gérer votre propre équipe de communication comme d'habitude et vous pouvez disposer de votre temps libre comme bon vous semble. Ce sera tout. » Il marcha vers l'ascenseur : « On se retrouve dans les navettes à destination de Caleb IV. Rompez. »


Il descendit alors pour rejoindre une navette où il embarqua en compagnie du diplomate, de Bones et de Spock. Ils regardèrent la navette quitter le spatio-port et se diriger sur Caleb I.V.


« C'est fou ce qu'elle peut ressembler à la terre. » déclara Rincoeur. « Du moins de loin. »


Jim plongea son regard vers la planète à nuance de bleu et de vert : effectivement, elle ressemblait à sa planète d'origine, bien que celle-ci soit indubitablement plus petite. Il jeta un coup d'œil à Bones qui épiait Caleb I.V, comme s'il cherchait l'éventuelle arnaque :


« Que se passe-t-il Mccoy ? » questionna-t-il, une pointe d'amusement dans la voix « Ne me dîtes pas qu'une telle planète vous inquiète ! »


« Ce n'est pas la planète qui m'inquiète capitaine » répondit Bones, jouant le jeu « Mais tous les coups que vous allez y boire pendant votre temps libre et le nombre de jeunes femmes qui vont aimer vous détester quand nous en auront fini avec cette mission. »


Jim le regarda, faussement froissé. Puis quand Rincoeur se racla la gorge, il se rappela qu'il était en service et que son diplomate était de nature inquiète. Il ne valait mieux pas plaisanter devant lui… Même s'il y avait effectivement de grandes chances pour qu'il se retrouve torché ce soir après son service et qu'il se réveille avec une fille dans son lit demain matin. Surtout si Spock passait sa soirée avec Uhura…


« Et vous commandeur ? » demanda Rincoeur pour changer de sujet. « Que pensez-vous de Caleb I.V ? Y-a-t-il quelque chose qui vous intrigue en particulier sur la planète ? »


Spock ne prit même pas le temps de faire semblant de réfléchir :


« Cette planète, pour ma profession, est sans intérêt. » En voyant le regard de Jim sur lui et ajouta « Mais une mission sur Caleb I.V est toujours plus profitable pour son efficacité que sur une planète plus hostile. »


« Avez-vous des appartements spécifiques à Starfleet ? » demanda –t-il à Kirk, il ne semblait pas très à l'aise face à la discussion du demi-vulcain.


« Oui et non. » répondit Jim « Nous avons des chambres de fonctions allouées par Starfleet pour l'équipage. Et les officiers ont des petits appartements. Mais ne vous en faites pas, il y a aura toujours quelqu'un avec vous . Nous avons une chambre d'hôtel voisine à la vôtre, c'est là que les membres de l'équipe de surveillance se relieront. »


Le diplomate acquiesça, visiblement rassuré.


Ils traversèrent bien vite l'atmosphère de la planète et la navette les conduit à l'aéroport principal de Caleb I.V. De là, Jim regroupa trois de ses hommes chargés de la sécurité de Rincoeur et ils partirent, Spock, le diplomate, ses hommes et lui, vers l'hôtel. Bones, lui, les regarda partir en regroupant son équipe médicale. Pour eux : c'était direction l'ambassade de Starfleet. Il vit alors passer Carol Marcus dans le hall de l'aéroport et s'empressa de l'aborder :


« Mlle Marcus ! » s'enquit-il en la saluant « ça fait une éternité qu'on se ne s'est pas vu ! »


La jolie blonde lui sourit et cala une de ses mèches derrière son oreilles : ses cheveux avaient poussés.


« Docteur Mccoy. » répondit-elle d'un ton aimable « Effectivement, ça semble faire une vie. Et pourtant, nous nous sommes quittés il y a deux ans seulement. »


Mccoy fit signe à son équipe de déguerpir et d'aller à l'ambassade sans lui : après tout, il était libre dans quinze minutes. Un peu de zèle ne pouvait pas faire grand mal… Surtout si voulait dire passer un moment avec Carol Marcus.


« Que devenez-vous depuis que vous avez quitté l'Enterprise ? » questionna-t-il.


« J'ai tout simplement quitté Starfleet. » dit-elle en désignant sa petite robe noire et ses chaussures à talons « Je suis une civile maintenant » elle lui sourit mais Bones sentait que cette déclaration n'avait rien de réjouissant. Elle le remarqua et haussa les épaules « C'était trop dur… Starfleet, après papa… » Elle se gratta le montons et renifla « Enfin… Après ce qu'il a fait. »


Le docteur prit l'initiative de lui prendre une main et il la serra entre les siennes, lui offrant un sourire réconfortant :


« Je sais. » il soupira et lâcha un petit rire, mais il n'était pas amusé « Je comprends Mlle Marcus. »


Carol imita Mccoy et lui serra les mains :


« Merci docteur. » répondit-elle. Puis elle questionna enfin, détendant l'atmosphère qui était devenue peut être un peu trop intime « Qu'est-ce que vient faire l'Enterprise et son équipage sur Caleb I.V ? »


« Mission diplomatique. Enfin, mission de protection d'un diplomate qui fait de la diplomatie… » Elle lui sourit, un peu amusée «... Donc mission diplomatique. Désolé, je suis un peu fatigué. » Finit-il par s'excuser. « Et vous ? Que faîtes-vous sur cette planète ? »


« Je viens donner des conférences sur mes travaux. J'écris une nouvelle thèse. » expliqua-t-elle. « Sur les paradoxes temporels. » Elle désigna un homme au loin et Bones dû plisser les yeux pour reconnaître cette personne « J'ai un allié très précieux qui mastite de temps en temps sur mes recherches. »


« Docteur Mccoy, je suis ravi de vous revoir » dit le vieux Spock en serrant la main de son vis-à-vis. « Je vois que vous avez trouvé Carol. »


« Oui, une rencontre inattendue mais chanceuse. » dit-il en souriant à la jeune femme. Sourire qu'elle lui rendit.


« Nous allons devoir vous laisser. Je dois montrer à mes progressions. » Bones dévisagea Spock et celui-ci lui sourit : un pseudonyme. Il ne voulait toujours pas qu'on l'associe à son double du présent, il ne voulait rien influencer en ce monde. Carol tapota l'épaule de son collègue et ils commencèrent à partir. Alors que Bones les voyait s'en aller, il osa enfin une approche plus directe :


« Docteur Marcus ! » appela-t-il. Quand elle se retourna, Bones sentit son pouls accélérer : digne d'un gamin de quinze ans ! « Est-ce vous voudriez aller boire un verre ce soir ? » il toussota « Avec moi ? »


La jeune femme baissa les yeux, semblant réfléchir. Elle sortir un bout de papier de son attaché caisse et inscrivit quelque chose dessus qu'elle vint porter au docteur Mccoy :


« Ce sera avec plaisir, appelez-moi quand vous serez installé. »


Bones la regarda partir et attendit qu'ils ne soient plus dans son champ de vision pour se retourner et lâcher un petit « YES ! » de victoire en brandissant son poing. Il regarda l'heure et se dépêcha de rejoindre ses collègues.


« Je vous en prie Spock, cessez de faire la gueule ! » lâcha Jim alors qu'ils étaient postés devant la porte de la chambre de Mr. Rincoeur.


Son demi-vulcain de premier officier ne quitta pas du regard le mur du couloir qui se trouvait en face de lui et répondit d'un ton régulier :


« Je n'exprime pas de mécontentements ou n'agit pas de manière spécifique, il est illogique de penser que je suis contrarié capitaine. »


« Mais vous l'êtes ! » s'enquit Jim. « Ecoutez, que l'équipe de remplacement arrive en retard est tout à fait normal. Ils viennent surement tout juste de s'installer. Prenez votre mal en patience et cessez d'intimider notre diplomate. »


Il eut un instant de silence puis Spock se tourna vers Jim :


« Il m'insupporte. » admit-il. « Tous les défauts que je reproche aux humains, ils semblent tous les cumulés en son corps. »


Le capitaine eut un petit rire taquin et regarda à son tour son premier officier :


« Vous êtes à moitié humain, il y a forcément des défauts que vous avez aussi commandeur. » quand il vit l'air à peine surpris voir même vexé de Spock, il se reprit « Enfin. Peut-être pas autant, mais vous en avez tout de même.»


Spock se tourna alors franchement vers son capitaine et l'interrogea d'un ton et d'un air tout aussi régulier que d'habitude, mais Jim pouvait clairement y voir de l'agacement :


« Et quels sont-ils ? »


« Vos défauts ? » questionna Jim « Oh, mais ce n'est pas à moi de vous dire vos défauts commandeur. » Puis il retint un ricanement « Mais puisque vous n'avez plus d'instructeur, que ni votre petite amie ni votre père ne sont présent, je vais me permettre de vous les dires. »


« Je vous en prie. Je serais particulièrement attentif. » Répliqua Spock. Jim sentait l'intention de défi émaner de lui. Ils étaient en train de jouer.


« Vous êtes indifférent à beaucoup de chose du moment qu'elle ne vous touche pas directement, égoïste en somme. Vous êtes égocentrique, vous aimez avoir raison et vous détestez que l'on vous dise que vous vous trompez… » Quand il vit que Spock allait le contrer il ajouta « Et non, la logique n'a pas toujours raison. De plus, vous êtes impulsif et irritable. » Il sourit à son vis-à-vis et s'adossa au mur. « Je pense que ce sera tout. »


Spock noua ses mains derrière son dos et se redressa de plus belle. Le bond eut un sourire : son premier officier allait l'incendier. Et il n'attendait que ça :


« Vous m'attribuez beaucoup de défauts humains hors ne l'étant qu'à moitié je pense que vous vous trompez sur réflexions internes. » dit-il sur un ton explicatif. « De plus, puisque vous vous êtes permis de m'exposer, à vos yeux, mes défauts, j'aimerais vous exposer les votre. »


Jim se retint de toutes ses forces de sourire :


« Oh mais je vous en prie commandeur. »


« Merci. » il inspira puis expira très calmement, prenant son ton le plus détaché - qui l'était déjà à la base – possible : « Vous êtes aussi très impulsif. Je dirais même irréfléchi. Vous avez une certaine tendance à vous croire au-dessus des autres et à vous considérer comme le meilleur en toute circonstance. Vous êtes narcissiques, absolument certain de votre charme et vous n'hésitez pas à en user. Je dirais donc que vous êtes quelqu'un de manipulateur. » Il prit une pause et regarda son capitaine, comme pour vérifier ses réactions. Jim arborait un sourire amusé qu'il ne cherchait même plus à dissimuler.


« Allez y commandeur, continuez. »


« Vous avez un réel problème avec la discipline et vous êtes nonchalant dès que l'on vous parle d'administration ou de règlement. » il s'interrompit et fit mine de réfléchir « Je pense que j'ai exposé tous vos défauts, capitaine. »


Jim aurait voulu ajouter : « vous avez oublié mon insupportable tendance à vous désirer et à vous aimer Spock » mais il ne le fit pas. Ne le ferait probablement jamais en fait. Il se permit tout de même une petite pique :


« Mais vous aimez mes défauts commandeur, je me trompe ? » questionna-t-il avec une voix qu'il aurait voulu moins séductrice.


Alors que Spock allait répondre, Hikaru Sulu apparut accompagné de l'enseigne Chekov et de son équipe de surveillance :


« Et bien ce n'est pas trop tôt ! » s'enquit Jim. Il fit signe aux hommes d'aller remplacer ceux dans la chambre d'hôtel voisine et toqua à celle de Rincoeur. Quand celui-ci lui ouvrit il lui désigna Sulu et Chekov « Voici les officiers qui remplace le commandeur et moi-même. La nouvelle équipe de surveillance est maintenant active. »


« Merci Capitaine Kirk » répliqua Rincoeur. « Je peux tout de même vous contactez s'il y a un souci ? » demanda-t-il.


Jim faillit lui dire qu'il serait probablement bourré mais il lui sourit et lui répondit que bien sûr, il ne fallait pas qu'il hésite. Spock, ses hommes et lui laissèrent alors Sulu et Chekov garder le diplomate qui quittèrent l'hôtel. Ils prirent une navette pour rejoindre l'ambassade Starfleet et s'installèrent dans leur quartier. Alors qu'il venait de terminer de défaire sa petite valise, Jim enfila un jean noire et un t-shirt blanc. Il faisait chaud sur cette planète à cette époque de l'année. Il alla frapper à la porte de Mccoy, ses appartements étant voisins aux siens. Quand le docteur lui ouvrit Jim eut un grand sourire :


« Wow ! Bones ! Tu t'es mis sur ton 31 ou quoi ? » Demanda-t-il devant la chemise et la veste un peu costar de son ami. « Tu as un rencard ou… » Quand il vit la mine ravie du docteur il eut un plus grand sourire encore : « Mon dieu : tu es un rencard ! » Bones le fit entrer et continua à se préparer en enfilant ses chaussures et en ajustant sa montre « Et qui est la pauvre fille qui va devoir te tenir compagnie toute la soirée ? » Demanda Kirk en s'asseyant sur le lit.


« Tu la connais. » répondit Bones avec un petit sourire.


« Je la connais ? » répéta le capitaine. Il réfléchit un instant et demanda « Elle fait partie de l'équipage ? »


« Non. » répliqua Bones en se coiffant.


« Est-ce que j'ai déjà couché avec elle ? » Quand il vit Bones se retourner et le dévisager avec un air qui disait clairement : « il ne vaut mieux pas pour toi mon ptit ! », il se ravisa et précisa qu'il plaisantait.


« Non mais tu aurais bien aimé, à l'époque. » réplica le docteur, fin prêt et se postant devant son ami encore assis sur le lit. Devant le manque d'éclair de compréhension de Jim, il abdiqua : « Carol Marcus. »


« Noooooon ?! » cria presque le blond en se levant d'un bond. « Tu as rencard avec Carol Marcus ?! Notre Carol Marcus ?! » *


« On n'en connait pas d'autre Jim. » répondit simplement le docteur, cachant sa joie.


« Et bien mon vieux ! » il lui tapota l'épaule puis haussa les siennes « Mais ça veut dire que tu me plantes pour ce soir du coup ? »


« Bien sûr que je te plante bougre d'andouille. Je te vois tous les jours de l'année et je ne l'ai pas vu depuis deux ans ! »


« Et elle a un double argument que je n'ai pas non plus, n'est-ce pas Bones ? » répondit Jim avec un clin d'œil.


« Elle a tout un tas d'argument que tu n'as pas, mon p'tit. » Puis il invita Jim à sortir de sa chambre, vu qu'il s'en allait lui-même. Il le laissa dans le couloir avec un sourire triomphant. Jim le regarda partir, les bras croisés :


« Canaille. » dit-il avec un grand sourire. Il resta un moment, semblant réfléchir puis fit volte-face pour marcher jusqu'au bout du couloir. Peut-être pourrait-il passer la soirée avec Spock ? Il fallait qu'il tente le coup. Alors qu'il allait passer l'embranchement du couloir pour aller toquer à la porte de son premier officier, il tomba nez à nez face à une scène qu'il détestait voir.


Uhura était en train d'embrasser le demi-vulcain du bout des lèvres. Celui-ci avait, comme à son habitude, les bras le long du corps et se laissait docilement faire. Jim trouvait qu'il y avait toujours une incroyable intensité dans l'attitude de spock. C'est comme si c'était lui qui dirigeait tout sans pour autant bouger d'une oreille. Il recula un peu et s'adossa contre le mur… Visiblement, Spock allait passer son temps libre et sa soirée, voir même peut être sa nuit, avec le lieutenant Uhura. Jim soupira : il avait espéré qu'après leurs nombreuses disputes après la mort de Pike, Uhura et Spock finiraient par rompre. Mais ça faisait deux ans… Et ils étaient encore ensembles… Kirk désespérait de voir cette relation durer et encore durer. Ils allaient probablement finir par se marier, tous les deux. Pas que le mariage signifie quelque chose de spécifique pour Jim, mais pour Spock, c'était indubitable. Essentiel à sa culture - du moins à ce qu'il en savait - c'est-à-dire pas grand-chose. Il lança un dernier regard vers le couple avant de quitter le couloir et de sortir du bâtiment. Un bar, il devait trouver un bar.


Et il en trouva un. Il était même accueillant : ouvert et donnant sur la plage. Il y avait de nombreuses petites tables rondes entourées de tabourets en bois et le sol était en parquet. Il alla se caler directement au bar et grimpa sur une chaise haute. Il voulut commander un whisky mais le barman lui répondit qu'ils ne faisaient que des cocktails.


« Je vous conseille le « la maderay elolvido ** » dit une voix féminine en s'installant près de Kirk. Ce dernier leva les yeux vers elle : une belle femme d'une espèce humanoïde, allez savoir laquelle. Elle avait tout d'une femme humaine sauf sa peau qui était d'un beau Lila clair. Elle avait des cheveux bruns et des yeux rose sombres. Elle portait une petite robe blanche à dentelle très courte, une paire de talons blancs vertigineux et ses lèvres étaient maquillées d'un rouge très sombre. « Je m'appelle Kori. » dit-elle en tendant une main vers le blond.


« Jim. » rétorqua l'intéressé en serrant cette main. Il perdit son regard dans le décolleté de la belle Alien. « Vous avez un très joli collier. » dit-il en désignant la pierre rouge qu'arborait sa poitrine. « Je vais prendre ce qu'elle a dit. » indiqua-t-il au barman. « Et un de plus pour elle ».


« Merci. » répliqua Kori en lui offrant un sourire incitateur « Vous êtes seul ce soir Jim ? »


« Oui et je pensais en être malheureux. Et vous voilà. » Répondit-il avec le même genre de sourire, James Kirk, sortant son grand numéro de séduction. « Et vous ? Pas d'amis à retrouver ce soir, mademoiselle Kori ? »


« Ni de petit-ami, Jim » rétorqua-t-elle. Elle récupéra son verre et celui de son vis-à-vis puis descendit de sa chaise haute. « Et si nous allions profiter de ces verres sur la plage privé du bar ? » proposa-t-elle, en arquant un sourcil et en fixant son regard rose dans le bleu de celui du capitaine.


« Mais avec grand plaisir, je vous suis. » Et c'est ce qu'il fit.




« Jim ! » quelqu'un appelait et frappait fort à la porte des appartements du capitaine Kirk. Ce dernier poussa un grognement et ouvrit difficilement les yeux. « Jim bon sang ! » Il reconnut finalement la voix de Bones et s'étira, rencontrant la peau de quelqu'un d'autre. Il ouvrit alors franchement les yeux et découvrit le corps nu de sa conquête de la veille : Kori. Il eut un sourire et se leva, enfilant un caleçon au passage et alla ouvrir à son médecin chef :


« Qu'est-ce qui te prend Bones ? » demanda-t-il dans l'encadrure de la porte. Et il fut surpris de trouver Spock derrière le docteur Mccoy.


« Il y a que Spock et toi devaient être dans trente minutes à votre poste et qu'il vous faut, justement, trente minute pour y aller. Que tu as eu la bonne idée de couper ton communicateur et que tu es à la bourre ! Alors tu bouges tes fesses de capitaine indigne et tu enfiles ton uniforme ! Et fissa ! Bon sang Jim, j'ai cru que tu étais malade et que tu… »


« Jim… Qu'est-ce que c'est ? » Demanda Kori en s'étirant dans le lit. « Qu'est-ce que c'est que tout ce bruit ? »


Kirk vit alors le regard accusateur de Bones mais n'y prêta pas attention. Se contentant d'observer l'éventuelle réaction de Spock : inexistante.


« Ne me dis pas que tu as ramené une conquête le premier soir ?! Et dans tes quartiers de capitaine en plus ?! Mais tu ne manques pas d'air tu… ! »


Kori passa l'encadrure de la porte offrit un beau sourire à Bones. Elle portait le t-shirt blanc de Jim et lança un regard provoquant au demi-vulcain :


« Je ne savais pas que tu étais capitaine, chéri. » dit-elle caressant le torse du blond. « Je t'ai laissé mon numéro sur ta table de chevet. » elle repartit dans la chambre pour prendre ses chaussures à talon dans une main et sa robe à dentelle dans l'autre. « Au cas où tu voudrais me revoir. » Elle repassa devant Jim et vola franchement un baiser – langoureux- puis elle passa devant Bones et Spock : « Et si tu veux récupérer ce t-shirt. »


Jim et Bones la regardèrent s'en aller – surtout ses fesses – sans rien dire. Ce fut Spock qui leur fit quitter leur observation.


« Dépêchez-vous de prendre une douche et de vous vêtir capitaine. » dit-il en croisant les bras derrière son dos.


« Vous insinuez que je pue, Spock ? » demanda Jim avec un sourire en retournant dans sa chambre, laissant entrer le docteur et le commandeur. Il alla dans la salle de bain et envoya valdinguer son caleçon.


« Il insinue surtout que tu empestes le sexe, Jim ! » le sermonna Mccoy « Et dépêche-toi ». Spock n'ajouta rien et ne bougea pas de l'entrée de la chambre. Le docteur lui se promena et demanda, soudain inquiet : « Jim tu t'es protégé j'espère ? »


Ils entendirent le capitaine rire et il sortit de la salle de bain, en peignoir :


« Tu fouilles ma chambre à la recherche d'une capote, Bones ? » devant l'air accusateur de son ami, il ajouta « Je ne sais pas. En toute honnêteté, je ne me souviens pas. »


« Espèce de petit trou du… » Quand il capta la tête indigné de Spock, il se ravisa « C'est très imprudent de ta part ! Et si cette fille tombe en ceinte ?! Tu feras quoi ?! »


« Sans compter qu'elle est peut être porteuse de maladies, capitaine » renchérit Spock. « Savez-vous au moins à quelle espèce elle appartient ? Peut-être que l'accouplement n'est pas une pratique compatible entre vos deux espèces et… »


« Je peux vous assurer que c'est une pratique très compatible. » rétorqua le dit capitaine – victorieux- une fois qu'il eut enfilé son uniforme.


Puis il passa devant ses deux vis-à-vis et les invita à sortir. Ils quittèrent le bâtiment et purent rejoindre leur équipe. Une longue journée s'annonçait avec le début des négociations.



Chapitre 2 : Aime moi…


Jim et Spock s'attirèrent les foudres de Sulu quand ils arrivèrent. On sentait bien que le lieutenant se retenait aussi de dire « il était temps ! » comme l'avait fait son capitaine à leur arrivée. Ils virent le diplomate Rincoeur, prêt et nerveux, attendant devant la porte de sa chambre. Jim lui fit un sourire d'excuse et ils se mirent en route, son équipe et lui, vers le siège diplomatique de Caleb I.V, affectueusement surnommée : « la jungle ». Et quelle jungle ! A leur arrivée, ils purent constater la présence de milliers de représentants politiques et diplomatiques de nombreuses espèces. Ils aperçurent même des Klingons. D'ailleurs, Rincoeur se rapprocha instinctivement de Jim à ce moment précis, ce qui fit sourire Spock – enfin, il incita un mouvement rapide et presque invisible du recoin des lèvres – le commandeur s'amusait. Ils durent laisser Rincoeur à l'entrée de la chambre des diplomates, eux seuls étant autorisés à entrer et ayant leurs propres agents de sécurité.


« C'était bien la peine de me faire me lever pour poireauter devant une salle de réunion toute la journée. » se plaint Jim à son ami.


« Qu'auriez-vous fait de toute façon ? » demanda Spock les yeux rivés sur la porte de la chambre des diplomates. Puis quand il vit les yeux de Jim, il se corrigea « Qu'auriez-vous fait de constructif ? »


« Ow ? Vous ne trouvez pas ce genre de choses constructives commandeur ? » Questionna le blond. Il avait très envie de poser une dizaine d'autres questions relatives à la sexualité de Spock ou de savoir si cette dernière était active en ce moment. Il se doutait bien que oui, elle devait l'être. Mais il se ravisa vite. Inutile d'avoir des détails cochons sur Spock et Uhura, il s'en passerait bien.


« Si. Mais pas dans la façon dont vous les pratiquez. » Répliqua le demi-vulcain. Oulala, ça sonnait comme une critique ça. Quand Jim lui adressa un regard surpris, l'autre s'expliqua « De mon point de vue, avoir ce genre de rapport avec une inconnue, sans protection » il insista bien sur le dernier mot « et sans projets futurs spécifiques n'est pas une approche constructive de la chose, capitaine. »


« Un peu plus et vous la traitez de trainer » pouffa ce dernier. « Vous êtes jaloux Spock ? » Oh, qu'il aimerait qu'il le soit. C'était d'ailleurs souvent son but quand il parlait de ses conquêtes en présence de son premier officier.


« Je ne le suis pas. » répondit-il. « Ce genre de relation sans lendemain n'ont aucune logique pour moi. »


Jim se retint de soupirer. Fichus Vulcains qui ne pouvaient pas mentir. Spock ne pourrait jamais dire l'inverse de ce qu'il pensait. Cela chagrinait Jim, ainsi quand il faisait du rentre-dedans à son premier officier – sur le ton de la plaisanterie, toujours – quand ce dernier le refoulait, il était tout à fait sérieux. C'est d'ailleurs ceci qui avait toujours dissuadé Jim de tenter quoi que ce soit de réel avec Spock. Ça et son problème à afficher son éventuelle homosexualité… Soyons honnête, on ne l'avait pas éduqué avec l'amour de son prochain et de la tolérance absolue, Frank était même plutôt raciste et intolérant. Bien qu'il les pratiquait tous deux très naturellement, il était moins à l'aise avec le fait qu'on le sache attirer par un homme. Et ce même s'il s'agissait de Spock. Jim regarda Spock avec une certaine tristesse, profitant que l'autre eut détourné son regard pour porter attention à un groupe de diplomate Romuliens. Il avait parfois un besoin presque irrépressible de se serrer contre lui, mais il n'en avait pas le droit. Alors il se contentait de le taquiner, de faire en sorte que son premier officier lui accorde son attention, son amitié, qu'il soit amusé même parfois par ce que Jim pouvait lui raconter. C'est l'alternative qu'il avait trouvé, mais elle ne suffirait peut être plus longtemps. Enchaîner les coups d'un soir ou les copines avait toujours été quelque chose qu'il avait fait, en fait. Il n'aimait pas se poser, ça demandait de s'impliquer. Ça demandait aussi de porter attention à une autre personne que Spock et Jim n'arrivait pas à se forcer. Il n'arrivait pas à être suffisamment intéressé émotionnellement par quelqu'un pour ça. Peut –être aurait-il plus de chance avec sa dernière conquête, peut-être allait-elle le faire tomber raide dingue amoureux. Comme ça serait bien si ça arrivait finalement et que Spock s'en rendait compte. Qu'il essaye de récupérer Jim en laissant tomber Uhura. Kirk se donna une baffe mentale : il était en train d'espérer de tomber amoureux de Kori pour rendre jaloux son officier en second et le faire rompre avec sa copine. C'était absolument puéril et de mauvais goût. Et il ne voyait dans la perspective de tomber amoureux de Kori que la satisfaction de rendre Spock Jaloux, il se foutait d'être heureux avec cette nana, il se foutait qu'elle le soit avec lui. …Non, ce qui intéressait le beau et ô grand capitaine qu'il était, c'était de rendre jaloux un putain d'amour à sens unique ! Voilà ! Il s'en voulut alors à lui-même.


« Est-ce que ça va capitaine ? » s'enquit son vis-à-vis, qui avait apparemment perçu ses flagellations internes « Vous semblez préoccupé. »


« Tout va bien Spock. Je pense juste à Kori. » Il fit un sourire très convainquant et ajouta « Je pense que je vais la rappeler ! ». Il le vit alors lever les yeux au ciel et reporter son attention sur la porte.


« C'est à vous de voir. » répondit-il simplement. Bon, Spock n'aimait pas Kori, ça c'était validé. Mais il n'était pas jaloux non plus, ça aussi c'était malheureusement validé.


« Que ferez-vous ce soir, commandeur ? » finit par demander Jim.


« Je n'ai rien prévu. » répondit Spock sur son ton régulier. Jim vit alors une chance de passer toute la soirée avec Spock, et il la saisie :


« Que diriez-vous d'aller boire un verre dans ce cas ? »


Spock le regarda un instant, semblant considérer la chose puis rétorqua qu'il ne consommait pas d'alcool.


« Je sais, je voulais juste dire aller manger un morceau ou juste passer un moment ensemble. Ça fait longtemps qu'on n'a pas eu une soirée comme ça, entre amis. » Dit Jim, en fixant son regard bleu dans le noir de celui de Spock. Il y mettait toute la volonté du monde, et il était accroché à ses lèvres. Il avait tellement envie d'une soirée avec lui. N'importe qui connaissant un peu Jim – le docteur Mccoy par exemple – aurait dit que : « ce p'tit était touchant ». Spock détourna le regard et acquiesça de la tête :


« Volontiers, Jim. »


Et ce fut un feu d'artifice dans la tête du capitaine James Tiberius Kirk. La fête nationale, le champagne à flot et des spock – ô oui des Spock- des spock de partout, d'absolument partout. Qui répétaient sans cesse ce « Volontiers, Jim ». Jim aurait voulu se les repasser en boucle, non-stop. Il avait hâte d'être au soir et de passer un moment seul – il l'espérait fortement – avec son premier officier.


« Mais vous ne comptiez pas rappeler votre… votre amie, capitaine ? » l'hésitation de Spock à dire le mot maîtresse ou conquête amusa Jim. Il se dit qu'il préférait passer ce moment avec lui, plutôt qu'avec n'importe quelle conquête. Puis il décida de le lui dire, mais d'une façon moins ambigüe.


« Je favoriserai toujours notre amitié à n'importe-quelle femme, Spock. » Il lui offrit un sourire tendre, un sourire vrai. Puis quand il vit l'air un peu surpris de Spock – donc un sourcil un peu plus arqué qu'au naturel et un petit plissement des yeux – il ajouta « Enfin, à n'importe quelle coucherie, conquête, maitresse… ! Vous m'avez compris ! »


« Bien sûr que je vous ai compris, Jim. » le ton de Spock était un peu plus chaud que d'ordinaire « Sachez que c'est absolument réciproque. »


Cela toucha le cœur de l'autre. Il mentait. Enfin, non il ne mentait pas. Car pour Spock, Uhura n'était pas un coup d'un soir, c'était la femme avec qui il partageait sa vie depuis au moins trois bonnes années. Mais ça faisait mal. Ça faisait toujours mal quand il s'agissait d'eux deux. Il n'en fit pas la remarque, c'était inutile. Il se contenta d'un sourire vers Spock, il le rendit aussi beau et joyeux qu'il le pouvait. Il y avait bien une chose qui faisait encore plus souffrir le capitaine que Spock et Uhura : et c'était de faire souffrir son premier officier. Il ne voulait ni l'inquiéter ni le secouer. Ou jamais sérieusement du moins.


« Il en met un de ces temps ce fichu diplomate ! » brailla presque kirk en s'étirant de toute sa hauteur.


« Parler pour ne dire que peu de chose prend du temps, capitaine, en particulier quand personne n'a quelque chose de logique à dire. » le ton acerbe n'y était pas, mais on en devinait très bien l'intention.


« Vous êtes méchant. » répondit le blond.


« Dire que l'observation de fait est faire preuve de méchanceté est illo… » Commença Spock.


« Illogique, je sais. » le coupa Jim. « Le diplomate se ramène. Prêt à faire du baby-sitting ? »


« Ce ne serait pas du ba… »


« Oh je vous en prie, vous m'avez très bien compris commander. » Quand Rincoeur fut à son niveau il lui sourit : « Alors ces négociations Mr. Rincoeur ? Comment ça se passe ? »


L'homme lui fit une mine un peu déconfite :


« Je n'ai pas pu parler plus de dix minutes. Je dois continuer ma soutenance et re-proposer mes arguments demain. » il cracha presque sa dernière phrase « Vous comprenez, ce que je défends au nom de Starfleet n'est pas d'une absolue priorité, du moins selon le président de la chambre ! »


Alors que le diplomate avançait devant avec les trois hommes chargés de sa protection, Jim souffla à Spock :


« Ils nous l'ont énervé ! »


Après ça, ils accompagnèrent Rincoeur prendre son déjeuner et ils prirent le leur par la même occasion. Le diplomate se déplaça ensuite à la bibliothèque pour récupérer des documents et renforcer ses arguments. Là-bas, ils croisèrent le lieutenant Uhura en grande discussion avec une autre jeune femme du pôle communication, surement une de ses homologues mais d'un autre vaisseau. Quand elle vit Spock elle lui fit un grand sourire auquel il ne répondit pas. Ce qui surprit un peu Kirk. Mais après tout, c'était Spock, il ne fallait pas s'attendre à ce qu'il lui fasse de grands signes de mains. Alors que Rincoeur s'installait à une table pour recopier sur sa tablette un acte de la réglementation de Starfleet, Spock demanda à son capitaine :


« Puis-je aller parler cinq minutes au lieutenant Uhura, capitaine ?» il désigna une table où celle-ci les fixaient « J'ai une information à lui donner. »


Jim fixa la jeune femme, elle le remarqua directement et lui fit un sourire, auquel il répondit :


« Allez-y Spock. »


« Merci. »


Et il s'avança vers la jeune femme. Jim les regardait du coin de l'œil : que c'était frustrant de les voir là, sous ses yeux. Puis il réalisa que la conversion n'avait pas l'air si plaisante que ça, car Uhura levait les yeux au ciel un peu trop souvent. Et il vit Spock revenir vers ses hommes et lui pendant que le lieutenant fulminait. Quand le demi-vulcain arriva à sa hauteur, Jim lui lança un regard interrogateur. Qu'il ignora.


« Aller, commandeur. Ça arrive les disputes de couples… ! » Se permit une des chemises rouges les accompagnants.


Spock ne répliqua pas non plus. Jim fit un regard foudroyant à son subordonné et lui dit d'aller surveiller Rincoeur de plus près. Ce dernier s'exécuta, se sentant injustement envoyé sur les roses. Et il n'avait pas tort. Jim ne se risqua pas à demander quoi que ce soit à Spock. Il préférait que ce soit lui qui vienne à lui, c'était plus simple. Mais il ne le fit pas. Ils restèrent à parler de tout et de rien, puis de l'Enterprise, de la mission, et ainsi de suite pendant que Rincoeur finissait sa tâche. Une fois qu'ils eurent quitté la bibliothèque le soir commença à tomber. Ils furent remplacés par l'équipe de Sulu qui arriva à l'heure – une fois n'étant pas coutume – et s'en allèrent vers leur appartement pour se changer.


« On se retrouve devant le bâtiment dans… » Dit Jim en regardant sa montre « Disons, 10 minutes ? »


« Ça me va capitaine. » répliqua Spock en marchant vers ses quartiers.


Jim entra dans sa chambre et rangea le bordel qu'il avait foutu la veille, se maudissant de ne pas être allé chez Kori. Il n'aimait pas ranger, surtout pour un désordre qu'il ne se rappelait pas avoir foutu. Il regarda son communicateur et vit qu'il avait un message de sa fameuse conquête : « Boire un verre ce soir te tenterait ? On pourrait aller chez moi après. » Il lui répondit dans un message, à son tour, qu'il avait déjà un engagement mais qu'il serait ravis de remettre ça dans la semaine. Elle ne répondit pas, et Jim s'en moqua. Il s'en moqua car il allait passer la soirée avec Spock. Et ça, c'était purement génial.


Quand il sortit du bâtiment il vit Bones et Spock l'attendre devant la porte. Bah tiens, Bones squattait.


« Tu n'as pas rendez-vous avec Carole ce soir ? » demanda-t-il taquin. Et aussi pour lui faire comprendre qu'il avait vraiment envie d'être seul avec son premier officier.


« Non, elle a un repas avec ses collègues. » répliqua Bones, qui ne saisit pas le dernier message caché.


La curiosité de Jim fut piqué : alors ça serait bien passé entre ces deux-là ? Spock, Bones et Jim partirent ainsi manger dans un restaurant non loin du bâtiment dans lequel ils résidaient. Ils mangèrent bien et Bones leur raconta comment c'était passé sa soirée – pardon, sa merveilleuse soirée – avec Carole Marcus. Ils étaient ainsi en bonne voie d'aller plus loin… Plus loin qu'un baiser qu'il lui aurait déjà donné. Jim souriait face à l'enthousiasme de son ami : c'était touchant. Puis Leonard Mccoy revint vers un sujet moins plaisant, surtout quand Spock était à côté :


« Et vous ? Les gars ? Quoi de neuf avec vos copines ? »


Jim regarda Bones un instant, hésitant à répondre. Puis quand il vit que Spock ne répondait pas non plus, il abdiqua :


« Et bien elle m'a envoyé un message pour savoir si on pouvait se voir ce soir, pour boire un verre. Mais je lui ai dit que j'avais déjà quelque chose de prévu. » Il désigna Spock de la tête « J'avais déjà proposé au commandeur d'aller dîner quelque part ou de sortir. »


Bones fit mine d'arquer un sourcil mais se retint de justesse. il n'était pas dupe. Il savait que Jim aurait tout plaqué pour un dîner avec Spock. Puis il se sentit un peu coupable d'être là, avec eux, de ne pas laisser à Jim ce moment seul avec son premier officier. Mais ça ne dura pas. Heureusement, Mccoy n'était pas homme à se lamentait : surtout pour les autres.


« Tu vas la revoir, du coup ? » demanda-t-il à son ami. Jim haussa les épaules. Il l'entendit répondre un : probablement. Il se retourna vers Spock et lui demanda, un air un peu maraud sur le visage : « Et vous commandeur, comment ça se passe avec le lieutenant Uhura ? »


Jim faillit déglutir, et bruyamment. C'était une manie de poser cette question, ou bien ? Surtout que Jim n'avait aucune envie de savoir les histoires de couple de Spock et Uhura… !


« Pas très bien. » commença le commandeur.


Quoi que…


« Nyota et moi avons des points de vues asses contradictoires sur de plus en plus de sujets. » continua-t-il.


La joie de Jim commençait à monter : il ne pouvait y croire ! Finalement Uhura et Spock pourraient bien se séparer.


« Mais nous essayons d'être plus conciliant l'un envers l'autre. Alors nous continuons. » Termina Spock.


Et Jim se prit une claque. Non, Spock et Uhura ne se sépareraient pas. De toute façon, ce n'était pas comme si Spock lui appartiendrait si ça se finissait avec sa petite amie. Il trouverait probablement quelqu'un d'autre et Jim pourrait juste aller se faire voir. Alors qu'il allait détendre l'atmosphère – qui ne devait être tendu que pour lui, d'ailleurs – il sentit quelqu'un poser une main sur son épaule :


« Jimmy ? » Kori sourit de toutes ses dents en reconnaissant le capitaine « Mais quelle bonne surprise ! » Jim la regarda et lui sourit à son tour. Ce n'est pas qu'il n'était pas content de la voir, c'était plutôt qu'il se voyait mal lui dire de dégager pour qu'il puisse passer une soirée avec ses deux amis en toute tranquillité.


« Oh, vous êtes la jeune femme de ce matin ! » dit Bones en lui désignant un siège.


Forcément, si Bones n'aidait pas…


« Merci. » répliqua Kori en prenant place à côté de Jim. « Alors, qu'est-ce que vous faîtes là les garçons ? »


« Nous sommes venu manger » rétorqua Spock, comme s'il s'agissait d'une évidence.


« Oh je vois. » Elle passa une main derrière le dos de Jim et le lui caressa « Je suis venue boire un verre avec des amies. Mais elles sont parties maintenant. » expliqua-t-elle. Jim sentait qu'elle voulait être invitée à rester avec eux. Il sentait qu'elle voulait qu'ils finissent la soirée ensemble. Et il ne serait pas contre si Spock n'était là, à les regarder. Si Spock n'était pas là tout court en fait.


« C'est dommage. » rétorqua Jim. « Je t'inviterai bien à rester avec nous Kori, mais ce soir, c'est une petite soirée entre hommes, tu vois ? » Il lui offrit un très beau sourire. « Je serais ravi de passer la soirée avec toi demain soir par contre. »


Kori soupira et haussa les épaules. Elle se leva et se pencha vers Kirk et lui offrit un baiser. Alors que Jim ne s'attendait qu'à un petit baiser chaste, il sentit une vive douleur à la langue. Il se retira très vite et dévisagea la jeune femme :


« Oups ! Excuse-moi Jimmy ! » Dit-elle, semblant très embarrassée. « J'ai perdu l'équilibre et j'ai donné un coup de dent… »


Jim lui dit que ce n'était rien, mais que pour le coup, il ne s'y attendait pas. Elle sourit et dit au revoir de la main aux deux autres.


« Au plaisir de vous revoir ! Messieurs. »


Quand elle fut finalement partie, Bones se tourna vers Jim :


« Elle t'a mordu la langue ? »


« Oui. Elle ne m'a pas loupé d'ailleurs, ça saigne un peu. » Dit Jim en avalant sa salive.


Spock dévisagea Kirk et ce denier le dévisagea à son tour :


« Qu'est-ce qu'il y a ? »


« Je vous conseille de ne pas vous impliquez d'avantage avec cette personne. » répliqua le demi-Vulcain.


« Quoi ?! Mais pourquoi ?! »


« Je suis d'accord avec le lutin! » approuva Bones « Elle a quelque chose d'étrange cette nana. »


Jim leur dit alors qu'ils étaient complétement parano et que Kori était juste un peu allumeuse, un peu penchée sur le physique. Tout comme lui d'ailleurs. Il ne voyait pas où était le mal à avoir une aventure d'une semaine avec cette femme. Ils décidèrent de clôturer le sujet de profiter de leur soirée. Et elle déroula bien : ils finirent de manger dans le restaurant et y restèrent une paire d'heure. Par la suite Bones et Jim prirent un verre dans un bar et Spock les accompagna, ne consommant pas, cependant. Ils parlèrent de potins sur Sulu – qui les amusèrent beaucoup d'ailleurs – de la nouvelle coupe de cheveux de l'infirmière Chapel, des nouveaux uniformes arrivant bientôt. Bref, des discutions bien virils.


Ils rentrèrent chacun dans leurs propres appartements, se souhaitant la bonne nuit. Jim se glissa sous ses draps mais ne parvint pas à trouver le sommeil. Sa tête le faisait souffrir : il avait chaud, puis froid. Il sentait de multitudes de frissons parcourir son corps. Comme s'il avait une grosse fièvre mais à grande vitesse. Il perdit ensuite connaissance, probablement, car il rêva : il rêva qu'il était avec Kori. Qu'elle lui susurrait des promesses charnelles à l'oreille. Qu'elle embrassait ses joues, ses lèvres, son cou, son torse, son ventre… Puis plus bas, beaucoup plus bas. Il rêva qu'ils faisaient l'amour et qu'ils recommençaient à chaque fois. Il rêva qu'elle hurlait son prénom. Mais lui, il ne disait rien. Il restait muet. Il restait muet et laissait faire, profitant de chaque instant charnel. Kori s'approcha alors près de son oreille, encore et lui murmura :


« Aimes moi… Jim… Aimes moi… »


Comment pourrait-il l'aimer ? Elle n'était pas Spock.


« Spock ne te restera plus en tête. Tu l'oublieras. Aimes moi et oublie-le. Oublie tout. Ne fais que m'aimer. Jim… Jim… »


Oublier Spock ? Il ne voulait pas oublier Spock. Il voulait que Spock reste à ses côtés. Il voulait le garder près de lui. Mais… « Aimes moi » Il savait que Spock ne l'aimerait jamais. Il savait qu'il ne resterait qu'à les observer, Uhura et lui « Jim… ». Il savait qu'il ne pouvait pas assumer une relation ouvertement avec lui « Oublie… Oublie… » et que ses sentiments ne seraient jamais partagés. « Jim… Dis-le… Dis-moi… Spock n'existera plus… » Spock n'existerait plus… Jim cesserait de souffrir… Il cesserait d'être seul… « Dis le… Jim… Jim… Jiiim ! »


« Je t'aime Kori ! » hurla Jim en se réveillant en sursaut. Il haletait. Il avait mal au crâne et suait. Il regarda l'heure, il était 5h du matin. Il savait au fond de lui qu'il devrait juste se rendormir et prendre des forces pour son tour de garde dans à peine trois heures. Mais une seule idée s'imposa à lui, d'un coup, sans pouvoir l'ignorer, il devait l'assouvir : « Je dois retrouver Kori. »


Il quitta alors son appartement. Enfilant à peine son t-shirt et son jean, ne laçant pas ses chaussures. Il claqua la porte et se retrouva à courir dans le couloir :


« Kori ! » hurla-t-il en quittant le bâtiment.



Chapitre 3 : « Spock… je dois vous dire quelque chose »


Quand Jim se réveilla il sentit un foudroyant mal de tête. Il gémit en essayant de se lever. Oui, il essaya car il ne put que retomber maladroitement sur le lit sur lequel il dormait tantôt. Kirk prit alors une inspiration puis soupira : Dans quel état était-il ? Qu'est-ce qu'il avait bien pu foutre la veille ? Il se rappelait pourtant avoir quitté Spock et Bones dans le bâtiment alloué à Starfleet et d'être allé se coucher. Comment une simple nuit avait-elle pu le mettre dans une telle position ?


C'était surement la plus grosse cuite de sa vie… Il réussit, après de longues minutes à essayer de ne pas mourir irradié par la lumière du soleil qui traversaient la pièce, à ouvrir les yeux. Puis ce fut la stupéfaction totale : où est-ce qu'il se trouvait ? Le lit sur lequel il avait dormi était rouge. Oui, rouge : les draps, les oreilles, la couverture et même la structure du lit étaient d'un rouge flamboyant. Le capitaine se tourna face à la pièce, pour essayer de comprendre où il se trouvait. Et il constata que tout l'appartement était dans des tons de rouges, blancs et noirs. Tout était très moderne et bien rangé.


« Tu aimes ? » demanda une voix. Jim se retourna et découvrit Kori en sous-vêtements. Il la dévisagea. Il avait atterri chez elle ? Comment c'était possible ? « Tu as bien dormi ? » la belle jeune femme vint s'assoir à côté du blond. En voyant l'absence de réponse, elle insista : « Qu'est-ce qu'il y a Jimmy ? On t'a volé ta langue ? »


Jim se secoua et se racla la gorge : elle était douloureuse…


« Honnêtement, je ne sais pas ce que je fais ici, Kori. » expliqua-t-il. « Je ne me souviens de rien. » Il vit la jeune femme pouffer et lui tendre une tasse de ce qui semblait être du café.


« Ça ne m'étonne pas, vu l'état dans lequel tu étais hier… » Dit-elle en regardant le blond boire le breuvage. Elle caressa son avant-bras et expliqua : « Tu m'as appelé vers trois heures du matin pour que je te retrouve à la plage de l'autre fois. Quand je suis arrivée, tu avais tellement bu que tu ne pouvais même plus marcher. Je t'ai aidé à rejoindre un taxi et je t'ai ramené chez moi… » Elle s'interrompit et ancra ses yeux roses dans ceux de Jim « Et là, tu m'as dit que tu m'aimais et que tu cessais de courir après Spock. » Quand elle vit l'air affolé de Jim, elle ajouta « C'est ton ami de l'autre soir, c'est ça ? »


Jim ne put pas y croire… ! Enfin, si, bien sûr qu'il l'y croyait, mais il ne pouvait pas accepter qu'il avait été asses crétin pour ressortir se bourrer la tronche et pour appeler cette pauvre Kori. Il était allé jusqu'à lui parler de Spock ! Bon, il lui avait aussi dit qu'il l'aimait, elle. Mais Jim pensait qu'il était disposé à être fou amoureux d'une théière s'il avait quinze verres dans le pif.


« Oui, c'est le vulcain d'hier. » répliqua-t-il. « S'il te plait, ne parle pas de ce que je t'ai dit. Ça pourrait sérieusement compromettre mes rapports avec lui. »


« Oh mais je n'y comptais pas. » susurra Kori en enlaçant le cou du blond de ses bras « Surtout après ce que tu m'as dit et fait hier soir… Ce fut absolument merveilleux Jimmy… »


Kirk faillit la repousser, mais il ne le fit pas : quelque chose l'empêchait de le faire. Il ne savait pas quoi exactement. Comme une entrave à ce geste : une entrave physique et mentale. Mais Jim était en train de décuver et il ne fallait pas trop lui en demander. Au lieu de se poser des questions sur son moi, ça et sur-moi, il attrapa la taille de la belle alien.


« Oh et qu'ai-je dit et fait hier soir de ce si merveilleux ? » demanda-t-il. Elle lui vola un baiser et gloussa.


« Finis ton café, Jimmy… » Dit-elle en lui retendant sa tasse. Il s'exécuta et elle lui raconta alors leur folle nuit d'amour et comment il lui avait avoué qu'il la désirait. Qu'il l'aimait et qu'il ne voulait plus jamais qu'ils soient séparés. Jim pensa que c'était tout de même un peu tiré par les cheveux : même bourré et désespérément en manque, il ne balancerait jamais ce genre de truc à quelqu'un, même pas à Spock, c'était pour dire.


« Tu es bien sûre que je t'ai dit toutes ces choses ? J'veux dire, tu es très jolie et il ne fait aucun doute que je te désire, mais tout de même. Ça va un peu loin. »


Kori se pencha contre Jim et l'embrassa avec lenteur et passion. Jim sentit sa langue s'enfoncer dans sa bouche et ses doigts se promenaient sur sa peau. Il sentit ses ongles éraflant sa chair, le griffant légèrement. Il sentit que le baiser devenait de plus en plus fou, qu'il ne contrôlait plus rien, qu'il se laissait seulement faire, accompagnant parfois le mouvement. Il sentait que son esprit n'était pas clair et qu'il n'était pas physiquement dans ses possibilités de la repousser : sans qu'il ne sache vraiment pourquoi.


Puis Jim pensa à Spock. Il pensa à quel point il l'aimait. Puis, soudainement, il disparut de ses pensées. Ce fut si rapide et si douloureux qu'il ne comprit pas ce qu'il était en train de lui arriver. Et pourquoi toutes les pensées qu'il avait pour lui se remplaçaient par des pensées pour Kori. Il ne comprit pas pourquoi tous les aspects de sa vie était en train de s'effacer, donnant de plus en plus de place à cette femme qu'il venait de rencontrer. Quand Kori se sépara de lui, elle lui murmura :


« M'aimes-tu Jimmy ? » Ses lèvres étaient si proches de l'oreille du blond qu'il pouvait sentir sa voix vibrer.


Kirk sentit comme s'il y avait un déclic en lui. Il regarda la jeune femme et vit en elle la plus belle chose de cette terre… Non ! De la galaxie ! Non, Non ! De l'Univers tout entier. Elle était à présent tout pour lui : son monde n'avait de sens que parce qu'elle existait, elle. Il la regarda dans les yeux et lui sourit, un sourire ravageur, tendre et follement amoureux :


« Bien sûr que je t'aime… » Il se sentit soudain envahir d'une pulsion intense « Oh, je t'aime tellement. » lui dit-il en emprisonnant ses lèvres dans un baiser passionné.





« James Tiberius Kirk ! » Brailla Bones en tambourinant à la porte de son capitaine « Ouvre cette putain de porte ou je te promets que je vais l'enfoncer ! »


Mais rien ne bougea dans la chambre de Kirk.


Bones fit alors un hochement de tête vers deux chemises rouges qui, effectivement, enfoncèrent la porte dans un grand bruit sourd. C'est à ce moment-là qu'Uhura arriva avec le double des clefs. Elle regarda Mccoy avait qu'un air de profonde pitié : crétin. Spock n'attendit pas pour entrer dans la chambre, suivit de près par le docteur et le lieutenant. Les appartements étaient vides. Pas de capitaine Kirk en vue…


Bones prit un air grave : qu'est-ce que ce gamin avait encore foutu ?! Il était absolument fou d'inquiétude. Il était persuadé que son Jim était en train de cracher du sang par tous les trous possibles, agonisant et pleurant pour qu'on vienne l'aider ou abréger ses souffrances. Cette vision le fit blanchir. Non, non et non ! Bones ! Il devait se ressaisir : Jim était un petit con, certes. Mais un petit con prudent… ! …Non… Jim était tout sauf prudent…


« Je vais lancer un avis de recherche. » déclara Spock en sortant de la chambre pour se précipiter vers le hall du bâtiment.


Uhura ouvrit la bouche pour protester, mais c'était déjà trop tard. Le demi-vulcain marchait, dans une cadence folle, ne laissant personne le contredire.


Bones, quant à lui, continua à regarder la chambre : mais où était-il passé… ? Manquer d'une demi-heure la relève : d'accord, ça pouvait arriver, même aux meilleurs. Ne pas se réveiller car on est en charmante compagnie : okay ! Ça aussi ça arrivait de temps en temps. Mais ne pas donner de signe de vie pendant toute une matinée, ignorer les appels et laisser carrément tomber une mission : ça, ça n'arrivait pas. Du moins, ça n'arrivait pas au capitaine Kirk. Il ne foutait pas tout le monde dans le cambouis comme ça. Ce n'était pas dans sa nature. Il préférait se rouler lui-même dans la mélasse si ça pouvait éviter à ses subordonnées de passer un sale quart d'heure…


Bones serra le poing et fondit hors de la chambre pour rattraper Spock et Uhura. Il fallait décidément le retrouver. Et le plus tôt serait le mieux.


Le lieutenant Uhura finit par rattraper le demi-vulcain et lui attrapa le bras pour l'empêcher de continuer :


« Spock ! » lui dit-elle « Spock ! Mais qu'est-ce que tu fais ?! »


Il ne se dégagea pas, mais on sentait qu'il se réprimait pour ne pas le faire. Il s'arrêta pour regarda la jeune femme et répliqua, sur le même ton régulier que d'habitude, sauf que cette fois, le débit de ses mots était beaucoup plus rapide.


« Il semblerait que le capitaine Kirk soit possiblement en danger. Il est donc logique de prévenir les secours et d'organiser une équipe de recherche afin de le retrouver, de le sauver et d'éventuellement de le soigner. »


Uhura cligna plusieurs fois des yeux. Puis soupira :


« Spock… On ne peut pas envoyer des équipes rechercher le capitaine parce qu'il n'est pas rentré hier soir. Il n'a peut-être pas entendu son réveil ? Je suis sûre qu'il va apparaître en début d'après-midi et qu'il va tout nous expliquer. En attendant, nous devons remplir la mission que l'on nous confié. » Elle caressa la joue de son petit-ami pour le rassurer.


Jim laissa cette main effleurer son visage et sembla réfléchir aux propos de sa vis-à-vis :


« C'est vrai que le capitaine a parfois des réactions ou des conduites très illogiques… » Admit-il « Peut-être effectivement, qu'il vaudrait mieux attendre d'en savoir plus… Merci Nyota… »


Celle-ci lui sourit. Elle était aussi inquiète pour Kirk, mais elle ne pouvait pas risquer de compromettre leur mission… Cela leur desservirait à tous.


C'est ce moment que choisit le docteur Mccoy pour passer au grand galop à côté d'eux, les surprenant au passage :


« Qu'est-ce que vous foutez ?! » beugla-t-il « Ce n'est pas le moment de vous faire des mamours ! Jim est en danger bon sang ! »


Spock jeta un regard à Uhura qui soupira : il ne tint pas compte de sa réaction et suivit de près l'autre. La jeune femme fit une mine découragée et finit par les rejoindre tous les deux. Mccoy était du genre papa poule avec le capitaine… Mais il valait mieux prévenir que guérir. Elle espérait juste que Starfleet ne leur mettrait pas un procès aux fesses après ça.





« Chérie ! » Jim courut à la suite de Kori, tout sourire « Mais enfin Chérie, pourquoi est-ce que tu veux qu'on se cache ? »


Kori regarda le blond avec une certaine exaspération. Voilà trois jours qu'elle le priait de faire attention et se la fermer. Mais non, le capitaine Kirk avait toujours un menhir à livrer !


La jeune femme le plaqua contre le mur et il la regarda sans comprendre. Puis ses yeux redevinrent scintillants et il l'a prise dans ses bras « Mon cœur… » Se lamenta-t-il « Pourquoi tu ne veux pas que Spock, Mccoy et mes autres amis nous voient ensemble ? On est si beau, on est si bien. Ils seraient tellement heureux pour nous… »


On pouvait presque voir de la guimauve s'échapper de ses oreilles.


« Jimmy » répliqua Kori en sortant un phaser de son holster de cuisse. « Tes amis sont jaloux de nous. Ils veulent nous empêcher de rejoindre ma planète et de nous marier. Alors il va falloir qu'on soit très vigilant. » Puis elle embrassa Jim du bout des lèvres, le mordant, encore. « Tout ce qu'il faut : c'est qu'on passe la douane de l'aéroport et on pourra embarquer dans mon vaisseau. »


Jim la regarda : Spock et les autres jaloux ? Noooooon… ! Spock n'était jamais jaloux. Ni Uhura ou Bones d'ailleurs. Non, non et non : son adorable Kori se trompait. Il allait lui dire que rien ne pourrait les empêcher de quitter Caleb I.V quand il vit passer une troupe de chemise jaune et rouge. Kori le fit se baisser et elle lui plaqua une main contre la bouche pour qu'il se taise.


A la tête de cette troupe se trouvait le lieutenant Sulu accompagné de l'enseigne Chekov.. Il balaya la rue du regard et envoya ses hommes dans le cartier.


« Retrouvez le capitaine James T. Kirk est notre absolue priorité ! Nous pensons qu'il en très mauvaise posture et qu'il est en grand danger. Réglez vos phasers sur paralysie, si vous le voyez, vous tirez ! »


La troupe acquiesça d'un « oui ! » général et ils partirent tous ratisser les environs. Sulu se tourna vers le petit Chekov :


« Ça fait trois jours qu'il a disparu lieutenant… » Murmura le petit russe. « Je ne sais pas si… »


« Nous devons rester concentrer et ne surtout rien lâcher. Tant qu'on n'a pas retrouvé le capitaine, on ne cesse pas de chercher ! »


« J'espère juste qu'on le retrouvera en v… » Puis une chemise rouge appela le lieutenant Sulu, pensant avoir trouvé quelque chose. Ils allèrent vite le rejoindre, laissant le champ libre à Kori et Jim.


« Tu vois ? Ils veulent à tout prix t'empêcher de me suivre. Ils sont jaloux de notre amour et font tout pour nous stopper. » murmura la jeune alien.


Jim sentit son cœur se serrer : comment ses amis pouvaient-ils faire ça ? Il soupira et prit la main de sa petite amie :


« Passons cette douane. » déclara-t-il.


Ils avancèrent doucement et surement dans les rues de la ville jusqu'à finalement parvenir non loin des portes de l'aéroport. Il leur fallait passer la sécurité et la douane sans éveiller aucun soupçon. Le problème : c'est que tout Caleb I.V devait rechercher le capitaine à l'heure qu'ils étaient. Ça ne serait certainement pas un parcours de santé de réussir à monter dans une navette et de rejoindre le spatio-port.


Kori fit mettre un faux casque de respiration assistée à Jim et elle se couvrit le visage d'un voile opaque. Ils avancèrent alors doucement vers les portes et entrèrent dans le hall de l'aéroport. Quand ils se présentèrent à la douane, Kori donna deux passeports. Jim loucha dessus : c'était des faux. Sa petite amie était géniale ! Elle avait réussi à trouver deux faux passeports en si peu de temps ! Il la regarda avec amour au travers de son casque et lui prit la main.


« Je t'aime » lui dit-il en serrant sa main.


« Mais moi aussi je t'aime mon amour. » répondit-elle en répondant à son étreinte. Elle gardait cependant ses yeux fixés sur les contrôleurs qui regardaient tour à tour les papiers et le visage des deux amoureux.


« Je comprends que votre mari ne puisse pas respirer sans son casque, mais pourquoi vous couvez vous le visage ? » demanda le douanier en la fixant, suspicieux.


Kori haussa les épaules et attrapa le bras de Jim :


« Je suis désolée monsieur… » dit-elle doucement « Mais je suis Galarienne * … Pour mon espèce, il est déshonorant pour les femmes de montrer notre visage avant que le mariage ne soit… consommé. »


L'agent la fixa un instant, sans ne rien dire. Il dit quelque chose dans son communicateur et lui rendit ses papiers :


« Vous pouvez y aller. A l'avenir veillait à avoir consommé votre mariage quand vous passerez dans un aéroport. »


Kori le remercia. Ils prirent leurs affaires, entrant dans la salle d'attente destinée à la prise de navettes. La belle alien posa sa petite valise près d'un banc et désigna le guichet à Jim :


« Je vais nous prendre deux places pour la prochaine navette. Attends ici et ne parle à personne. » Lui dit-elle en le faisant assoir. « Je reviens dans deux minutes. »


Jim la regarda s'en aller. Un merveilleux sourire béat sous son casque. Il était heureux : il allait quitter Caleb I.V avec la femme de sa vie alors qu'il était venu seul au monde. Qu'il regardait sans cesse Spock et… Sp… Cette pensée s'effaça instantanément. A qui Jim était-il en train de penser ? Il sentit sa tête le faire souffrir, comme souvent ces derniers jours. Il avait envie d'air frais, il avait envie de l'air froid sur son visage… Mais Kori ne serait pas contente s'il le montrait dans cette salle d'attente, et Jim ne voulait surtout pas la contrarier. Alors qu'elle revenait vers lui, les deux billets à la main, Jim vit entrer Spock et Bones d'un pas rapide. Ils attrapèrent Kori par les bras et la plaquèrent au sol. Ils lui arrachèrent son voile et Bones lui hurla :


« Où il est ?! Tu vas répondre espèce de salo… ! »


Mais alors qu'il allait encore la secouer, Jim s'interposa : personne ne devrait frapper sa Kori ! Il fonça sur Bones en hurlant et le projeta au sol. S'en suivit une lutte acharnée entre les deux hommes. Jim frappant et poussant Bones de toutes ses forces :


« On ne touche pas à ma future femme ! » hurla-t-il. « Tu entends espèce de salaud ?! »


Bones essayait de le contenir mais il y parvenait mal sans blesser Jim. Le casque du blond valdingua et Bones fut projeté contre les bancs. Kirk ne comprit pas ce qu'il lui arrivait quand il se retrouva la tête contre le carrelage froid et les bras noués dans le dos, quelqu'un appuyant une forte pressions sur ses bras : l'empêchant de bouger.


« Capitaine… » Murmura une voix… Jim sentit son corps tressaillir. A qui appartenait cette voix ? Où l'avait-il entendu ? Cette voix était roque et profonde. Elle lui semblait si familière si… Il donna un coup de tête et vit Spock… C'était… Mais… Mais… Mais Spock ? Mais… Un violent mal de tête le percuta. Il hurla.


« Jim ?! » s'enquit son premier officier, le lâchant.


Le blond se prit la tête entre ses mains et hurla de plus belle de douleur.


« Jim ?! » répéta Spock, sa voix prenant plus d'ampleur.


Le capitaine le regarda alors, le fixa. Puis il se rappela : c'était Spock. C'était son spock. Son Spock qui le regardait avec un air tellement terrifié…. Spock pouvait-il être terrifié… ? Pouvait-il seulement l'exprimer sur son visage… ? Puis il sentit un nouveau pique de douleur emplir sa tête. C'était comme s'il allait exploser de l'intérieur. Il hurla encore, des larmes commençant à couler de ses yeux.


Mccroy fonça vers lui et lui prit la tête, l'occultant brutalement. Il prit son pouls et lui fit ouvrir les paupières. Jim hurlait à s'en briser la voix. Il avait mal, il avait tellement mal. Une chemise bleue vint donner une seringue à Bones et ce dernier l'enfonça dans la cuisse du capitaine. La douleur disparut alors, laissant à Jim une sensation de vide. Il perdit d'abord l'audition, puis ce fut autour du touché. Quand il s'écroula au sol, il vit des ombres danser devant ses yeux. Il sentit qu'on le soulevait et la dernière chose qu'il vit fut l'encadrement de la porte de la salle d'attente qu'il passait.


Puis le noir total.





« Il se réveille ! »


Le plafond était blanc.


« Ah non ! Rendormez-le c'est carrément pas le moment ! »


Il avait froid. Très froid.


« Mais docteur Mccroy…! »


Il tenta de bouger mais il n'y parvint pas.


« Rendormez-le moi ! »


Il reconnut la voix de son ami.


« B…Bones… ? » articula Jim de façon à peine audible.


Il vit le docteur Mccoy se pencher sur lui :


« Tu dois dormir gamin. Tu dois vraiment dormir ».


Puis il sentit une douleur dans le cou, sa tête tourna et ce fut le noir de nouveau.





« Docteur Mccoy, je veux juste le voir. »


« Vous ne pouvez pas commandeur ! Il n'est pas tiré d'affaire… »


Jim gémit quand il sentit une vive douleur à l'intérieur de sa poitrine. Il vit alors le plafond blanc, encore. Il tourna la tête et put voir Bones et Spock qui se penchaient sur lui. Il entendit Bones brailler quelque chose très rapidement et n'en comprit pas le sens. Il fixa son attention sur les yeux noirs de son second et murmura :


« Spock… »


« Capitaine. » répliqua l'officier en second. « Vous devez vous reposer… »


« Non… Je ne veux plus dormir je… » Il gémit de nouveau, la douleur revenant. « ..Qu'…Qu'est-ce qu'il m'arrive ? »


Spock regarda un point derrière Jim. Son regard suivant le docteur Mccoy qui revenait. Jim s'adressa à Bones :


« Qu'est-ce qui m'arrive Bones ? » il était vraiment inquiet quant à son propre état. Il se rappelait juste avoir été plaqué au sol par Spock alors que Kori et lui essayaient de quitter Caleb I.V… Pourquoi avait-il essayé de quitter cette planète avec elle déjà ?


« Tu as été empoisonné Jim. » répliqua Bones en sortant une seringue et en la dosant. « L'alien avec qui tu fricotais t'a drogué et empoisonné. Ça a déglingué ton cerveau et en particulier la région qui s'occupe de ta respiration et de tes fonctions vitales. Maintenant que tu sais ce que tu as-tu vas te rendormir. »


Jim vit la seringue approcher son bras et le retira :


« Non ! » il sentit un sanglot monter en lui. Qu'est-ce qu'il avait froid et mal. « B…Bones… Est-ce que je vais mourir… ? » Demanda-t-il en fixant son meilleur ami de ses yeux bleus.


« Jim tu… »


« D.. Dis-moi la vérité ! » il lui semblait qu'il pleurait maintenant, il n'en était pas sûr « J'ai le droit de savoir si… » il avala « Si je vais pas m'en sortir… »


Il vit les traits du docteur se crisper encore plus – oui, c'était possible – et regarder le commandeur qui était de l'autre côté du lit du capitaine. Il soupira, un soupire qui ne soulagea rien et qui n'admettait rien, et répondit lentement, semblant ne pas vouloir croire en ce qu'il disait :


« Il… Il y a de fortes chances pour qu'on soit intervenu trop tard James… Et… Et que tu n'y survives pas. » il renifla « Maintenant ça va dépendre de ton corps et… Et je ne peux pas prévoir comment il va réagir. »


Jim sentit une boule se former dans sa gorge : il allait mourir. Il allait mourir et il ne comprenait pas réellement pourquoi. Il ne comprit pas pourquoi il devait perdre la vie d'une façon aussi… Aussi stupide… Parce qu'il avait couché avec une folle… Avec une…


Il sentit le bord de son lit trembler et vit Spock froncer les sourcils :


« Spock… » Murmura-t-il.


« Capitaine… » Répliqua le commandeur en fixant l'autre. Il y avait dans ses yeux quelque chose de différent. Comme cette fois-là… Dans l'Enterprise… Avec la décontamination… Quand il l'avait vu mour… Quand il l'avait vu.


Jim réprima un sanglot. Il regarda Spock avec autant d'intensité qu'il le pouvait. Il voulait graver en lui chacun de ses traits, il inspira à fond pour essayer de sentir son odeur. Il voulait se rappeler de Spock même après ce qu'il l'attendait. Il voulait mourir en ayant Spock à l'esprit.


Puis quelque chose le frappa : le demi-vulcain ne saurait jamais l'affection qu'il avait pour lui. Il ne saurait jamais l'importance que Jim lui accordait. Il ne saurait jamais tant il l'aimait. Devait-il le lui dire ? Devait-il prendre le risque de lui dire ce qu'il ressentait ? N'aurait-il pas de pire regret ? De ne pas avoir eu le courage de dire à Spock qu'il était amoureux de lui….


Et alors il prit la décision. Il fit le choix de le faire. Si la mort le voulait, elle pouvait venir le prendre, mais avant il devait se libérer et dire au commandeur ce qu'il ressentait pour lui.


« Spock… » Commença Jim. Il sentit son cœur battre de plus en plus vite. Puis la douleur revint et c'était comme si on lui enfonçait une lame brulante dans la poitrine. Il réprima un hurlement. « Spock je dois vous dire quelque chose… »


Il ne prit pas compte de Bones en train de prendre son bras et de l'immobiliser. Il gardait son regard ancré sur Spock. Plus rien n'avait d'importance à cet instant que ce qu'il souhaitait lui dire.


« Spock je… » il sentit l'aiguille s'enfoncer dans chair. « Spock si je dois mourir je dois vous le dire… »


Il vit des ombres danser devant et ses yeux et il ouvrit autant qu'il le put pour pouvoir le voir, lui :


« Spock je… » il sentit une vague de froid l'envahir, il tendit sa main vers le visage du vulcain, sans pouvoir l'atteindre « Je… Je vous aime… »


Puis sa main retomba dans le vide et sa tête contre l'oreiller.



Chapitre 4 : On le tient votre traitement capitaine Kirk !


« … Je n'ai jamais entendu parler de ce genre de traitement » chuchota avec un brin d'énervement le docteur Mccoy. « Vous êtes sûr de votre coup, là ? »


« C'est vous qui m'avez fait venir pour avoir des informations sur mon cas, c'est comme ça que je m'en suis sorti. Que vous voulez vous que je vous dise d'autre ? » Cette voix n'était pas connu au bataillon « Vous n'avez qu'à demander aux médecins qui se sont occupés de moi ! ». Jim n'arrivait pas à ouvrir les yeux, c'était trop difficile, il était totalement dans le brouillard, seules ces voix lui parvenaient comme un écho lointain.


« Il me semble que le capitaine se réveille » dit l'infirmière Chapel. Jim cessa instantanément de s'agiter, comme si on l'avait surpris à faire une bêtise. Il se força à ouvrir les yeux et fut aveuglé par la lumière de la chambre d'hôpital.


« Où est-ce que je suis ? » fut sa première question « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »


Bones vint immédiatement à son chevet et prit son pouls. Il prit ses instruments et observa les yeux du capitaine, ses oreilles, sa bouche et lui fit une prise de sang. Tout ça en une vitesse record :


« Fiou… Tout semble aller bien… » Soupira-t-il, soulagé. « Il s'est passé mon p'tit que tu nous as foutu une sacré frousse. Heureusement tu t'en es tiré ! »


Jim se redressa doucement dans son lit et dévisagea les personnes présentes dans la chambre : Chapel… Un homme qu'il ne connaissait pas… Une femme inconnue également… Bones et… Et Spock. Ce dernier le fixait avec son éternel regard neutre. Jim soupira intérieurement, ce fichu vulcain aurait au moins pu faire mine d'être content de le voir !


« Qu'est-ce qu'il m'est arrivé exactement ? » demanda le blond en se tournant vers le docteur Mccoy.


Bones se tourna vers les autres personnes présentes, comme pour obtenir du soutien. Ce fut Spock qui commença à expliquer la situation au malade :


« Nous avions une mission sur Caleb I.V, vous en souvenez-vous capitaine ? »


Jim acquiesça : bien sûr qu'il se souvenait.


« Mission que nous n'avons pas pu mener jusqu'au bout et qui a été avorté. Le diplomate Rincoeur a été renvoyé sur terre au bout de deux jours. Savez-vous pourquoi ? »


« … On l'a renvoyé chez lui ? » Jim se tourna vers Bones.


« C'est pas la peine de me regarder comme ça gamin, c'est oreilles pointues qui raconte. »


Le capitaine reporta son attention sur le commandeur.


« Pourquoi… ? » questionna-t-il.


« Car vous avez été enlevé par une Evuev*, plus communément appelé, veuve noire de l'espace, répondant au prénom de Kori. »


Jim se rappelait : Kori… Oui, Kori. Cette alien avec qui il avait eu une liaison sur Caleb I.V.


« Comment ça une veuve noire de l'espace ? » questionna-t-il.


C'est à ce moment-là que l'homme que Jim ne connaissait pas prit la parole :


« C'est une espèce Alien qui se nourrit de ses partenaires. Elles trouvent un partenaire, de préférence d'une espèce différente, et le ramène sur leur planète pour le dévorer. Juste avant de l'abattre elles récupèrent un échantillon de leur ADN pour pouvoir se l'inséminer artificiellement et ainsi donner naissance à un ou une nouvelle Evuev. La particularité de ces aliens est que leur corps sait piocher les caractères physiques sans altérer l'espèce : en gros, ils sont toujours des Evuev pures. Je ne sais pas si c'est très clair ? »


Jim fit mine que oui, il avait saisi l'idée : Kori avait voulu le bouffer.


« Ainsi vos hommes et amis ont pu vous interceptez alors que vous quittiez la planète avec cette Evuev. S'ils ne l'avaient pas fait, vous seriez déjà mort à l'heure actuelle. »


Quand même, il y avait quelque chose qui clochait :


« Pourquoi est-ce que je me suis laissé faire ? J'veux dire, je me souviens avoir suivi cette tarée, c'est sûr, mais je ne me souviens pas pourquoi. J'ai abandonné mon poste c'est ça ? »


L'homme lui fit un sourire triste :


« C'est pour la même raison que vous vous êtes retrouvé dans un tel état et que vous avez fait trois arrêts cardiaques. » Bones le corrigea : c'était quatre. « Ah oui, quatre, pardon. » il continua « Les Evuev droguent leur partenaires grâce à une toxine présente dans leur salive. En général elle leur donne aussi des sédatifs et des substances hallucinogènes pour qu'ils soient plus dociles. La toxine présente dans leur salive agît comme une hormone sur le cerveau. Elle agît sur différentes zones du cortex et du tronc cérébral, notamment sur le système limbrique *. Ainsi cette hormone vous conditionne à… A l'aimer en quelque sorte. Vous êtes surtout son esclave à vrai dire. Vous ne pouvez rien lui refuser et vous prenez tout ce qu'elle dit pour vérité absolue, ou presque. »


Le capitaine kirk cligna des yeux plusieurs fois… ça faisait beaucoup d'information tout ça…


« Le problème de cette hormone c'est qu'elle rend votre corps dépendant et que toutes les fonctions de votre cortex et de votre système limbrique l'induise à partir de deux ou trois injections. Aussi, vous vous sentez bien du moment que vous recevez cette hormone par l'intermédiaire de l'Evuev. Cependant cette drogue a un effet très nocif sur le corps puisque vos fonctions vitales dépendent d'elle. »


L'homme hésita un instant, regardant la femme à côté de lui. Celle-ci lui prit la main et lui sourit. Il lui rendit son étreinte et son sourire et continua :


« La raison pour laquelle vous vous trouvez dans cet état et pour laquelle vous avez eu de multiples gros problèmes de santés : c'est qu'on vous a séparé de Kori et de son hormone. D'après ce que j'ai retenu, vous avez compris ce qu'il vous arrivait et une vive douleur s'est emparé de votre tête. La raison est toute simple, votre conscient a perçu une information qui était contraire à celles que l'hormone vous apportait, stoppant son action d'un seul coup sur votre cerveau, ce qui l'a choqué. »


Kirk acquiesça, attendant la suite :


« Par la suite vous avez été mis sous sédatif par votre médecin chef qui vous a transporté dans un hôpital de Caleb I.V. »


« Tu as fait deux arrêts cardiaque ce jour-là, Jim. » intervint le docteur.


« Oui… Voilà. » Continua l'homme. « Les médecins et scientifiques de l'hôpital ont réussi à synthétiser une micro dose presque inoffensive de l'hormone à partir de la salive de l'Evuev. On vous l'a administré pour vous permettre de survivre la première semaine. Vous vous êtes réveillé au début de la seconde une première fois et on vous a rendormi aussi tôt. Les médecins ont alors fait appel à des experts, dont je fais partie, pour avoir vécu la même expérience que vous, et on vous a transféré sur la base spatiale de recherche de Starfleet pour pouvoir vous soigner avec les personnes qualifiées. On vous alors supprimé l'hormone petit à petit. Au départ votre corps réagissait bien mais quand on a complétement cessé de vous l'administrer, vous avez fait un troisième arrêt cardiaque. Il nous a fallu vous maintenir en vie en vous réanimant et en vous injectant de la morphine pour que vous puissiez supporter la douleur, même dans le coma il vous arrivait de gémir tant la douleur est grande. »


Plus l'homme parlait, plus Jim se sentait mal. Peut-être aurait-il préféré ne rien savoir.


« Finalement vous vous êtes réveillé dans une période où votre corps n'était pas en manque et vous avez pu parler avec votre médecin chef et votre premier officier. D'après ce que j'ai compris ça n'a duré que cinq minutes puis votre corps a refait une crise, le docteur Mccoy vous a remis sous sédatif pour vous éviter de trop souffrir puis vous avez alors eu votre quatrième arrêt cardiaque. Le docteur a réussi à vous réanimer. »


« Cette fois-là, c'était vraiment juste, Jim. » ajouta Bones. « J'ai bien failli ne pas réussir. »


« On vous a conservé dans un coma artificiel jusqu'à hier soir et on vous a laissé vous réveillez tranquillement. Votre corps est enfin à peu près stabilisé, vous ne risquez plus de faire des arrêts cardiaques ou de mourir pendant une de vos crises de manque. » il toussota « Bien sûr vous aurez encore des crises et ça sera douloureux, très douloureux. J'en ai eu jusqu'à deux mois après mon réveil, personnellement. »


Il se tourna alors vers le docteur Mccoy qui s'approcha de Kirk :


« Maintenant, le professeur Stephan Turing, pense que nous devrions aborder la seconde partie du traitement. » dit-il en fixant le dit professeur. Je vais me renseigner auprès de ses confrères et des médecins qui l'ont suivi mais… Il semble que ce soit essentiel. Et ce n'est pas vraiment facile à comprendre. » Expliqua-t-il. « Je vous laisse lui expliquer. »


Le professeur Turing, donc, reprit la parole :


« Je vais vous expliquer comment nous en sommes venu à découvrir cette façon de traiter les crises de manque et pourquoi il vous faut absolument le même traitement si vous voulez éviter de trop souffrir dans les deux prochains mois. » il inspira « Quand je me suis réveillé après que mon corps ait évacué les dernières traces toxines, j'ai eu mes premières crises très tôt. Je ne sais pas si vous en avait déjà ressenti une en étant totalement conscient mais c'est comme si vous sentiez qu'on vous compressait le cœur de l'intérieur et qu'on vous frappez le crâne avec quelque chose de solide. Je ne sais pas si je m'exprime très bien… » Quand il vit que Jim l'écoutait sans faire de remarques, il continua : « Bref… Ces crises sont provoquées par l'incapacité de votre tronc cérébral à contrôler votre rythme cardiaque. Votre tête est alors douloureuse car votre cerveau n'arrive plus traiter les informations et c'est sa façon d'envoyer un signal de détresse. Vous me suivez ? »


« Oui, oui, continuez. » répliqua le capitaine. « Je vous écoute. »


« Bien… Bien… Euh… Donc, il est impossible d'empêcher ces crises malheureusement, mais nous pouvons affaiblir la douleur ressentie par le patient en remplaçant des fonctions que la toxine occupait pendant qu'il était sous le contrôle de l'Evuev... » il reprit son souffle « C'est-à-dire, tout ce qui va concerner le système limbrique. »


Il termina ainsi, regardant Jim et attendant visiblement une réponse. Il eut un instant de silence avant que ce dernier réplique :


« Et comment ? J'veux dire, répondre à des fonctions sur le système limbrique ? C'est ça ? Comment on fait ça ? » Demanda-t-il au bord de la surchauffe.


« Alors non, on ne répond pas à des fonctions, on remplace fonctions qu'avait la toxine. » corrigea le professeur Turing « Et pour vous répondre : on fait appel à tout ce qui va être émotions et comportements, qui doivent être absolument positifs, bien sûr. » Quand il vit l'air incompréhensif de son vis-à-vis, il précisa « Votre copine doit être attentive, câline, tactile ! Vous devez recevoir de l'affection, bon sang ! C'est ce qui s'est montré le plus efficace. Dans mon cas, ça a même réduit le temps des crises. »


Jim resta un instant interdit, puis demanda :


« Vous… Vous voulez que je me trouve une… copine ? »


« Voilà. Du moins quelqu'un pour qui vous ressentez des choses, des sentiments, de l'amour même. C'est encore plus efficace si vous êtes amoureux de cette personne. » S'exclama le professeur « Quand j'ai commencé à avoir ma relation avec mon épouse, ici présente » il désigna la jeune femme derrière lui, qui fit un sourire au capitaine « Mes crises ont diminués en fréquence et en intensité. Il faut donner au système limbrique des sentiments positifs, si je puis m'exprimer ainsi. »


Le capitaine Kirk dévisagea cet hurluberlu : sortir avec une fille allait guérir sa « maladie » ? Il n'arrivait pas à sortir plus de deux semaines avec une femme sans que ça ne se finisse mal. Comment voulait-il qu'il trouve une nana aussi vite et qu'il en tombe amoureux en prime ?


Le blond soupira et répliqua, d'un ton nonchalant :


« Le problème professeur… C'est que vous pourriez demander à n'importe quelle personne me connaissant un peu, elle vous répondrait que je suis un homme à femme. Un coureur de jupon… Je ne suis pas le genre d'homme qui se pose avec une femme pour quelque chose de sérieux, vous voyez ? Et je ne tombe pas amoureux de mes maîtresses. Je n'y arrive pas. »


Il se rendit compte, dans ce qu'il venait de dire, qu'il passait pour un véritable connard. Peut –être l'était-il après tout. Même s'il ne s'identifiait pas lui-même comme quelqu'un de particulièrement méchant ou prétentieux.


C'est à ce moment que Bones intervint :


« Tu dois avoir une de tes ex qui accepteraient de ressortir avec toi, Jim. Même si tu ne l'aimes pas, vous aurez une certaine complicité. » Proposa-t-il.


« Essayes donc de trouver une de mes ex qui accepteraient cette arnaque, sérieusement. Déjà que quand je croise certaines d'entre elles, elles m'évitent intentionnellement, je ne pense pas qu'un tel accord leur fassent envie. »


Le docteur se tourna vers le professeur Turing, un air résigné sur le visage :


« Il n'a pas tort vous savez. Ça ne se termine rarement bien, ses petites histoires. Vous êtes sûr qu'il n'y a pas d'autres alternatives ? »


« S'il y en a une, on ne l'a pas encore découverte, docteur. » répliqua le professeur.


C'est à ce moment que Spock intervint :


« Que se passera-t-il si le capitaine ne reçoit pas ce traitement ? » demanda-t-il de son éternel ton régulier.


Le professeur fit une mine navré :


« Il souffrira beaucoup et probablement plus longtemps. Il n'en mourra pas cependant. Il risque toutefois d'avoir des séquelles d'ordre cardiaques. »


Spock resta un instant silencieux puis regarda Jim, puis Mccoy, puis le professeur. Il s'approcha ainsi du blond et déclara :


« Dans ce cas capitaine je pense que je suis la personne la plus qualifiée pour vous servir de traitement. » déclara-t-il, son ton ne changeant pas.


Jim le regarda avec des yeux ronds, imité par le professeur, son épouse et Chapel. Bones quant à lui eut envie de s'abattre une main contre son front.


« Comment ça ? » s'enquit le professeur. « Il faudrait que vous… »


« Le capitaine m'a avoué qu'il ressentait des sentiments amoureux pour ma personne lors de son précédent réveil, pensant alors qu'il n'allait pas survivre. » expliqua-t-il en coupant la parole de l'autre. « Je suis disposé à lui servir de traitement durant la durée nécessaire à son rétablissement complet. » il regarda Jim « Il serait illogique de ne pas intervenir alors que j'en ai les moyens. De plus, le capitaine Kirk est un excellent élément de Starfleet, qu'il nous serait compliqué de remplacer s'il devait développer des problèmes cardiaques. D'autant que plus vite le capitaine sera rétabli, plus vite nous pourrons reprendre notre travail. »


Il acheva sa tirade sans sourciller. Ce qui bluffa le professeur. Comment une personne pouvait-elle déclarer ce genre de choses sans rien exprimer ?


« Donc… Vous vous portez volontaire pour être son… traitement ? » Demanda-t-il.


« Il semblerait, en effet. » répliqua le commandeur.


Jim les regarda tous les deux, des yeux ronds comme des soucoupes : ils étaient sérieux ?! Déjà qu'il était embarrassé au possible par l'évocation de ses sentiments – maintenant connus de toutes les personnes dans la pièce – envers Spock, ils étaient en train de décider de ce qu'ils appelaient son « traitement », et ce sans lui demander ce qu'il en pensait. Jim ne voulait pas de ce genre d'alternative… ça finirait par corrompre ses relations professionnels et amicales envers Spock. Il n'allait pas se laisser faire :


« Je refuse. » déclara-t-il en fixant les deux autres. Bones le regarda comme s'il allait l'étripait.


« Comment ça tu refuses ?! » Mccoy se foutu entre Jim et le professeur et Spock. « Tu n'es pas en droit de refuser ! C'est de ta santé qu'il s'agit ! »


« J'ai le droit de refuser un traitement ! » s'indigna Kirk « Je refuse. C'est tout. »


Spock contourna Mccoy et s'arrêta à un mètre du blond :


« Je suis perplexe capitaine. » expliqua-t-il. « Pourquoi refusez-vous un traitement que je suis en mesure et en accord de vous fournir ? Vous avez pourtant dit que vous aviez des sentime…. »


« Oui Spock, je vous l'ai dit et j'aurais mieux fait de me casser une jambe ce jour-là » le coupa Jim un tantinet virulent. Quand il vit que Spock allait faire une remarque sur l'incapacité logique de se casser une jambe dans un lit d'hôpital, il le devança. « Ne jouez pas sur les mots commandeur. Je refuse. Vous avez pensé au lieutenant Uhura ? Non de dieu mettez-vous un peu à sa place ! De plus nous sommes collègues. Ce traitement est incompatible avec notre cas. »


Spock sembla réfléchir et répondit :


« Je suis certain de pouvoir concilier ça avec le fait que nous soyons collègues capitaine. Il est tout à fait pertinent pour moi de vous aider, puisque ça signifie vous faire rependre vos fonctions le plus tôt possible et par extensions, les miennes aussi. De plus vous êtes mon ami. » Il prit une pause puis continua « En ce qui concerne le lieutenant Uhura vous ne devez pas vous en préoccupez. » Comme Jim allait de nouveau protester, il ajouta « Cela ne vous regarde tout simplement pas. »


Ceci eut le mérite de cloué le bec du capitaine. Bones hocha la tête et le professeur s'exclama, victorieux :


« Et bien voilà ! On le tient votre traitement capitaine Kirk ! »


Chapitre 5 : On aura tout vu…


Kirk fut réveillé à 5h du matin : c'était le jour de son transfert.


« L'Enterprise - ainsi que son équipage - devrait rejoindre la station orbitale de Mars pour y être réaffecté le temps du rétablissement total du capitaine en fonction, à savoir, James T. Kirk. Cependant quelques membres d'équipages ne le seront pas : ils ont été en contact direct avec les évènements et devront être prêts à témoigner dans le procès arrivant dans le mois face à l'evuev Kori. Ils devront donc résider sur la station et y travailler, chacun dans leurs domaines respectifs, jusqu'à la fin du procès. Cela concernant le Docteur Mccoy – médecin personnel du capitaine –, ainsi que son infirmière en chef Chapel, le lieutenant Sulu, l'enseigne Chekov, le lieutenant Uhura et l'ingénieur Scott. Le commandeur Spock devra quant à lui rester en toute circonstance avec le capitaine Kirk, pour veiller au mieux à son bon rétablissement. Cependant, il n'y a pas de détail dans le rapport quant à son utilité, celle-ci restant secrète, bien entendu. »


Le commandeur Greg - remplaçant Jim dans ses fonctions de capitaine de L'Enterprise jusqu'à son rétablissement - ayant terminé de lire son rapport à Kirk, encore dans les vapes, le salua et quitta ses quartiers. Le blond le regarda partir d'un air las. Il était enfin de retour sur l'Enterprise mais il n'avait pas la permission de se rendre sur la passerelle ni de quitter ses quartiers avant leur arrivée sur la station. Si Mccoy avait été présent, il n'aurait même pas le droit de quitter son lit, fort heureusement, il était à l'infirmerie.


Jim se leva de sa chaise et marcha jusqu'à son bureau… Qu'allait-il bien faire pendant deux mois sur la station orbitale ? Certes, elle était connue pour recevoir de nombreuses conférences et être un pôle d'habitation et de navigation important, mais il ne se voyait pas assister à des conférences pendant deux mois… Il lui semblait se rappeler qu'il y avait de nombreux bars et boîtes dans la partie commerciale et habitable… Mais c'était sans compter qu'il serait avec Spock et que le demi-Vulcain n'aimait pas ce genre de… distractions.


Il s'autorisa alors à penser plus en détail à Spock… Pourquoi ce fichu bougre avait-il accepté un tel marché ?... A vrai dire, marché n'était pas réellement le mot, puisque le commandeur ne demandait strictement rien en échange que la reprise rapide du travail de son capitaine. Spock faisait don de lui-même pour Jim. Et c'était beau.


Ah bah oui, dans la théorie, ça l'était. Mais en pratique, c'était un véritable supplice ! Jim se rappela alors son réveil du matin : Spock et le docteur Mccoy était venu le réveiller et lui avait annoncé les procédures du traitement. Spock devait avoir un contact physique toutes les sept heures avec Jim – minimum, avait ajouté Turing - pour que son système limbrique en soit satisfait. Et par contact physique, Jim ne savait pas où les deux hommes voulaient en venir. Il n'attendrait pas longtemps pour le savoir, puisque la première prise du fameux traitement n'allait plus tarder.


Jim ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'allait ressentir le lieutenant Uhura : si une chose comme ça lui arrivait à lui, il ne savait pas s'il acceptait que Spock aille l'aider de cette manière, avec ce fichu traitement. Serait-il capable – dans la mesure où on imaginait qu'il eut une relation avec Spock plutôt qu'Uhura – de le laisser aider une personne de la sorte ?... Probablement, Jim pouvait être égoïste, mais peut-être pas à ce point. Il l'accepterait mais aurait une très mauvaise opinion de tout cela. C'était d'ailleurs probablement l'avis du lieutenant.


Alors qu'il allait se relaxer en reprenant place sur son lit, Jim fut déranger par l'hautparleur de sa porte :


« Commandeur Spock » s'annonça le demi-vulcain « Puis-je entrer capitaine, afin de procéder à la première prise de votre traitement ? »


Jim hésita un instant : ça serait si facile de faire le mort…De faire semblant de ne pas l'avoir entendu et de le laisser s'en aller… Mais il se résigna… Le vulcain serait bien capable de faire griller les circuits de la porte :


« Accordé. »


Spock entra dans les appartements et le salua :


« Capitaine. »


« Spock. » répliqua le plus gradé. « Finissons-en, que vous puissiez retourner travailler ou vaquer à vos occupations. »


Le demi-vulcain parut surpris :


« Capitaine ? » questionna-t-il « Je pensais que vous avions convenu que je devrais rester en permanence avec vous à compter du début du traitement. »


Jim faillit s'étouffer :


« En permanence ?! » il s'assit sur son lit « Spock, ne le prenez pas mal. Mais je finirais par vouloir vous tuer si tel était le cas. »


« C'est illogique capitaine. » commenta l'autre « Puisque vous m'aimez. »


Jim le regarda avec de grands yeux : comment Spock pouvait-il lui balancer des choses comme ça à la tronche ? Sérieusement, était-ce une chose que l'on disait à son capitaine ? C'était absolument odieux !


Pendant que Jim s'indignait intérieurement – de ce qui n'était que stricte vérité, en fait – l'autre s'approcha de lui et le fit se lever du lit en le tirant doucement par ses avant-bras, prenant garde à ne pas toucher sa peau. Jim eut l'instinct de se reculer mais Spock l'en empêcha. Il s'approcha définitivement de lui et plaça ses bras de part et d'autre du corps du capitaine, le tenant dans une étreinte tout sauf naturelle. Jim avait les bras le long du corps et était tétanisé : Spock le serrait dans ses bras… Spock le serrait dans ses putains de bras bon sang !


Le contact était paradoxalement agréable et très inconfortable à cause de leur position. Jim pouvait sentir l'odeur de Spock puisqu'il avait la tête dans le creux de son cou. Il se retint avec grands efforts d'inspirer le plus possible pour imprégner son système olfactif de l'odeur du Vulcain. Il sentit ses propres bras venir encercler la taille de son commandeur et se surprit à le serrer d'avantage. Spock réaffirma son étreinte sur le capitaine, venant poser une de ses mains derrières sa tête blonde, dans un mouvement qui se voulait rassurant. Leur câlin devenant alors bien plus constitutionnel qu'au départ. Kirk se retenait de le serrer encore plus fort : qu'est-ce qu'il avait rêvé de ce genre d'étreinte avec Spock… Qu'est-ce qu'il en avait eu envie… Et maintenant, bien que le contexte soit déplorable, il le vivait. Il vivait ce grand moment de caresse qu'il avait toujours dû refreiner. Malgré lui, il lâcha un soupire d'aisance. Spock ne réagit pas, le laissant faire, se contentant toujours le serrer dans ses bras.


Je vous aime… Jim aurait tellement voulu dire ces mots… Dieu que c'était niais, mais qu'est-ce qu'il en avait besoin… Et de toute façon, Spock le savait… Mais il y avait une différence entre ce que Spock savait déjà et entre ce que Jim était capable de dire, là, à cet instant, dans ses bras. Il ne voulait pas le faire fuir d'avantage que cette situation le ferait à la fin de son rétablissement. Il voulait absolument le conserver en tant qu'ami… Et pour ça, il ne devrait jamais lui répéter ces mots….


Ce fut lui qui rompit le contact en premier, se séparant doucement de Spock. Il ancra ses yeux bleus dans ceux du commandeur et se racla la gorge :


« Bien… J'ai pris mon traitement… » Annonça-t-il.


« Je le sais capitaine, puisque je suis celui qui vous l'ai administré. » répliqua Spock, sur son ton régulier « La prochaine prise devra se prendre après notre arrivée sur la station orbitale. » il regarda l'heure et sembla calculer « A 22h, heure de locale. »


« Bien, bien… » dit-Jim en se balançant sur ses talons « Je pense que vous pouvez y aller, du coup, commandeur… » Insista-t-il.


Spock se réprima certainement de le dévisager et ancra ses yeux sombres dans ceux de son capitaine.


« Jim… » Commença-t-il. « Je dois rester avec vous tout le temps, quoi qu'il arrive. J'ai reçu des ordres. Vous n'avez pas le pouvoir de me dire de partir, peu importe la façon dont vous le formulerez. » Il rompit le contact visuel et alla s'assoir dans un siège en empruntant la tablette du capitaine, commençant visiblement à travailler. « Je vous conseille vivement de vous faire à cette idée… »


Le dit capitaine sembla réfléchir et ne dit rien pendant plusieurs minutes… Finalement il releva les yeux vers son premier officier et demanda, d'une toute, toute, toute petite voix :


« Mais cela ne vous dérange donc pas ? » il se racla la gorge « De perdre tout ce temps juste pour me surveiller et m'administrer ce fichu traitement ? »


Spock releva les yeux vers l'autre et ne sourcilla pas. Il se contenta de poser la tablette et de s'orienter bien en face du capitaine :


« Il me semble pourtant que j'ai déjà exposé les raisons qui me poussaient à vous aider, ne pouvez-vous donc pas vous en satisfaire ? » questionna le Vulcain.


Jim se sentit comme un gamin à qui l'on disait non pour la dixième fois. Il se retint de baisser les yeux et ce fut dur pour lui de ne pas détourner le regard de son-vis-vis :


« Disons que j'ai du mal à saisir pourquoi vous vous pliez à toutes ces exigences et pourquoi vous me forcez la main de la sorte. Que ça m'empêche d'avoir des séquelles, d'accord. Que cela me permette de reprendre le travail vite, pourquoi pas ! Mais ce ne sont pas les raisons qui me pousseraient, personnellement, à aider une personne dans ce genre de situation. Même si nous sommes amis vous… »


« Justement capitaine, nous le sommes. » le coupa Spock. « Si je compare toutes les choses que vous avez faite pour moi et notre équipage, que ce soit vous sacrifiez pour sauver l'Enterprise ou me sauver personnellement la vie, je trouve logiquement que rester avec vous pendant deux mois en continu et vous servir de traitement est quelque chose de proportionnellement très léger. » Il reprit sa tablette entre ses mains et ajouta « Et prenez en considération que je serais capable de bien d'avantage si cela pouvait un jour vous sauver la vie, Jim. En réalité, n'en doutez jamais. »


Jim se sentit très touché. Trop touché. Comment Spock pouvait-il lui dire ce genre de choses en sachant ce que l'autre ressentait pour lui ? C'était à la fois une magnifique preuve d'amitié et une sentence. Comment Jim pourrait-il un jour cesser d'aimer cet être ? Oh, il pouvait être casse-pied, têtus et parfois même insupportable, mais Jim l'aimait tellement. Il renifla, malgré lui et répliqua, d'une voix un peu enroué :


« Et c'est absolument réciproque… Spock… »


Le vulcain inclina la tête et se replongea dans son travail. Jim attrapa quant à lui un rapport et en commença la lecture. Vite, il ne s'en rendit pas compte, il s'endormit sur son fichu papier officiel.


Et il rêva : il rêva qu'il était sur la passerelle avec son siège de commandement et qu'il y avait deux interrupteurs en face de lui. Le premier devait lui faire tirer un trait sur Spock pour toujours, acceptant qu'il ne faille plus jamais penser à lui de manière romantique, ne conservant que son amitié pour lui. Le second devait lui faire franchir les barrières de ses craintes et le pousser dans les bras de Spock. Tirer la situation à son avantage et tout faire pour qu'à la fin des deux mois, le commandeur et lui soient définitivement plus que des amis. Mais par la même occasion, cela condamnait son amitié avec Spock en cas d'échec et condamnait sa complicité et amitié avec le lieutenant Uhura, et ce dans tous les cas.


Le choix était très dur. Et Jim ne savait pas ce qu'il voulait. Il savait juste ce qu'il ne voulait pas : briser le cœur de Uhura, perdre l'amitié de Spock, perdre la possibilité de rêver d'être avec Spock, se forcer à oublier Spock car c'était trop douloureux…


Puis il ressenti une vive douleur : son cœur se comprimait tellement qu'il avait l'impression qu'on refermait un étau autour de cet organe. Il hurla et commença à gesticuler, se réveillant d'un coup pour se recroqueviller sur lui-même.


Il respirait fort et il sentait une tension intense dans son crâne. Il cria encore, les deux douleurs s'intensifiant. Puis il fut retourné d'un seul coup et plaqué sur le dos contre son lit. Il ouvrit de grands yeux surpris tout en lâchant un gémissement de douleur et vit Spock le maintenir par les épaules.


Le blond essaya de bouger, souffrant beaucoup trop pour rester immobile : il avait ce besoin viscérale de se rouler en boule comme un animal blessé et apeuré. Et le commandeur l'en empêchait… Alors que Jim sentait que son cœur allait se faire écraser, Spock fondit sur lui, encadrant ses épaules de ses bras : allongeant tout le haut de son buste sur celui de Jim. Il plaça une main derrière sa nuque et ramena la tête du capitaine contre son épaule :


« Serrez-moi… » Ordonna-t-il.


Jim ne bougea pas d'un poil. Il était à la fois choqué par la sommation de son premier officier et à la fois totalement ailleurs : il souffrait énormément, c'était absolument certain, mais il ne voulait pas obtempérer. Il ne voulait pas serrer le commandeur contre lui de la sorte. Il se sentirait honteux, rabaissé, humilié… Et il ne savait pas réellement pourquoi…


Un nouveau pic de douleur le traversa et il cria : un cri déchirant. Spock resserra sa prise sur son capitaine et expira avec force : on aurait dit un grognement grave et angoissant.


« Serrez-moi ! » répéta le vulcain avec plus de hargne.


Jim ne cessait d'inspirer et d'expirer très vite : il faisait de l'hyperventilation. Ses mains tremblaient et il suait beaucoup.


« Jim ! Vous allez me serrer maintenant ! » cria franchement Spock. Il attrapa, tour à tour, les bras du capitaine d'une de ses mains et les rabattis sur son propre corps. Quand Jim sentit le tissu de la chemise de Spock sous ses doigts il l'agrippa instinctivement et désespérément.


Il respirait fort, la bouche grande ouverte, alternant entre la respiration nasale et orale. Spock suivait le mouvement de la cage thoracique de son capitaine.


Puis, Jim réalisa qu'à chacune de ses inspirations et expirations, la douleur disparaissait de façon infime. Sa respiration se calmant petit à petit, proportionnelle à l'effacement du mal. Sa prise sur Spock se relâchait aussi, il sentait ses muscles se vider de leur énergie.


Puis, au bout d'une paire de minute à seulement respirer, sans rien dire, sans rien faire d'autre que de serrer le vulcain dans ses bras, la douleur disparue complétement. Kirk lâcha alors complètement le dos du commandeur, laissant tomber ses bras sur le matelas. Spock se redressa, le regarda un instant comme pour s'assurer qu'il n'était pas mort, puis sortit son communicateur, se levant complètement du lit :


« Spock à Infirmerie. » dit-il, il avait retrouvé son ton régulier.


« Médecin Chef Mccoy, j'écoute. » répliqua Bones de l'autre côté de la fréquence.


« Le capitaine vient d'avoir sa première crise. Il a besoin d'un examen approfondi, manifestement. »


« Sa premi… ?! Bon sang Spock ! » S'emporta le docteur en coupant la communication.


Spock se tourna vers le capitaine et Jim lâcha un :


« Bones est en chemin… !» Avec un petit sourire fatigué, tentant de s'assoir dans le lit.


Spock le retint et le fit se rallonger :


« Il serait plus méthodique de rester couché jusqu'à l'arrivé de l'assistance médicale, capitaine. »


Jim retint un sourire :


« J'me sens comme si j'avais couru un marathon, ne vous en faîtes pas, même si je me lève je n'irais pas bien loin. »


Bones débarqua alors en furie dans les appartements : il avait le code d'entrée, lui – code qu'il avait fini par obtenir en ce qui concernait toutes les résidences de Jim - Il fondit sur Jim et sortit tous ses instruments de sa grosse mallette grise. Spock se recula pour le laisser faire, relevant un petit peu un sourcil : Bones faisait une crise de Papa-poule.


Le blond quant à lui se laissait ausculter en long en large et en travers, n'ayant plus asses de force pour protester.


« On peut savoir pourquoi vous ne m'avez pas appelé plus tôt ?! »


Spock s'avança alors et croisa ses mains derrières son dos :


« Je vous ai sollicité dès le capitaine ait fini sa crise. » dit comme ça, on pouvait croire qu'il traitait Jim de diva.


« Et vous n'auriez pas pu me sonner pendant qu'il la faisait, hein ?! Sa foutue crise ?! » Bones engueulait franchement le Vulcain.


Spock ne devait pas se sentir si réprimandé que ça, car il répondit sur un ton tout à fait neutre.


« Il m'aurait été impossible physiquement de vous prévenir Docteur Mccoy, étant donné que j'avais tout le buste étendu sur le cap… »


« Donc ! Il ne pouvait pas ! » Le coupa rapidement Jim. « De toute façon tu n'aurais rien pu faire de plus Bones… Alors dépêche-toi de me faire tous les examens que tu veux que je puisse dormir et prendre une douche avant d'arriver ! »


Mccoy s'apprêtait à riposter mais ne le fit pas. Il fit tous les examens nécessaire – et un peu plus – à son ami et sortit des appartements. En revenant dans son infirmerie il posa sa mallette sur son bureau :


« James T. Kirk qui réclame des examens… On aura tout vu. » Lâcha-t-il en se remettant au travail.


Chapitre 6 : « J'en ai asses de me répéter… »


Kirk et Spock marchaient ensemble dans les larges couloirs de la base de strarfleet de la station orbitale de Mars. Ils se rendaient rencontrer l'amiral Mcgrégor* afin que celui-ci puisse leur poser les questions qu'il avait compte tenu de leur situation – questions auxquelles ils n'avaient pas réellement à répondre. Puisque cette affaire était en partie personnelle. Mais il valait mieux le faire, dans la mesure du possible – qu'il puisse leur affecter des appartements et leur montre la station orbitale, pour les acclimater.


Alors que Kirk marchait à vive allure à côté de son premier officier – temporairement non en activité, d'ailleurs – il demanda à ce dernier :


« Vous l'avez déjà rencontré, l'amiral Mcgrégor ? » Spock accéléra le rythme, ne le lâchant pas d'un iota.


« Oui. Il est ce que les humains appellent un « bon vivant » et il est asses… Indiscret. » Il se racla la gorge et ajouta quand il prirent un tournant « Pourquoi êtes-vous anxieux, Jim ? »


L'interpellé s'arrêta et dévisagea le vulcain : il n'était pas anxieux !


« Qu'est-ce que vous racontez Spock ? Je ne le suis pas ! »


« Votre démarche est plus rapide qu'à l'accoutumée et vous transpirez légèrement. Vous êtes indubitablement anxieux. »


Kirk soupira et avoua, qu'effectivement, il était un peu anxieux :


« L'amiral Mcgrégor était un ami de Pike. Je ne veux pas passer pour un guignol et encore moins avoir une crise devant lui. D'où ma démarche rapide pour en finir au plus vite et ma… Et bien ma transpiration. »


« Passer pour un… ? » répéta le commander, « Je ne saisis pas le… »


« ça veut dire « abruti », Spock. » il continua à marcher « Ou « incapable ». »


« Et bien capitaine vous devez juste vous comportez comme d'habitude en présence de nos supérieurs. » proposa le vulcain. « Vous avez rarement provoqué une telle opinion de vous. Pas jamais… Mais rarement. »


Jim fit un sourire à son ami : effectivement, il était passé pour un vrai guignol quelques fois.


« Que voulez-vous dire par : me comporter comme d'habitude en présence de nos supérieurs ? » questionna le capitaine. « J'ai un comportement spécifique ? »


Spock sembla réfléchir puis répliqua sur un ton très neutre :


« Et bien je dirais que vous montrez que vous êtes quelqu'un de brillant et que vous en avez particulièrement conscience. Vous donnez l'impression d'une totale confiance en vous. »


« Ouai… Donc je me la pète c'est ça ? » Demanda Jim en se retenant de sourire, prenant un air faussement vexé.


« J'aurais employé un terme plus… Conventionnel. Mais c'est l'idée. » Répliqua Spock en croisant ses mains derrière son dos. Ils étaient arrivés et attendaient que l'Amiral leur donne accès à ses bureaux.


La secrétaire de Mcgrégor les fit entrer dans ce qui faisait office de salon d'attente :


« L'Amiral va vous recevoir, il discute des préparatifs de la fête. » leur expliqua la jolie blonde qui leur désigna un sofa. « Il ne va pas tarder. »


Jim fit un beau sourire à la jeune femme et lui demanda de quelle fête elle parlait :


« Il s'agit d'une grande fête qui sera organisée dans deux semaines, à l'occasion des 70 ans d'ouverture de la station orbitale. L'Amiral Mcgréfor a été chargé de la sécurité. »


« Il semblerait que nous arrivions au bon moment, n'est-ce pas commandeur ? » demanda Jim avec un clin d'œil vers la secrétaire.


Spock ne fit aucune remarque. Il était habitué à voir Jim flirtait avec tout ce qui se rapprochait à une jolie femme. Le blond ne se formalisa pas de la non-réponse de son vis-à-vis et regarda sa montre. Le Vulcain le remarqua et regarda la sienne, par la même occasion. Il était 19h30… La prochaine prise du capitaine serait dans deux heures et demi… A moins que l'Amiral ne leur tienne le crachoir, ils auraient largement le temps de rejoindre leur quartier et de s'y installer. La dernière crise de Jim remontant à quelques heures, il ne fallait normalement pas s'en inquiéter.


« Capitaine Kirk ! Commandeur Spock ! » Les salua une voix.


Les deux interpellés se tournèrent alors vers un grand homme costaud qui arborait une grande moustache brune et un brushing particulièrement soignée. Il avait les joues un peu rosées et son costume d'Amiral était tâché d'une tâche brune au niveau du col. Il le remarqua en voyant le regard de Spock pointer hostilement vers ce point et s'en excusa : il avait renversé un peu de vin pendant sa précédente réunion. Jim pensa que cette fameuse réunion était plus du ressort de l'amusement que du travail.


« Entrez ! Entrez je vous en prie ! » Les invita-t-il. Il les fit assoir sur deux grands fauteuils confortables installés en face de son bureau et prit place derrière ce dernier. « Alors, avez-vous fait bon voyage ? »


« A merveille » mentit Jim. Spock se tourna vers lui, comme pour protester – Spock et le mensonge, ça faisait deux – mais le regard du blond l'en dissuada. Ils n'avaient pas besoin de préciser sa petite crise…


« Bien, fort bien ! » répliqua l'Amiral. « Je ne me suis pas présenté, excusez-moi ! » dit-il en réalisant ce point « Je suis James Mcgrégor ! J'ai le même prénom que le vôtre, Kirk ! » il fit une sorte de clin d'œil à Jim. « Mon fils aussi d'ailleurs ! » déclara-t-il. Il se servit un verre de scotch. « Et vous, Kirk, vous avez des enfants ? »


Le débit de phrase de l'amiral était bien trop élevé pour le capitaine, il lui fallut quelques secondes pour répondre à la question :


« Non, je n'en ai pas. » répliqua-t-il.


Il observa que Mcgrégor ne posait pas la même question à Spock : pourquoi en était-il dispensé d'ailleurs ?!


« Bien sûr, bien sûr. Vous êtes encore jeune. 27 ans, c'est ça ? » Interrogea le plus gradé.


« Non, 29 en fait. Je vais sur mes trente ans. » Le corrigea Jim. Il n'était pas si jeunot que ça.


« Pardonnez-moi ! Pardonnez-moi ! » Répliqua l'autre. « Vous faîtes toujours si jeune dans les émissions ou sur les photos. Et vous, commandeur ? Vous avez le même âge que le capitaine, je me trompe ? »


Spock posa un regard parfaitement neutre sur l'amiral et se retint – à coup sûr- de soupirer. Il n'avait pas l'air d'avoir très envie de s'étendre sur le sujet. Mais voyant que l'autre attendait une réponse, il capitula :


« Je suis plus âgé que le capitaine. » répondit-il. Il vit que l'amiral attendait la suite « J'ai 33 ans. » **


Jim dévisagea l'amiral : c'était quoi toutes ces questions… ?


« Oh ! Vous êtes un très jeune Vulcain alors ! A l'inverse vous semblez plus vieux Mr. Spock ! » il offrit un verre à Jim et au commandeur, qui le refusèrent « Vous devez avoir des enfants, vous, par contre ? Avec la destruction de Vulcain… Quelle tragédie d'ailleurs, enfin, je veux dire… Vous devez aider votre espèce à se re-propager ! »


Jim lança un regard vers Spock : c'est vrai qu'il ne lui avait jamais demandé s'il avait finalement aidé son espèce à se relever… Uhura aurait-elle permis à son petit-ami de procréer avec une Vulcaine pour repeupler la Nouvelle Vulcain ?


« … Je n'ai pas de progéniture, non. » Répliqua le commandeur en ignorant toute une partie de la question. Il regarda sa montre, signifiant poliment à leur hôte qu'ils n'avaient pas que ça à faire.


L'amiral le remarqua et regarda sa propre montre :


« Oh je n'avais pas vu l'heure ! Je ne vais pas pouvoir vous faire visiter la station ce soir, tout sera fermé… » Dit-il en consultant soudainement son agenda « Nous pouvons faire ça… Demain après-midi, qu'en dîtes-vous ? Cela vous laisse le temps de confortablement vous installer dans vos appartements et… Ah mais oui ! Vos appartements ! Je dois vous y conduire ! J'avais complètement oublié… ! »


Jim fut pris d'un énorme soulagement quand ils quittèrent le bureau de l'amiral. Mais sa paix fut de courte durée car l'homme les accompagna dans le couloir puis dans un des nombreux ascenseurs verticaux et horizontaux qui parcouraient la station. Ils allèrent dans une zone résidentielle non loin de l'entrée de celle de Starfleet. Ils marchèrent cinq bonnes minutes passant dans un long et large couloir donnant sur de nombreuses portes et s'arrêtèrent devant celle portant le numéro 2371 SF- T.


« Voici vos appartements ! » dit l'amiral en remettant un jeu de carte magnétique à chacun « Je n'ai pas saisie, pourquoi dormez-vous dans les mêmes appartements ? Si c'est pour ne pas prendre de place, rassurez-vous, nous avons une bonne centaine de quartiers d'officiers disponibles en ce moment! »


« Je dois assister le capitaine dans la prise de son traitement. » répliqua simplement Spock « Vous avez lu le rapport, je présume ? »


« Oui, oui… Mais il n'est pas spécifié de quel type de traitement il s'agit ni le rôle que vous y jouer commandeur. » L'amiral semblait vouloir des explications. Et Jim n'était pas prêt à les lui donner :


« Nous ne sommes pas autorisés à en parler avant le procès… » Mentit encore le capitaine « Même à nos supérieurs. »


L'amiral sembla tomber dans le panneau, même s'il était clairement déçu. Il laissa les deux hommes devant la porte de leurs appartements et quitta le couloir.


« Je vois ce que vous vouliez dire, quand vous le décriviez comme indiscret. » dit Jim en entrant la carte dans la fente de la porte. « Il ne vous a pas posé autant de questions qu'à moi, dans quelles circonstances l'avez-vous rencontré ? »


Spock le suivit et répondit en refermant la porte derrière lui :


« Je venais d'être nommé commandeur et j'assistais à une réunion puis à un diner de travail en compagnie d'autres officiers. L'Amiral Mcgrégor était présent et j'étais le premier Vulcain qu'il rencontrait à l'époque. Il m'a posé de nombreuses questions auxquelles je n'ai que partiellement ou pas répondu. »


« Comme je vous l'avez fait ce soir, dans ce cas. Il va finir par ne plus vous adressez la parole si vous continuez. » Dit Jim en allumant l'interrupteur.


« C'est effectivement le but escompté. » répliqua le demi-vulcain en avançant dans la pièce.


Ils arrivèrent dans un salon dans les tons bordeaux avec un sofa, une table basse et un téléviseur. Ils virent une étagère avec deux tablettes prêtes à être utiliser, ainsi qu'un échiquier près d'une grande fenêtre avec vu sur le parc intérieur de la station orbitale. Ils étaient bien placés ! La seule chose qui manquait était une petite cuisine, mais il y avait la cafétéria non loin. Ils virent alors une autre porte et ils s'avancèrent vers celle-ci : elle donnait sur une grande chambre avec deux lits doubles séparés par pas plus d'un mètre cinquante l'un de l'autre… Si Jim avait voulu ramener une conquête – bien qu'honnêtement sa dernière lui eut laissé un très très mauvais souvenir – c'était foutu… Il ne pourrait pas faire ses petites affaires pendant au moins deux mois. Pareil pour Spock, s'il avait voulu ramener le lieutenant Uhura quelques nuits, c'était chose compromise. Ils étaient ainsi condamnés à dormir dans la même pièce. Le sol de celle-ci était en bois clair et les murs étaient gris. Deux grandes fenêtres donnaient elles aussi sur le parc, et deux fauteuils avec un guéridon étaient disposés devant. Deux armoires dans lesquelles il y avait juste la place de ranger ses uniformes et quelques vêtements de civils étaient installées contre un des murs latéraux.


Jim remarqua une porte sur le mur du fond et constata que c'était l'accès à la salle de bain. Elle était pourvue d'une cuvette de toilette moderne, d'une douche toute aussi moderne, large et fonctionnelle et d'un évier avec un miroir. La salle de bain était dans des nuances de gris et de bleue. Il y avait une bouche d'aération pour permettre à l'humidité de s'évaporer.


Jim se tourna vers Spock et désigna les lits :


« Lequel prendrez-vous commandeur ? » demanda-t-il en voyant qu'on avait déjà amenés leurs valise dans la chambre, il se dirigea vers la sienne.


« Je n'ai pas de préférence. » répliqua le vulcain en récupérant également la sienne « Choisissez celui qui vous convient le mieux, capitaine. »


Jim marcha alors vers le lit le plus proche de la salle de bain : ça serait ce chemin à faire en moins s'il devait aller aux toilettes. De plus, il ne réveillerait pas Spock avec la chasse d'eau si par malheurs les murs étaient mal isolés. Il déposa sa valise sur le lit et commença à la défaire. Le demi-vulcain imita son geste et vint naturellement ranger ses affaires dans l'armoire la plus proche de son lit. Jim marcha alors jusqu' à celle qui restait et y rangea ses propres effets. Il se retrouva alors côte à côte avec Spock et il eut un silence un peu gênant. Ils ne s'étaient pas retrouvés réellement seuls sans qu'ils soient l'un ou l'autre occupés depuis la première crise de Jim… La nouvelle prise du traitement ne tarderait plus et c'était un moment que Kirk appréhendait beaucoup.


Ce qu'il appréhender c'est à quel point il allait aimer être dans les bras de Spock… Et à quel point ça allait être dur d'accepter que ce contact n'avait pas le sens que Jim aurait aimé lui donner. Que c'était simplement un traitement, une façon de le soigné, un médicament en somme… Il pouvait tout au plus y voir une preuve d'amitié. Bien sûr, le capitaine n'avait pas renoncé à faire changer d'avis son ami : il ne voulait pas de ce fichu procédé.


Et 22h sonna.


Spock regarda sa montre et stoppa le geste qu'il était en train de faire, à savoir ranger ses pantalons. Il regarda Jim et s'avança vers lui :


« C'est l'heure de votre deuxième prise, capitaine. » dit-il en réduisant le peu de distance qu'il y avait à la base entre eux. Il allait encercler le blond de ses bras mais l'autre protesta :


« Je vous en prie Spock. Vous m'avez déjà enlacé tout à l'heure pendant ma crise. Ce n'est pas nécessaire, je me sens très bien en plus. » il fit un sourire et se recula pour aller chercher d'autres vêtements dans sa valise. Mais Spock l'attrapa par le bras. « Mais enfin ! Puisque je vous dis que je vais bien ! »


Spock ne le lâcha pas pour autant et ne lui laissa pas le choix. Il le prit dans ses bras et lui encercla la taille. Jim se retrouva avec les bras levé, ne sachant qu'en faire. Il finit par venir poser ses mains derrière le dos de son vis-à-vis.


« La question n'est pas de savoir si vous vous sentez bien. » commença alors Spock, ne bougeant pas d'un cil « Vous n'allez pas bien. Vous avez été drogué et empoisonné. Votre corps est endommagé dans son système interne et ce traitement que je vous administre en ce moment est la seule chose qui peut atténuer vos douleurs et vous garantir de ne pas avoir de séquelles. » Il resserra son étreinte autour de la taille de l'autre « Alors je vous prie de vous laisser faire et d'y mettre du vôtre. ».


Quand il vit que le blond ne réagissait pas, il ajouta :


« J'en ai asses de me répéter, Jim… »


Kirk prit ça comme un avertissement et ne se le fit pas redire : il resserra à son tour le dos de Spock et inspira puis expira doucement. Il ferma les yeux, tentant de profiter de cet instant et de faire abstraction de toutes les pensées parasites qui le troublaient jusqu'alors. Il se détendit et se laissa aller à l'étreinte que lui offrait son ami.


Ce fut cette fois Spock, au bout de quelques minutes qui relâcha son étreinte. Jim l'imita et ils se séparèrent. Le capitaine se força à regarder son premier officier dans les yeux et lui offrit un sourire. Spock avait un air bienveillant :


« Cette fois, la prise a été efficace. La première n'avait eu aucun effet sur votre organisme. » dit-il en retournant vers son armoire.


« Comment ça ? » questionna Jim en le suivant tout de suite. « Comment pouvez-vous savoir que cette prise était bonne et non l'autre ? »


Spock finit de ranger son dernier pantalon et dit en refermant le meuble :


« Car cette fois-ci votre corps s'est relâché. La dernière fois, vous étiez aussi rigide que mon père. »


Jim ouvrit de grands yeux surpris : il ne savait pas si Spock plaisantait ou s'il pensait réellement que le blond était aussi stoïque et tendu que Sarek. Il redemanda plusieurs fois à son ami, ce soir-là, quel était le fin mot de cette phrase. Mais le commandeur évita ostensiblement d'apporter toute réponse…


Chapitre 7 :Je vous ai dit que je devais dormir


Jim envisageait sérieusement de se jeter par la balustrade qu'ils étaient en train de contourner. Voilà deux bonnes heures qu'ils avaient rejoint l'Amiral Mcgrégor. Il fit un regard menaçant au docteur Mccoy… Forcément, il avait fallu que Bones s'entende bien avec lui ! Le médecin chef de Jim ayant son après-midi et sa soirée de libre avait accompagné son capitaine et le commandeur pour pouvoir visiter, lui aussi, la station orbitale. La véritable raison de son squattage forcé fut qu'il voulait garder un œil sur Kirk. Ce dernier ayant eu une crise pendant la matinée…


Puis, pouf… C'était venu de nulle part, Mccoy et Mcgrégor étaient devenus copains comme cochons. Le seul point positif là-dedans c'est que l'amiral ignorait à présent Jim et Spock. Cependant, le sujet de prédilection du nouveau duo était James T. Kirk et tout ce qui le concernait de près ou de loin : que ce soit des discussions sur les rapports de missions ou la plus petite anecdote qui soit.


« Ne m'en parlez pas ! » ricana Bones « Une fois il a même volé la voiture de son oncle et est allé la jeter dans un ravin ! » il se répéta en faisant de grands geste « Dans un foutu ravin ! »


Jim avait donc le besoin - humain – de se défenestrer.


Spock ce traître ne l'aider absolument pas d'ailleurs. Il n'avait fait aucune tentative pour changer de sujet ou il n'avait émis aucune objection quant à certaines histoires où il était lui-même présent.


Alors qu'ils descendaient un grand escalier, menant au parc que le capitaine et le commandeur pouvait voir depuis leurs appartements, Mcgrégor s'arrêta et fit signe à quelqu'un. Jim vit montrer un homme d'une vingtaine d'année, brun et aux yeux sombres. Il portait un uniforme d'officier : lieutenant.


Quand l'homme fut à leur auteur, Mcgrégor lui attrapa l'épaule et le présenta aux trois autres :


« Voici James B. Mcgrégor, mon fils. » il désigna alors les trois autres « Junior, je te présente le docteur Léonard Mccoy, le commandeur Spock et le capitaine… »


« Vous êtes le capitaine James T. Kirk ?! » le coupa son fils. Il se précipita sur Jim et lui tendit une main « Je suis absolument ravi de vous rencontrer. Vous êtes un modèle pour moi. C'est en grande partie grâce à vous que je me suis engagé dans Starfleet ! »


Jim ne sut que faire, mais serra la main qu'il lui tendait :


« De même » répondit-il « Je suis fier de vous avoir inspiré » ajouta-t-il avec un sourire à la Jim. Soit un sourire rayonnant et débordant de charisme. « C'est amusant d'autant plus que nous avons le même prénom. »


Il sentit le regard appréciateur de l'amiral : il attendait certainement que Jim et son fils deviennent les meilleurs amis du monde. Malheureusement, Jim en avait déjà, des meilleurs amis… Enfin, il ne savait pas trop s'il pouvait toujours compter sur Bones puisque ce dernier semblait préférer l'amiral Mcgrégor… Kirk était du genre possessif.


« Oui, c'est amusant en effet ! » répondit le lieutenant Mcgrégor. « Je dois y aller, je suis en service, mais j'espère vous revoir très vite capitaine ! » il lança un regard vers Mccoy et Spock « Et vous aussi messieurs. »


Bones pouvait presque sentir les poils de Spock s'hérisser. Il jeta un œil vers le vulcain et lui demanda, discrètement :


« Vous n'avez pas l'air de le porter dans votre cœur ce gosse ! »


« Il est physiquement impossible de porter quelqu'un à l'intérieur de son cœur. » répliqua simplement le commandeur en avançant vers Jim. Ola… Il en serait presque vexé le gobelin à oreille pointue…


Quand il fut à proximité du capitaine, Spock murmura à son attention :


« Il est seize heure capitaine… Nous ne devons pas tarder à vous faire prendre votre traitement. »


Mcgrégor fit mine de ne pas entendre ce que les deux se racontait, mais il écoutait d'une oreille. Jim qui n'avait pas remarqué cessa instantanément de sourire et se tourna vers le demi-vulcain :


« Là ? Maintenant ? » Il fit un « non » catégorique de la tête « Non, non Spock. On ne peut pas là. On est au beau milieu de la visite. Tant pis, on fera ça après. »


Spock ne sembla absolument pas en accord avec cette idée. Il ne dit cependant rien et jeta un regard un poil agressif à l'amiral Mcgrégor. Ce dernier fut surpris dans son espionnage et toussota. Le vulcain ignora sa réaction et alla trouver le docteur Mccoy qui était en train de regarder un panneau avec une carte de la station orbitale.


« Docteur Mccoy. » chuchota Spock une fois à la hauteur de Bones « Il est l'heure pour le capitaine de prendre son traitement, mais il ne semble pas vouloir obtempérer. »


Son vis-à-vis se tourna vers le vulcain et haussa un sourcil :


« Que voulez-vous que j'y fasse ? » demanda-t-il.


Ce qui prit franchement Spock au dépourvu – et ça se vit – il toussota et répliqua :


« Je vous demande pardon ? »


« J'ai dit : que voulez-vous que j'y fasse ? »


« Vous pourriez faire comme habituellement quand il est réticent à se faire ausculter ou à prendre ses médicaments. »


« Vous voulez dire lui courir après dans toute la station orbitale pour le bourrer de vitamine, le scanner et lui faire son injection en douce ? » demanda Bones. « Je ne veux pas vous vexer commandeur, mais je ne me sens pas capable de vous porter et de vous jeter sur Jim à bout de bras, tout ceci en restant discret ! » Spock le regarda un instant sans répondre. Quand il allait finalement le faire, Mccoy le devança « Non ! Vous devez vous débrouiller ! Vous n'avez qu'à me l'emmener au toilettes et vous faîtes ça dans une cabine, c'est comme ça que je ferais moi ! »


Et avant de laisser l'autre seul, il ajouta :


« Et n'essayez pas de vous défilez. Jim doit prendre son traitement… ! » Il ajouta doucement, avec une pointe d'humour dans la voix « Soyez inventif, ça fait des années que je fais tout pour le maintenir en bonne santé et il est rarement coopératif en ce qui concerne les traitements ou autres médocs. Il a développé une grande habilité à les éviter »


Puis il s'en alla vers l'amiral. Lui demandant dans quelle partie de la station se trouvaient les conférences de physique quantique. Mcgrégor partit alors dans de grandes explications, plan de la station à l'appui, pour lui expliquer la route à suivre.


Spock en profita pour rejoindre le capitaine et lui dire à voix basse, conscient que l'amiral pourrait encore les espionner :


« J'insiste capitaine. Nous devons procéder à la prise de votre traitement sans plus tarder. »


Jim leva les yeux au ciel, légèrement agacé par la persévérance de son premier officier :


« Ne pouvez-vous simplement pas dire « Capitaine, prenez moi dans vos bras ! ». Avouez que ça serait tout de même beaucoup plus romantique. » Dit-il sur le ton de l'humour. Ce qui ne passa pas. Le commandeur le regardant fixement sans répondre.


« C'est une blague Spock. » le rassura-t-il tout de suite. « Bon, allons dans un coin tranquille et procédons à la prise de ce traitement, comme vous dîtes. »


« Le docteur Mccoy a préconisé les toilettes publics. » répondit le vulcain en désignant de la tête les sanitaires du parc.


Kirk dévisagea le lieu : faire un câlin à Spock dans des toilettes ? C'était un peu glauque. Bien qu'il eut déjà expérimenté des choses dans les toilettes de l'académie avec ses copines, ça ne lui donnait pas spécialement envie, là tout de suite.


« Dans les… toilettes ? » répéta Jim. « N'y-a-il pas d'autres endroits discrets et proches ? »


« Non. Les toilettes est la plus logique des options. » Trancha finalement l'autre. « Nous devons nous dépêcher capitaine. »


Puis il marcha, sans attendre Jim, en direction des dits toilettes. Il se retourna tout de même une ou deux fois pour s'assurer que le capitaine le suivait bien. Une fois dans les toilettes ils attendirent que le seul homme présent finisse d'uriner et ils entrèrent tous les deux dans une même cabine. C'était très propre et la cuvette luisait presque.


« Vous… Vous voulez vous assoir ? » Demanda Jim en désignant l'objet.


« Inutile de prendre une position assise. Une étreinte debout sera plus pratique et confortable. » répliqua Spock en refermant la porte de la cabine derrière lui, se retrouvant ensuite face au capitaine, près, très près.


« Bien… » Jim se racla la gorge et s'avança maladroitement vers l'autre.


Puis il recula, gêné et retenta. Cette fois il enlaça la taille du vulcain et cala son menton sur l'épaule de son vis-à-vis. Spock vint enrouler ses bras sous les bras de Kirk et autour de son buste, le serrant doucement et posant lui aussi la tête sur son épaule.


Doucement, le vulcain vint remonter sa main droite le long de la colonne vertébrale de Jim pour atteindre sa nuque et il y laissa sa main, faisant frissonner l'autre. Kirk sentait son ventre chauffer… Il sentait son cœur accélérer et il sentait le soupir qui voulait sortir de ses poumons, ce soupir d'aisance. Cette satisfaction physique d'enlacer Spock… Puis il n'y tint plus et se laissa aller. Il se permit le droit de poser son nez contre le cou de son premier officier et d'inspirer à fond afin d'emplir ses poumons de cet oxygène qui avait son odeur… Spock ne bougea pas et ne fit pas de commentaire, se contentant de le laisser faire.


« Vous sentez bon… » Lâcha Jim en resserrant son étreinte, un peu malgré lui.


C'était si dur de se dire à chaque minute qu'il ne devait pas exprimer ce qu'il ressentait à Spock, qu'il ne devait rien espérer, en particulier quand il était dans ses bras et de s'abstenir de faire des commentaires tel que celui-ci… C'était très dur et Kirk essayait tant bien que mal. Cependant, plus il enlaçait Spock, plus ses défenses mentales se brisaient. Il profitait simplement de ce contact…


« Il paraît oui… Les vulcains ont un très mauvais odorat*, il nous est difficile de sentir notre propre odeur ou celle de nos homologues. » Répliqua le commandeur.


Alors que Jim allait répliquer avec une plaisanterie sur l'odeur putride d'un certain membre d'équipage, plusieurs personnes entrèrent dans les toilettes. Spock et Jim restèrent alors silencieux dans les bras l'un de l'autre, ne bougeant pas.


« Alors comme ça tu as rencontré le capitaine Kirk ? » demanda une première voix inconnue, celle d'un homme bien évidemment, puisqu'ils étaient dans les toilettes pour hommes.


« Oui ! Il est encore plus impressionnant en vrai qu'en photo ! » Répliqua une seconde voix. Jim l'identifia comme étant celle du lieutenant Mcgrégor.


Ils entendirent des jets : les deux hommes étaient en train d'uriner. Jim Lâcha Spock et se recula doucement, estimant que la prise de son traitement était finie : il n'avait pas très envie de continuer d'enlacer le vulcain alors que deux personnes étaient en train de faire leur besoin juste à côté. Il conserva cependant ses yeux bleus dans ceux de son vis-à-vis et lui fit un sourire gêné : deux hommes parlaient de lui aux chiottes et lui, il était planqué dans la cabine juste à côté… Il y avait mieux comme situation.


Le vulcain se contenta de le fixer, silencieusement.


« Comment ça, « impressionnant » ? »répéta la seconde voix « Il a de la prestance, du charisme ? »


« Oui mais pas seulement. Il est sexy ! Mon dieu qu'il sexy ! » Déclara le lieutenant. « Tu aurais vu ses yeux… ! »


Jim faillit s'étouffer et se plaqua une main devant la bouche pour ne pas faire de bruit. Spock se contenta d'hausser un sourcil et d'incliner un peu la tête : signe qu'il était manifestement intrigué.


« Bah quoi ? » répondit l'autre « Ce ne sont que des yeux, non ? »


« Je te jure, Blake, que ses yeux étaient extraordinaires. Comment c'est possible d'avoir un tel regard sérieusement ?! » Il soupira et on entendit un bruit de braguette puis de l'eau couler, il se lavait certainement les mains « Je crois que je suis totalement sous le charme… »


« Ça fait des années que tu l'admires ce type. Tu n'es pas sous le charme, tu as juste rencontré un de tes modèles. En plus, il ne joue pas dans ta catégorie. » Second bruit de braguette et second jet d'eau.


« Qu'est-ce que tu en sais, au juste ? Il est peut être juste discret ! »


Ah ça… Il l'était. Il l'était tellement que ces deux messieurs seraient mortifiés s'ils savaient qu'ils les écouter juste à côté. Ils le seraient d'avantage s'ils s'avaient que quelques instants avant, Jim et Spock s'enlaçait.


« J'ai entendu dire qu'il ne couchait pas deux fois avec la même femme quand il était sur terre, mais qu'il avait un nouveau plan cul tous les soirs. » rétorqua le vis-à-vis du lieutenant.


Jim aurait voulu protester : c'était vraiment exagéré. Certes, ça lui arrivait souvent d'avoir des coups d'un soir. Mais il avait aussi eu de petites relations, pas longues bien sûr, mais des relations tout de même ! C'était difficile de sortir réellement avec quelqu'un s'il était prêt à tout plaquer pour aller boire un verre cinq minutes avec Spock. C'était déjà arrivé, et souvent.


« Mais qui te dit que parmi ses liaisons, il n'y en a pas quelques-unes qui étaient avec des hommes ? » questionna Junior.


« Rien. Mais je pense que si James T. Kirk aimait les hommes, ça se saurait. » Termina l'autre en quittant les toilettes. « Dépêche-toi, on a encore du travail. »


« Ouai ouai… » le lieutenant resta un instant dans le silence puis il quitta les toilettes.


Jim s'autorisa un soupir de soulagement et fixa Spock :


« On a eu chaud… » Dit-il en ouvrant la porte de la cabine. « Je vais sortir en premier, vous me suivez dans quelques minutes et… »


« Jim. Il n'y a personne dans ces toilettes. Nous y sommes entrés ensemble, nous pouvons en sortir ensembles. » Répliqua Spock en le poussant presque pour sortir.


Ils quittèrent les toilettes et virent l'amiral discuter avec son fils et un autre lieutenant pendant que Mccoy parlait à travers son communicateur. Jim aurait voulu éviter d'aller vers Junior… Surtout après ce qu'il avait entendu. Mais l'amiral le vit et lui fit signe. Spock et lui le rejoignirent alors.


« Mais où étiez-vous passés ? Je parlais avec le docteur Mccoy et puis pouf ! Plus rien ! » s'enquit Mcgrégor.


« Aux toilettes. » répliqua Spock du tac au tac.


Kirk crut que ses yeux allaient sortir de ses orbites : n'avait-il pas assisté à la scène dans les fameuses toilettes ?! Avait-il mit le dialogue des deux hommes en sourdines ?! Une minute… Spock pouvait-il faire ça… ? Non il ne pouvait probablement pas. Jim le fusilla du regard et il reporta son attention sur Junior, son père et son ami. Ce dernier étant noir de peau et avait la tête rasé. Il regardait Kirk avec une certaine lueur dans les yeux, pendant que Mcgrégor Junior blanchissait à vue d'œil.


« Vous en avez mis du temps ! » rétorqua l'amiral « ça fait vingt bonnes minutes qu'on vous attend. »


« Nous étions aux toilettes qui sont plus loin, dans le parc. Nous n'avions pas vu qu'il y en avait juste à côté. » Mentit Jim. Il vit que Spock aller ajouter quelque chose mais il lui envoya un regard des plus cinglants. « Vous vouliez nous montrer le restaurant dans le parc, c'est bien ça Amiral ? »


« Tout à fait. Nous devrions y aller si nous voulons pouvoir y manger ce soir et aller boire un verre dans le bar où je voulais vous emmener. » L'amiral commença à marcher, Jim à ses côtés, pendant que Mccoy continuait son appel en suivant les deux autres. Spock passa devant Junior et lui lança un regard, tout à fait neutre cependant.


Si Junior n'avait pas de notions de communication non verbale vulcaine, il comprit tout de suite que cela voulait très clairement dire « il a tout entendu ». Il reporta son attention sur son ami et s'écroula dans ses bras.


« Je viens de ruiner mes chances d'avoir une relation ou même une amitié avec James Kirk… » Pleurnicha-t-il.


« Ce n'est pas comme si tu avais eu des chances de sortir avec lui à la base. » rétorqua son ami. « Pour ce qui est d'être son ami… Je pense que oui, c'est foutu. Surtout qu'il n'y a pas d'autres toilettes dans ce parc. »


Jim, Mcgrégor, Mccoy – ayant fini son coup de fil – et Spock arrivèrent vite au restaurant. Ils réservèrent une table pour eux quatre et continuèrent de visiter les alentours puis la partie urbaine de la station. Ils revinrent vers 20h et ils dînèrent ensembles. Le repas s'écoula doucement jusqu'aux coups de 22h et ils quittèrent le restaurant pour rejoindre le bar que Mcgrégor voulait leur conseiller.


C'était plus une boîte remplie à craquer qu'un bar, à vrai dire. Il y avait de la musique forte, des lumières à nuances bleues et roses dansaient dans les airs et sautaient sur les murs. Des nombreuses personnes s'agitaient sur la piste de danse. Les quatre hommes s'installèrent à une table et Mcgrégor partit leur chercher des verres, ils les invitaient.


« Je n'aime pas beaucoup cette endroit Jim » dit Mccoy en parlant fort pour se faire entendre. « Ne pourrait-on pas attraper l'amiral avant qu'il ne commande et aller consommer ailleurs ? »


Kirk haussa les épaules :


« Il voulait nous emmener ici, il doit aimer cet endroit. On va le vexer si on lui dit qu'on n'aime pas cette boîte. » il s'installa ensuite plus confortablement dans son siège « Puis j'aime bien moi. » il se tourna vers Spock « Je suppose que vous n'aimez pas non plus commandeur. »


« Je n'attacherais pas de jugement émotionnelle à ce lieu mais… » Le vulcain jeta un regard vers la salle et les danseurs « Je ne suis pas très à l'aise. » Puis il sembla repérer quelque chose et détourna vite le regard.


Jim suivit le précédent chemin de ce dernier et vit le lieutenant Uhura. Spock ne voulait certainement pas que sa petite amie le voit ici, avec lui. Surtout au vu des dernières circonstances. Mais il devait avoir envie de la voir… Tout de même. Il se sentit coupable d'empêcher Spock de voir celle qu'il aimait… Après tout, il détesterait que quelqu'un l'empêche de le voir lui. Il soupira doucement et se leva.


Il marcha vers le lieutenant, passant à travers les danseurs. Une femme essaya de l'entraîner avec elle dans une danse sensuelle mais il refusa gentiment. Enfin, il arriva au niveau d'Uhura et lui tapota l'épaule. Quand elle le vit, la jeune femme se jeta à son cou, ce qui surprit beaucoup le blond mais il ne la repoussa pas :


« Capitaine ! » dit-elle visiblement folle de joie. Puis elle réalisa ce qu'elle avait fait et le lâcha très vite « Pardon. Je me suis un peu emportée. »


Jim lui fit un sourire :


« Ce n'est pas grave Lieutenant, j'ai apprécié cet emportement. »


Elle lui sourit, encore, à son tour :


« Je suis tellement contente de vous voir. Ça fait au moins un mois que je ne vous avez pas vu et la dernière fois que j'ai eu de vos nouvelles directement, ce fut celle de l'infirmière Chapel. Elle m'a dit que vous aviez eu des infarctus et que… »


« Je vais très bien lieutenant maintenant, ne vous en faîtes pas. » la rassura-t-il. Il remarqua cependant qu'elle ne devait pas être au courant de ce que Spock faisait pour lui. Il se sentit d'autant plus coupable de forcer Spock à lui cacher la vérité. Mais il allait se rattraper : « Nous sommes à une table, là-bas. Voulez-vous vous joindre à nous ? »


La jeune femme eut un grand sourire :


« Avec grand plaisir capitaine. »


Elle dit à ses amis qu'elle partait et elle suivit le capitaine jusqu'à sa table. Elle salua Spock et le docteur Mccoy et Jim remarqua que leurs verres étaient arrivés mais que la veste de l'amiral n'était plus là.


« Où est Mcgrégor ? » questionna-t-il.


« On l'a appelé pour une urgence, apparemment. » répondit Bones « Je vais y aller aussi Jim. Je travaille demain matin. » Il dit au revoir au lieutenant et au commandeur et chuchota à Jim en partant « Pourquoi tu as ramené le lieutenant ? Tu es du genre maso ou quoi ? » Puis il ne lui laissa pas le luxe de lui répondre et s'en alla.


Si Jim avait su qu'ils finiraient tous les trois, il ne l'aurait probablement pas emmené. Il ne se sentait pas vraiment de rester toute la soirée avec le couple. Mais s'il s'en allait, Spock le suivrait… Et il ne voulait pas priver le lieutenant d'un moment - qui deviendrait de plus en plus rare au vu du traitement – avec son petit ami.


Il s'installa une dizaine de minutes avec eux en buvant son verre rapidement et fit mine d'aller s'en chercher un autre. Il se perdit volontairement dans la foule de danseur et quitta le bar discrètement. Cela sembla fonctionner car Spock ne le suivit pas.


Il marcha alors dans les couloirs, seul, en direction de leurs appartements. Il repensait alors à tout ça : à ce traitement, à ce qu'il ressentait pour Spock. Mais pas seulement, il pensa aussi à son avenir en tant que capitaine, à sa vie future… Comme pour l'Amiral Mcgrégor, il lui faudrait un jour se caser… Il ne pourrait pas aimer Spock indéfiniment : il devait finir par l'oublier. Et bien que ce traitement ne l'aide en rien dans la démarche, il savait qu'il devrait l'accepter et tirer un trait sur lui. C'était douloureux bien sûr, mais il n'avait pas vraiment le choix… Il ne voulait pas briser le bonheur de Spock ni celui du lieutenant. Il faudrait qu'il le fasse tôt ou tard et le plus tôt serait le mieux…


C'est avec cette pensée en tête qu'il prit sa douche et qu'il se glissa dans son lit. Il regarda l'heure : il était 23h30… L'heure de sa prise de traitement était dépassée. Spock avait fini par laisser tomber. Et c'était bien mieux ainsi. Même si le pensait, Jim ne put s'empêcher d'avoir un petit pincement au cœur… Puis ça se transforma en gros pincement.


Le pincement devint une douleur infâme et il se mit à trembler. Son crâne menaçait d'exploser et son cœur était prisonnier d'un étau de mal. Il ne put se retenir de gémir et de franchement crier. Il se leva difficilement de son lit et marcha jusqu'à la grande fenêtre de la chambre, collant sa tête contre la vitre glaciale… Cela eut le mérite de soulager son mal de crâne cinq seconde jusqu'à ce qu'une nouvelle vague de douleur le parcourt. Il plaqua une main sur sa poitrine et serra son pyjama… Il aurait voulu arracher son cœur de son abdomen… Il respirait fort et tremblait de plus en plus. La douleur atteint un pic qui fit hurler le capitaine de douleur. Puis elle se calma un peu…


La douleur s'amoindrissant doucement à chacune des expirations de Jim… Jusqu'à disparaître complétement au bout de plusieurs minutes… Jim n'avait jamais autant souffert de sa vie. Il haletait encore et son cœur battait à tout rompre. Il transpirait allégrement. Kirk se releva difficilement et marcha vers la salle de bain, tentant de reprendre une douche. Il ne parvint pas à enlever ses vêtements et se rendit à l'évidence : il était beaucoup trop faible, il n'arrivait pratiquement plus à marcher. Il alla laborieusement jusqu'à son lit et s'y laissa tomber. Il continua de respirer fort pendant une bonne dizaine de minutes puis il s'endormit d'un seul coup… Epuisé.


« Jim ? »


Il ouvrit difficilement les yeux… C'était Spock. Il finit par papillonner des yeux puis à voir clairement le commandeur. Il était debout à côté du lit du capitaine et était penché vers lui :


« Jim ? M'entendez-vous ? » Répéta-t-il.


« Je… Je vous entends Spock… » Répliqua le blond tentant de se redresser. Il n'y parvint pas, restant coucher sur le ventre. Spock le remarqua et l'aida à s'allonger sur le dos. Jim regarda Spock dans les yeux : mauvaise idée. Son regard bleu était infesté de rouge, montrant qu'il avait certainement pleuré.


« Que s'est-il passé, capitaine ? » questionna le vulcain.


« Rien, rien… J'ai trop bu, voilà tout. » Mentit Jim. « Vous auriez dû me laisser dormir, je suis crevé. »


« Vous n'êtes pas en état d'ébriété. » constata l'autre. « Je répète donc ma question : que s'est-il passé ? »


Kirk soupira et croisa ses bras devant ses yeux, se cachant du regard de l'autre :


« J'ai réellement trop bu Spock… Et j'ai aussi vraiment besoin de dormir, là tout de suite… » il se coucha difficilement sur le côté.


« Bien… » Abdiqua le commandeur « Nous en parlerons demain. » il s'allongea à côté de Jim et le prit dans ses bras.


« Mais qu'est-ce que vous faîtes ? » s'enquit l'autre. « Je vous ai dit que je devais dormir… »


« Nous avons deux heures de retard sur la prise de votre traitement. » expliqua le vulcain « Une étreinte n'est pas censé vous empêcher de dormir. »


Jim soupira : il n'avait pas bu mais il était réellement fatigué. Il était plein de sueur et même s'il savait que l'odorat de Spock n'était pas sensible, il se doutait que l'odeur de transpiration devait être asses forte.


« J'ai transpiré Spock. Ne vous collez pas à moi. » Dit-il en gigotant.


Spock resserra ses bras autour de lui, collant son torse contre son dos. Ne répondant pas.


Kirk finit par se laisser faire, se sentant bercer par la respiration du vulcain…


Chapitre 8 : Noir avec deux sucres


« Capitaine ? »


Jim se réveilla d'un seul coup. Il tomba nez à nez avec Spock, qui était assis sur le rebord de son lit :


« Spock ? » demanda-t-il en se frottant les yeux et en se massant le crâne.


« Maintenant que vous êtes réveillé, vous devriez aller prendre une douche. » dit-il en désignant la salle de bain.


« Oui, je sais, je chlingue. » répliqua le blond en initiant un mouvement pour se lever et quitter son lit. Spock ne bougea pas d'un poil, toujours assit, attendant que le capitaine se lève. Il le détaillait de ses yeux sombres. « Ais-je quelque chose sur le visage ? » demanda Jim en se levant franchement sur le sol et en se retournant vers l'autre.


« Seulement la trace de votre oreiller. » répliqua Spock en quittant aussi le lit pour aller rejoindre le salon. « J'ai préparé du café. Dépêchez-vous de vous doucher. »


Jim se frotta la joue et alla sous la douche rapidement. Il se délecta de cette eau fraiche qui coulait sur son corps et se lava avec ardeur : si même Spock trouvait qu'il puait, ça n'allait pas du tout. Il sortit au bout d'une dizaine de minutes de la salle de bain, vêtu de son bas d'uniforme, d'un t-shirt noir et d'une serviette autour du cou. Il avait encore les cheveux un peu humides.


Il entra dans le salon et vit Spock attablé, l'attendant. Quand il le vit, il lui fit signe de prendre place. Jim ne se fit pas prier et s'assit sur la chaise en face de celle du Vulcain. Ce denier lui tendit une tasse encore fumante de café :


« Buvez le Jim, ça va vous réveiller. » dit-il en se reculant dans son siège.


Kirk obéit et une fois qu'il eut fini sa tasse – qu'il avait bu dans un silence des plus totales et embarrassant – Spock attaqua :


« Maintenant que vous êtes reposé, propre et parfaitement réveillé, nous allons pouvoir parler de ce qu'il s'est passé hier soir. » dit-il en croisant ses mains devant son visage.


Jim dût faire preuve d'un self-control surhumain pour ne pas blanchir et pour ne pas paraître paniquer… Que devait-il dire à Spock ? La vérité ? Qu'il avait eu une crise ? Non il ne le devait pas et ce pour rien au monde…


« Je ne me souviens pas de ce qu'il s'est passé hier soir, Spock. J'avais probablement trop bu. » Répliqua-t-il.


Spock haussa un sourcil et eut l'air de ne pas croire un traitre mot de ce qu'il venait de dire. Il inspira et se redressa dans son siège :


« Vous n'avez aucun souvenir de la soirée d'hier soir ? De l'amiral Mcgrégor, du docteur Mccoy, du lieutenant Uhura et de moi-même ? » Questionna-t-il.


Cette fois, Jim se retint de soupirer de soulagement : Spock voulait juste une explication au lapin qu'il lui avait posé. Pas à l'état de Jim hier soir.


« Ah si… Je ne me souviens juste plus de ce qu'il s'est passé après que je sois rentré dans nos appartements. » Dit-il. Il pouvait éviter de mentir sur les raisons de son départ et ça, c'était un gros plus. Il espérait que Spock fasse au moins semblant de le croire. Visiblement, ça passa. « Je suis parti du bar car je voulais vous laisser seul avec le lieutenant Uhura. »


Spock le dévisagea franchement.


« Me laisser seul avec Nyota ? » répéta-t-il. « Ce fut très illogique de votre part. Nous ne devons jamais nous séparer. »


« Mais enfin Spock, je ne pouvais pas vous gâcher une chance pareille de passer du temps avec le lieutenant. » répondit-il très franchement.


Le commandeur se leva et prit la tasse de café vide de Jim pour aller la nettoyer dans le lavabo dans la salle de bain. Il revient avec la tasse propre et la déposa sur la table :


« Je vous prie de ne pas vous préoccupez de ma relation avec le lieutenant, capitaine. Je m'en arrange très bien seul. » Dit-il en marchant vers son armoire, dans la chambre.


Jim resta bête… Spock était-il en train de lui dire de ne pas se mêler de ses affaires ? Cela en avait tout l'air.


« Vous ne pourriez pas tout simplement me remercier ? » demanda Kirk « Au lieu de me sermonner ? Après tout, j'ai pu vous aidez pour vous puissiez passer du temps avec votre petite amie, ça vaut bien un merci ! Non ? »


Spock enfila son haut d'uniforme et apporta le siens à Jim :


« Non. » répliqua-t-il sans appel. « Enfilez votre uniforme capitaine, il y a une conférence à laquelle je tiens à assister ce matin. »


Le blond obtempéra, un peu vexé que son ami le prenne comme ça. Après tout, il ne voulait que l'aider et ça lui en avait coûté de le laisser avec le lieutenant. Il choisit cependant de laisser cela derrière lui, ce n'est pas comme s'il pouvait s'énerver sur Spock à ce sujet.


« Quel est l'objet de cette conférence ? Et quelle heure est-il ? » Demanda-t-il en ajustant son uniforme de capitaine. « Pourquoi devrions-nous porter l'uniforme de toute façon ? Nous ne travaillons pas, ce n'est pas très logique, surtout pour vous, commandeur. » Il vit que Spock arqua un sourcil au mot « logique ». Il s'approcha de Jim et croisa ses mains derrière son dos :


« L'objet de cette conférence est l'agriculture extraterrestre. Le docteur en charge de cette conférence et ses associés étudient la manière de pratiquer l'agriculture selon toutes les espèces humanoïdes et en tirent des conclusions, intéressantes, sur les meilleurs procédés de développement agricoles. » Expliqua le vulcain « Même si les résultats de cette étude est prévisible, les procédés m'intéressent. » Jim le dévisage : ça ne semblait pas intéressant du tout. « Pour ce qui est de l'heure, il est bientôt 8h. Il serait aussi donc profitable que nous exercions la prise de votre traitement juste avant de quitter nos appartements. » Il s'approcha alors de Jim, visiblement décidé à le lui donner maintenant « Pour ce qui est de nos uniformes, cette conférence est réservée aux membres de Starfleet et des représentants scientifiques de la Fédération*.»


« Je vais être la seule chemise jaune**, vous en êtes conscient ? » demanda Jim pendant que Spock le prenait dans ses bras. Il se laissa faire et déposa sa tête contre l'épaule du Vulcain. « Aucun pilote ou capitaine ne viendra assister à une conférence sur l'agriculture. Je vais me faire remarquer. »


« Vous ne devriez pas vous en préoccuper, capitaine. » répliqua Spock en caressant doucement son dos, laissant à Jim une trainée de frissons sous le chemin de ses mains. « Quoi que vous fassiez, on vous remarque toujours. »


Jim fut à la fois amusé et froissé :


« Est-ce une critique, commandeur ? » demanda-t-il en se reculant pour le regarder. Mauvaise idée : leurs visages étant tout d'un coup très proches l'un de l'autre. Kirk pouvait sentir la respiration de l'autre chatouiller ses lèvres.


Spock resta un instant silencieux, regardant son vis-à-vis, puis répliqua sur un ton tout à fait habituel :


« Une simple observation. »


Jim brisa le contact visuel pour poser son menton sur l'épaule du commandeur, collant son oreille à la sienne et resserrant instinctivement son étreinte sur lui :


« Vos observations sonnent souvent comme des reproches… » Murmura-t-il.


Spock inspira doucement et recommença à caresser son dos :


« Et vous les interprétez souvent mal » répondit-il d'une voix un peu plus douce qu'à l'accoutumée. Jim aurait pu l'embrasser…


Il aurait pu lui emprisonner la mâchoire pour l'empêcher de bouger et tout simplement dévorer ses lèvres. Il aurait tout aussi bien pu embrasser son cou et ce avec une facilité déconcertante : la peau de Spock étant offerte à quelques centimètres de sa bouche. Il aurait pu mordre son oreille et… Et il fallait qu'il se calme et qu'il ne pense pas à ça. Spock pouvait être télépathe s'il le désirait et dans la position dans laquelle ils se tenaient était tout à fait favorable à un échange de penser. Il inspira et expira lentement et bruyamment, ce que le vulcain remarqua :


« Est-ce que ça va ? Jim ? » Demanda-t-il.


« Oui, oui ne vous en faîtes pas. Je vais très bien. » répliqua-t-il en se reculant et en lâchant son vis-à-vis « Et si nous y allions ? A cette conférence ? Vous serez grognon si nous ratons le début. » Dit-il en marchant vers la porte d'entrée.


« Il est absurde de penser que je… »


« Mais oui Spock, mais oui. Allons-y simplement. » Le coupa Jim.


Les deux hommes se retrouvèrent alors dans le couloir et prirent trois ascenseurs différents et une navette pour se rendre dans la partie consacrée aux conférences. Ils prirent alors deux nouveaux ascenseurs et arrivèrent au niveau des conférences biologiques. Ils marchèrent pendant une bonne dizaine de minutes avant d'arriver devant l'entrée de la salle de leur conférence.


Comme Jim l'eut prédit, il n'y avait aucune chemise Jaune à part lui. Quelques regards se tournant vers lui, semblant se demander ce qu'un capitaine foutait là. Il ne fut reconnu que par quelques collègues qui le saluèrent ainsi que son premier officier.


Ils allaient entrer dans la salle quand quelqu'un vint interpeller le vulcain :


« Commandeur Spock ?» Demanda une chemise bleue. Ce dernier acquiesça « Oh j'étais persuadée que c'était vous ! » C'était une femme d'une cinquantaine d'années, brune aux yeux clairs. Elle lui tendit une main qu'il saisit « Je suis le professeur Leia Kouriakine, biochimiste affiliée à Starfleet science. » dit-elle en lui serrant la main « J'ai bien connue votre mère, nous étions à l'école ensemble à Seattle. »


Spock la regarda un instant, considérant ce qu'elle venait de lui dire :


« Vous étiez donc une connaissance de ma mère ? » demanda-t-il.


« Bien plus qu'une connaissance, nous étions de très bonnes amies. J'ai assisté à son mariage avec votre père en 2230, vous êtes né la même année d'ailleurs il me semble. Amanda m'avait envoyé des photos mais je n'ai jamais pu vous voir, elle est allé vivre sur Vulcain juste après son mariage. » Elle posa sa seconde main sur celle de Spock « Je suis vraiment très heureuse d'avoir la chance de vous rencontrer Mr. Spock » dit-elle avec un sourire, visiblement émue « J'ai été très affectée par la mort de votre mère. Tout comme ses parents **. » Elle ajouta alors « Êtes-vous allé voir vos grands-parents après cela ? Quand je les ai vus il y a… » Elle sembla compter « 4 ans… Oui 4 ou 5 ans il me semble, ils essayaient de vous contactez. »


Jim regarda l'échange : il ne savait pas que Spock avait des grands-parents… Bon c'était logique en soit qu'il en est. Mais Kirk ne s'attendait pas à ça, en général, c'était lui qu'on arrêtait pour lui parler de son père.


« Ils n'y sont pas parvenus, dans ce cas. » répondit Spock sur son ton régulier. Retirant poliment sa main.


« Vous devriez aller les voir sur terre dans ce cas. Ils ont un appartement à Seattle. » dit-elle en sortant un petit carnet et griffonnant quelque chose : « Voici leur adresse. Ils seraient vraiment très heureux de vous rencontrer vous savez. » Elle lui tendit le morceau de papier.


Spock le prit et le rangea mais répliqua :


« Je ne pense pas que cela soit possible, cependant. » il désigna le capitaine à ses côtés « Je suis premier officier sur U.S.S Enterprise, aux côtés du capitaine James T. Kirk, ici présent. » Jim, prit au dépourvu, serra la main de la jeune femme. Il plaça un petit « Enchanté » et dévisagea Spock. « Je suis très occupé et je n'ai pas le temps à accorder à la recherche de ces personnes. »


Jim fut clairement offusqué : il l'utilisait comme excuse ?! Carrément ?!


Leia le dévisagea et haussa les épaules :


« Je comprends. Mais si vous avez une permission sur terre essayez de leur rendre visite. Ils en seraient vraiment ravis. » Dit-elle en lui resserrant la main et en serrant celle du capitaine. « Ce fut un réel plaisir de vous rencontrer Spock, et vous aussi capitaine Kirk. »


Puis elle s'en alla et entra dans la salle de réunion. Jim lança un regard accusateur à son premier officier :


« Êtes-vous sérieux ? » demanda-t-il « Avez-vous réellement dit à l'amie de votre mère que vous n'aviez pas le temps de rencontrer vos grands parents ? »


« Tout à fait sérieux. » répliqua Spock. « Je n'en ai absolument pas le temps. »


Puis il marcha en direction de la salle, Jim le suivit après un instant de silence et murmura à lui-même :


« Je vais vous le donner, moi, ce fichu temps ! »


Et il le ferait, quand ils retourneraient sur l'Enterprise, il le forcerait à y aller. Par la peau du cul s'il le fallait !


La salle était disposée comme un amphithéâtre. Ils s'installèrent aux derniers rangs, n'ayant plus de place ailleurs. Spock prit une tablette disposée devant lui et entra son adresse pour qu'on puisse lui envoyer sa prise de note à la fin de la conférence. Il se tenait prêt, attentif. Jim avait aussi une tablette devant lui, mais il n'allait pas prendre de note, non. Il le faisait déjà rarement quand il était à l'académie il n'allait pas le faire pendant une conférence…


« Je ne savais pas que vous aviez de la famille sur terre. » glissa-t-il à Spock en attendant que la conférence commence.


« Vous ignorez beaucoup de chose de moi capitaine. » répliqua Spock en commençant à écrire sur sa tablette, vraisemblablement le titre et la date de la conférence.


« Ce n'est pas comme si vous étiez du genre à vous confier, commandeur. » répliqua Jim. Il hésita puis posa tout de même sa question « Avez-vous d'autre famille ? En dehors de votre père et vos grands parents ? »


Spock ne le regarda pas, continuant de pianoter sur sa tablette mais répondit tout de même :


« J'avais un demi-frère, nommé Sybok****. Il est mort le jour de la destruction de Vulcain. » Répondit-il. « J'étais fiancé, aussi. Elle s'appelait T'Pring*****. Nous aurions dû nous unir en 2267 lors du Pon Farr. » expliqua-t-il « Mais elle morte aussi sur Vulcain. »


Jim tiqua sur deux choses… Le… Le Pon Farr… ? Et puis, si Spock était fiancé, pourquoi avait-il débuté une relation avec le lieutenant Uhura ?


« Le… Pon… » Commença Kirk.


« Vous ne voulez vraiment pas savoir ce que c'est. » le coupa Spock.


Jim le dévisagea. Mais Spock n'en tint pas compte, la conférence allait commencer :


« Si vous étiez fiancé… Pourquoi vous avez commencé à sortir avec Uhura à l'époque ? » insista-t-il.


Spock se tourna alors franchement vers lui et ancra ses yeux sombres dans les siens :


« Dire que vous ignorez beaucoup de choses sur moi ne veut pas dire que vous devez me poser toutes les questions qui vous passent par la tête. La conférence va commencer. Il serait logique de vous taire. »


Puis il se retourna vers le conférencier et commença à noter ce que l'homme disait. Jim resta bête un instant… Spock venait-il de lui dire – de façon plus ou moins polie – de fermer sa gueule ? Cela en avait tout l'air. Il le dévisagea et bouda quelques minutes. Quand il vit que le vulcain n'en avait strictement rien à faire, il commença à écrire une liste des choses qu'il voulait savoir sur Spock sur sa tablette, n'écoutant absolument pas la conférence.


Cette dernière prit fin lentement et les deux hommes retournèrent à leurs appartements. Il était 12h30 et ils commençaient à avoir faims, l'un comme l'autre. Aussi, Jim proposa qu'ils aillent déjeuner à la cafeteria de starfleet à seulement dix minutes de leurs chez eux temporaire. Quand ils entrèrent dans la cafet', ils tombèrent sur Bones. Il était assis à une table en compagnie d'une jolie blonde. Jim la reconnut tout de suite : c'était Carol Marcus. Spock initia un mouvement vers eux mais Jim le retint par le bras :


« Je pense que c'est un rencard. » dit-il « Je ne pense pas qu'ils voudraient être dérangé. »


Spock se retourna vers eux et obtempéra, n'ayant pas un besoin frénétique de saluer ni le Docteur Marcus, ni le docteur Mccoy.


« Allons prendre de la nourriture au self et nous assoir loin d'eux, dans ce cas-là. » proposa-t-il.


Et c'est ce qu'ils firent. Jim prit un steack saignant et des pommes de terres huileuse alors que Spock prit une assiette de brocolis et de la purée de betterave. Une fois qu'ils furent installés, Jim dévisagea l'assiette de son vis-à-vis.


« Comment vous faîtes pour manger des choses qui ont aussi mauvais goûts ? » demanda-t-il particulièrement écœuré par la purée de betterave.


« Veuillez croire capitaine que chaque chose que j'ingère est choisie de façon tout à fait pertinente. Le goût n'étant pas un critère satisfaisant. »


Jim le regarda d'un air goguenard : bien sûr que ça ne l'était pas pour lui. Il était vulcain ! Cependant, Jim ne pourrait jamais avaler cette affreuse bouillie rose qui se trouvait dans l'assiette de son vis-à-vis. Il se tourna vers sa propre assiette et mordit avec joie dans son steack qu'il avait trempé dans du ketchup. Spock le dévisagea alors à son tour :


« Si vous conserver votre alimentation telle quelle, Jim, vous allez finir obèse et en mauvaise santé. » dit-il en posant sa fourchette.


« Je suis mince, beau et en très bonne santé. Laissez mon alimentation tranquille, Spock. » Répliqua Jim en s'empiffrant de pomme de terre. « Et je suis quelqu'un de très modeste. » il eut un petit sourire. Attendant la réaction de son ami.


« Modeste n'est pas un mot qui vous convient. Son antonyme serait plus approprié. » Répliqua ce dernier. « Et votre santé n'est pas excellente, puisque vous suivez un traitement. »


Jim eut un sourire jusqu'aux oreilles :


« Mais vous admettez que vous me trouvé mince et beau ? » demanda-t-il.


Spock ne répliqua pas, se contentant de reprendre sa fourchette et de continuer son repas.


« Allé Spock, vous pouvez le dire que vous me trouvez beau ! » préservera-t-il, taquinant son premier officier. « A moins que dans votre culture vulcaine je ne sois repoussant ? »


Il ne répliqua pas. Continuant de manger calmement. Jim perdit son sourire et reprit sa fourchette. Mangeant tout aussi silencieusement. Il avait dit cela sur le ton de la plaisanterie mais après tout, peut-être bien que Spock ne le trouvait pas attirant. Cela n'aurait pas dû le toucher en réalité, puisque de toute façon son vis-à-vis aimait la gente féminine.


Le commandeur remarqua l'état pensif de son capitaine et reposa sa fourchette pour le regarder. Il le détailla et dit sur son ton régulier :


« Vous n'êtes pas repoussant, Jim. » ce dernier releva les yeux vers lui. « Même pour la culture vulcaine, vous êtes un très bel homme. »


Kirk le dévisagea et haussa les épaules :


« Ce n'était pas ma question. » dit-il en se servant de l'eau et en servant Spock. « Enfin… Pas ma première du moins. »


« Le docteur Mccoy vient vers nous. » remarqua le vulcain. Il lui fit signe et le docteur Marcus et lui arrivèrent à leur table.


Le capitaine remarqua que Carol et Bones se tenaient la main. Il eut un petit sourire… Cela avait l'air de marcher entre eux. Il se leva tout de même pour marcher vers le docteur Marcus et la prit dans ses bras. Elle lui rendit son étreinte et il se recula pour la regarder dans les yeux :


« C'est un plaisir de vous revoir Carol. » dit-il. Puis il lança un regard faussement dédaigneux vers Mccoy « Même si votre entourage laisse à désirer… »


« Petit enfoiré ! » lâcha Bones.


Carol sourit et haussa les épaules en se reculant doucement de Jim :


« C'est un plaisir partagé Capitaine Kirk. » répondit-elle. « Et je suis très satisfaite d'être accompagnée de Léonard. » Elle désigna la sortie de la cafétéria : « Je dois aller retrouver mon associé. Mais j'aimerais que l'on puisse se voir pour dîner » elle regarda Spock « Tous ensembles. »


« Ce serait avec plaisir. Ce soir peut être ? » Questionna Jim.


« Je vais en parler à mon ami. Il serait ravi de partager un repas, surtout avec vous. » Répliqua-t-elle. Elle se tourna vers Bones et lui offrit un baiser chaste sur le bout des lèvres : « A plus tard Léonard. »


Puis elle s'en alla. Kirk et Mccoy la regardant partir. Spock se rassit pour continuer ses brocolis.


« Léonard, hein ? » Répéta Jim d'une voix moqueuse. Il vit Bones hausser un sourcil devant l'air railleur de son ami.


« La ferme ! » répliqua Bones.


« Je n'ai fait que répéter ton prénom, Léonard. » dit Jim en haussant les épaules. « Tu m'appelles bien par le miens non ? »


« J'aimerais bien voir ta tronche si je commence à t'appeler James Tiberius ! » rétorqua le docteur. « Et ne t'avises plus de m'appeler par mon prénom ! »


« Je ne vois pas pourquoi tu le prends mal ! J'appelle toujours Spock par son prénom et ça n'a jamais posé de problème… » Rétorqua Kirk. « N'est-ce pas commandeur ? »


L'interpellé releva les yeux de son assiette et sembla réfléchir :


« Spock est un nom qui est fait pour être prononcé par les non-vulcains. Mon nom réel est difficile, voire impossible à dire pour un être humain. Je ne suis pas un bon exemple capitaine. » Répliqua-t-il.


« Au fait, en parlant de vous » annonça Bones « Un Vulcain est venu au bureau scientifique de Starfleet tout à l'heure. Il voulait vous parler. La secrétaire a pris ses coordonnées. »


Le commandeur releva alors franchement la tête et délaissa son assiette :


« Un vulcain, dîtes vous ? »


« Oui… Un certain Sark ou Serak… Je ne sais plus trop. »


« Etait-ce Sarek ? » questionna Spock.


Le docteur sembla réfléchir puis hocha la tête.


« Bien. » il se releva et se tint devant Jim « Cela vous ennuierait si nous allions à sa rencontre ? » demanda-t-il.


« Ça ne me gêne pas, non. » répliqua Jim, regardant avec tristesse son assiette, puisque que le vulcain semblait vouloir y aller dans les plus brefs délais. Il se tourna vers le médecin « Tu nous accompagnes Bones ? »


« Je n'ai rien de mieux à faire. » répondit le docteur. « Mais je ne resterai pas longtemps Jim. J'ai rendez-vous avec mon supérieur de la station en ce qui concerne ma nouvelle affectation. » il regarda sa montre « Je dois partir dans deux heures si je veux y être à temps. »


Kirk hocha la tête. Les trois officiers partirent alors en direction du pôle scientifique de Starfleet. Ils croisèrent l'enseigne Chekov en chemin qui fut très heureux de revoir le capitaine et son second. Il manifesta une grande joie et il dû se rabattre vers sa langue maternel afin de pouvoir l'exprimer pleinement. Aussi, Kirk et Spock l'entendirent crier « bol'shoy***** » et tout un lot d'autres mots qu'ils ne comprirent pas. Chekov fut rejoint par le lieutenant Sulu et ce fut à nouveau de nombreuses acclamations. Hikaru ayant suffisamment de vocabulaire ne perdit pas son anglais et n'offrit pas de « Suburashi ! » à ses supérieurs. Spock, Jim et Bones quittèrent les deux amis et se dépêchèrent de rejoindre le secrétariat.


« Commandeur Spock. » dit le vulcain en se présentant au secrétaire. « Il y aurait un message pour moi. »


L'homme chercha dans son ordinateur et imprima une petite feuille avec un numéro et un nom :


« Oui, l'ambassadeur Sarek voudrait un entretien avec vous, commandeur. » expliqua-t-il. « Voici son numéro et il m'a demandé de vous dire qu'il séjournait dans l'hôtel Spiegel. »


« Merci. » répliqua Spock.


Il se tourna vers les deux autres et désigna la feuille :


« Je vais l'appeler, si ça ne vous dérange pas, capitaine. » cela aurait pu ressembler à une demande de permission, mais de toute évidence, Spock n'attendait pas de réponse. Jim hocha cependant la tête.


Le commandeur entra le numéro dans le communicateur et commença à discuter à travers celui-ci en Vulcain. La discussion fut très brève et Spock termina celle-ci par Mahl'kom******. Il se tourna vers les deux autres et rangea son communicateur :


« Mon père souhaite me voir cet après-midi. Dans nos quartiers. » Expliqua-t-il. « Cela vous conviendrez ? » demanda-t-il à Jim.


Ce dernier acquiesça :


« Qui suis-je pour vous empêcher de voir votre père ? » il sourit « Il sera le bienvenu dans nos quartiers, Spock. Je peux même aller me promener pour vous laisser discuter tranquillement. » Proposa-t-il.


« C'est impossible. » rétorqua le vulcain. « Nous devons être ensemble à tout moment pour parer à toutes éventualité. »


Bones soupira et regarda les deux hommes. Il regarda sa montre et finit par lâcher :


« Jim peut rester un moment avec moi, Spock. » dit-il. « Je le garderai à l'œil et s'il y a le moindre soucis je vous appellerai. Nous retournerons à la cafétéria boire quelque chose. »


Le commandeur fixa le docteur. Il sembla réfléchir puis accepta finalement.


« Je ne serais pas long. » dit-il.


Puis il quitta les deux amis rapidement. Ils le suivirent pendant quelques secondes avant de le voir disparaître tant il marchait vite. Ils allèrent doucement mais surement jusqu'à l'ascenseur menant jusqu'au niveau de la cafet'.


Jim dévisagea le docteur :


« Ça veut dire que j'aurais pu être séparé de Spock depuis le début et que tu le savais ? » demanda-t-il indigné.


« Je ne sais rien, petit. » le sermonna le docteur « Et je suis médecin. Spock peut te laisser avec moi une heure sans que ça ne te tue. »


« Je pourrais lui fausser compagnie plus souvent, dans ce cas. » répliqua Jim, un sourire aux lèvres.


« Tu es avec lui depuis seulement trois jours et tu en as déjà marre ? » demanda Bones. « Restes avec cette machine à oreilles pointues encore une soirée et tu seras vacciné de tous tes sentiments pour lui. »


Kirk le lorgna d'un air maussade. S'il voulait éviter Spock c'était justement pour oublier ses sentiments…


« Quoi qu'il en soit, tu me laisseras lui fausser du compagnie de temps en temps non ? Tu ferais bien ça pour ton meilleur ami, j'en suis sûr. » Quémanda le capitaine.


« Non. » refusa l'autre. « J'ai autre chose à faire que de te baby-sitter. » le ton était sans appel.


Le blond le fixa alors qu'ils entraient de nouveau dans la cafétéria :


« Comme flirter avec le docteur Marcus ? » demanda-t-il.


Bones rougit alors et renifla dédaigneusement :


« Par exemple ! » il désigna une machine au blond. « Va nous chercher deux café ! Noir avec deux sucres pour moi. »


« Je suis toujours ton supérieur. » répliqua Kirk en marchant déjà vers la machine avec un air faussement vexé.


« Et tu es toujours de 6 ans mon cadet. » riposta Bones « Et ça, ça ne changera jamais gamin! »



Chapitre 9 : Vous devriez songer à réduire l'alcool


Spock fit entrer son père dans ses appartements et referma derrière lui. Il lui proposa du thé ou un verre d'eau mais l'autre refusa poliment. Ils s'installèrent tous les deux dans la pièce à vivre, dans les deux fauteuils près de la grande fenêtre. Sarek rajusta calmement le col de sa tenue et Spock attendait que son vis-à-vis prenne la parole. Ce qu'il fit finalement :


« On m'a rapporté que tu étais en permission sur la station quand je suis arrivé hier. » expliqua-t-il. « C'est un heureux hasard que je sois contraint de venir y travailler. Cela me permet de pouvoir m'entretenir avec toi.»


« Je ne suis pas réellement en permission. » répliqua Spock. « Mais c'est un heureux hasard, en effet. De quoi vouliez vous me parler, père ? »


Sarek regarda Spock un instant, sans rien prononcer. Il le fixa et le détailla de bas en haut :


« Tu sembles en bonne santé. » dit-il. « Si tu n'es pas en permission, quel est l'objet de ton travail ici ? On m'a dit que tu n'étais pas affecté un pôle scientifique. »


Spock ne répondit pas tout de suite. Il sembla réfléchir et cela ne passa pas inaperçu aux yeux de Sarek. Ce dernier devança sa réponse :


« Tu n'es pas autorisé à en parler, peut-être est-ce confidentiel? »


« Et bien père je vous mentirais si je vous disais que c'est classé comme confidentiel. Mais en raison du bien être moral de mon capitaine, je ne puis vous en dire que peu à ce propos. » Exposa le commandeur. « Etait-ce la raison de cet entretien ? » questionna-t-il.


« En partie, seulement. » répondit son père. « Je souhaite de parler à propos de la nouvelle Vulcain. » Il sortit une petite tablette de sa poche et la donna à Spock. Ce dernier lut ce que l'écran affichait et l'autre lui expliqua : « Le renouvellement de la population Vulcaine est… Problématique. Notre espèce a des difficultés à se relever. Nous avons besoin de plus de représentants pour créer de nouveaux individus. »


Spock releva les yeux vers le vulcain et lui rendit sa tablette :


« Et vous attendez de moi que j'aide à la création de cette nouvelle population. » en conclut-il.


« C'est cela. » répliqua Sarek.


« Cependant père, je décèle des anomalies dans une telle requêtes. » Exposa-t-il « Je ne suis qu'à demi Vulcain. Mon patrimoine génétique n'est pas pur. Il est impossible de recréer une race Vulcaine à partir de mon ADN. » Il désigna son appartement « De plus, je suis en fonction ici. Et je me dois de rester dans la station orbitale tant que le problème de mon supérieur ne sera pas réglé. »


Le père inspira et rangea son instrument. Il se leva du siège et marcha jusqu'à la table présente dans la pièce :


« Le conseil a estimé que ton patrimoine génétique était satisfaisant. Bien que cela ne soit pas dans notre culture, ils ont déjà choisi plusieurs vulcaines à qui tu pourrais donner tes gamètes. » Il déposa une autre tablette sur le meuble et fit signe à Spock de le rejoindre. Son fils obéis : « Parmi elles, tu pourrais probablement trouver une épouse convenable. »


Le demi-vulcain prit l'objet entre ses mains et vit des fiches complètes sur chacune des prétendantes. Il les consulta quelques minutes et releva la tête vers son père :


« Ces personnes sont de très bonnes conditions père, et je suis aise d'être perçu comme un bon représentant de notre espèce, mais je ne peux pas quitter la station orbitale jusqu'à ce que le capitaine Kirk soit complétement rétabli. »


« Et ensuite ? » questionna Sarek.


« Ensuite je reprendrai mon poste de premier Officier sur l'Enterprise. » répliqua Spock. « Il s'agit de ma profession. »


« Nyota Uhura ne serait-elle pas un frein plus conséquent à ta réticence à te marier ? » demanda le vulcain. « Plutôt que d'évoquer ton appartenance à Starfleet ou la santé de ton supérieur ? »


Spock déposa doucement l'objet sur la table et répliqua, son ton ne changeant pas :


« Aucunement. » répondit-il « Je comprends la logique et la nécessité de m'unir à une vulcaine au vue de notre situation. Ma réticence ne vient pas de Nyota. »


Sarek s'approcha alors plus près de son fils et le regarda dans les yeux :


« Spock. Bien que l'amour soit une chose illogique, aucun Vulcain n'y est réellement immunisé. D'autant plus que tu es à demi-humain. Je saisirai que tu ne veuilles pas te marier pour t'unir à elle quand le moment sera venu pour vous. » Il prit une pause et continua « J'ai favorisé le mariage avec ta mère après m'être uni à une princesse vulcaine et j'ai également favorisé la vie à vos côtés plutôt que celle aux côtés de Sybok et sa mère. Je peux comprendre que tu refuses pour cette raison Spock. »


Ce dernier quitta les yeux de son père et se redirigea vers la fenêtre :


« Une femme m'a parlé de mère, aujourd'hui. » raconta-t-il. « Elle se nomme Leia Kouriakine. Cette personne t'est-elle familière ? »


« Très peu. Il s'agissait d'une amie d'Amanda. Je ne l'ai pas revu depuis notre mariage. » Expliqua-t-il. « Tu as changé de sujet, Spock. » lui fit-t-il remarquer. « Donnes moi une réponse. »


« Mes principales raisons de refuser toute éventuelle union se réfère d'avantage à mon appartenance à Starfleet et à ma mission actuelle qu'à l'amour, père. » répondit-il « Mme Kouriakine m'a appris que les parents de mère voulaient me rencontrer, sur Terre. »


Sarek rangea, avec un petite déception visible, la tablette. Il rejoint son fils et questionna :


« Veux-tu leur rendre visite ? Entre chacune de tes missions l'Enterprise retourne sur Starfleet, tu n'aurais aucun mal à aller les voir entre deux d'entre elles. »


« Je ne sais pas si c'est approprié. » répliqua son fils. « Je pense qu'ils se sentiraient très mal à l'aise. Je n'ai rien qui ressemble à mère. »


Sarek baissa les yeux et marcha vers la sortie de l'appartement :


« Tu as reçu de nombreuses choses d'Amanda » le corrigea-t-il « Mais il n'est pas exclu qu'ils soient surpris. Cependant, ta mère aurait certainement souhaité que tu y ailles. »


Spock l'accompagna à la porte et lui fit le salut Vulcain :


« J'y songerai. » dit-il. « Longue vie et prospérité, Père. »


« Prospérité et longue vie, Spock. » rétorqua l'autre.


Puis ils se séparèrent. Spock retourna dans ses appartements et se saisit de son communicateur :


« Commandeur Spock au capitaine Kirk. » dit-il.


« Kirk à Spock. » répliqua son interlocuteur. « Cela n'a pas été très long ! »


« Voulez-vous que je vous rejoigne ou venez-vous à nos appartements, Jim ? » demanda le vulcain.


« C'est si gentiment demandé commandeur, je vous rejoins de tout de suite. Kirk, terminé.» rétorqua l'autre d'une voix faussement cajoleuse.


Quand Jim pénétra dans les appartements il trouva Spock assit près de la fenêtre. Il s'approcha et prit place en face de lui :


« Alors ? Que vous voulez votre père ? » Demanda-t-il d'un ton nonchalant.


« Commencez par vous lever, Jim. Il est l'heure de prendre votre traitement. » Dit le vulcain en se levant lui-même.


L'interpellé le dévisagea mais obtempéra. Il vint de lui-même prendre Spock dans ses bras et le serra doucement. L'autre répondit à son étreinte et ils pouvaient tous deux sentir la respiration de l'autre aux creux de leurs oreilles. Jim baissa ses mains autour des hanches de son premier officier, ce qui surprit modérément l'autre, il ne réagit cependant pas réellement :


« Je trouve que vous me donnez beaucoup d'ordre récemment, Commandeur. » dit-il d'une voix suave. « Je ne suis pas sûr d'apprécier cela… »


Spock ne bougea pas d'un poil et se contenta de répondre sur son éternel ton régulier :


« Il m'est pourtant nécessaire de vous donner des ordres dans notre situation, capitaine. » il expira « Que vous appréciez ou non n'intervient pas dans mon jugement. »


Jim lâcha un petit rire. Et remonta ses mains autour de la taille de Spock :


« Ce n'est pas facile de vous intimider Spock. » répliqua-t-il « Que voulez votre père ? »


« Il voulait me présenter une liste d'épouse potentielle afin de peupler efficacement la Nouvelle Vulcain. » raconta-t-il « Mais je n'ai eus d'autre choix que de refuser sa proposition. »


« Bien sûr. Vous ne pouvez pas vous marier avec une Vulcaine, que dirait le lieutenant Uhura ? » Réagit le capitaine « N'est-il pas au courant pour vous deux ? »


Spock resserra son étreinte autour du capitaine. Il remonta une de ses mains et la posa sur l'omoplate de son vis-à-vis.


« Calmez-vous, Jim. » rétorqua le vulcain « Je peux sentir votre cœur battre jusque dans mon corps. »


Kirk rougit alors d'un seul coup. Et son rythme cardiaque dut lui aussi considérablement accélérer. Il relâcha instinctivement la taille de son premier officier mais ce dernier ne l'agrippa fermement, l'empêchant de s'en aller :


« Ce n'était en rien une critique… » Dit-il. « Tentez de vous calmer. »


Jim, après quelques secondes d'hésitations, revint encercler la taille du Vulcain. Il inspirait et expirait profondément pour permettre à son cœur de se calmer… Pourquoi fallait-il que Spock puisse sentir son cœur ? Pourquoi ne pouvait-il pas sentir le sien ? Il était pourtant coller à sa poitrine :


« Je ne sens pas votre cœur… Il doit battre beaucoup moins vite… » Dit-il.


« Non » le corrigea le vulcain « En réalité mon cœur bat beaucoup plus vite que le vôtre. Vous ne le sentez pas car je n'ai pas tout mon abdomen contre vous. »


« Vo…Votre abdomen ? » demanda Jim.


« Mon cœur est situé à peu près au niveau de votre foie. » Il vint prendre une des mains de Jim, se recula légèrement de lui, et la déposa doucement au niveau de son propre cœur. Jim sentit alors des battements très rapides et se retint à grande peine de rougir… C'était un moment scandaleusement intime. « Il fait 240 pulsassions par minutes. » Expliqua Spock.


Sous son allure de cours de physiologie Vulcaine, ce moment était terriblement embarrassant pour Kirk. Embarrassant et affreusement excitant. Lui, touchant l'abdomen de Spock – même au travers de son uniforme – et sentant son cœur battre… C'était beaucoup trop intime, beaucoup trop pénible… Il retira sa main et recula, forçant Spock à le lâcher.


« Je pense que ma prise est terminé. » conclut-il.


« Il semblerait, en effet. » répliqua l'autre.


Ils restèrent ensuite dans leurs appartements, s'occupant mutuellement en se parlant de temps à autre. Ils reçurent un appel de Bones leur proposant un dîner aux côtés au Carol Marcus. Bien que Spock soit réticent au vu de l'absence de crise de Jim ce jour-ci, ils acceptèrent. Jim promettant à Spock qu'ils ne resteraient pas tard. C'est à vingt-heure qu'ils arrivèrent tous les deux au restaurant où ils avaient rendez-vous. Ils virent arriver, avec grande surprise, Spock Prime* aux côtés de Carol et Bones. Quand Prime vit les deux hommes il leur offrit un sourire bienveillant. Il se dirigea tout de suite vers Jim :


« Qu'il est bon de vous revoir, mon vieil ami**. » dit-il en lui serrant affectueusement la main.


Spock le regarda faire et fixa le docteur Marcus :


« S'agit-il de votre associé ? » demanda-t-il. « Je trouve cela illogique de nous retrouver lors d'un dîner. » dit-il à Prime.


Ce dernier lâcha doucement la main de Kirk, qui dévisagea franchement Spock, et sourit à son double :


« Illogique peut-être Spock. » répliqua-t-il « Mais c'est une chose très agréable de pouvoir partager un repas avec de vieux amis. » Il sourit à Carol, Jim et Mccoy.


« Nous devrions entrer ! » s'enquit Carol qui sentait le malaise s'installer entre le Prime et son double. « J'ai réservé une table, vous allez voir, c'est un très bon restaurant ! »


Les cinq adultes s'installèrent à leur table et commandèrent leurs apéritifs : Mccoy et Kirk prirent un whisky, Carol un cocktail, Prime une spécialité sans alcool de la station et Spock un verre avec un nom imprononçable et d'une couleur noir.


« Que faîtes-vous, tous les deux, dans la station orbitale ? » questionna Kirk en commandant un second Whisky. Le premier n'ayant pas fait long feu.


Carol eut un sourire et prit la main de Mccoy :


« Je devais donner des conférences et j'avais le choix entre plusieurs station. Etant donné que Léonard était ici, j'ai décidé de venir sur celle-là. Et je ne regrette pas, il y a un public intéressé et de nombreuses rencontres à faire professionnellement parlant. » Expliqua Carol. « J'ai alors proposé à Ksop de me rejoindre puisque nous avions un laboratoire et un bureau à disposition. » Elle désigna Spock Prime pour appuyer ses dires.


« Et j'ai accepté avec grande joie. Il m'est devenu difficile de rester à la Nouvelle Vulcain avec ma maladie. » Dit-il en buvant une gorgée de son breuvage.


Jim tiqua et le dévisagea :


« Une maladie, quelle maladie ? » demanda-t-il inquiet.


Spock le dévisagea aussi, semblant attendre la suite avec tout aussi d'intérêt :


« Le Syndrome de Bendii. *** » Répliqua Prime. Spock le fixa avec insistance :


« Vous ne devriez pas révéler ce genre de chose et certainement pas à moi. » dit-il, son ton étant un peu plus hargneux. « Je ne suis pas censé savoir comment je vais mourir. »


Le vieil homme sourit à Spock et répliqua doucement :


« Les maladies que j'ai contracté et que je serais amené à avoir dépendent de mon vécu, Spock. Pas du tiens. Il n'y aucune raison logique de prévoir que tu ais un jour le syndrome de Bendii toi aussi, puisque tu n'as pas le même vécu que le miens. Détends-toi et profitons de ce repas, ensemble. »


« Bien que cela soit certainement dû à votre maladie, vous vous laissez trop aller à vos émotions. Ce n'est pas un comportement satisfaisant. » Rétorqua Spock.


« Je suis à même de décider ce qui satisfaisant pour moi. » répondit calmement l'autre. Il se tourna alors vers Kirk : « Et vous ? Pourquoi êtes-vous sur la station orbitale, Jim ? » Demanda-t-il, ignorant passablement son double.


Le capitaine ne sut pas ce qu'il devait dire. Il y avait le docteur Marcus de présente et quand bien même Prime soit un ami, il se doutait que Spock n'apprécierait pas qu'il lui déballe tout. Il décida de lui dire une partie de l'histoire, en passant sous silence en quoi cela impliquait son premier officier. Quand il eut fini son récit, Carol et Prime le regardèrent avec des yeux compatissants. Spock quant à lui avait fini par se détendre aussi, comprenant que Prime devait savoir ce qu'il faisait, atteint du syndrome de Bendii ou non.


« C'est absolument monstrueux ce qu'il vous est arrivé ! » s'enquit la blonde. « Comme quoi il faut vraiment se méfier de tout le monde… ». Quand elle vit le regard de Mccoy sur elle, elle lui murmura qu'elle se méfiait de tout le monde sauf de lui. Ce qui le fit sourire.


Ces deux-là étaient niant-niant à souhait. Mais ça faisait du bien de voir Bones avec quelqu'un. Ça ne lui été arrivé que rarement depuis son ex-femme. C'était aussi agréable de voir le docteur Marcus aussi rayonnante, surtout quand on connaissait son passé. Au moment du dessert, Prime, Mccoy et Spock débutèrent un débat sur les anomalies temporelles. Marcus ayant un avis bien tranché ne prit pas part à ce débat et Kirk n'en étant pas plus passionné que cela se délaissa vite de les écouter. Les deux partirent au bar du restaurant et commandèrent des verres. Ils discutaient de tout et de rien, se racontant des anecdotes et des plaisanteries. Puis le docteur Marcus se tut un instant pendant que Jim terminait son quatrième verre de la soirée et demanda, doucement :


« Il y a quelque chose dont j'aimerais vous parler, capitaine. » dit-elle. « Mais je ne suis pas sûre que ce soit approprié et je ne suis pas sûre d'en avoir le droit, en réalité. »


Jim haussa un sourcil :


« C'est à vous de voir. Je puis vous assurer que si ça doit rester entre nous, je n'en parlerai pas. » Dit-il en commandant un cinquième verre.


« Ce n'est pas réellement cela… Je pense que mon associé ne serait pas d'accord pour que je vous en parle. Mais… J'en ai besoin. Je pense. »


Kirk la dévisagea un instant puis finit par lui proposer de demander d'abord la permission à Prime. Carol soupira et refusa. Elle ne préférait pas le lui demander. Elle ancra ses yeux dans ceux de Kirk et commença à lui raconter ce dont elle avait besoin de lui parler :


« Spock… Enfin, celui de l'autre univers, mon associé, m'a parlé de mon autre moi pendant une de ses pertes de contrôles de ses émotions, dû à sa maladie. » Dit-elle. « Et cela vous concerne capitaine. » ajouta t-elle.


« En quoi cela peut-il me concerner ? » questionna Jim.


« Dans l'autre univers… Vous et moi avons un jour été amants pendant notre jeunesse. » Exposa-t-elle. Ce qui fit franchement rougir l'autre, l'alcool n'aidant pas. « Pas que je souhaiterais que ce soit le cas dans notre monde, hein ! » précisa-t-elle « Je me sens très bien avec Léonard ! » Jim acquiesça. « S'il n'avait s'agit que d'une aventure j'en aurais ri et je l'aurais gardé pour moi. » dit-elle « Mais il se trouve que je vous ai donné un enfant. »


Le capitaine la regarda, surprit :


« Un enfant ? » demanda-t-il.


« Un garçon » confirma-t-elle. « David. » Elle prit son verre entre ses mains, se sentant soulagée « Je… Je ne sais pas grand-chose de ce fils. » Avoua-t-elle. « Et je ne suis pas sûre de vouloir en savoir d'avantage. » Elle prit la main de Jim « Mais je voulais vous le dire. J'avais besoin de parler du fils que je n'aurais jamais avec son père. »


Le blond fronça les sourcils : il serra la main de la jeune femme dans la sienne et la tapota avec la seconde. Il soupira également, ne sachant pas exactement quoi faire. Cela faisait drôle d'apprendre qu'il aurait pu être père, qu'il aurait pu avoir un fils avec le docteur Marcus… Jim aurait-il était un bon père ? Il ne le saurait probablement jamais, avoir des enfants n'étant certainement pas son destin dans cette dimension :


« David, hein ? » demanda-t-il. « Savez-vous autre chose, à son sujet ? »


« Pas beaucoup plus… Vous n'avez su que tard que vous aviez un enfant. Il est mort jeune… Il n'avait que 24 ans et il était déjà docteur... Spock m'a dit qu'il était très fier d'être votre fils après vous avoir rencontré… Il aurait eu deux ans s'il avait existé dans cette dimension. » Elle réprima un sanglot « Deux ans, vous vous rendez compte ? »


Jim la prit dans ses bras… C'était étrange, cette situation… Il venait d'apprendre qu'il avait eu un fils dans une autre vie et qu'il était mort jeune, certainement avant son double. C'était comme si le docteur Marcus et lui portaient un deuil commun pour enfant qui aurait été actuellement âgé de deux ans, pas encore mort, et jamais réellement né.


« C'est… Je ne sais pas quoi dire… » Répliqua-t-il, la serrant toujours. « Je pense que vous avez bien fait, en un sens, de m'apprendre son existence. »


Carol renifla et se sépara de l'autre :


« Je pense aussi. » murmura-t-elle, séchant les larmes qui étaient dans ses yeux. « C'est ridicule de me sentir ainsi pour un enfant que je n'ai jamais eu mais… »


Jim tapota doucement son épaule :


« Non… Non ce n'est pas ridicule… » La rassura-t-il. Il vit les yeux incrédules de Spock et Mccoy sur eux « Mais si vous voulez que cela reste entre nous sans compromettre nos relations avec Bones, il va falloir trouver une bonne excuse à notre soudain rapprochement. »


Carol vit alors Mccoy arriver en grande pompe, Spock sur ses talons. Elle sécha ses dernières larmes et reprit Jim dans ses bras, le surprenant. Quand Bones et le premier officier furent à leur hauteur, elle le lâcha doucement :


« Merci Capitaine. » dit-elle « Cela m'apporte beaucoup de réconfort. Vous savez aussi ce que c'est de devoir porter le mémoire de votre père sur vos épaules. »


Jim lui sourit alors. Rusée, avec ça. Bones avait trouvé une perle rare :


« On finit par s'y faire, docteur. » lui répondit-il « N'hésitez pas à m'en reparler si ça redevient trop dur. »


« Je le ferais. » répondit-elle. Comprenant qu'il parlait bel et bien de leur fils et non de la fumeuse histoire qu'elle avait présentée à Mccoy et Spock. « On y va Léonard ? » demanda-t-elle en prenant Bones par la main « J'ai besoin de me reposer. »


Mccoy la suivit en fixant Jim avec des yeux suspicieux. Mais cela ne dura pas et il leur fit ses adieux. Spock et Jim restèrent seuls dans le restaurant et le blond reprit sa place au bar :


« Vous buvez un dernier verre avec moi, Commandeur ? » proposa-t-il. « Où passé votre double ? »


Le vulcain s'installa à côté du blond mais ne commanda pas, attendant que son vis-à-vis finisse sa beuverie :


« Il était fatigué. Il est rentré dans sa chambre d'hôtel » expliqua-t-il.


« Je vois. » répliqua Jim en buvant un shot et en recevant son dernier verre de Scotch « Je ne sais pas à combien de verre je suis… » Se plaignit-il. Il lança un regard vers son ami et lui demanda, d'un air pensif : « Et vous Spock ? Vous avez eu des enfants dans une autre vie ? »


L'autre le regarda sans comprendre :


« Dans une autre vie ? » répliqua-t-il « Je n'ai jamais eu de progéniture Jim. Vous le savez. »


« Vous l'avez dit vous-même, il y a beaucoup de choses que je ne sais pas à propos de vous… » Murmura-t-il. « En voulez-vous ? Des enfants ? » Questionna-t-il, un air un peu attristé sur le visage.


« Je n'en éprouve pas le besoin. » rétorqua le vulcain. « Vous allez bien capitaine ? » demanda-t-il « Vous avez l'air abattu. Est-ce au sujet de votre père ? »


Jim balaya cette question de la main : oh, il s'en moquait pas mal de son père à cet instant… Non, là il pensait à ce petit David. Aurait-il un jour un type comme David dans sa vie ? Aurait-il un jour quelqu'un qui l'appelle « papa » ?


« Je crois que j'en ai envie, moi… » Dit-il en finissant son verre. « Ouai… J'ai jamais vraiment eu de père, sauf peut-être Pike mais… J'pense que je pourrais être un bon papa… » Il renifla : « Ouai, un bon papa »


Puis il régla ses consommations et quitta le restaurant aux côtés de Spock. L'alcool commençant réellement à faire effet dans son organisme, Jim ne parvint pas à marcher seul sans tituber. Le commandeur dû le porter à demi sur une épaule.


Ils arrivèrent après 30 bonnes minutes à leur chambre. Spock ouvrit la porte et la referma derrière le capitaine. Il l'amena difficilement à son lit et au moment de le lâcher, Jim s'agrippa à son cou :


« Non… Restez avec moi… » Murmura-t-il.


« Je ne m'en vais pas, capitaine » répliqua le vulcain. « Je dors dans la même chambre que vous. » il regarda l'heure. Il était 22h passé. L'heure du traitement avait été ratée. Il força Jim à le lâcher et lui enleva ses chaussures et retira les siennes. Il revint à côté de lui et s'assit sur le rebord du lit : « Nous devons procéder au traitement, Jim… » Dit-il en voyant que le capitaine fermait déjà ses yeux. « Je vais m'allonger à côté de vous si vous ne pouvez pas vous lever. »


Cependant Kirk se mit en position assise et ouvrit ses yeux bleus. Il se stabilisa sur ses genoux, attrapa les épaules de Spock et fondit dans ses bras. La tête de Spock était collée au cou du blond, qui le serrait très fort. Cette position inconfortable dura quelques minutes jusqu'à ce que le commandeur soulève doucement les bras de son vis-à-vis et les accompagnent jusqu'à le coucher sur le dos. Alors qu'il allait se relever et quitter le lit du capitaine, ce dernier le retint par l'épaule, le fixant de ses deux yeux intenses et enivrants.


« Restez avec moi cette nuit… Spock… » Il attira franchement le vulcain à lui, qui céda en tombant doucement à côté de lui. Jim encercla son corps de ses bras et vint recaler sa tête dans son cou. « Ne me quittez pas ce soir… »


Spock ne bougea pas, se laissant agripper et se résignant à l'idée de dormir avec son capitaine. Il aurait pu tout simplement se lever et partir, mais il ne le fit pas :


« Il se pourrait que vous fassiez une crise ce soir Jim. Il y a même 83% de chances que ça arrive dans les trois prochaines heures. » L'informa-t-il.


« Alors ne me lâchez pas… » Répliqua l'autre, resserrant son étreinte.


Jim était complétement sous le joug de l'alcool. Il ne savait pas réellement ce qu'il faisait. Il avait une vague idée de ce qu'il disait et il était certain que cela était en accord avec ses pensées et ambitions profondes… Cependant plus les minutes passaient, plus il ignorait s'il rêvait ou si Spock était bien dans ses bras à cet instant. Il inspira fortement et senti la peau du cou offerte de l'autre… Cela serait… Cela serait si facile de l'embrasser. Ce serait si simple de poser ses lèvres sur ce cou…


C'est ce qu'il fit. Il embrassa le cou de Spock. L'autre bougea, très surpris, ce qui fit gémir Jim de frustration. Quand les gesticulations de son vis-à-vis cessèrent, Jim réattaqua la peau. Il l'embrassa d'abord doucement puis avec plus d'avidité. Il sentit une main venir se plaquer sur son dos avec force. Mais il l'oublia vite. Il respirait de plus en plus fort et s'acharnait de plus en plus sur cette peau ayant l'odeur de Spock. Il l'attrapa entre deux dents et commença à la sucer doucement. Quand il la relâcha finalement, il fut séparé du corps chaud du vulcain :


« Ça suffit, Jim… » L'avertit une voix sourde. Jim ouvrit difficilement les yeux et vit que Spock allait se coucher dans son propre lit.


Le capitaine protesta pendant quelques minutes avant de perdre le fil de ses paroles puis de ses pensées. Il s'endormit doucement. Rêvant qu'il continuait de supplier Spock de revenir dans son lit.


Il fut réveillé par un tremblement de tout son corps. Son premier réflexe fut de hurler et d'attraper les draps sous lui. Il sentit son cœur et son crâne se contractaient d'un seul coup puis se ressaieraient à chacune de ses respirations. Il finit par manquer d'air et inspirait autant qu'il le pouvait. Alors qu'il allait s'étouffer Spock le souleva du lit et le prit dans ses bras violemment, le serrant très fort.


« Agrippez-moi, Jim ! » ordonna-t-il.


Le blond obtempéra tout de suite. Sentant comme si son crâne allait exploser. Il lâcha un dernier cri de douleur et puis sentit la pression disparaître progressivement. Il relâcha Spock et l'autre fit de même, le lâchant doucement :


« Qu…Qu'est-ce que… » Commença-t-il.


« Vous avez fait une crise dans votre sommeil. » expliqua l'autre. « Tâchez de vous rendormir, il est quatre heure du matin. »


« … Ma tête… J'ai la tête en… »


« Vous avez la gueule de bois, capitaine. Vous devriez songer à réduire l'alcool. Rendormez-vous. »


Et Jim obéit. Se rendormant dans la minute.


Chapitre 10 : Vous êtes une exception


Jim se réveilla avec le bruit de la douche que prenait Spock. Il entendait l'eau couler et quand il se leva avec un douloureux mal de crâne, il vit le lit fait de son colocataire. Il se leva difficilement, sentant encore les effets de sa crise de cette nuit et alla prendre un café. Il était encore habillé comme la veille, ses chaussures escampées sous son lit. Quand il vit Spock sortir de la salle de bain, il tiqua sur un détail : Spock n'avait pas encore revêtu son haut d'uniforme par-dessus son t-shirt noir à manche longue, et il avait une grosse tâche verdâtre* dépassant de son col… C'était lui où le vulcain avait un suçon… ?


Puis il paniqua :… Il n'avait tout de même pas… Non… Il n'avait pas pu faire ça ! Pas à Spock… ! Pas dans cette situation ! Il avait beau y réfléchir et tenter de se remémorer les évènements de la veille, seule sa conversation avec le docteur Marcus et sa crise lui revinrent.


Quand le commandeur le vit, il le salua :


« Comment vous sentez vous ? Capitaine ? » S'enquit-il.


« J'ai mal à la tête… » Répliqua l'autre. « Et vous ? Vous avez bien dormi ? »


« Non. » Spock enfila son uniforme. « Vous y êtes pour beaucoup, d'ailleurs. »


Jim se sentit affreusement coupable… Alors c'était bien lui qui était à l'origine de ce suçon… ? Il devait absolument en avoir le cœur net… Et si c'était le cas, il devait s'excuser à tout prix :


« Spock… Ce que vous avez… Dans le cou… ? » Commença-t-il. Il vit Spock croiser les bras et attendre la suite. « C'est moi qui vous ai… ? »


« Oui ? » l'encouragea le vulcain.


Kirk le dévisagea : cet imbécile savait très bien de quoi il lui parlait ! Et il voulait le forcer à le lui dire ! Le blond déglutit et demanda :


« Est-ce que c'est moi qui vous ai fait ce suçon ? »


Il vit Spock se retourner et repartir dans la salle de bain. Ne lui répondant pas. Il le vit s'examiner dans la glace et lâcher un tout petit soupire. Il massa son cou tentant de faire disparaître la trace : impossible. Il la cacha alors autant qu'il le put avec son col. Il revint à la hauteur de son capitaine et répondit :


« Oui, vous en êtes l'origine. »


« Je suis vraiment désolé Spock !... J'avais bu et… Vous auriez dû m'en empêcher ! » Répliqua rapidement le blond. « Enfin… P…Pardonnez-moi cet écart de conduite, ça ne se reproduira pas. » Il avait tellement honte…Il avait fait un suçon à son premier officier…


Ce dernier ne répliqua pas, se contentant de s'assoir aux côtés du capitaine à leur petite table :


« J'ai remarqué que vos crises étaient de plus en plus violente. » exposa-t-il. « Il serait cohérent de se renseigner auprès du docteur Mccoy ou de contacter le docteur Turing afin d'avoir de plus amples informations sur la marche à suivre. »


Kirk le regarda un instant sans comprendre : Spock voulait-il faire comme si ce n'était jamais arrivé ? Il aurait préféré qu'ils en parlent, au contraire. Mais c'était lui qui avait fait la connerie, alors autant ne pas trop la ramener. Ouai… Surtout Jim, ne pas la ramener tout court.


« On peut aller voir Bones à sa clinique, je crois qu'elle est de l'autre côté de l'installation de Starfleet. » répondit finalement le capitaine. « Je vais aller me préparer. »


Et il quitta la pièce, laissant Spock et une tasse de café encore fumante. Le commandeur se leva et consulta sur sa tablette les conférences du jour. Deux d'entre elles étaient susceptibles d'être pertinentes pour son travail sur l'Enterprise, mais une seule pourrait intéresser son capitaine. Il détailla rapidement les questions abordées dans chacune d'entre-elles et finit par en choisir une. Il en retint alors l'heure et le lieu.


Il prit la tasse de café qui commençait à refroidir et la fit réchauffer avant de la reposer sur la table. Il s'avança vers la fenêtre et observa le parc… Il était neuf heures du matin. S'ils avaient respecté le traitement, ils auraient dû le prendre à 5h du matin. Spock devait poser des questions logiques et de logistiques au docteur Turing car il n'arrivait pas à respecter ce remède à la lettre.


Jim sortit de la salle de bain, puis de la chambre, habillé d'un jean noir, d'un t-shirt blanc et de d'une veste bleue. Quand il vit le regard de son premier officier sur lui, il se frappa le front avec la paume de la main :


« Bien sûr… ! Une conférence ! » Dit-il en retournant dans la chambre « Je vous ai vu en uniforme en plus. Mais je n'ai pas fait le lien. »


Spock le suivit et tomba nez à nez avec Kirk en caleçon. Le vulcain n'émit pas de commentaire et ne changea pas son attitude, allant lui-même vers sa propre armoire. Il en sortit des vêtements civils et commença également à se changer :


« Je me suis mis en uniforme par réflexe. » dit-il. « Il y a bien une conférence à laquelle je souhaite assister mais elle n'est pas exclusivement réservée à Starfleet. Nous pouvons donc y aller dans la tenue de notre choix. »


« Vous auriez pu me le dire avant que je me déshabille Spock. » répliqua Jim en ré enfilant son jean. Il se tourna vers son vis-à-vis et détailla le torse maintenant nu du vulcain. « Ah moins que vous vouliez me voir en sous-vêtements commandeur, dans ce cas-là, il suffisait de demander. »


L'interpellé se tourna vers l'autre et le regarda de bas en haut. Ce qui – avouons-le – surprit beaucoup le blond. Spock détourna son regard et passa un pull gris à col-roulé par-dessus son pantalon noir. Il quitta l'armoire et enfila une paire de bottines sombre. Il s'avança doucement vers son homologue et déposa ses mains sur ses avants bras :


« Spock… ? » questionna Jim stupéfait. « … Je… Je plaisantais vous savez… ! » S'enquit-il alors que le vulcain remontait ses mains le long de ses épaules.


La respiration du capitaine commençait à accélérer et son cœur battait de plus en plus vite. Les mains de Spock montèrent jusqu'à sa clavicule et la caressèrent en suivant ses contours :


« Commandeur ? » Kirk commençait vraiment à se demander ce que faisait le vulcain quand ce dernier vint poser ses deux mains sur sa poitrine tout en semblant l'examiner. Le contact de cette peau sur la sienne était véritablement délicieux, cependant, il ne pouvait s'empêcher de se poser des centaines de questions sur ce qui motivaient les gestes de l'autre.


Alors qu'il sentait l'excitation monter en lui, Spock laissa tomber ses mains le long de son ventre et vint les passer derrière son dos en se rapprochant définitivement de lui en une douce étreinte :


« Il semble que votre pouls ainsi que votre système respiratoire soit normal. » dit-il. « Vous sembliez avoir du mal à respirer. J'ai émis l'hypothèse qu'il s'agisse d'une conséquence de votre crise de la veille et de notre obstination à ne pas respecter le traitement. » On aurait pu voir de la fumer s'échapper des oreilles du blond tant la pression était descendue. « De toute évidence, cela est juste dû à votre consommation d'alcool de la veille, fort heureusement. Je recommande toute fois de restreindre vos prises en particulier le whisky. »


Kirk l'enlaça à son tour. Il allait le rendre dingue, il allait le rendre complétement fou… A le serrer comme ça, à le toucher de la sorte… Comment voulait-il qu'il oublie un tant soit peu son amour pour lui s'il lui faisait des coups pareils ?! C'était devenu quelque chose de quasiment impossible. Et pourtant, il le devrait.


« Nous devrions nous dépêcher de trouver Bones. » dit-il en se séparant du vulcain en remettant son t-shirt. Il attrapa sa veste posée sur son lit. « Allé, si vous voulez que nous assistions à votre conférence. »


« La conférence a lieu dans deux heures, capitaine. Mais vous avez cependant raison, nous ne devrions pas traîner. » Approuva l'autre.


Les deux hommes quittèrent leur appartement et se dirigèrent dans les couloirs et les divers ascenseurs en direction de la fameuse clinique où travaillait temporairement le docteur Mccoy. Alors qu'ils quittaient un des ascenseurs, ils tombèrent nez à nez avec le lieutenant James Mcgrégor, dit Junior. Ce dernier fondit sur eux, visiblement décidé à leur parler de l'avant-veille, dans les toilettes :


« Je ne savais pas que vous étiez là, la dernière fois, capitaine ! » s'enquit le jeune homme. « Vous ne devez pas prendre au sérieux ce que j'ai dit, je ne veux surtout pas vous faire peur ou bien… » Il parlait à une vitesse folle.


« Calmez-vous lieutenant. » répliqua Kirk avec un sourire bienveillant. « Je ne sais pas de quoi vous me parlez honnêtement. Qu'est-ce que je ne dois prendre au sérieux au juste ? » Questionna-t-il. Spock lui lança un regard mais ne commenta pas.


« Vous… » Commença Junior. « Mais il n'y avait qu'un seul toilette dans le parc capitaine… Et vous avez dit que… »


« Lieutenant Mcgrégor. » Intervint le vulcain « Je suis désolé de vous interrompre mais le capitaine et moi avons à faire dans l'immédiat. »


« C'est vrai James. » répliqua le blond. « De plus Spock et moi ne sommes pas en service, appelez-moi donc Jim ou Kirk. Vous n'avez pas besoin de me donner du capitaine. Nous parlerons de cette histoire de toilette une autre fois et vous aurez tout le loisir de me dire ce que je n'aurais pas je ne suis pas censé prendre au sérieux. »


Il lui fit un clin d'œil et les deux hommes s'en allèrent, laissant le pauvre lieutenant en plan. Une fois qu'ils furent assez loin pour ne plus être entendu, Spock demanda :


« Vous savez la façon dont il vous voit, Jim. » Il observa un instant de silence. « Pourquoi êtes-vous avenant et ouvert envers-lui ? A moins que vous n'ayez des intentions précises à son sujet, je ne comprends pas la logique. »


« Et bien Spock, vous savez la façon dont moi-même je vous vois. » répliqua le blond. « Et pourtant vous êtes en général avenant et ouvert envers-moi. Et à moins que vous n'ayez des intentions précises, je ne comprends pas non plus la logique. » Il fit un grand sourire quand il vit que Spock avait réellement tiqué sur le problème.


« Vous êtes mon ami. » répliqua finalement le premier officier. « Il n'est pas le vôtre. » ajouta-t-il.


« Et peut être ai-je des intentions précises envers-lui, dans ce cas. » rétorqua le capitaine. Quand il vit la tête de Spock se tourner vivement vers lui, il ne put se retenir de rire. Mais il ne rectifia pas sa précédente affirmation. Il aimait perturber son ami. **


Ils arrivèrent enfin à la clinique et demandèrent une entrevue avec le docteur Léonard Mccoy. Ils attendirent vingt bonnes minutes puis furent enfin prit dans le cabinet de Bones :


« Qu'est-ce que vous fichez là ? » Demanda le médecin en se lavant les mains, son précédent patient venant tout juste de partir.


« Nous souhaitons faire un rapport sur l'état de santé du capitaine et poser des questions au docteur Turing. » expliqua le vulcain.


Bones perdit son air acerbe instantanément et fondit sur Kirk. Il attrapa des instruments et le poussa sur la table d'osculation, l'examinant sous toutes ses coutures :


« Je ne vois rien d'alarmant. » dit-il en finissant son examen. Il prit une sonde et commença à examiner l'appareil interne du capitaine.


« Ses crises sont de plus en plus violentes. » commença Spock. « Nous avons du mal à suivre à la lettre les heures du traitement compte tenu de notre emploi du temps. Il doit exister une alternative satisfaisante, aussi nous voulons poser la question au docteur Turing. »


Bones dévisagea le vulcain :


« Evidemment que ses crises sont plus fortes si vous ne respectez pas ce fichu contrat. Quel est cet emploi du temps qui vous empêche de le mener à bien ? » Demanda-t-il en examina le foie du capitaine. « Tu consommes trop d'alcool Jim. Tu vas me faire le plaisir de ralentir sur la bibine. » L'interpellé fronça les sourcils comme un enfant punit.


« Majoritairement nos déplacements et les temps de repos. » Répliqua Spock. « Il est difficile de procéder à la prise du traitement si nous sommes en public ou si le capitaine dort. »


« Vous ne pouvez pas lui faire des papouilles quand il pionce ? » questionna le médecin en termina tous les examens.


« Il serait illogique de pratiquer alors qu'il n'est pas conscient » Rétorqua l'officier. « Il doit être conscient afin… »


« Vous pourriez arrêter de faire comme si je n'étais pas là ? » demanda Jim, légèrement mal à l'aise. « J'ai aussi mon mot à dire. » Quand il vit les regards de ses vis-à-vis, il comprit que finalement – non – il ne l'avait pas.


Bones relâcha finalement le pauvre blond, qui s'empressa de se remettre debout, et déposa ses instruments. Il prit son communicateur fixe et lança un regard irrité au premier officier :


« Le docteur Turing s'il vous plait. » dit-il au travers de son engin à son interlocuteur. « Ah ! Docteur Turing, on a besoin de vos lumières ! » Il le mit en haut-parleur.


« Bonjour docteur Mccoy » répliqua Turing depuis son bureau. « En quoi puis-je vous aider ? »


« Le capitaine Kirk et le commandeur Spock sont actuellement dans mon cabinet et voudraient vous poser des questions quant au traitement. Ces deux-là n'arrivent pas à respecter vos consignes à la lettre et par conséquent les crises sont de plus en plus forte. » Expliqua Bones. « Il souhaiterait connaître des alternatives et ainsi de suite… »


Mccoy semblait vraiment las de cette histoire. Il avait fixé Spock tout le long et d'un œil tout sauf bienveillant.


« Qu'entendez-vous par « ne pas respecter mes consignes » ? » Demanda l'autre au bout du fil. « Ils n'ont pas de contacts physiques réguliers ? »


« Le capitaine et moi tentons d'avoir un contact physique toutes les 7 heures comme préconisé, mais compte tenu de notre emploi du temps et de nos imprévus nous n'arrivons pas à respecter la fréquence. Nous cherchons donc une alternative. » Dit Spock en regardant Jim. Ce dernier, sachant pertinemment que ce manque de rigueur était en grande partie sa faute, n'en menait pas large.


Turing ne donna pas signe de vie pendant quelques secondes avant de lâcher un petit rire, ce qui prit les trois autres au dépourvu :


« Vous êtes en train de me dire que vous avez un contact physique toutes les 7 heures précisément ? » s'enquit-il. « Vous n'avez pas bien compris je crois… » Il relâcha un rire. « Non, vous n'avez décidément pas compris. »


« Expliquez-nous, dans ce cas. » dit finalement Jim en croisant les bras, pas plus amusé que cela.


« Vous deviez avoir un contact physique tous les 7 heures au minimum. » il insista sur le dernier mot. « Cela impliquait qu'il devait y en avoir d'autres. » Un silence lui répondit « Vous devez être aussi tactile qu'un couple peut l'être, si je puis m'exprimer ainsi. Vous touchez toutes les sept heures n'est absolument pas suffisant pour satisfaire le système limbique, enfin ! »


« Vous nous demandez d'agir comme si nous étions en couple ?! » s'enquit alors Jim en premier. « Mais ce n'est pas possible enfin ! Déjà nous ne sommes pas un couple et puis Spock a une… ! »


« Compte tenu de notre impossibilité à tenir une fréquence de 7 heures, il est improbable que nous arrivions à être d'avantage tactile l'un envers l'autre tout en restant discret. » le coupa Spock.


Ils entendirent Turing discuter avec plusieurs personnes.


« Qu'est-ce que vous préconisez docteur Turing ? » demanda Bones. « Quand ils disent qu'il leur est difficile d'avoir des contacts physiques discrets, ils n'ont pas tort. Même s'ils n'ont pas d'obligations à l'extérieur ou qu'elles sont rares, ils ne peuvent pas rester toute la journée dans leur appartement. »


Le docteur à l'autre bout du fil hésita puis on l'entendit de nouveau parler avec d'autres personnes. Mais il n'était pas en haut-parleur et il était difficile d'entre leur discussion. Il finit par reprendre le combiné et par tranché :


« Mes collègues et moi pensons qu'il peut y avoir une alternative. » dit-il finalement « Déjà j'ai besoin de savoir quel genre de contact physique vous avez tous les deux lorsque vous devez prendre le traitement, Kirk. »


« Nous nous enlaçons. » répliqua le capitaine, passant volontairement sous silence l'épisode du suçon.


« C'est tout ? » s'enquit Turing. « Bien. Ne tenez plus compte du nombre d'heure, mais ayez des contacts physiques réguliers dès que vous le pouvez. Vous pouvez continuer de vous enlacer simplement mais vous pouvez aussi juste vous toucher les mains pendant un petit moment, vous caressez… Enfin, ce qu'un couple est susceptible de faire ! »


« Cela me semble possible. » répliqua Spock. « Et si cette alternative ne fonctionne pas ? »


« Alors changer le degré de vos contacts. Allez plus loin. » Rétorqua le docteur Turing.


Bones et Jim écoutaient l'échange. Le docteur Mccoy avait des yeux grands ouverts de stupéfaction et Jim pouvait presque rivaliser avec le rouge d'une écrevisse :


« Attendez ! » intervient Mccoy « Je vois bien dans quelle direction vous allez docteur Turing ! » son ton était un poil menaçant. « Vous allez pas leur demander de forniquer tous les trois jours à 19h43 précises, en plus ?! Car ça en prend drôlement le chemin, votre histoire ! »


« Ne soyez pas ridicule docteur Mccoy. » répliqua l'autre. « Je ne leur demande même pas de s'embrasser. Justes quelques attentions et contacts agréables et chastes quand ils sont en privé. Cela devrait suffire à faire diminuer l'intensité de vos crises capitaine Kirk. »


« Très bien… » Répliqua le blond. « Si cela convient à mon premier officier, je ne peux pas vraiment m'y opposer. » Le regard de Bones sur lui suggérait que non, il ne pouvait vraiment pas.


« Je suis en accord avec ce nouveau traitement. » confirma le vulcain. « Merci de votre écoute et pour votre temps docteur Turing. » il regarda Bones. « A vous aussi docteur Mccoy. Nous avons une conférence capitaine, aussi faudrait-il que nous nous dépêchions, nous avons perdu beaucoup de temps sur le chemin. »


Jim acquiesça et ils quittèrent le cabinet puis la clinique, laissant Mccoy travailler. Ils marchèrent ensemble un long moment en silence avant de prendre un ascenseur pour se rendre dans la partie Nord de la station orbitale, afin d'assister à une conférence sur la compatibilité cellulaire des différentes espèces humanoïdes. Alors que l'engin démarrait, Spock prit la main de Jim dans la sienne, entremêlant leurs doigts. Ce contact décontenança le capitaine qui eut pour premier réflexe de reprendre sa main :


« Nous devons avoir ce genre de contacts dorénavant, capitaine. » lui murmura Spock doucement en reprenant sa main. Avec son pouce il caressa la tranche de la main de l'autre. « Laissez-vous allé. »


Jim se détendit et rendit sa caresse à l'autre. Il lui était difficile d'accepter les nouvelles formalités du traitement. Devoir être aussi proche de Spock quand ils sont en privé… Cela n'arrangeait pas ses affaires. Il faudrait qu'il finisse par trouver un moyen de s'éloigner de lui quand tout ceci serait fini, afin qu'il puisse faire la part des choses de son côté. Dès que l'ascenseur ouvrit ses portes, ils se lâchèrent la main et allèrent dans la salle de conférence : elle allait débuter d'un moment à l'autre. Les deux amis trouvèrent deux places avec difficulté, tant l'amphithéâtre était bondé.


Un homme, désigné comme étant le directeur de recherche du sujet de la conférence, prit la parole et exposa les principales questions auxquelles son équipe et lui tentaient de répondre. Il introduit un de ses subordonnés et lui laissa faire sa présentation. La conférence dura trois bonnes heures où Spock ne cessait de prendre des notes. Jim était intéressé au départ, mais la longueur de cette conférence commençait à l'ennuyait. Alors qu'il hésitait fortement à aller au toilette de façon définitive – entendez par là quitter la conférence et attendre Spock dehors – le scientifique qui présentait son projet acheva sa partie.


« Je vous laisse maintenant avec le docteur George S. Kirk qui va vous présenter la dernière partie de nos recherches. »


Jim ouvrit de grands yeux et Spock cessa instantanément de prendre des notes, fixant tour à tour le capitaine et l'homme qui s'avançait sur l'estrade. C'était un grand homme fin, il n'avait pas la musculature de Jim mais on pouvait facilement voir qu'ils étaient de la même famille tant leurs traits étaient similaires. Tous deux avaient les yeux bleus et des cheveux blonds, ils étaient jeunes et bien que le visage de George ait été plus long que celui de Jim, cela ne laissait aucun doute sur leur lien de parenté :


« Serait-ce votre… ? » commença doucement Spock.


« Mon frère, oui. J'en ai bien l'impression. » Répliqua Jim un peu plus fort qu'il n'aurait voulu, s'attirant les regards de quelques-uns de ses voisins.


Ils attendirent que la conférence prenne fin, soit quarante minutes plus tard et descendirent vite de leur place pour aller trouver George. Ce dernier était en vive discussion avec ses collègues et quittait la salle à leurs côtés.


« Johnny ! » s'écria Jim alors que l'autre passé le pas de la porte.


George se retourna et vit arriver en trombe un homme vers lui. Jim le prit dans ses bras et le serra très fort, prenant au dépourvu le docteur Kirk et ses collègues. Spock les rejoint d'un pas rapide, les saluant :


« Oh bon sang Johnny ! » dit Jim ne le lâchant pas. « J'ai cru que je ne te reverrais jamais… ! » Il sentait les larmes monter aux creux de ses yeux mais les réprimait avec force. George le repoussa doucement et le regarda dans les yeux, surprit :


« … James… ? » Demanda-t-il incertain. « …Jimmy est-ce que c'est toi…?! » lorsque que Jim acquiesça il le sera à son tour de toutes ses forces dans ses bras. « Oh mon dieu ! » Lui ne retint pas ses larmes. « Oh Jimmy… ! Mais… Je pensais que tu ne voulais pas me revoir… Je… »


Ce fut au tour de Jim de se retirer de l'étreinte de son frère :


« Moi ? Ne pas vouloir te revoir… ?! Mais enfin j'ai passé des années à te chercher avant d'entrer à Starfleet ! » Répliqua-t-il.


« Tu es entré à Starfleet, comme papa ? » questionna son frère. « Et moi qui pensais que Frank allait réussir à t'en dégoûter ! On… On a beaucoup de chose à se raconter, je crois… » Il se tourna vers ses collègues. « Messieurs, j'ai l'immense joie de vous présenter mon petit frère, James. »


« James T. Kirk, enchanté messieurs. » se présenta Jim. Il se tourna vers son frère : « Laisses moi te présenter mon premier officier, le commandeur Spock. »


« Mr. Kirk. » le salua Spock.


Un des collègues de George ouvrit de grands yeux et demanda, soudain surexcité :


« Attendez George… ! » S'enquit-il, il se tourna vers le jeune frère : « Vous êtes le capitaine de l'USS Enterprise ?! »


Jim n'aurait pas cru être si populaire, il hocha cependant la tête :


« Lui-même. » dit-il.


« C'est en partie grâce à vos explorations que l'on a pu progresser dans nos recherches ! » répliqua un autre des collègues. Il dit à Georges : « J'ignorais que votre frère était le célèbre James ! Vous auriez pu nous le dire, tout de même ! »


Le plus vieux des frères sourit et tapota l'épaule de Jim :


« Je l'ignorais. » Il sourit à Spock « Il y a beaucoup de chose que j'ignore sur toi, Jimmy. »


George dit au revoir à ses collègues et suivit Jim et Spock dans un café non loin des salles de conférences. Ils s'y installèrent tous les trois. Jim et George, dit Johnny, avaient beaucoup de choses à se dire. George ne comprit pas pourquoi Spock resta avec eux, mais ne posa pas de question : bien trop heureux de retrouver son jeune frère après toutes ces années***. Depuis que Frank l'eut chassé de la ferme quand leur mère était en voyage d'affaire…


« Alors, raconte-moi tout ! » s'enquit Jim. « Que t'est-il arrivé depuis ton départ ? »


« Et bien… Je t'ai vu foncé à toute allure et je ne t'ai plus jamais revu, j'ai pourtant essayé de suivre les traces de la voiture de papa… Mais c'était peine perdue. Alors je suis allé à la ville la plus proche, c'était Des-moines. J'ai travaillé dans un restaurant pour me payer des études. Je n'avais que quinze ans et j'ai dû me débrouiller seul. Maman a essayé de me recontacté mais je ne voulais pas revoir Frank. » Il haussa les épaules. « J'ai été bête, j'ai raté de nombreuses années avec toi. »


Jim lui offrit un grand sourire, un peu triste, mais l'invita à continuer :


« J'ai obtenu mon diplôme de fin d'étude et je suis entré dans une université de Des-moines pour étudier la biologie. J'y suis resté jusqu'à la fin de mon master et je suis allé faire mon doctorat sur une station de recherche de la colonie de Terre II » Il se racla la gorge. « Et j'y suis resté pendant quelques années. J'y ai rencontré mon épouse Aurelan et nous sommes allés vivre sur Deneva. »


« Tu es marié ? » s'enquit Jim. « C'est formidable ! Toutes mes félicitations… Enfin, avec un peu de retard. »


« Merci petit frère. » lui sourit l'autre. « Ma femme est ici, sur la station. Avec mes fils, Alexander et Liam****. J'aimerais que tu les rencontres. »


« Ce sera avec un immense plaisir, Johnny. » répliqua l'autre. « Et après Deneva, que t'est-il arrivé ? » questionna-t-il.


« J'ai commencé à travailler avec mon équipe actuelle. Aurelan et moi avons eu nos jumeaux, nous attendons un troisième enfant. Nous ne savons pas si sera une fille ou un garçon. Puis on a demandé à mes collègues et moi de venir présenter les résultats et l'avancée de nos recherches sur cette station orbitale. Nous restons ici pour le mois et nous repartons pour Deneva. » Il soupira « Je crois que c'est à peu près tout… Et toi ? Raconte-moi ! J'ai essayé de te retrouver quand je suis entré à l'université tu sais, mais Frank m'a dit que tu ne voulais plus jamais me parler, que tu m'en voulais de t'avoir abandonné. »


Le capitaine Kirk sentit la colère monter en lui : il ne s'était jamais réellement entendu avec son beau-père, bien que ce soit lui qui l'ait pratiquement élevé… Et quelle éducation. Il y avait eu des bons moments mais peut être trop peu. Frank avait dû vouloir lui éviter le retour d'un frère qu'il pensait turbulent, pouvant le rendre encore plus rebelle qu'il ne l'était :


« Il ne me l'a jamais dit. » répliqua Jim. « Je t'ai cherché quand j'ai quitté la ferme et avant d'entrer à Starfleet, mais tu étais déjà loin. »


« Peu importe, on s'en fiche de Frank maintenant. » répondit George « Racontes moi ce que tu as fait ces vingt dernières années ! »


Spock regardait l'échange sans intervenir, ne voulant certainement pas s'imposer. Mais cela rassurait Jim qu'il soit là, assit à côté de lui dans ce café. Bien qu'il s'apprêtait à révéler une partie de sa vie dont il n'avait pratiquement jamais parlé - et seulement à Bones – il était heureux que le commandeur soit là :


« Quand tu es parti j'ai trouvé les clefs de la voiture de papa derrière le parasoleil. Je l'ai volé à Frank et j'ai conduis comme un fou jusqu'à un grand ravin. J'ai démoli la caisse en la jetant dans le précipice et je me suis fait arrêter par la police. Maman a réussi à négocier qu'ils n'ouvrent pas de casier judiciaire, je n'avais que dix ans. Ensuite elle est repartie travailler dans son laboratoire et m'a laissé avec Frank. » Il prit une gorgée de son café.


Le serveur vint remplir la tasse de George et apporter son thé à Spock :


« La vie n'a pas été facile : je suis entré au collège et mes bons résultats m'ont conduit dans un très bon lycée. Mais je ne supportais pas l'autorité et j'adorais faire enrager Frank alors j'ai tout foutu en l'air lors de ma dernière année. J'ai commencé à boire, à sortir avec plus de filles aussi… Frank et Maman m'ont forcé à intégrer l'armée de terre à vingt ans et j'étais plutôt bon. Mais j'ai tout arrêté quand Maman est repartie travailler sur une autre planète. J'ai arrêté d'écouter Frank et j'ai déménagé. Je n'ai fait qu'enchaîner les petits boulots pas très nets jusqu'à mes vingt-deux ans. Un soir dans un bar près de Riverside, le capitaine Pike m'a aidé lors d'une bagarre avec des cadets de l'académie de Starfleet. » Il s'avança et dit doucement « J'avais dragué la copine de Spock. »


Quand Spock le remarqua, il lui fit un clin d'œil.


« Il m'a proposé de rejoindre l'académie en me parlant de papa. Et j'ai marché. » Il prit une autre gorgée. « J'étais très bon tu sais… J'étais premier de ma classe en stratégie de survie et en analyse tactique. Je suis devenu instructeur assistant en combat de corps à corps avancé et j'ai même été trésorier du club de xénolinguistique. » Il regarda Spock et ajouta « Désolé, ça c'était encore pour draguer votre copine, commandeur. ***** Mais comme vous le savez elle n'a jamais cédé. »


Spock n'afficha pas d'expression particulière et répliqua simplement :


« Logique puisqu'elle et moi avions entamais notre relation à l'époque. » Il désigna George. « Mais je ne pense pas que cela soit pertinent dans votre récit, capitaine. »


« Vous avez raison Mr. Spock » répliqua Jim. « Mais vous êtes important pour la suite ! » Quand il vit le regard interrogateur de son frère il continua « Au bout de trois ans à l'académie j'ai bousillé le Kobayashi Maru avec un virus pour réussir le test et Spock m'a accusé de tricherie, il n'avait pas tort. A ce moment-là, Starfleet a reçu un appel de détresse de Vulcain et avec l'aide d'un ami médecin, le docteur Mccoy, j'ai réussi à monter à bord de l'Enterprise mais si j'étais suspendu. J'ai été envoyé en mission au sol par le capitaine Pike et je suis remonté avant la destruction de Vulcain. Par la suite, Pike a été enlevé et torturé par Nero, le romulien à l'origine de tout ça. Après une série d'évènements et quelques bagarres et étranglements avec mon premier officier ici présent » il refit un clin d'œil à Spock. « Nous avons réussi à sauver la terre et a arrêté Nero. J'ai été nommé capitaine de l'Enterprise et Spock devint mon officier en second. »


Il prit une pause, cherchant s'il n'avait rien oublié puis décida que les reste n'intéresserait pas son frère et continua son récit :


« Nous avons ensuite officié sur l'Enterprise et nous avons dû affronter Khan. Tu as dû entendre parler, il a failli raser San Francisco et a fait sauter plusieurs bâtiments de Londres. » Voyant que son frère haussait les épaules, lui répliquant qu'il habitait déjà sur une autre planète et n'était que peu au courant de ce qu'il se passait sur terre, il continua « On a finalement réussit à l'arrêter. Enfin, Spock l'a arrêté. Moi je suis mort. »


Devant les yeux écarquillés de son frère, Jim précisa :


« Je suis mort quelques heures je crois. Tué par des radiations de l'Enterprise. »


« Vous êtes mort en sauvant tout votre équipage » le corrigea Spock.


« Et vous avez arrêté Khan et m'avait sauvé grâce à son sang. » continua Jim.


« Je n'aurais pas pu vous sauver si vous… » Commença le vulcain.


« Bref ! Depuis je suis capitaine de l'Enterprise et je suis dans ma mission quinquennale. Cependant elle a dû récemment être interrompue à cause d'un problème de santé. Je suis en une sorte de convalescence forcée sur cette station pour les deux prochains mois et je suis en quelque sorte assisté de mon premier officier. Dont je ne peux pas ou peu me séparer.»


George inspira un grand coup, ingérant le lot d'information :


« Tu es malade ? » demanda-t-il alors inquiet.


« En quelque sorte. Mais je serais bientôt guéri. Je ne peux pas vraiment en parler. » Répliqua Jim. « Du moins pas en détail. »


« Je vois… » Il sourit alors. « Tant mieux, tant mieux ! Et tu n'es pas marié ? Fiancé peut-être ? » Demanda-t-il avec espoir.


Jim eut un petit sourire triste et haussa les épaules. Il prit sa tasse entre ses mains, désolé de devoir annoncer à son frère qu'il était un womaniser****** en puissance.


« Disons que je ne suis pas pressé de me caser pour certaines raisons. » Il ne put s'empêcher de jeter un œil à Spock, qui le capta : « Je suis un… Un coureur de jupon. » Avoua-t-il.


Il vit alors un sourire franc se dessiner sur le visage de son frère et le vit rire à ne plus pouvoir s'arrêter :


« Mon dieu Jim, j'ai cru que tu étais gay ! » Il désigna Spock « Et que tu me présentais ton petit copain ! »


Jim perdit son sourire instantanément : il n'était pas très loin de la vérité, à vrai dire. Jim n'était pas réellement gay et il n'était pas non plus réellement en couple avec Spock… Mais il était amoureux de lui et entretenait quelque chose de particulier avec son premier officier.


Spock remarqua le malaise de son capitaine et l'aida à changer de sujet :


« Peut être pourrions-nous dîner avec votre frère ce soir, capitaine ? » proposa-t-il. « Pour l'heure, nous devrions y aller. »


Jim le remercia du regard et acquiesça :


« Oui, nous devions voir Bones après tout. » mentit-il. « Un restaurant ce soir te tenterait-il ? » demanda-t-il à son frère.


« Avec plaisir ! Donne-moi ton numéro, je connais un restaurant pas mal du tout pas loin d'ici ! »


Ils échangèrent leurs coordonnées et se dirent au revoir. Jim et Spock laissèrent le docteur Kirk et partirent en direction de la cafeteria :


« Merci pour tout à l'heure, Spock… » Dit Jim alors qu'ils entraient dans un ascenseur.


« Pour quelle raison, capitaine ? » demanda le Vulcain.


« Pour m'avoir couvert, je ne voyais pas comment me sortir de cette situation sans me trahir. » répliqua le blond.


« Vous trahir ? »


« Je ne voulais pas que mon frère sache ce que j'éprouve pour vous. » Il prit la main de Spock et l'autre la serra. « Je n'ai pas honte de mes sentiments mais notre situation est compliquée. Nous ne sommes pas un couple et je ne veux pas imposer ma prétendue homosexualité à mon frère pour une relation que nous n'avons pas. »


« Votre prétendue homosexualité ? » questionna le commandeur. « Mais vous n'êtes pas… ? »


« Gay ? » le coupa Jim. « Non. Je ne le suis pas. » Alors que Spock allait lui faire remarquer qu'il était un homme et que Kirk éprouvait des sentiments et du désire pour lui, il le devança : « Vous êtes une exception. Il n'y a eu que vous. »


Spock ne répliqua pas, laissant sa main dans celle de son capitaine et attendant que l'ascenseur les conduise à leur destination.



Chapitre 11 : Je dirais même plus que ça serait illogique


« Et c'est comme ça que George et moi avons commencé à réellement sortir ensemble ! » termina Aurelan avec un grand sourire.


L'épouse de George Kirk était une belle brune aux yeux verts. Elle semblait mince malgré sa grossesse et un peu plus jeune que George, même s'ils avaient le même âge. Jim lui souriait de toutes ses dents : Son frère avait bon goût en matière de femme, ça, c'était certain.


George, Aurelan, Spock et lui étaient installés dans le salon de l'appartement provisoire des deux premiers. Leurs jumeaux : Liam et Alexander, n'étaient pas encore rentrés de leur école. Cela faisait deux semaines que Jim et son frère s'étaient retrouvés et qu'ils se voyaient le plus régulièrement possible, toujours - ou presque - en compagnie de Spock. Les deux membres de Starfleet n'avaient pas encore rencontrés les neveux du capitaine et le couple les avait invités dans leur appartement pour cette occasion toute particulière.


Les crises de Jim n'avaient pas diminués en intensité mais elles n'étaient plus aussi régulière, Turing mettait cela sur le compte du retour de son frère, qui lui faisait du bien. Le docteur Mccoy demeurait tout de même inquiet car chacune des crises du blond était d'une extrême douleur et pouvait porter atteinte à son système interne. Mais pour le moment, le capitaine s'en foutait – oui – il s'en foutait complétement ! Il avait revu George et c'était une chose formidable, et cela occupait presque toutes ses pensées. Presque, car le reste allait vers Spock et son insupportable tendance à être doux et câlin avec lui quand ils étaient seuls.


En d'autres circonstances Jim aurait accueillis ces étreintes et caresses avec le plus grand bonheur du monde, mais la fin de son traitement arriverait un jour et ses contacts privilégiés avec le vulcain avec. Alors il essayait de ne pas prendre tout ça trop à cœur, mais c'était difficile, dieu que c'était dur de ne pas se sentir exciter quand l'autre venait l'enlacer par derrière, quand il lui effleurait les doigts en lui passant le sel à table, quand il se glissait dans son lit la nuit lorsqu'il trouvait sa respiration trop irrégulière… Oh oui… C'était tellement dur… Jim avait eu la plus grande honte de sa vie juste la veille : il s'était réveillé avec une érection fièrement dressée et en voulant aller se soulager dans la douche s'était fait grillé par Spock qui était assis juste en face de son lit. Le vulcain avait eu la pitié de ne pas faire de commentaire et de continuer sa lecture en l'ignorant superbement. Mais ce fut gênant, très, très gênant.


« Et depuis je me la coltine ! » plaisanta George en posant sa main sur celle de sa femme. « Et vous commandeur ? » demanda-t-il à Spock. « J'ai bien compris que Jim n'avait personne de… De fixe on va dire, dans sa vie, mais j'ai cru comprendre que vous aviez une petite amie ? Ou une fiancée ? Je ne sais plus trop. »


Le vulcain haussa un sourcil mais eut la bonne grâce de ne pas snober sa question :


« J'ai effectivement eu une fiancée, ou plutôt, une épouse. » se corrigea-t-il. Jim fit de grands yeux surpris : Spock avait déjà été marié ?! Et il ne l'apprenait que maintenant ?! « Mais notre mariage n'a jamais réellement abouti car elle est morte sur vulcain avant notre dernière union. »


George fronça les sourcils :


« Comment ça réellement abouti ? Elle était votre fiancée ou votre épouse ? » Questionna-t-il. « Je ne saisis pas. »


« Les deux, en quelque sorte. » répliqua le brun. « Je ne puis vous en parler d'avantage car il me faudrait expliquer les cérémonies propres à ma culture qui sont très privées. »


« Je comprends… » Répliqua Aurelan avec un petit sourire « Et comment s'appelait votre épouse ? Cela a dû être dur de la perdre sur vulcain… »


Spock n'émit aucune expression particulière et se contenta de répondre qu'elle s'appelait T'pring et que sa perte n'était que logique au vu du sort de sa planète. Ce dernier point choqua Aurelan qui ne posa plus aucune question au vulcain. Jim sentant le malaise s'installer parla du lieutenant Uhura, qu'il désigna comme étant la petite amie du brun depuis quelques années. Spock n'ajouta rien, se contentant de l'écouter.


« Tu sais, je vais peut-être me répéter mais… » Commença le grand frère du capitaine « Cela serait bien pour toi, que tu te trouves une compagne et que tu fondes une famille. Papa était déjà marié depuis longtemps à ton âge. »


Jim se retint très fort de soupirer d'agacement : même si ce n'était que la deuxième fois qu'ils en parlaient tous les deux, il en avait déjà marre. De plus, il n'était pas à l'aise de discuter de cela quand Spock était à côté… Le vulcain savait qu'il était amoureux de lui… Et il ne se voyait pas parler de sa vie sexuelle – et non sentimentale car en soit, il en était le principale intéressé – en sa compagnie :


« Tu sais… Un capitaine de Starfleet est comme marié à son vaisseau… » Répliqua Jim. « Puis je ne parviens pas réellement à m'attacher à mes copines. » Il lâcha un petit rire : « La dernière a failli m'être fatale, n'est-ce pas commandeur ? »


« Je trouve votre humour déplacé, capitaine. » répondit le vulcain. « Vous avez fait quatre arrêts cardiaques et vous êtes encore sous… » Il hésita et regarda son vis-à-vis comme s'il lui demandait la permission de le dire. Jim l'encouragea : « Sous traitement »


Jim s'attendit aux visages estomaqués qui suivirent…Il était temps qu'il parle à son frère et sa femme de ce qu'il lui était arrivé sur Caleb IV et pourquoi il n'était temporairement plus à la tête de l'USS Enterprise. Il passerait cependant sous silence le traitement qu'il devait prendre…


« Quatre arrêts cardiaques ?! » Répéta George. « Mon dieu James mais tu… Qu'est-ce qu'il t'est arrivé au juste ?! »


Jim leur raconta alors comment il avait connu Kori et comment elle avait essayé de l'emmener en le droguant. Il expliqua les réactions de son corps – en gros, car il n'avait pas tout compris lui-même – et pourquoi il devait rester sur la station jusqu'à son rétablissement et jusqu'au procès contre l'Evuev. George et Aurelan écoutèrent avec attention et inquiétude puis à la fin du récit du capitaine, ils se turent un instant, plaçant leur salon dans un lourd silence. Puis l'ainé des Kirk haussa les épaules :


« Si tu m'avais revu avant, je t'aurais dit de te méfier des autres espèces ! » dit-il en plaisantant. Puis il regarda Spock. « Je ne dis pas ça pour vous, commandeur ! » se corrigea-t-il.


« J'ai compris la plaisanterie, Mr Kirk.» répliqua simplement Spock.


Ils continuèrent de discuter quelques minutes puis les deux enfants rentrèrent. Quand le premier entra dans le salon, les deux parents se turent et Jim et Spock se retournèrent pour lui faire face. Le garçon resta silencieux et fut vite rejoint par son frère qui dévisagea les deux inconnus. Les jumeaux étaient âgés de 7 ans et avait été ramené par leur nounou jusqu'à leur appartement. Ils étaient bruns et avaient de grands yeux bleus identiques à ceux de George et Jim. Aurelan leur sourit et leur fit signe d'approcher. Les deux jeunes garçons obéirent mais ne s'approchèrent pas plus que de raison des deux membres de Starfleet. Ils vinrent se placer juste à côté de leur mère et firent face – avec timidité et appréhension – aux deux hommes :


« James, commandeur » commença poliment l'épouse « Je vous présente mon aîné Liam et son petit frère Alexander. » Les deux garçons ne bougèrent pas d'un pouce, très tendus de trouver des personnes qu'ils ne connaissaient pas chez eux : « Ils sont timides. » Explique-t-elle. Elle se tourna vers ses fils : « Les garçons je vous présente le commandeur Spock » elle désigna le vulcain qui les salua d'un signe de tête polie « Et votre oncle, le capitaine James T Kirk. » Jim leur offrit un grand sourire.


Liam fixa ses yeux sur Jim et ne le quitta pas, sans pour autant dire quoi que ce soit. Alexander se cacha le visage dans l'épaule d'Aurelan, ce qui l'a fit rire. Jim ne perdit pas son sourire et admira ses neveux… Il les trouvait très beaux et il éprouvait une grande fierté à être leur oncle. Il lança un regard lumineux à Spock, qui plissa un peu les yeux, et prit la parole :


« Je suis très content de vous rencontrer les garçons. » dit-il leur offrant un merveilleux sourire. Alexander le regarda quelques secondes avant de retourner contre l'épaule de sa mère. George retint un petit rire quant à la réaction de son cadet. Liam ne quitta pas le blond des yeux, sans sourire, réfléchissant visiblement.