Scène qui a lieu durant l’épisode « Bread and Circuses » (« Du pain et des jeux »).

McCoy oblige Spock à affronter ses émotions humaines. Le dialogue est tiré directement de cet épisode, mot pour mot.



Amis et Ennemis

Friends and Foes par Kira Nerys

traduction par Alma



Les barreaux de la cellule sont faits d’un matériau robuste. Même ma force vulcaine ne semble pas pouvoir les entamer. Pourtant, je ne peux pas m’empêcher d’essayer. Je concentre toute ma force sur les barreaux, tentant de les écarter, mais en vain. La frustration et la colère montent en moi et je les repousse violemment, les ébranlant une fois seulement avant de pouvoir stopper ma manifestation émotionnelle.


La voix du médecin m’atteint et je me calme avec effort. Si j’étais humain, je lui assénerais sûrement un coup de poing.


Je mens. C’est un mensonge transparent, je le sais, mais il m’aide à me souvenir de qui je suis et de ce que je suis. Je suis Vulcain. Me déshonorer par un tel étalage est désagréable.



C’est seulement la douzième fois que je le fais.

Au lieu de lui répondre, je continue d’examiner les barreaux, les analysant avec mes doigts. Mes capacités télépathiques sont augmentées et j’essaie de détecter des faiblesses dans le matériau, mais ces cellules sont formidablement bien construites. Il semble n’y avoir aucune faiblesse nulle part. Aucun endroit où je puisse concentrer ma force pour écarter les barreaux. Pourtant, je continue à chercher, déplaçant mes doigts sur les barreaux, les murs et la serrure par des touchers légers, presque des caresses, essayant de trouver un barreau défectueux, ou quelque fragilité, quelque part. C’est effectivement frustrant. J’espère sortir et trouver Jim. Où est-il ? Qu’est-ce qu’il lui arrive ?

Je me souviens du combat dans l’arène et combien McCoy avait été proche de la mort. Et si cela était en train d’arriver à Jim à cet instant précis ? Une fois encore, je me méprise à cause de mon manque de courage. Si j’avais dit la vérité à Jim concernant mon affection pour lui, nous serions probablement liés à présent. Ainsi, l’inquiétude serait soit moindre, puisque je saurais qu’il va bien, soit je serais plongé dans les profondeurs de l’affliction à cause de sa mort.

Ne pas savoir est la pire des choses.


La voix de McCoy est si basse que je prends à peine conscience qu’il est en train de me parler. Je suis trop concentré sur la tâche à effectuer. Je me retourne et le regarde alors qu’il se lève du banc au fond de notre cellule.


Je ne souhaite pas l’écouter maintenant. Nous devons sortir de notre prison mais il poursuit, ne percevant pas mon irritabilité. Je devrais m’en féliciter.


L’irritation monte à l’intérieur de moi au point que je ne peux pas la réprimer.



Je peux voir la stupéfaction et la blessure dans ses yeux, mais je suis incapable de m’en occuper à cet instant.



Je soupire intérieurement.



J’acquiesce, espérant que cela va faire taire le médecin. Cependant, je prends conscience, aussitôt que les mots quittent ma bouche, que ce n’était pas la réponse appropriée à ses paroles. Je trouve qu’il est particulièrement difficile de communiquer avec le docteur McCoy parfois. En voici un exemple. Il est irrationnel et hautement émotionnel.

Pas comme Jim. Pas du tout comme Jim…


La colère est si manifeste, et elle me fatigue.


Je rétorque cela, sachant que ça va l’agacer encore plus, mais peut-être que finalement cela va m’empêcher de m’inquiéter trop au sujet de Jim pendant au moins quelques temps.


Je suis vraiment heureux que McCoy soit toujours en vie, et si nous devions revivre la même chose à nouveau, je referais ce que j’ai fait sans hésitation.



Je suis brusquement interrompu alors que le médecin me pousse contre les barreaux avec une force surprenante, et je prends conscience trop tard que cette fois, j’ai peut-être été trop loin. Ses yeux bleus me transpercent alors qu’ils me regardent et qu’il parle.


Leonard est l’un des rares Humains qui peuvent vraiment me mettre mal à l’aise. Souvent, il peut voir à travers les défenses que je déploie contre le monde, avec encore moins d’effort que le fait Jim.



Je ne sais pas comment répondre à cela. Ses paroles sont douloureuses. N’est-ce pas vrai après tout ce qu’il dit ? J’ai peur de vivre. Je me méprise pour la peur, mais il est illogique de l’ignorer, parce qu’elle est là.



C’est vrai. J’ai vécu si longtemps parmi les Vulcains. La voie vulcaine est la vie que j’ai choisie, et je crains mon ascendance humaine. Voilà qui est illogique. L’humanité fait partie de moi.


McCoy insiste et je continue à détourner les yeux. Je ne veux pas qu’il voie le doute qui doit être inscrit sur tout mon visage. Ca me blesse ce qu’il dit. Ca me blesse plus que ce que j’aurais imaginé. Ca ressemble bien à Leonard de percer mes défenses pour voir ce qui est derrière le masque vulcain, les boucliers que j’utilise pour protéger la vulnérabilité de mon humanité.



Ne sait-il pas ? Ne se rend-il pas compte de combien je les estime, lui, l’équipage de l’Enterprise et par-dessus tout, Jim ? Alors, je me tourne vers lui, essayant de garder le masque en place.

Je lui demande :



Alors, il baisse les yeux, comme s’il prenait conscience qu’il m’a poussé trop loin, qu’il n’a pas respecté ce qui est Moi. Kaiidth ! Ce qui est, est. Je suis en partie humain, mais je suis aussi Vulcain. Il doit respecter cela, ce qui est Moi. Soudain, il y a de la compréhension dans ses yeux, et je sais qu’il prend conscience de pourquoi je suis si énervé. Ses mots suivants me le confirment.


Et la détresse à ses mots me submerge presque. Si nous sortons d’ici vivants, je lui dirai. Je dirai à Jim combien je l’aime.



FIN