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LE CAPITAINE ET LA VIRGULE

par bersakhi (Susan BOWERS)



Note : Il y a plusieurs lunes de cela, Omega a publié une super histoire intitulée : « Le Capitaine et le Commandeur ». A cause des restrictions de longueur dans la fenêtre « Objet » de ma boîte mail, la seule chose qui est apparue du titre était : « Le Capitaine et le Comma » [la Virgule]. Quel drôle de titre, ai-je pensé, puis, j'ai compris en l'ouvrant que, bien sûr, cela n'avait rien à voir avec la ponctuation. Cependant, le titre est resté gravé dans mon esprit et voici ce qui en a résulté.



***


Je parie que vous vous demandez comment tout cela a commencé.


Eh bien, ce fut peu après l'épisode V'Ger. Vous en avez probablement entendu parler, au moins, le gros de l'histoire. Certains des détails sont classifiés, comme ce qui est arrivé à Decker et à Ilia...mais je ne vais pas entrer là-dedans. C'est passé aux infos pendant une semaine à peu près, puis ça s'est tassé comme toujours. Je ne sais pas ce qu'il en est de l'histoire aujourd'hui et Joanna n'écrit plus beaucoup, plus depuis que j'ai été tiré de mes obligations terrestres par « lui ». Comme si j'avais le moindre choix.


Quoi qu'il en soit, je me rendais au mess un jour, je me sentais plutôt bien, peut-être content de moi. Sacré réception à San Fran[cisco] quand on y a été, et ça pulsait encore dans mon sang.


Donc je suis entré, j'ai pris mon café, et de l'autre côté, près des baies vitrées, j'ai vu Jim. Pas à la table du capitaine comme d'habitude. A ce moment, ça m'a semblé un peu bizarre, sachant combien de derrières avaient été bottés pour lui rendre ce titre. Je pensais qu'il se serait assuré que chacun « sache » qu'il était le capitaine à nouveau, en particulier avec autant de nouvelles recrues à bord. Mais il était là, tout seul, à fixer au loin...eh bien, l'espace.


Naturellement, je n'ai pas pu résister. Je sais que j'avais agacé Jim autant que j'avais pu le faire au sujet de l'affaire Decker, alors il n'y avait pas grand chose que je pouvais ajouter à présent. Mais je sentais vraiment le besoin de renouer le contact, de le titiller à nouveau, dans le bon sens. Il n'a même pas levé les yeux quand je me suis assis, il a seulement dit : « Salut, Bones, » comme s'il m'avait attendu.


Je me suis penché en avant pour lui faire face et je l'ai salué en retour. « Alors, Jimboy, qu'est-ce que vous avez en tête ? » J'ai remarqué qu'il jouait avec le bord de sa tasse, et en voyant qu'elle était encore presque pleine, et qu'elle ne fumait plus, je me suis dit qu'il l'avait laissée reposer un petit moment. Je sais qu'il aime son café chaud.


Le temps a semblé long avant qu'il revienne à moi. Puis il a marmonné : « Rien, Bones » comme si j'allais le croire. Il aurait aussi bien pu me supplier de poser la question, il savait que je ne laisserais pas tomber. Alors je me suis prêté au jeu.


« Vu Spock ces derniers temps ? »


J'avais été un peu inquiet au sujet du Vulcain, il avait pleuré en public et tout, et c'était une question qui restait plutôt neutre. J'étais vraiment curieux et je pensais que de tous, Jim saurait. Mais, je jure qu'au moment où j'ai évoqué ce gobelin aux oreilles pointues, ses yeux se sont posés sur moi, pleins de nervosité. Puis, Jim a détourné le regard, il s'est raidi entièrement, et d'une espèce de voix défensive, il a dit : « Non. J'aurais dû ? »


Maintenant, je suis habitué à ce que Jim me réponde un peu brusquement, mais le ton était plein d'indignation. J'ai décidé de mettre cela de côté pour plus tard. Et, j'ai changé d'approche.


« Vous vous tenez au courant des infos ? » Comme je l'ai dit, je voulais vraiment savoir.


Mais je savais aussi que ce ne serait pas le cas, en particulier quand cela l'impliquait. C'est marrant qu'il soit comme ça : enclin à prendre son pied dans un combat quand il pouvait imposer son pouvoir, mais fuyant toute glorification.


Il a essayé d'être nonchalant, ce qui m'a fait comprendre que sa question suivante signifiait plus pour lui que ce qu'il voulait que je croie : « Avez-vous déjà lu les transcriptions ? »


Je ne jouais pas vraiment les idiots quand je lui ai demandé : « Quelles transcriptions ? »


« Celles des livres de bord du vaisseau », a-t-il poursuivi, sans me regarder, en jouant avec sa tasse à nouveau. « Pendant l'incident V'Ger ».


Quel mystère ! J'étais sur mes gardes. Finalement, il m'avait fait mordre à l'hameçon, et j'étais tellement occupé à essayer de disséquer le caractère de Jim que j'ai mordu dedans avec délectation.


« Eh bien, maintenant que vous y faites allusion, » lui ai-je-dit, « je n'ai pas eu le temps. Et vous ? »


Je l'ai regardé, à la recherche d'un nouvel indice, mais il a seulement fait un signe de la tête, vraiment calme. Puis il a froncé les sourcils et sa bouche s'est mise à bouger comme s'il voulait dire une chose mais qu'il ne pouvait tout simplement pas la laisser sortir. « J'aimerais que vous les lisiez ».


C'est à ce moment que j'ai remarqué la tablette à côté de son coude, et il l'a poussée vers moi. Intrigué, j'ai posé ma propre tasse et j'y ai jeté un œil. C'était calé au moment où nous étions tous à l'infirmerie, après que Spock a été recraché par la machine V'Ger...l'intelligence...comme vous voulez. Si ce fichu Vulcain nous avait inquiétés pour sûr, j'étais franchement plus inquiet au sujet de Jim, il venait de retrouver Spock qui allait peut-être lui être enlevé à nouveau si rapidement. Même s'ils se lançaient des piques la plupart du temps.


Quoi qu'il en soit, ça faisait bizarre de voir la scène imprimée. C'est le règlement de retranscrire les conversations afin qu'elles puissent être ajoutées aux journaux de bord et aux enregistrements disponibles. Ca sert aussi de façon très utile aux gamins à l'Académie, ils peuvent piquer quelques trucs aux grands comme Jim. Mais voir seulement les mots prononcés donnait une impression vraiment bi-dimensionnelle.


Je me suis souvenu de ce moment instantanément et je me suis mis à sourire. Comment pouvais-je oublier ? Le simple fait de le revivre me donnait chaud de partout. Je me suis demandé si Jim pouvait se sentir embarrassé maintenant que tout l'univers était témoin de ce moment particulier. J'ai commencé à lire et voici ce que ça disait :


Cmdr. Spock : V'Ger possède un savoir qui englobe l'univers. Et pourtant, malgré toute sa logique pure, V'Ger est stérile. Froid. Aucune beauté. J'aurais dû...savoir (inaudible)


Capt. Kirk : Savoir ? Savoir quoi ? Spock !


Dr. McCoy : Capitaine...


Capt. Kirk : Bones !


J'ai presque grimacé à cet endroit-là, en me remémorant la dureté et la panique dans son regard, un regard de désespoir. Je n'avais pas vu ce regard depuis des années et ça m'a comme remué. J'ai poursuivi ma lecture.


Capt. Kirk : Spock, qu'auriez-vous dû savoir ? Qu'auriez-vous dû savoir ?


Spock : Jim. Eprouver cette sensation unique est au-delà de la compréhension de V'Ger. Aucun sens, aucun espoir. Et Jim, aucune réponse. Il pose des questions.


Capt. Kirk : Quelles questions ?


Cmdr. Spock : Est-ce tout ce que je suis ? N'y a-t-il rien d'autre ?


Ca continuait sur plusieurs autres pages jusqu'à la fin, quand Jim a quitté l'infirmerie et que l'action s'est poursuivie sur la passerelle. J'ai levé les yeux sur lui et je l'ai vu qui attendait en me regardant.


« Ouais ? Et après ? » ai-je dit.


Je jure que Jim ne savait plus où se mettre. Finalement, il m'a demandé si ça avait été retranscrit correctement, si c'était comme ça que je m'en souvenais. « Bien sûr que oui, » ai-je dit, en me demandant où ça allait nous mener.


Il a dit : « Je pense que je l'ai retenu différemment. Ou peut-être l'ai-je entendu différemment... ».


« Pas possible, » ai-je dit, en ayant soudain l'impression de le défendre. J'ai repensé à son pote Finney et comment il s'était payé la tête de Jim il y a bien des années.


« Vous étiez à 100% de vos capacités comme vous l'êtes toujours dans une situation de crise, Jim. Pourquoi est-ce que vous êtes si inquiet à ce sujet ? Ce n'est pas comme si vous trahissiez de quelconques secrets. » Maintenant que j'y pense, je me souviens de m'être senti quelque peu malveillant et un peu mauvais de faire souffrir Jim, mais au diable ! Je veux dire, à quoi pouvait-il bien faire allusion ?


Il aurait pu changer de sujet à ce moment-là et j'aurais été satisfait, parce que j'aurais eu le dernier mot sur le sujet. Mais ça devait vraiment tracasser Jim parce qu'il n'a pas lâché le morceau. Ca faisait des années qu'il se confiait à moi, et franchement, j'étais content qu'il m'ait pardonné de l'avoir engueulé pour avoir pris ce foutu boulot de bureau. Parfois, ce gamin refuse tout bonnement d'écouter.


« La façon dont je le comprends, » a commencé à m'expliquer Jim, « c'est que Spock fait référence à l'incapacité de V'Ger à...éprouver».


A ce moment-là, je ne comprenais toujours pas, et je devais paraître plutôt stupide en attendant qu'il en vienne au fait.


« Vous savez, éprouver...physiquement. » Il se pencha en avant, et si proche, je pouvais voir que les contours de ses yeux avaient l'air un peu fatigué. Je n'ai pas pu m'en empêcher, j'ai souri comme s'il était idiot.


Puis le visage de Jim, si ouvert, s'est refermé et j'ai regretté ce que j'avais pu faire pour lui laisser penser que je ne comprenais pas. Mais je comprenais ! « Jim, » ai-je dit tranquillement, parce que je savais que nous étions dans un espace public et je n'avais vraiment pas envie qu'il me file entre les doigts.


«Jim, » ai-je dit, « vous n'avez pas à être embarrassé à ce sujet. Nous savons tous. » 


Eh bien. Vous auriez dû voir sa tête, d'abord blanc comme un linge, puis rouge vif. Et ses yeux ont pris cet air effrayé, lui donnant un air très peu digne de son rang, je peux vous le dire.


« Vous savez quoi ? » a-t-il murmuré, et je pouvais le voir faire machine arrière, comme s'il en avait trop dit. Et moi, je me demande : mais qu'est-ce qu'il « vient » de dire ?


« Au sujet de vous et de... » et je n'ai jamais eu le temps de sortir le nom de l'autre que Jim s'est penché en avant à nouveau et m'a sifflé de la fermer.


Puis il a attrapé ma main. Ca m'a plutôt surpris, pour dire la vérité. Il était en train de montrer comment tout Starfleet et moi nous pouvions avoir mal interprété la grande déclaration de l'infirmerie entre le capitaine et l'officier scientifique de l'Enterprise, et là, il attrape « ma » main ?


« Eprouver, Bones. Cette sensation unique. Le contact. » Il exerçait une pression à chaque mot. Je me suis dégagé pour trouver refuge dans ma chope.


« Alors, encore une fois, c'est quoi votre idée, Jim ? » ai-je demandé.


« « C'est ça » que Spock était en train de dire à l'époque, McCoy. V'Ger était un être conscient qui n'avait aucune sensation physique. Aucune sensibilité. » Ses yeux étaient grand ouverts, furieux. Comme s'il était en train de se convaincre lui-même plus que moi.


Je devais remettre les pendules à l'heure, bien entendu. Il était aussi bouché que Spock ! « C'est des conneries ! » lui ai-je dit. « Il était en train de parler d'émotions, Jim ! De vous ! C'est pour ça qu'il vous a touché, et pas moi, ou Christine ! » En m'entendant lui dire ça, voir son visage m'a fait prendre conscience que sincèrement, il ne le croyait pas, et j'ai commencé à me demander si ce n'était pas « nous » qui étions à côté de la plaque.


« Eprouver, cette sensation unique » répéta-t-il. « C'est ça que Spock a dit. »


A présent, je commençais à me sentir exaspéré. « C'est quoi la différence ? » ai-je presque hurlé.


Jim s'est emparé de la tablette qui était sur la table et il a appuyé sur quelques boutons. Il semblait presque en colère. Puis il me l'a tendue à nouveau.


« Qu'est-ce que c'est que ça ? » lui ai-je demandé.


« Ce qui s'est réellement passé. »


Vous voulez dire votre version, ai-je pensé, mais je n'ai pas osé le dire. J'ai simplement haussé les épaules et j'ai lu les mots. Ils étaient tirés exactement de la même scène.


Cmdr. Spock : V'Ger possède un savoir qui englobe l'univers. Et pourtant, malgré toute sa logique pure, V'Ger est stérile. Froid. Aucune beauté. J'aurais dû...savoir


(inaudible)


Capt. Kirk : Savoir ? Savoir quoi ? Spock !


Dr. McCoy : Capitaine...


Capt. Kirk : Bones ! Spock, qu'auriez-vous dû savoir ? Qu'auriez-vous dû savoir ?


Spock : Jim. Eprouver, cette sensation unique, est au-delà de la compréhension de V'Ger. Aucun sens, aucun espoir. Et Jim, aucune réponse. Il pose des questions.


Capt. Kirk : Quelles questions ?


Cmdr. Spock : Est-ce tout ce que je suis ? N'y a-t-il rien d'autre ?


Ca me paraissait dire la même chose à la seconde lecture. Sauf que je voyais finalement ce que Jim voulait dire.


«Bon, vous avez ajouté une paire de virgules. La belle affaire. Qu'est-ce que vous allez faire, leur envoyer votre correction ? S'ils acceptent ça, alors ils ont dû être satisfaits de la version de Ben Finney concernant ce qui s'est passé entre vous deux. »


Je pouvais dire par le regard qu'il m'a lancé que je l'avais surpris, j'avais peut-être franchi la limite. J'ai retenu mon souffle, en me demandant si c'était la fin de tout ça et si je serais renvoyé pour l'avoir malmené. Mais alors, il a souri et il a baissé les yeux sur sa tasse. Je dois vous dire que ce regard en valait vraiment la peine : humilité et charme et affectation, tout ça emballé d'un seul tenant. Ca a fait cogner mon cœur d'un coup, et j'ai compris soudain l'expression « gonflé d'orgueil ». J'espère que Jim sait combien j'estime notre amitié. Combien je l'estime, lui.


Mais il peut vraiment être un fils de pute entêté ! J'avais là, assis à côté de moi, le plus sérieux cas de déni que j'aie jamais vu.


« Jim » ai-je dit, et j'ai décidé qu'il tolérerait une petite tape amicale sur le bras, « C'est d'accord. Est-ce que vous avez parlé de ça avec lui ? »


Très calme, il a murmuré que non, et l'air qu'a pris son visage après cela m'a brisé le cœur. J'ai pressé son bras et je lui ai dit qu'il pouvait compter sur moi s'il avait besoin d'une oreille ou d'une épaule.


Il était en train de secouer la tête, comme s'il essayait d'éclaircir ses idées. Quand il a levé les yeux sur moi à nouveau, ses yeux étaient comme apeurés. Peut-être que hagards serait un terme plus juste.


« Quoi, Jim ? De quoi avez-vous peur ? » lui ai-je demandé. Ca ne m'a jamais traversé l'esprit qu'il le prendrait comme ça, qu'il réagirait comme ça après tout ce par quoi ils étaient passés. Nous étions passés. Pendant un instant, j'ai pensé que peut-être je, nous, avions tort, que nous avions biaisé la situation pour coller à notre propre interprétation. Je sais que des choses sont arrivées pendant ces cinq premières années où j'ai supposé qu'ils étaient...vous savez. Ca m'a un peu refroidi de penser que j'aurais pu avoir tort.


Puis il m'a dit : « Bones, nous n'avons jamais... ».


Et j'ai été sidéré. Honnêtement. Heureusement, j'ai eu la présence d'esprit de ne pas le montrer, du moins pas trop. J'ai pensé très soigneusement à ce que j'allais lui dire ensuite. Je parie que vous savez déjà ce que c'était.


« Vous en avez envie, Jim ? »


A ce moment-là, je prie pour qu'aucune urgence ou aucun serveur ne vienne interrompre cet instant délicat. Puis il l'a dit :


« Non. Si. Je ne sais pas. »


Pas les mots les plus inspirés venant d'un homme qui vit pour prendre des décisions de vie et de mort, pas vrai ?


Il était temps d'appuyer un peu.


« Eh bien, Jim, si vous êtes ouvert aux suggestions, je dirais qu'il est temps de le découvrir. Si vous le voulez, bien sûr. Je pense que « lui » a exprimé ses intentions plutôt clairement. » Ce que je n'ai pas dit c'était combien elles avaient été claires pour tous les autres, moi inclus.


« Et si... » J'essayais de me souvenir d'une autre fois où il avait paru si anxieux et je ne trouvais pas. Si, je savais. Quand il avait été séparé en deux, l'un mauvais, l'autre bon. Il ressemblait au « bon » Kirk assis en face de moi. « Et si... ». Et c'était comme si je pouvais lire dans son esprit, je voyais tous les scénarios défiler devant ses yeux. Et si nous avions tort et que Spock « était » toujours délirant à ce moment-là ? Et si nous avions tous entendu la force de l'expression comme nous le voulions et que Jim avait raison ? Ou s'ils avaient décidé de s'engager mais que maintenant ils n'allaient pas le faire parce que c'est étalé là dans les dossiers en accès libre de la flotte ? Jim est un homme très discret, et Spock aussi. Et s'ils renonçaient, seulement parce que tout le monde pense qu'ils l'ont fait. Ou parce qu'ils ne le désirent pas. A présent, ça aurait été vraiment dommage à mon avis. Si j'avais été Jim, j'aurais joué le tout pour le tout. Alors c'est exactement ce que je lui ai dit.


Il a hoché la tête vaguement, il m'a souri, et il s'est levé doucement, comme s'il était réticent à s'en aller. Je suis habitué à le voir avec son énergie nerveuse, bondissante, traversant les portes. Déterminé et fonceur.


Je l'ai regardé partir, j'ai regardé comment il séduisait son équipage alors qu'ils remarquaient qu'il passait. Hommes et femmes semblaient avoir la même réaction. Ca m'a fait sourire. Je me demandais ce qui prenait tant de temps à Spock. Nom d'une pipe.


Après ce jour, je n'ai plus revu ce visage maussade. De mon point de vue, en essayant d'être aussi objectif que je le pouvais bien sûr, les choses paraissaient être tout simplement aussi normales qu'auparavant. En surface, bien entendu. Ils n'ont jamais fait des effusions, remarquez, du moins en public. Mais quand Jim me regardait, je savais ce qu'il y avait derrière ce sourire. Spock levait seulement ce maudit sourcil, qui le faisait paraître rien moins que suffisant. J'imaginais qu'ils avaient passé un cap.


Au sujet de la transcription, Jim l'a laissée telle qu'elle était, sans les virgules. Je suppose qu'il a pensé qu'attirer plus d'attention là-dessus se retournerait contre lui.


Donc voici le dernier mot de Jim sur le sujet. Ce n'est pas classifié, et tout le monde peut le trouver dans les archives de la flotte. Maintenant vous connaissez la vérité vraie, alors ne pensez pas que Jim était toujours dans le déni ou autre, il était seulement très protecteur. Mais vous savez ce qu'ils disent quand on la ramène trop. Qui aurait cru que Jim et Spock auraient trouvé le bonheur ensemble à cause d'un petit signe de ponctuation ? Ca laisse pantois.


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A la demande des Archives de Starfleet, j'inclus cette déclaration comme un ajout au journal de bord de l'Enterprise, date stellaire 7412.6-7505.2.


Je n'ai jamais été au courant de cette rumeur au sujet des amants, bien que l'on m'ait dit que Spock y a été confronté plusieurs fois. Apparemment, il l'avait toujours rejetée avec sa façon caractéristique de lever son sourcil droit, ce qui signifiait habituellement un mélange de surprise, d'incrédulité et / ou de mécontentement. Quant à moi, bien que je n'aie aucune objection morale à l'amour physique sous aucune de ses nombreuses formes terrienne, extra-terrestre et mixte, j'ai toujours trouvé ma plus grande satisfaction dans cette créature appelée « femme ». Ainsi, je n'aimerais pas que l'on me considère assez bête pour choisir un partenaire amoureux qui entrait en période de chaleurs sexuelles seulement une fois tous les sept ans.

Signé,


Amiral James T. Kirk


Bien sûr, Jim, comme vous voulez.



Fin